Le 28 octobre 2016
Chambre de commerce de la région de Toronto

Archivé - Jeter les bases visant à assurer la croissance de la classe moyenne

Informations archivées

Les informations archivées sont fournies aux fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elles ne sont pas assujetties aux normes Web du gouvernement du Canada et n'ont pas été modifiées ou mises à jour depuis leur archivage. Pour obtenir ces informations dans un autre format, veuillez communiquez avec nous.

Discours principal prononcé par l'honorable Bill Morneau, C.P., député

Le texte prononcé fait foi.

Salutations.

Merci beaucoup pour cette présentation.

Je tiens à remercier la Chambre de commerce de la région de Toronto de m'accueillir de nouveau.

C'est la deuxième fois que je m'adresse à vous ici en tant que ministre des Finances, et c'est un véritable plaisir d'être chez moi.

Il y a un an la semaine dernière, la population de Toronto-Centre m'a fait confiance, et le pays a choisi le vrai changement.

La semaine prochaine marquera le premier anniversaire de l'assermentation du gouvernement à Rideau Hall, où l'on m'a confié l'immense responsabilité que représentent les finances de notre pays.

Je peux vous dire que la dernière année a été excitante, stimulante, chargée et exaltante.

Les anniversaires constituent des moments particuliers où nous avons l'occasion de réfléchir.

Nous nous penchons sur le passé, nous faisons le bilan, mais, surtout, nous nous tournons vers l'avenir et nous planifions pour demain.

En ce sens, l'allocution d'aujourd'hui arrive à point nommé.

Dans quelques jours seulement, je présenterai l'Énoncé économique de l'automne du gouvernement.

Cet énoncé signifie que nous sommes à mi-chemin entre deux budgets.

Il s'agit d'une occasion de mettre à jour nos perspectives économiques et de démontrer les progrès réalisés, afin de poursuivre sur notre lancée et de reconfirmer le programme du gouvernement.

Mais tout d'abord, permettez-moi de revenir sur la dernière année, et sur les progrès que nous avons réalisés pas seulement ici, mais partout dans le monde.

Une des premières choses que j'ai faites après avoir été assermenté en tant que ministre des Finances en ce jour d'automne ensoleillé, c'est monter à bord de l'avion du premier ministre en route vers le Sommet du G20 à Antalya, en Turquie.

Nous présentions au monde entier un premier ministre canadien nouveau, positif, chaleureux et vigoureux.

Nous avons dit que nous ne pouvons pas prétendre avoir réussi à moins que les membres les plus vulnérables de notre société tirent parti de l'activité économique et de la croissance que nous générons ensemble.

Nous étions préoccupés par la sécurité du revenu de retraite, les soins de santé, les problèmes qui touchent les Autochtones, le changement climatique et l'équité.

Nous avons affirmé qu'avec le meilleur bilan du G7, nous réaliserions des investissements à long terme en vue d'accroître notre capacité de production et notre richesse future.

Et je peux vous dire que dans les salles de réunion du Sommet à Antalya, certains participants ne pouvaient vraiment pas donner un sens à nos « voies ensoleillées ».

Il y avait de l'optimisme, c'est certain.

Le Fonds monétaire international était d'accord avec nous. Nous comprenions que la bonne voie à suivre était de mettre l'accent sur la politique budgétaire, étant donné que la politique monétaire avait accompli la majeure partie du travail au cours des années antérieures et qu'elle s'essoufflait.

Mais fallait-il accorder la priorité à la classe moyenne? Tous ne partageaient pas notre point de vue à cet égard.

Reportons-nous maintenant au mois de septembre dernier à l'occasion du Sommet des dirigeants du G20 à Hangzhou, en Chine, où le concept d'une croissance à l'œuvre pour tout le monde – que certains qualifient de « croissance inclusive » – était sur toutes les lèvres, du président Xi au président Obama.

Et, bien sûr, un certain premier ministre Trudeau était en tête du peloton.

Il y a un an, nous avons compris que, partout dans le monde, les gens ont de la difficulté à voir de quelle façon la croissance économique parviendra à améliorer leur sort.

Nous avons fait du renforcement et de la croissance de la classe moyenne notre grande priorité.

Nous avons pris des mesures importantes en vue de contribuer à la tranquillité d'esprit des familles et de leur redonner la confiance dont elles auront besoin pour faire progresser notre économie.

Nous avons réduit les impôts de 9 millions de Canadiens de la classe moyenne.

Nous avons donné aux familles 2 300 $ de plus, en moyenne, par l'entremise de l'Allocation canadienne pour enfants.

Nous avons augmenté les bourses d'études d'un montant pouvant atteindre 50 % pour ceux qui en ont besoin.

Nous avons augmenté la prestation complémentaire au Supplément de revenu garanti pour les aînés seuls et démunis.

Nous avons conclu une entente avec les provinces en vue de renforcer le Régime de pensions du Canada.

Nous avons montré aux Canadiens – particulièrement à ceux de la classe moyenne – les avantages de notre solide économie. Et nous leur avons montré que nous pouvons investir en nous-mêmes, et ce, d'une façon responsable.

Il n'est donc pas étonnant que l'approche du Canada soit maintenant souvent présentée à l'étranger comme l'exemple à suivre.

Dans les couloirs du Sommet du G20 à Hangzhou, et plus récemment aux réunions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, presque un an plus tard, l'attitude a été révolutionnée.

Pas une réunion ne se déroule sans que quelqu'un dise : « J'aime ce que fait le Canada. »

Le défi, bien sûr, est de déterminer ce qu'il faut faire pour veiller à soutenir ce grand élan à long terme.

Un des éléments importants à cet égard consiste à faire en sorte que notre plan repose sur des assises solides en matière de stabilité et de sécurité financières.

J'ai passé la majorité de mon temps ici avec vous à parler de la sécurité financière – et pour cause.

Lorsque les gens ont plus d'argent, ils prennent des décisions concernant l'épargne et l'investissement dans ce qui compte le plus pour eux – ils en profitent directement, et notre économie en profite.

Par exemple, le renforcement du Régime de pensions du Canada donnera à la prochaine génération de Canadiens la confiance nécessaire pour mener leur vie avec plus de sérénité, en sachant que leur niveau de vie au moment de la retraite sera plus sûr.

C'est crucial.

Mais nous ne pouvons pas parler de sécurité financière sans aborder la stabilité financière.

Stabilité financière

En tant que ministre des Finances, je prends mon importante responsabilité de veiller à la stabilité financière du Canada très au sérieux.

Fort heureusement, le Canada a ce qu'il faut pour réussir.

Mais nous devons toutefois demeurer vigilants afin de maintenir nos assises solides.

C'est ce que je fais activement depuis mes premiers jours en tant que ministre des Finances.

Lundi dernier, le gouverneur de la Banque du Canada et moi avons annoncé notre intention de reconduire le régime flexible de ciblage de l'inflation du Canada jusqu'en 2021.

Cette décision se fondait sur l'idée qu'une inflation faible et stable est absolument nécessaire pour appuyer et promouvoir le bien-être économique et financier des Canadiens.

Elle permet aux Canadiens, y compris les entreprises, de prendre des décisions en matière d'investissement et de dépenses, et de planifier à long terme.

Alors que nous cherchons à assurer la stabilité financière au Canada, je suis heureux de profiter des conseils judicieux de cadres supérieurs de plusieurs organismes : le gouverneur de la Banque du Canada, le surintendant des institutions financières, la Société d'assurance-dépôts du Canada et le dirigeant de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, sans compter mon propre sous‑ministre et l'équipe solide d'économistes au ministère des Finances du Canada.

Les travaux et les directives du Fonds monétaire international et du Conseil de stabilité financière indiquent que les régimes de stabilité financière efficaces – aussi appelés « gouvernance macroprudentielle » – nécessitent entre autres que les rôles et les responsabilités soient clairs afin que les outils stratégiques soutiennent la stabilité financière.

Je suis d'accord.

Je serai donc clair – en fin de compte, j'ai la responsabilité de renforcer la sécurité financière et la stabilité de notre système financier.

Tous les jours, je pense aux défis avec lesquels bon nombre de familles canadiennes sont aux prises et à l'importance de leur assurer une stabilité et une sécurité, lorsqu'elles se lèvent le matin pour aller reconduire leurs enfants à l'école, se rendre à l'aréna, payer leurs factures ou s'asseoir pour regarder leur émission de télévision favorite.

Les gens mènent leur vie quotidienne en sachant que nos fondements sont solides.

Ainsi, mon travail consiste à tenter de faire le guet pour protéger les Canadiens.

Et je peux avoir recours à un outil essentiel pour maintenir la stabilité financière au pays : les règles régissant les prêts hypothécaires résidentiels.

Vous connaissez sans doute certaines mesures clés que nous avons prises récemment – en fait, je soupçonne qu'un grand nombre d'entre vous sont ici aujourd'hui pour en apprendre un peu plus sur les mesures qui visent à assurer le dynamisme et la vigueur du marché du logement, ici à Toronto et partout au pays.

Après notre arrivée au pouvoir, l'une de mes premières décisions a été de prendre des mesures pour tenir compte de sources restreintes de risque dans les marchés de Toronto et de Vancouver, en rehaussant la mise de fonds minimale pour l'achat d'une habitation dont le prix est supérieur à 500 000 $, partout au Canada.

Et plus tôt ce mois-ci, j'ai annoncé des mesures complémentaires conçues pour donner plus de cohérence aux règles régissant les prêts hypothécaires, pour réduire les risques auxquels sont exposés les contribuables et pour garantir le respect des règles par tout le monde.

Je continuerai de prendre des mesures pour faire en sorte que l'endettement des ménages soit viable, que les prêteurs agissent prudemment et qu'une augmentation des taux d'intérêt ou un ralentissement du marché du logement ne mettent pas à risque la croissance économique que nous travaillons fort à accélérer.

Ces décisions ne sont pas faciles à prendre, mais je sais que c'est la bonne chose à faire.

Voici une autre anecdote de mes voyages : lors de mon plus récent voyage à Washington, j'ai organisé un déjeuner avec quelques dirigeants économiques américains clés, qui souhaitaient tous vivement en savoir plus sur le Canada et ses politiques de croissance inclusive.

L'ancien secrétaire du trésor, Larry Summers – qui, comme bon nombre d'entre vous le savent, a fait la navette entre Harvard où il était président et la Maison-Blanche où il a agi à titre de leader économique pendant trois décennies – s'y trouvait.

Pendant le déjeuner, Larry m'a dit :

« Vous vous êtes attaqués à ce qui, à mon avis, constitue le plus grand risque pour l'économie canadienne. »

Je ne crois pas que j'ai besoin de l'expliquer à la plupart d'entre vous.

L'endettement élevé des ménages rend les Canadiens plus vulnérables à un ralentissement économique.

L'histoire et des analyses approfondies nous apprennent qu'en période de ralentissement économique les membres de la classe moyenne et les familles à faible revenu sont les plus durement touchés.

Ce sont eux qui auront de la difficulté à boucler les fins de mois lorsque viendra le moment de payer l'hypothèque et les factures.

Ce sont eux qui vivent les répercussions financières les plus considérables avec leur famille si le prix des maisons chute.

Ce sont eux dont les rêves sont le plus en péril.

En agissant maintenant, nous favorisons l'abordabilité de façon durable.

Nous veillons à ce que les marchés du logement demeurent dynamiques.

Et nous permettons aux Canadiens de mieux dormir.

Ces mesures opportunes et ciblées pour appuyer la stabilité financière permettent à la Banque du Canada de mettre l'accent sur son objectif prioritaire de stabilité des prix, qui appuie la sécurité financière des Canadiens.

Ces résultats soutiennent la croissance durable, et nous permettent d'aller de l'avant avec notre programme économique qui vise à assurer la croissance de la classe moyenne et à créer davantage de possibilités pour les Canadiens.

Conclusion

Ce fut toute une année.

Nous avons commencé à poser les fondements d'une classe moyenne et d'une croissance économique plus fortes dès nos premiers jours au pouvoir.

Nous offrons aux familles plus d'occasions de prospérer, afin qu'elles soient plus en mesure d'épargner pour l'éducation de leurs enfants, d'acheter des patins à leurs enfants cet hiver, et de moins s'inquiéter au sujet de leur épargne et de leurs actifs au moment de la retraite.

Et nous avons raffermi les bases sur lesquelles cet avenir repose.

Tout au long de mon mandat en tant que ministre des Finances, je m'efforcerai de trouver l'équilibre entre les mesures que nous prenons à court terme et l'objectif primordial de garder une vision à long terme.

Comme je l'ai mentionné, je déposerai mardi prochain l'Énoncé économique de l'automne de notre gouvernement.

Notre objectif est simple : nous voulons faire en sorte que le Canada soit bien positionné pour réussir dans l'économie mondiale de demain.

Nous avons reçu des idées audacieuses du Conseil consultatif en matière de croissance économique, qui ont permis de faire progresser davantage les échanges.

La semaine prochaine et au cours des mois qui suivront, nous vous en dirons plus sur les efforts que nous déployons pour bâtir l'avenir économique du Canada.

Votre avenir économique.

Sachez qu'ensemble nous pouvons bâtir un avenir meilleur – pour nous tous.

Je vous remercie.