Le 16 mai 2018
Ottawa (Ontario)

Allocution sur le projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain

Le texte prononcé fait foi

Je vous remercie d'être ici aujourd'hui.

Avant de répondre à vos questions, j'aimerais d'abord faire le point sur les discussions continues entourant le projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain.

Permettez-moi de commencer en disant que, comme nous le savons tous, le Canada est un excellent endroit où investir.

Nous sommes choyés de vivre dans un pays ayant autant de ressources naturelles, et une population aussi ingénieuse.

Lorsque ces deux éléments sont réunis, l'on obtient une économie forte et en croissance, de même qu'une classe moyenne forte et en croissance.

Une économie forte nous permet d'investir dans des mesures qui protègent l'environnement : l'air que nous respirons, les océans, les lacs et les rivières.

De plus, notre pays applique et respecte la primauté du droit.

Cela est de la plus haute importance, puisque la primauté du droit procure un degré de certitude élevé aux investisseurs. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles le Canada est un si bon endroit où investir et faire des affaires.

Si nous nous éloignons de cette valeur, nous renonçons à l'un de nos avantages dans ce monde concurrentiel.

La reconnaissance que l'environnement et l'économie vont de pair et le respect de la primauté du droit, sont les valeurs qui ont orienté mon travail depuis que le premier ministre m'a demandé d'envisager des solutions financières qui permettraient de faire progresser le projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain. Un projet déjà approuvé – tant au fédéral qu'au provincial – et qui tient compte des besoins du Canada et des Canadiens.

Il est important pour le Canada que les investisseurs puissent développer l'infrastructure essentielle requise pour acheminer les ressources canadiennes aux marchés mondiaux.
Comme pays, le Canada doit être en mesure de développer ses ressources naturelles, tout en protégeant l'environnement, notamment en protégeant les océans et en luttant contre les changements climatiques.

Et le gouvernement du Canada doit s'assurer que la primauté du droit est respectée et que les investisseurs ont la certitude de pouvoir terminer le projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain, puisque c'est dans l'intérêt national.

Il s'agit d'un projet qui créera des emplois et qui soutiendra les communautés du Canada, y compris les communautés autochtones, et qui profitera à l'ensemble des Canadiennes et des Canadiens.

Comme vous le savez, Kinder Morgan a exprimé des craintes quant à sa capacité d'aller de l'avant avec le projet si les incertitudes causées par les tentatives délibérées du premier ministre Horgan de ralentir le processus ne sont pas réglées d'ici la fin du mois.

Permettez-moi de vous rappeler que nous sommes ici aujourd'hui parce que, malgré le fait que le gouvernement de la Colombie-Britannique a approuvé le projet, le premier ministre Horgan a clairement indiqué qu'il est prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour y mettre fin, ce qui est en soi anticonstitutionnel.

Ces questions représentent en fait une menace pour des milliers de Canadiens et leur famille.

Alors, nous travaillons en étroite collaboration avec Kinder Morgan pour régler ces questions et éliminer cette incertitude que le gouvernement de M. Horgan a créée.

Les deux parties ont convenu de préserver la confidentialité des négociations. Mais je tiens à préciser la position de notre gouvernement…

Nous croyons en ce projet.

Nous croyons que la réalisation de ce projet est dans l'intérêt du Canada et des Canadiens.

Ce projet se traduira par des milliers de bons emplois bien rémunérés pour les Canadiens.

Et par une plus grande confiance de la part des investisseurs, ainsi que par un prix équitable pour nos ressources naturelles.

Et il n'y a aucun doute que nous avons les pouvoirs et les compétences nécessaires pour assurer la réalisation de ce projet.

C'est pourquoi nous travaillons assidûment pour éliminer le risque d'investissement, pour que le projet puisse aller de l'avant comme prévu.

Alors que nous travaillons à cette question, il y a de nombreux principes qui orientent et éclairent notre quête de solutions.

Premièrement, nous sommes d'avis que le gouvernement fédéral a un rôle défini à jouer.

Kinder Morgan ne peut résoudre les différends entre les gouvernements.

C'est à nous d'évaluer les différentes façons de résoudre ces problèmes et de faire face à ces risques.

Nous sommes prêts, par exemple, à indemniser le projet contre toute perte financière qui pourrait découler des tentatives du ministre Horgan de repousser ou d'entraver le projet.

Cette indemnité permettrait à Kinder Morgan de terminer ce qu'elle a commencé – pour lequel elle a d'ailleurs reçu l'approbation du gouvernement fédéral et du gouvernement provincial de la Colombie-Britannique.

Deuxièmement, si Kinder Morgan décide à un certain point de ne pas réaliser le projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain, l'indemnisation contre toute perte financière serait toujours en place pour une autre partie qui souhaiterait prendre la relève.

Et troisièmement, toute mesure de soutien du gouvernement du Canada pour assurer la continuité du projet doit reposer sur des bases solides et être juste et bénéfique pour les Canadiens. 

Nous savons que les entreprises du secteur privé veulent maximiser leur profit, mais, parallèlement, nous avons la responsabilité d'agir dans l'intérêt de tous les Canadiens.
En résumé :

Nous sommes prêts à accorder une indemnité contre tout retard non nécessaire du projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain qui serait motivé par des considérations politiques.

Et nous croyons que les principes que j'ai énumérés sont bien fondés sur le plan des affaires.

Si Kinder Morgan ne souhaite plus diriger ce projet, nous croyons qu'il y a de nombreux investisseurs qui aimeraient le faire, surtout en sachant que le gouvernement fédéral croit que le projet est dans l'intérêt des Canadiens et qu'il est prêt à offrir une indemnité pour en assurer sa réalisation.

Les pourparlers se poursuivent avec Kinder Morgan, et nous déployons les efforts nécessaires pour parvenir à une entente, et ce, d'ici la date limite du 31 mai prochain.

Dans le secteur énergétique de l'Alberta, nous jouissons de ressources qui sont mises en valeur de façon sécuritaire et responsable, conformément à un plafond d'émissions prévu par la loi et sous la direction d'une première ministre dont le soutien envers notre plan national en matière de changements climatiques est inébranlable.

Et rappelez-vous que ce projet nous permettra d'acheminer nos ressources naturelles aux marchés internationaux, de façon sécuritaire et efficient, où nous pourrons obtenir un meilleur prix pour celles-ci.

De plus, si ce projet est achevé, les gouvernements de l'ensemble du Canada, y compris le gouvernement fédéral, le gouvernement de la Colombie-Britannique et le gouvernement de l'Alberta, pourront investir davantage dans les services essentiels dont dépendent les Canadiens.

C'est ce qui est en jeu ici. C'est ce que nous nous attachons à protéger.

C'est pourquoi nous sommes si reconnaissants du leadership dont a fait preuve la première ministre Notley, qui a travaillé sans relâche à défendre ce projet et le bien-être des gens de l'Alberta.

Quant à nous, nous continuerons de discuter d'options avec Kinder Morgan.

Bien que nous sommes conscients que des désaccords peuvent survenir dans toute négociation, nous sommes persuadés que nous pouvons conclure une entente qui est équitable pour les actionnaires de Kinder Morgan et pour les Canadiennes et les Canadiens.

Je répondrai maintenant à vos questions avec plaisir.