Le 10 septembre 2009
Victoria (Colombie-Britannique)

Archivé - Discours de l'honorable Jim Flaherty, ministre des Finances, devant les membres de la Greater Victoria Chamber of Commerce

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Le texte prononcé fait foi.

 

Je vous remercie d'être ici aujourd'hui, et je remercie la Chambre de m'avoir invité à revenir à Victoria.

Évidemment, la province tout entière est reconnue comme étant une destination touristique de choix au Canada.

L'éventail complet de ce que vous avez à offrir au monde sera en vedette l'an prochain, avec la tenue des Jeux olympiques ici même en Colombie-Britannique.

Ce sera sans aucune doute un moment formidable pour le Canada.

Je m'attends à une année des plus excitantes.

Remarquez, ce ne sont pas les sources d'excitation qui ont manqué au cours de la dernière année.

Quiconque a suivi l'évolution de l'économie mondiale depuis septembre dernier le reconnaîtra volontiers.

La fin de semaine dernière, j'ai assisté à une réunion des ministres des Finances du Groupe des Vingt (G20) au Royaume-Uni.

Nous y avons préparé le sommet des chefs de gouvernement qui se tiendra à Pittsburgh dans deux semaines, et auquel le premier ministre participera.

Au cours de la dernière année, des réunions internationales de plus en plus nombreuses se sont succédées à un rythme effarant.

Si l'on pouvait sauver le monde à coup de réunions, nous nagerions en pleine prospérité.

Mais s'il est une chose que l'on a clairement constatée à l'occasion de cette dernière rencontre, c'est à quel point l'anxiété s'est dissipée.

Nous ne sommes certes pas encore au bout de nos peines.

Mais la suite des événements semble plus prometteuse.

Les conditions du crédit continuent de s'améliorer.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que l'économie mondiale prendra de l'expansion en 2010.

Au Canada, l'économie a progressé en juin; il s'agit du premier mois de croissance en presque un an.

La confiance des consommateurs s'est améliorée au cours de sept des huit derniers mois.

La forte croissance observée cet été fait que, en juillet, les ventes de maisons sont revenues aux niveaux d'avant la récession.

Les données sur l'emploi parues la semaine dernière montrent que le marché du travail commence à se stabiliser.

Il ne fait aucun doute que ces signes de l'économie canadienne sont encourageants.

Ils sont certes encourageants, mais ce ne sont que les tout premiers signes de ce qui devrait être une reprise fragile.

La dernière année a été la plus difficile pour l'économie mondiale depuis la Deuxième Guerre mondiale, et nous ne sommes nullement au bout de nos peines.

Cependant, compte tenu de la position de force dans laquelle il se trouvait au début de cette période, le Canada s'en tire aussi bien que n'importe quel autre pays du globe.

La communauté internationale a fait l'éloge de notre bilan exemplaire, de notre solide système financier et de notre performance enviable pendant la crise.

Cette semaine, le Forum économique mondial a réitéré que c'est au Canada que sont établies les banques les plus saines au monde.

Le Forum classe en outre le Canada au neuvième rang mondial pour la compétitivité de son économie. C'est tout un progrès sachant que, sous le gouvernement libéral précédent, le Canada venait au 14e rang à ce chapitre.

Cela confirme ce que nous disons depuis le début : le Canada est un exemple à suivre pour le reste du monde.

La fin de semaine dernière, à l'occasion de la réunion des ministres des Finances du G20, la ministre de l'Économie de la France, Mme Christine Lagarde, a dit croire que l'exemple du Canada peut être une source d'inspiration, et que certains ont déclaré vouloir être des Canadiens.

Le secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner, a également fait l'éloge de notre système. Il veut maintenant rendre le système financier des États-Unis aussi « terne » que le nôtre.

De nos jours, le fait d'être terne n'est pas dépourvu d'avantages.

Le FMI prévoit que le Canada est le pays du G7 qui devrait connaître la contraction la moins marquée de son économie cette année et qui devrait afficher l'un des taux de croissance les plus élevés au cours de l'année olympique de 2010.

Aussi modeste qu'elle puisse être, nous serons tout de même en période de croissance.

Par ailleurs, le Canada domine tous les pays du G7 pour sa santé financière.

Comparons cela au sombre pronostic auquel nos voisins du sud sont confrontés, eux qui sont maintenant obligés d'anticiper des déficits cumulatifs de l'ordre de billions de dollars.

Que le Canada soit en bonne santé financière ne devrait surprendre personne.

Cela résulte des efforts incessants du gouvernement pour réduire la dette avant que ne débute la crise mondiale.

Nous avions donc beaucoup plus de marge de manœuvre lorsque la situation a commencé à se détériorer.

Au début de la crise, le Canada affichait le ratio de la dette au produit intérieur brut (PIB) le plus faible de tous les pays du G7.

Ce solide bilan financier nous a permis de mettre en œuvre le Plan d'action économique du Canada.

Il nous a permis d'avoir les déficits à court terme nécessaires pour instaurer des mesures de stimulation ciblées et pertinentes, en plus de créer des emplois et de les protéger.

En proportion du PIB, ces déficits sont modestes.

Cette année, notre ratio du déficit au PIB est de 3,7 %, ce qui est nettement inférieur au sommet de 5,6 % atteint au cours de la récession précédente du début des années 1990.

Cette année et l'an prochain, le Plan d'action économique du Canada fournira les plus importantes mesures de stimulation financière des pays du G7 en proportion de notre économie, et parmi les plus importantes à l'échelle du G20.

Le Plan d'action économique est conçu pour intervenir là et au moment où les besoins sont les plus grands.

Nous sommes à le mettre en œuvre, et ses résultats sont probants.

Des projets d'infrastructure sont en cours, et d'autres sont entrepris chaque jour.

Les Canadiennes et les Canadiens qui ont perdu leur emploi profitent d'un soutien accru grâce au système d'assurance-emploi, et ils ont plus facilement accès à de la formation pour acquérir de nouvelles compétences.

L'économie bénéficie d'un coup de pouce; des emplois sont créés et protégés.

Mais ce n'est pas le moment d'être complaisants.

N'oublions pas qu'il y a tout juste un an aujourd'hui, Lehman Brothers a annoncé une perte de 4 milliards de dollars américains avant de faire l'objet de la plus importante faillite de toute l'histoire des États-Unis.

La crise financière qui a suivi a fait s'écrouler les places boursières, puis les économies réelles partout dans le monde.

L'économie mondiale n'est pas encore remise de la récession la plus grave et la plus généralisée des 60 dernières années.

Il ne faut donc pas oublier ni la rapidité avec laquelle l'économie mondiale peut être perturbée, ni l'aisance avec laquelle ces perturbations peuvent frapper le Canada de plein fouet.

Une reprise économique peut être mise en péril par des événements imprévisibles qui échappent nettement à notre contrôle et débordent largement nos frontières.

En fait, elle peut aussi être menacée par des facteurs que nous contrôlons amplement.

Alors même que le Plan d'action économique du Canada s'intensifie et produit des résultats concrets, ce n'est pas le moment de laisser l'opportunisme politique mettre la reprise économique en péril.

Ce n'est pas le moment de laisser l'intérêt partisan et étroit engendrer l'instabilité.

L'heure n'est pas à la politicaillerie.

Lors de la réunion des ministres des Finances du G20 de la semaine dernière, nous avons convenu de continuer de travailler ensemble.

Tous les gouvernements ont reconnu qu'aucun pays ne devrait être empêché de mettre en œuvre son programme de stimulation.

La reprise demeure fragile, et le rythme de cette reprise reste incertain.

L'économie n'est peut-être pas encore tout à fait en mode « reprise », mais nous faisons ce qu'il faut pour qu'elle y parvienne.

Le Plan d'action économique du Canada fonctionne.

Il faut qu'il puisse continuer de fonctionner.

Un plan qui fonctionne

Le Plan d'action économique du Canada est à l'œuvre maintenant, là et au moment où les besoins sont les plus grands.

Il prévoit :

  • des réductions d'impôt permanentes;
  • des milliards de dollars pour venir en aide à ceux et celles qui sont au chômage sans que ce soit de leur faute;
  • des dépenses massives en infrastructure;
  • un soutien pour les industries et les collectivités les plus touchées par la crise mondiale, y compris le secteur forestier et d'autres industries ici même en Colombie-Britannique.

 

Le gouvernement présentera bientôt son bilan le plus récent de la progression du Plan d'action économique du Canada.

Nous avons fait beaucoup de progrès depuis le rapport précédent de juin, alors que 80 % des mesures du Plan étaient déjà en voie d'être mises en œuvre.

Les entreprises et les familles de Colombie-Britannique et de partout au Canada ont raison d'être fières des progrès qui ont marqué la dernière année.

Les initiatives du Plan d'action économique leur donnent un coup de pouce en ce moment même.

Les propriétaires de maisons d'un bout à l'autre du pays investissent dans leur actif le plus précieux tout en bénéficiant du crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire que nous avons proposé.

C'est ainsi que les producteurs de bois d'œuvre, les fabricants, les fournisseurs, les menuisiers et les couvreurs, pour ne nommer que ceux-là, profitent de cette mesure.

Le Plan d'action a aussi facilité l'accès au crédit et au financement après que la crise financière eut paralysé les marchés du crédit.

Grâce à des mesures de soutien de financement totalisant plus de 115 milliards de dollars, il a été plus facile pour les familles et les entreprises canadiennes d'obtenir du crédit, des prêts hypothécaires et des lignes de crédit afin de les aider à investir et à améliorer leur qualité de vie.

Les réductions d'impôt permanentes donnent un coup de pouce immédiat aux entreprises canadiennes et les préparent à soutenir encore mieux la concurrence internationale dans les années à venir.

En fait, depuis qu'il est arrivé au pouvoir, le gouvernement a mis en place des réductions d'impôt pour les entreprises canadiennes totalisant plus de 60 milliards de dollars en 2008-2009 et les cinq années suivantes.

Grâce aux réductions de l'impôt sur le revenu des sociétés mises en place par le gouvernement, le taux de l'impôt fédéral sur le revenu des sociétés prévu par la loi continue de baisser. Il était de plus de 22 % quand nous sommes arrivés au pouvoir et il aura reculé à 15 % d'ici 2012.

Il convient aussi de souligner la contribution d'autres administrations, et plus particulièrement de la Colombie-Britannique, à cet effort d'allégement des impôts.

Plusieurs provinces réduisent leur taux d'imposition des sociétés.

Au cours des prochaines années, l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Colombie-Britannique abaisseront leurs taux de l'impôt sur le revenu des sociétés à 10 %, sinon davantage.

Ce taux se situe actuellement à 10 % en Alberta.

Ces mesures aident le Canada à se rapprocher de l'objectif du gouvernement qui consiste à appliquer un taux fédéral-provincial d'impôt prévu par la loi de 25 % sur le revenu des sociétés.

Il s'agit d'un avantage fiscal évident que nous pouvons vendre aux investisseurs.

En fait, cet avantage fiscal a incité une célèbre bannière canadienne à rentrer au bercail.

Tim Hortons a choisi de rapatrier son siège social des États-Unis au Canada.

Nous pouvons nous attendre à ce que de plus en plus de multinationales songent à établir leur siège au Canada.

Certaines voudront aussi profiter des allégements tarifaires instaurés cette année à l'égard d'une gamme de machines et de matériel importés.

Le gouvernement reste déterminé à bonifier davantage ces allégements.

Grâce à ces changements, et à d'autres encore, d'ici l'an prochain, nous tiendrons notre engagement d'appliquer le taux global d'imposition le plus bas sur les nouveaux investissements des entreprises de tous les pays du G7.

Et nous prévoyons que le Canada sera, d'ici 2012, le pays du G7 où le taux d'imposition prévu par la loi sera le plus bas.

Alors que d'autres nations éprouvent des difficultés à surmonter la crise actuelle, le Canada se prépare à prospérer longtemps après que la crise soit chose du passé.

Maintenir le cap

Il est clair qu'à cause de nos efforts le Canada jouit d'une position enviable.

Nous étions dans une position enviable auparavant, grâce à nos budgets équilibrés successifs et au montant appréciable que le gouvernement a affecté à la réduction de la dette.

Nous avons opté pour des dépenses abordables et temporaires, et nous avons réduit les impôts, pour aider l'économie canadienne à traverser la période difficile qui prévaut à l'échelle mondiale.

Nous prévoyons que les choses vont continuer de s'améliorer.

Nous avons toutes les raisons d'être confiants.

Mais nous devons toutefois rester prudents, et prendre des décisions fondées sur les données les meilleures et les plus objectives que nous puissions recueillir.

Les projections financières fédérales reposent sur la gamme complète de données à notre disposition à un moment donné.

Elles découlent habituellement d'une quinzaine de séries de projections représentant les prévisions d'ensemble d'économistes réputés du secteur privé qui travaillent auprès des banques et des établissements d'enseignements du pays.

Le ministère des Finances recueille leurs points de vue à propos d'un certain nombre de variables économiques importantes comme les taux d'intérêt, le taux de chômage et le produit intérieur brut.

Cette approche fait appel à la gamme complète des prévisions, et non uniquement à celles que certains pourraient préférer.

Nous avons adopté cette approche parce qu'elle se distingue par sa crédibilité et parce qu'elle est à l'abri de l'ingérence du gouvernement.

Alors que nous préparions le budget au cours de la dernière année, la situation s'est détériorée dans l'ensemble beaucoup plus que quiconque s'y attendait.

Les prévisions recueillies au moyen de notre enquête ont elles aussi été révisées à la baisse, et les perspectives à moyen terme ne font pas consensus.

Les divergences d'opinion entre les prévisions les plus élevées et les plus modestes sont les plus importantes que le gouvernement a jamais observées.

Cela ne nous a pas facilité la tâche.

Au cours des 12 derniers mois, les perspectives de l'économie mondiale ont fait un demi-tour spectaculaire; la croissance soutenue a fait place à une crise économique.

Rien que cette année, la révision à la baisse des prévisions économiques du secteur privé nous ont obligés à revoir nos propres projections de déficit, ce que nous faisons encore aujourd'hui même.

Ensemble, le fait que nous prévoyons maintenant une activité économique plus modeste au cours des prochaines années et notre décision de mettre en œuvre un plan de stimulation économique sans précédent se traduiront par une série de déficits que nous devrons ensuite combler.

Alors que notre économie s'améliore, les Canadiens ont toutes les raisons de s'attendre à ce que le gouvernement rétablisse l'équilibre budgétaire.

Nous avons pris cet engagement dans notre budget de janvier, et nous maintenons le cap.

Cela ne veut pas dire qu'il sera facile de rétablir l'équilibre budgétaire.

Il faudra faire preuve de leadership et d'une discipline soutenue, surtout compte tenu du niveau historique d'incertitude qui prévaudra au cours des prochains mois et des prochaines années.

Reste à voir comment nous allons procéder.

Certains disent que les augmentations d'impôt sont inévitables, et même souhaitables, si l'on veut rétablir l'équilibre budgétaire.

Ce n'est pas ce que fera le gouvernement.

Nous avons déployé trop d'efforts afin de créer l'avantage fiscal dont nous disposons aujourd'hui pour maintenant faire marche arrière.

Le gouvernement qui a abaissé l'impôt des sociétés ne le fera pas.

Le gouvernement qui a réduit l'impôt sur le revenu des particuliers ne le fera pas.

Le gouvernement qui a réduit la taxe sur les produits et services ne le fera pas.

Le gouvernement a abaissé les impôts, et il ne reviendra pas là-dessus.

Au total, les mesures prises par le gouvernement depuis son arrivée au pouvoir réduiront les impôts de 220 milliards de dollars en 2008-2009 et au cours des cinq années suivantes.

Certains disent que le rétablissement de l'équilibre budgétaire et le retour à des excédents ne doivent reposer que sur la compression des dépenses de l'État.

En fait, nous avons déjà vu ce que cela donne.

L'ancien gouvernement libéral a éliminé le déficit non pas en réduisant de façon intelligente les dépenses du gouvernement, mais en sabrant dans les transferts fédéraux aux provinces.

Il a mis la hache dans les fonds dont les provinces ont besoin pour financer les soins de santé, l'éducation et les services sociaux.

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a pris des mesures afin de corriger ce problème.

Les transferts fédéraux qui permettent aux provinces de financer des services essentiels atteignent maintenant des sommets inégalés, et ils continueront d'augmenter.

Nous ne reviendrons pas là-dessus non plus afin de rétablir l'équilibre budgétaire.

Pour équilibrer le budget, nous devons examiner les défis à court terme auxquels nous sommes confrontés, les concilier avec nos défis à plus long terme, et développer un plan qui les relève tous à un coût raisonnable pour les contribuables.

Dans l'immédiat, nous devons faire en sorte que le Canada émerge de la récession mondiale.

C'est précisément l'objet du Plan d'action économique du Canada.

Il comporte des mesures temporaires qui viendront à échéance à la fin de la période de deux ans prévue dans le budget.

Par exemple, une bonne partie des fonds pour l'infrastructure annoncés dans le Plan d'action portent sur cette année et l'an prochain.

Ces fonds sont pour des projets prêts à réaliser et doivent être dépenses maintenant, alors que l'économie en a le plus besoin.

Le crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire que nous avons proposé est une autre mesure temporaire qui vise les rénovations effectuées avant février 2010.

Nous avons prolongé de cinq semaines la période maximale pendant laquelle les particuliers ont droit à des prestations d'assurance-emploi. Il s'agit d'une autre mesure temporaire qui s'appliquera cette année et l'an prochain.

Nous avons gelé les taux des cotisations d'assurance-emploi pour cette année et l'an prochain, au profit des employeurs et des employés.

Ces décisions à l'égard du programme d'assurance-emploi, nous les avons prises tout en sachant que leur coût ferait augmenter le déficit.

Nous étions loin du seuil de rentabilité, mais ces changements étaient nécessaires.

Ils aident déjà à atténuer l'impact de la récession sur ceux qui en ont le plus souffert : les gens qui ont perdu leur emploi.

La mise en œuvre du Plan d'action économique demeure la priorité du gouvernement.

C'est ce que nous continuerons de faire cette année et l'an prochain; nous maintiendrons le cap.

Lorsque notre plan sera entièrement en œuvre et que nous serons certains que la reprise est profondément ancrée, nous exécuterons un plan en vue de rétablir l'équilibre budgétaire, conformément à notre engagement.

Mais il faut d'abord une reprise économique soutenue.

D'après toutes les prévisions du secteur privé à l'égard des prochaines années, la reprise sera relativement modeste.

On n'entrevoit qu'une augmentation modérée de la croissance économique et des revenus de l'État.

L'incertitude des perspectives de l'économie mondiale rend également plus incertain le moment où l'équilibre budgétaire sera rétabli.

En dépit de la volatilité, notre plan ne changera pas sur le fond.

Vu la révision des perspectives du secteur privé, nous anticipons maintenant un déficit modeste mais gérable d'à peine 5,2 milliards de dollars en 2014-2015, soit environ 0,5 % du PIB prévu.

Compte tenu de dépenses totalisant près de 300 milliards de dollars, il sera alors très facile de gérer un déficit aussi modeste.

À cette fin, le gouvernement a arrêté une approche équitable, qui n'a pas pour effet d'augmenter les impôts et qui fait en sorte que les gouvernements continuent de combler les attentes et les besoins des Canadiens.

Le moment venu – lorsque notre Plan d'action économique aura été mis en œuvre, que la reprise sera bien ancrée et que les prévisions du secteur privé seront plus certaines –, nous déterminerons dans quelle mesure il faudra freiner l'augmentation des dépenses afin d'équilibrer le budget.

Nous prenons une approche prudente à l'égard d'une reprise fragile, en évitant de surestimer sa vigueur potentielle dans le seul but de présenter de meilleurs résultats.

C'est dans le contexte d'une économie en reprise – mais pas nécessairement en plein essor – que nous pourrons commencer à freiner l'augmentation des dépenses afin d'éliminer ce dernier petit déficit dans cinq ans.

Cela peut sembler facile. Et, puisque les dépenses continueront d'augmenter, cela peut ne pas sembler particulièrement douloureux.

Mais il reste que, pour comprimer ses dépenses, le gouvernement devra quand même faire des choix difficiles.

Il faudra du leadership, de la détermination et une discipline soutenue.

Le gouvernement devra prendre des décisions qui ne seront pas toujours populaires ou sans douleur.

Je préviens dès aujourd'hui les Canadiens que, si un politicien leur dit que le retour aux excédents budgétaires n'est pas un exercice douloureux, il ne leur dit carrément pas la vérité.

Au cours des prochaines années, il faudra un effort clair et résolu pour maintenir le cap sur les excédents.

Il faudra souvent dire « non » aux marottes et aux intérêts particuliers.

Le gouvernement est prêt à faire preuve de leadership à cet égard.

Un programme prudent et responsable

Le ciel peut bien se dégager, la tâche qui nous attend n'en sera pas moins ardue.

Comme les prévisions risquent de continuer de changer, rien n'est sûr. C'est pourquoi le gouvernement ne tiendra rien pour acquis.

Nous nous en tiendrons à nos principes.

Nous suivrons l'approche prudente et responsable qui a permis au Canada de faire l'envie des autres nations pour son niveau de préparation lorsque l'orage a éclaté et pour son avantage concurrentiel une fois la tempête passée.

Si imparfaites que soient les prévisions du secteur privé, le gouvernement continuera de les considérer comme un point de départ indépendant et objectif pour les projections aux fins de sa planification financière.

Il devient évident que la gravité de la crise mondiale a eu sur l'économie canadienne un impact encore plus marqué que ce à quoi le gouvernement s'était préparé dans son budget.

Nous ne sommes pas les seuls. Partout dans le monde, les gouvernements et les entreprises ont dû revoir leurs chiffres à la lumière des conditions changeantes.

De plus, l'incertitude à propos des perspectives économiques actuelles et à moyen terme demeure très vive en raison de l'incertitude à l'égard de la reprise de l'économie mondiale, du plein effet de la récession en cours sur le chômage, et de l'impact sur les prix des produits de base.

Nous nous attaquerons à ces défis en reprenant l'approche qui a valu au Canada les éloges de la communauté internationale : avec prudence, discipline et détermination.

Nous exercerons le leadership nécessaire pour recommencer à dégager des excédents dès que ce sera possible.

Nous le ferons de manière équitable, en veillant à ce que les impôts demeurent bas et à ce que le gouvernement continue de combler les attentes et les besoins des Canadiens.

Si les conditions devaient changer, nous continuerons d'agir de manière responsable et nous peaufinerons nos plans en réponse à la nouvelle réalité.

Comme je l'ai dit maintes fois au cours de rencontres internationales au cours de la dernière année, notre démarche typiquement canadienne est celle qui convient, et elle nous a bien servis.

Comme nous le verrons bientôt ici même dans cette province, une performance digne d'une médaille exige un travail acharné, de la planification et toutes les ressources à notre disposition le jour dit.

On ne parviendra jamais à l'excellence en attendant des conditions plus favorables et en critiquant ceux qui ont mis l'épaule à la roue pendant les périodes de disette.

Les événements économiques de la dernière année montrent clairement que le Canada est plus qu'en mesure d'être un chef de file mondial.

Quelle que soit l'épreuve, y compris celles qui se déroulent sur la neige ou la glace, je suis convaincu que les Canadiens sont loin d'avoir épuisé leur potentiel.