Archivé - L'économie en bref
juin 2006

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- L'économie en bref 2006 -

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Aperçu

  • Le produit intérieur brut (PIB) réel a connu une croissance de 3,8 % au premier trimestre de 2006 après avoir enregistré une hausse de 2,6 % au quatrième trimestre de 2005.
  • La demande intérieure finale réelle, stimulée par la saine progression de l'emploi et des revenus, a augmenté de 5,0 % et entraîné le besoin d'accroître la production intérieure. L'investissement résidentiel et les dépenses des ménages au titre des biens durables ont mené la progression. Les échanges commerciaux internationaux nets n'ont presque pas contribué à la croissance de la production. Les exportations réelles ont reculé de 0,9 %, tandis que les importations réelles ont chuté de 1,6 %.
  • L'excédent du compte courant a diminué de 9,5 milliards de dollars après avoir enregistré un record de 52,1 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2005. S'établissant à 3,0 % du PIB nominal, l'excédent constitue le vingt-septième excédent trimestriel consécutif.
  • Depuis la fin de 2005, l'économie a créé 220 200 emplois nets, presque tous à temps plein. Le taux de chômage de 6,1 % enregistré en mai représente le taux le plus faible en plus de 30 ans.

Croissance de 3,8 % du PIB réel

Le PIB réel a augmenté de 3,8 % au premier trimestre de 2006 en raison d'une croissance solide et soutenue de la demande intérieure finale (graphique 1).

Graphique 1 - Croissance du PIB réel et de la demande intérieure finale réelle

Accélération de la croissance des dépenses de consommation

Les dépenses de consommation réelles ont progressé de 4,6 % au premier trimestre, soit un rythme de croissance plus élevé qu'au quatrième trimestre (graphique 2). Les dépenses relatives aux biens durables et semi-durables ainsi qu'aux services ont augmenté, alors que les achats de biens non durables ont diminué. Les ventes de véhicules automobiles ont repris, s'établissant à 6,7 %, après avoir enregistré une baisse marquée au trimestre précédent. Les dépenses relatives aux meubles et aux appareils ménagers ont bondi sous l'impulsion du dynamisme du marché du logement.

Graphique 2 - Croissance des dépenses de consommation : total et biens durables

La hausse de 7,9 % au chapitre du revenu des particuliers au premier trimestre a suivi une augmentation de 4,8 % au quatrième trimestre. Les traitements et salaires ont progressé de 5,0 %. Malgré une progression de l'emploi plus modeste qu'au trimestre précédent, le nombre moyen d'heures travaillées par employé a suivi la croissance de la rémunération horaire moyenne. Les transferts gouvernementaux dans le cadre des trois programmes particuliers suivants ont contribué à la progression du revenu des particuliers : la remise de l'Alberta au titre des revenus tirés de l'exploitation des ressources, le crédit de l'Ontario sur les factures d'électricité et la prestation fédérale pour les coûts de l'énergie. Le revenu personnel disponible réel a enregistré une quinzième hausse de suite, progressant cette fois de 7,2 %. Le revenu personnel disponible réel par habitant a pour sa part augmenté de 6,6 %; il affichait une progression de 21,1 % depuis le creux enregistré au deuxième trimestre de 1996. Le taux d'épargne des particuliers s'est établi à 1,9 %, contre 1,3 % aux deux trimestres précédents.

Principaux indicateurs économiques

(Variation en pourcentage en taux annuels, sauf indication contraire)


2004 2005 T3 2005 T4 2005 T1 2006 Date la plus récente

Produit intérieur brut réel 3,3 2,9 3,2 2,6 3,8 -
  Demande intérieure finale 4,2 4,3 4,1 4,7 5,0 -
    Dépenses publiques -
      Biens et services 3,0 2,7 3,0 4,4 2,3 -
      Immobilisations brutes 3,3 6,8 8,1 13,4 3,1 -
    Dépenses de consommation 3,3 3,9 2,6 3,6 4,6 -
    Investissement résidentiel 7,8 3,2 5,5 0,0 14,2 -
    Investissements fixes des entreprises 9,1 9,4 12,3 11,4 6,5 -
      Construction non résidentielle 7,4 7,9 10,9 12,0 7,5 -
      Machines et matériel 10,3 10,5 13,4 10,8 5,7 -
  Investissements en stocks des entreprises (G$) 9,7 15,5 15,0 14,9 10,1 -
  Exportations 5,2 2,1 8,5 6,4 -0,9 -
  Importations 8,2 7,1 11,2 12,7 -1,6 -
Solde du compte courant
   (nominal; G$) 27,6 31,8 32,4 52,1 42,6 -
   (% du PIB) 2,1 2,3 2,3 3,7 3,0 -
Revenu personnel nominal 5,0 5,0 6,6 4,8 7,9 -
Revenu personnel disponible nominal 4,7 4,2 6,4 4,3 8,7 -
Revenu personnel disponible réel 3,2 2,5 3,7 3,7 7,2 -  
Bénéfices avant impôts 18,3 10,6 20,2 23,6 -15,3 -  
Coûts et prix (%, une année sur l'autre)
  Indice implicite du PIB 3,0 3,2 3,4 4,1 3,0 -  
  Indice des prix à la consommation 1,9 2,2 2,6 2,3 2,4 2,4 avril 2006
    IPC hors les huit éléments les plus volatils 1,5 1,6 1,6 1,6 1,7 1,6 avril 2006
  Coûts unitaires de main-d'ouvre 1,4 2,3 2,8 3,2 2,5  
  Règlements salariaux (total) 1,8 2,3 2,8 1,7 2,2 2,2 mars 2006
Marché du travail
  Taux de chômage (%) 7,2 6,8 6,8 6,5 6,4 6,1 mai 2006
  Croissance de l'emploi 1,8 1,4 1,5 2,4 1,6 7,3 mai 2006
Marchés financiers (moyenne)
  Taux de change (¢US) 77,0 82,6 83,3 85,2 86,6 89,12 8 juin 2006
  Taux préférentiel (%) 4,0 4,4 4,3 4,8 5,3 6,00 8 juin 2006

Nota - Les données réelles sont en dollars chaînés de 1997.
Sources : Statistique Canada, Banque du Canada et Ressources humaines et Développement social

Augmentation de l'investissement résidentiel

La solide croissance de l'emploi et du revenu, jumelée aux taux d'intérêt qui demeurent faibles, a soutenu le dynamisme du marché du logement au premier trimestre. L'investissement résidentiel a progressé de 14,2 %, sa plus forte progression trimestrielle en plus de deux ans. Les températures étant plus chaudes que d'habitude, les mises en chantier ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 1987, ce qui a provoqué un bond de 19,7 % de l'activité dans le domaine de la construction. Le marché de la revente a connu une progression, faisant augmenter les commissions des agents et les coûts du transfert de la propriété. Pour leur part, les travaux de rénovation ont connu une hausse de 9,4 %.

Hausse des investissements fixes des entreprises

En raison du maintien de la santé des bénéfices, des taux d'utilisation des capacités supérieurs à la moyenne et des prix à l'importation plus faibles attribuables à la hausse du dollar, les dépenses des entreprises en usines et en matériel ont augmenté, pour un treizième trimestre consécutif, de 6,5 % au premier trimestre. La construction non résidentielle a progressé solidement de 7,5 %, après un gain de 12,0 % au quatrième trimestre de 2005. Pour un cinquième trimestre consécutif, les travaux de construction de bâtiments, par exemple des immeubles à bureaux et des centres commerciaux, ainsi que les travaux d'ingénierie ont contribué à cette hausse. La croissance des travaux d'ingénierie, malgré qu'elle ne soit plus dans les deux chiffres comme aux deux trimestres précédents, demeure solide sous l'effet des prix plus élevés de l'énergie qui ont stimulé les investissements dans l'extraction du pétrole et du gaz.

Les investissements en machines et en matériel ont augmenté de 5,7 %. L'investissement plus élevé dans les voitures, les camions, les machines industrielles et les ordinateurs a plus que compensé la réduction des dépenses au titre d'autre matériel de transport et de logiciels.

Ralentissement de l'accumulation des stocks des entreprises

Les entreprises ont ajouté 10,1 milliards de dollars à leurs stocks, en baisse par rapport à l'accumulation de 14,9 milliards au quatrième trimestre. Les stocks du secteur de l'énergie ont reculé au cours du trimestre, après avoir affiché une accumulation au trimestre précédent. Les ajouts aux stocks sont essentiellement survenus dans le secteur du détail. Le ratio des stocks aux ventes demeure faible.

Recul des exportations

Les exportations réelles ont enregistré un recul de 0,9 % au premier trimestre. Les exportations des produits de l'automobile et des produits forestiers ont connu une forte baisse. Ce sont surtout les camions qui ont enregistré une baisse marquée, les prix élevés de l'essence ayant ralenti les ventes de fourgonnettes et de VUS aux États-Unis, principalement au quatrième trimestre de 2005. Les exportations de machines et de matériel ont progressé, sous l'effet de la vigueur de l'investissement aux États-Unis, alors que les exportations d'énergie ont affiché une hausse marquée, ce qui a réduit les stocks. Enfin, les exportations de services ont augmenté de 4,0 %.

Baisse des importations supérieure à celle des exportations

Les importations réelles ont reculé de 1,6 %, après avoir enregistré deux hausses consécutives de plus de 10 %. La baisse de 47,3 % des importations d'énergie a été essentiellement responsable du recul général constaté. Les importations de machines et de matériel ont également chuté. Pour leur part, les importations de biens de consommation autres que les produits de l'automobile ont progressé de 9,1 %, après avoir enregistré deux hausses consécutives dans les deux chiffres. Les importations de produits de l'automobile ont augmenté. Enfin, les importations de services ont augmenté de 5,6 %.

Rétrécissement de l'excédent du compte courant

Au premier trimestre, les termes de l'échange ont reculé sous l'effet d'une baisse des prix des exportations plus forte que celle des prix des importations. La chute des prix des exportations tient surtout à la réduction des prix du gaz naturel. L'excédent nominal de la balance commerciale a affiché un recul de 13,5 milliards de dollars, alors que la baisse des paiements de dividendes et d'intérêts aux personnes non résidantes a entraîné une amélioration de 5,2 milliards de dollars au titre du déficit des revenus de placement. L'excédent du compte courant a reculé pour s'établir à 42,6 milliards de dollars, ou 3,0 % du PIB, après avoir affiché un niveau record de 52,1 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2005 (graphique 3).

Graphique 3 - Compte courant en pourcentage du PIB nominal

Les bénéfices des sociétés reculent mais demeurent sains

Au premier trimestre, les bénéfices des sociétés ont baissé de 15,3 %. Toutefois, à 13,7 %, les bénéfices en pourcentage du PIB sont demeurés nettement supérieurs à la moyenne historique de 10,2 % (graphique 4). Les prix inférieurs des produits de base ont réduit les bénéfices des industries primaires comme l'extraction du pétrole et du gaz et l'exploitation des métaux. Les bénéfices des fabricants de produits pétroliers et du charbon ont baissé, les températures plus chaudes que d'habitude ayant freiné la demande. Toutefois, la vigueur des dépenses de consommation a fait progresser les bénéfices des détaillants.

Graphique 4 - Bénéfices avant impôt en proportion du PIB nominal

L'inflation des prix à la consommation demeure faible

Sous l'effet des prix inférieurs de l'énergie, l'indice implicite du PIB, qui constitue une mesure exhaustive des prix, a reculé de 2,8 % au premier trimestre, ce qui est de 3,0 % supérieur à son niveau de l'année précédente.

D'une année sur l'autre, l'inflation des prix à la consommation a augmenté pour atteindre 2,4 % en avril, contre 2,2 % en mars, en partie sous l'effet des prix supérieurs de l'essence. L'inflation mesurée par l'indice de référence, qui exclut les huit éléments les plus volatils, s'est établie à 1,6 % en avril, ce qui est inférieur au point médian de la fourchette cible de 1 % à 3 %.

Baisse du taux de chômage en mai

L'emploi a connu une croissance de 1,6 % au premier trimestre; ainsi, 118 700 emplois ont été créés en avril et en mai. Depuis la fin de 2005, l'économie canadienne a créé 220 200 emplois nets, presque tous à temps plein. Le taux d'activité a été de 67,3 % en mai, une hausse par rapport à décembre dernier mais une baisse par rapport au niveau record de 67,7 % enregistré au deuxième trimestre de 2004. Le taux d'emploi a atteint un sommet inégalé de 63,2 % en mai.

Le taux de chômage a reculé de 0,3 point de pourcentage en mai pour s'établir à 6,1 %, son taux le plus faible en plus de 30 ans.

La productivité horaire du travail a augmenté de 2,1 % au premier trimestre, en hausse de 1,8 % par rapport à l'année précédente. Les coûts de main-d'ouvre par unité de production ont augmenté de 0,7 % au premier trimestre et étaient de 2,5 % supérieurs à leur niveau de l'an dernier.

La Banque du Canada hausse son taux directeur

Le 24 mai, la Banque du Canada a haussé son taux directeur - taux cible du financement à un jour - d'un quart de point de pourcentage pour le porter à 4,25 %; il s'agissait de la septième hausse en neuf mois. La Banque a signalé que le taux cible avait maintenant atteint un niveau qui devrait permettre à l'économie canadienne de suivre la trajectoire prévue et de revenir à la cible d'inflation de 2 %. La Réserve fédérale américaine a haussé son taux d'escompte de 25 points de base, de sorte qu'il atteignait 5,00 % le 10 mai, ce qui représente une seizième hausse depuis juin 2004. Les taux d'intérêt américains sont maintenant supérieurs aux taux canadiens pour l'ensemble des échéances.

Le dollar canadien a grimpé pour clôturer à 90,95 cents américains le 10 mai, sous l'effet du maintien des prix élevés des produits de base. Sa valeur a ensuite baissé pour s'établir à 89,12 cents américains le 8 juin.


Nota :

Sauf indication contraire, les données et les variations en pourcentage sont en taux annuels. Les données qui paraissent dans le présent document sont celles du 9 juin 2006 midi.