Washington, le 12 avril 2014

Archivé - Déclaration préparée à l’intention du Comité du développement des conseils des gouverneurs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international

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L’honorable Joe Oliver, ministre des Finances du Canada, pour le compte d’Antigua-et-Barbuda, des Bahamas, de la Barbade, du Belize, du Canada, de la Dominique, de la Grenade, du Guyana, de l’Irlande, de la Jamaïque, de Saint-Kitts-et-Nevis, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines

À titre de nouveau ministre des Finances du Canada et de gouverneur au Groupe de la Banque mondiale, je suis fier de représenter ce groupe de pays auprès du Comité du développement des conseils des gouverneurs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

Au cours des 20 dernières années, la croissance économique et la réduction de la pauvreté dans les pays en développement ont connu des progrès importants. Ainsi, le pourcentage de personnes en situation d’extrême pauvreté en 2013 a reculé de plus de la moitié par rapport au taux enregistré en 1990. Nous devrions tous nous réjouir de ce résultat sans précédent. Pourtant, un milliard de personnes vivent toujours dans l’extrême pauvreté et les avantages de la croissance mondiale sont répartis inégalement.

Depuis l’automne dernier, la reprise mondiale s’est poursuivie, bien qu’elle demeure fragile. Malgré l’amélioration observée dans certaines économies avancées, on constate un ralentissement du rythme de l’activité économique dans quelques-unes des principales économies de marché émergentes. En outre, l’accroissement récent de risques sur le plan géopolitique a provoqué davantage d’incertitude. Bref, la reprise est précaire et les taux de chômage demeurent trop élevés dans bon nombre de pays. Dans ce contexte, des mesures ambitieuses et collectives sont nécessaires, appuyées par le Groupe des Vingt (G‑20), le Comité monétaire et financier international et le Comité du développement, pour assurer une croissance vigoureuse, inclusive et durable, et pour éviter que l’économie mondiale ne suive une trajectoire de croissance faible.

Le Groupe de la Banque mondiale joue un rôle important pour aider les pays en développement à gérer la transition d’après-crise et à poursuivre les progrès récents en matière de réduction de la pauvreté. Au cours de la dernière année, le Groupe a entrepris une série de réformes internes de façon à être en mesure de mieux réagir à l’évolution et à l’incertitude du contexte extérieur. Au nom des pays que le Canada représente, je tiens à féliciter le Groupe d’avoir poursuivi la mise en œuvre de ses ambitieuses réformes et de chercher constamment à améliorer ses politiques et ses activités, afin que nous puissions atteindre les objectifs globaux d’éradiquer l’extrême pauvreté et de favoriser la prospérité commune. J’aimerais en particulier profiter de l’occasion pour démontrer l’appui de notre groupe aux travaux menés par la Banque dans cinq secteurs clés.

Santé maternelle et infantile

Des résultats remarquables ont été obtenus ces dernières années dans le cadre de l’effort mondial visant à améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Le Groupe de la Banque mondiale a joué un rôle majeur dans cette initiative, par son travail avec les pays en développement dans le secteur de la santé et dans d’autres domaines qui touchent la santé des femmes et des enfants.

En dépit de ces avancées, il reste encore beaucoup à faire. Un fait demeure : il est peu probable que soient atteintes les cibles mondiales visant deux des principaux Objectifs du Millénaire pour le développement, c’est‑à‑dire réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle. En effet, les progrès sont très faibles dans la majorité des régions de l’Afrique subsaharienne et ils sont pratiquement nuls dans un bon nombre d’États touchés par des conflits. Parallèlement, nous avons une meilleure compréhension des problèmes, ce qui fait ressortir de nouveaux enjeux qui nécessitent davantage d’attention afin de maintenir les résultats atteints à ce jour.

Tous les acteurs de la communauté internationale – les donateurs, les organismes non gouvernementaux, le secteur privé et les pays en développement – devront redoubler d’efforts pour accélérer les progrès au chapitre de la santé des femmes et des enfants. Toutefois, la réussite ne repose pas uniquement sur un financement plus important ou sur la mise en place d’un plus grand nombre d’initiatives; nous devons également travailler mieux, de façon plus intelligente et dans un meilleur esprit de collaboration si nous voulons aider toutes les femmes et tous les enfants.

J’encourage donc le Groupe de la Banque mondiale à mettre en œuvre son approche de « science de la prestation » pour aider les pays à créer et à renforcer les institutions et les structures dans le secteur de la santé et dans d’autres domaines qui ont une incidence sur la santé des femmes et des enfants.

À l’avenir, les pays représentés par le Canada poursuivront leur collaboration avec le Groupe de la Banque mondiale et d’autres partenaires internationaux pour s’assurer que la santé des mères, des nouveau‑nés et des enfants demeure une priorité du programme de développement international après 2015. À cet égard, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, sera l’hôte, du 28 au 30 mai, d’un sommet de haut niveau sur la santé des mères, des nouveau‑nés et des enfants, afin de mobiliser les dirigeants et les spécialistes de la santé en vue d’entreprendre la prochaine étape des efforts permettant d’améliorer la santé maternelle et infantile.

Financement à long terme pour l’infrastructure et participation du secteur privé au développement

L’atteinte des objectifs en matière de développement passe nécessairement par l’apport d’un financement à long terme pour l’infrastructure. Le manque d’infrastructures dans les économies en développement représenterait, selon des estimations, environ un billion de dollars américains par année jusqu’en 2020. Dans le but de surmonter les contraintes actuelles concernant le financement de l’infrastructure dans les pays clients, le Groupe de la Banque mondiale doit mettre l’accent sur la recherche de moyens pour améliorer les conditions sous-jacentes à l’investissement, notamment par la promotion de réformes sur le plan de la réglementation, par la protection des normes grâce à la mise en œuvre de mesures de sécurité, et par l’offre d’une expertise technique. Le Groupe peut également jouer un rôle majeur en amont, en contribuant à élargir le nombre de projets en attente d’exécution pouvant bénéficier d’un financement. Les pays représentés par le Canada incitent le Groupe à mettre à profit tous les outils à sa disposition ainsi que son pouvoir rassembleur pour mobiliser les ressources et les intervenants à l’appui des investissements durables dans l’infrastructure. Nous estimons que la Banque peut être un ajout important aux travaux déjà en cours, en particulier au sein du G‑20, pour favoriser une plus grande participation du secteur privé et faciliter l’investissement dans l’infrastructure.

Le Groupe de la Banque mondiale peut assumer un rôle plus prépondérant en matière de développement responsable des ressources; il peut faire de même en ce qui concerne l’exploitation de l’industrie extractive, laquelle peut être un moteur du développement durable. En partenariat avec le G‑7, le G‑20, d’autres donateurs, les institutions financières internationales et les organisations multilatérales, la Banque mondiale peut également jouer un rôle clé au chapitre de la coordination pour veiller à soutenir de façon efficiente les pays qui cherchent à tirer parti de leurs propres ressources naturelles en vue de réduire la pauvreté.

Agriculture et nutrition

Le Groupe de la Banque mondiale aura une importante contribution à offrir au chapitre de la mise en œuvre de l’agriculture intelligente face au climat, ainsi que de l’élaboration de stratégies visant à aider les pays partenaires à atteindre un triple objectif, soit la hausse de la productivité et des revenus, l’amélioration de la nutrition et la réduction des incidences sur le climat.

L’apport des systèmes agricoles et alimentaires est également crucial à la réalisation des objectifs du Mouvement SUN (Scaling Up Nutrition), en assurant la disponibilité de régimes alimentaires diversifiés et durables et l’accès à ceux‑ci. Dans le cadre de ce programme, le Canada et l’Irlande ont participé à une réunion des donateurs du Mouvement SUN tenue en marge des réunions de printemps. Ils ont également coprésidé un séminaire de haut niveau sur les leçons à tirer des approches antérieures en ce qui a trait à l’agriculture sensible aux enjeux nutritionnels, tout en déterminant les moyens d’utiliser ces leçons pour orienter et éclairer cet enjeu déterminant pour l’avenir.

Répondre aux besoins des petits États

Les pays représentés par le Canada se réjouissent de l’engagement continu du Groupe de la Banque mondiale envers les petits États et espèrent que cela se traduira par des changements significatifs et profonds pour les pays des Caraïbes.

Les économies des pays des Caraïbes continuent d’éprouver des difficultés en raison des répercussions causées par une reprise mondiale lente et inégale, et la croissance de ces pays est demeurée faible depuis notre dernière réunion à l’automne. Il faut donc faire plus pour accélérer la reprise. À cette fin, nous demandons un appui plus vigoureux du Groupe de la Banque mondiale pour garantir la stabilité macroéconomique et financière et pour renforcer la croissance du secteur privé. La formation de partenariats public-privé dans les principaux secteurs de croissance, comme l’infrastructure et l’énergie, contribuera à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté et favorisera la prospérité commune.

De plus, comme les petits pays sont de plus en plus vulnérables aux événements climatiques, les pays représentés par le Canada comptent sur le Groupe de la Banque mondiale pour trouver des moyens novateurs en vue de réagir à ces événements et de renforcer la capacité de résistance dans les petits États.

Renforcer la capacité financière de la Banque

La solidité du Groupe de la Banque mondiale repose sur une gestion financière rigoureuse. Dans cette optique, les pays représentés par le Canada appuient les mesures récemment proposées par la direction afin d’accroître la capacité financière du Groupe. Nous croyons comprendre que la Banque évalue actuellement les avantages possibles de mettre en vigueur d’autres innovations financières, y compris des swaps de risque entre banques multilatérales de développement ainsi qu’un projet de mécanisme de financement mondial des infrastructures. Nous incitons le Groupe à poursuivre ses efforts à titre de catalyseur du financement des priorités en matière de développement. Les pays représentés par le Canada considèrent que ces initiatives sont utiles pour le Groupe dans son ensemble, et ils espèrent que cela encouragera d’autres institutions financières internationales à envisager des façons de mieux mettre à profit leurs ressources actuelles et de renforcer leur capacité de prestation d’aide au développement.

Les prochaines étapes

Compte tenu des défis actuels auxquels est confrontée l’Ukraine, le groupe représenté par le Canada appuie l’intention du Groupe de la Banque mondiale d’accorder une somme de trois milliards de dollars en 2014 pour aider la population de l’Ukraine lors de la transition qui s’annonce difficile. Au cours des prochains mois, le Groupe devra travailler en étroite collaboration avec d’autres institutions financières internationales pour s’assurer que l’aide est versée de façon efficace, efficiente et coordonnée.

Je tiens également à souligner que les pays membres du groupe représenté par le Canada, qu’ils soient emprunteurs ou non, sont satisfaits des résultats de la dix‑septième reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA). Les contributeurs ont reconnu le caractère spécial de cette dix‑septième reconstitution, en raison de l’importance du soutien de transition pour l’Inde. La contribution de 1,4 milliard de dollars du Canada à l’IDA (ce qui en fait le 6e plus grand donateur) et la contribution de l’Irlande à la 17e reconstitution à un niveau égal à celui de la 16e reconstitution, malgré les importantes mesures d’austérité internes, démontrent clairement l’appui indéfectible à l’IDA du groupe représenté par le Canada. Notre groupe croit que l’IDA se trouve maintenant à la croisée des chemins, et il a bien hâte de discuter de façon plus approfondie de la vision à long terme de l’IDA au cours des prochaines années.

En terminant, au nom des pays que le Canada représente, je tiens à remercier le président Kim d’avoir fait preuve de vision et de leadership pour diriger le Groupe de la Banque mondiale, en particulier dans le cadre du processus de changement. Son travail a contribué à jeter les bases d’un avenir prometteur pour le Groupe, et les membres du groupe que représente le Canada demeurent déterminés à appuyer cette transformation.