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Archivé - Chapitre 3
Climat économique

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Faits saillants

  • La crise financière mondiale a déclenché la récession mondiale la plus profonde et la plus généralisée depuis la Deuxième Guerre mondiale.
  • L'activité économique s'est contractée radicalement dans tous les pays du Groupe des Sept (G7) au quatrième trimestre de 2008 et au premier trimestre de 2009, sous l'effet des dislocations des marchés financiers et d'une perte marquée de la confiance des consommateurs et des entreprises.
  • En sa qualité de nation commerçante, le Canada a été touché par la récession mondiale.
  • Mais le Canada a été moins durement touché que tous les autres pays du G7.
    • Le Canada a été le dernier pays du G7 à entrer en récession en 2008.
    • Le Canada a enregistré la plus petite baisse de la production depuis le deuxième trimestre de 2008.
    • Les marchés du travail canadiens ont affiché une posture nettement meilleure que les marchés américains, dont les pertes d'emplois ont été, toutes proportions gardées, deux fois plus grandes.
  • Pour l'avenir, la plupart des prévisionnistes du secteur privé continuent de s'attendre à une reprise de la croissance au deuxième semestre de 2009, qui devrait s'intensifier en 2010.
  • En raison de la faiblesse de l'économie, il faudra fournir davantage de soutien par l'entremise des prestations d'assurance-emploi alors que les taxes et les impôts perçus diminueront.
  • De plus, dans le cadre des mesures d'intervention du gouvernement donnant suite à l'affaiblissement de l'économie, une aide additionnelle considérable a été offerte au secteur de l'automobile en partenariat avec les États-Unis.
  • Ensemble, l'affaiblissement de l'économie et la prise de mesures à l'appui de cette dernière ont réduit sensiblement les soldes budgétaires prévus du gouvernement.
  • Selon les projections actuelles, le gouvernement enregistrera des déficits de 3,9 milliards de dollars en 2008-2009 et de 50,2 milliards en 2009-2010. Plus de la moitié du déficit de 2009-2010 est attribuable aux mesures temporaires contenues dans le Plan d'action économique du Canada, à la baisse des rentrées d'impôt, à la hausse des prestations d'assurance-emploi et à la décision de geler les taux de cotisation de l'assurance-emploi.
  • La situation financière du Canada demeure relativement vigoureuse à l'échelle internationale, notre pays ayant enregistré le plus petit déficit et le plus léger fardeau de la dette des pays du G7.

Introduction

L'économie mondiale est entrée dans une profonde récession généralisée au milieu de 2008. Le rythme de la contraction s'est brusquement accéléré à la fin de 2008 et au cours des premiers mois de 2009. Ces derniers mois, l'économie mondiale et les marchés financiers ont commencé à montrer des signes encourageants qui pointent vers le début d'une stabilisation. Toutefois, la situation économique demeure incertaine.

Le Canada, à titre de nation commerçante, a été touché par la récession mondiale, mais il s'en est beaucoup mieux tiré que la plupart des grandes économies avancées.

Pour l'avenir, la plupart des prévisionnistes du secteur privé entrevoient une reprise économique soutenue qui commencerait au deuxième semestre de 2009 et qui s'intensifierait en 2010.

La solide situation économique, budgétaire et financière du Canada, jumelée à l'aide positive que procurent les mesures stratégiques extraordinaires, dont celles du Plan d'action économique du Canada, accélérera cette reprise.

Le gouvernement continuera de surveiller de près l'évolution de l'économie pendant l'été en vue de présenter une mise à jour aux Canadiennes et aux Canadiens à l'automne.

« Comparativement à tous les autres grands pays industrialisés, dont les États-Unis, le Japon et une bonne partie des pays d'Europe, le Canada demeure, et de loin, un modèle à suivre en matière de finances publiques. »

—Derek Holt, économiste, Scotia Capitaux, CBC Newsworld, le 27 mai 2009

Évolution et perspectives de l'économie mondiale

L'activité économique a considérablement ralenti dans tous les pays du G7 au quatrième trimestre de 2008 et au premier trimestre de 2009, sous l'effet des dislocations des marchés financiers et d'une perte marquée de confiance chez les consommateurs et les entreprises. Les turbulences des marchés financiers ont également été source de difficultés dans les pays émergents et en développement, qui ont été durement frappés par la perturbation des flux mondiaux des échanges commerciaux et du crédit. La crise financière mondiale a donc débouché sur la récession mondiale la plus profonde et la plus généralisée depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Dans la zone euro, le produit intérieur brut (PIB) réel a reculé de 9,7 % au premier trimestre de 2009, après avoir enregistré une baisse de 6,8 % au quatrième trimestre de 2008. Ce quatrième recul trimestriel consécutif est attribuable à la baisse du PIB réel dans presque tous les pays membres, dont l'Allemagne, l'Italie et la France. Au Royaume-Uni, le PIB réel a chuté de 7,3 % au premier trimestre, après une chute de 6,1 % au quatrième trimestre. Pour sa part, le PIB réel du Japon a connu une chute record de 15,2 % au premier trimestre, alors qu'il avait dégringolé de 14,4 % au quatrième trimestre.

La contraction de la production au Canada depuis le deuxième trimestre de 2008 est importante, mais moins grande que celle de tous les autres pays du G7. Le Canada a été le dernier pays de ce groupe à entrer en récession en 2008 et celui qui a connu la plus faible baisse de la production au cours des trois derniers trimestres. Malgré le recul de 2,2 % de la production réelle affiché au Canada depuis le deuxième trimestre de 2008, ce recul est passablement moins important que celui enregistré par la plupart des grandes économies, qui varie entre 2,8 % pour la France et 8,3 % pour le Japon (graphique 3.1).

L'étendue et la gravité de la crise mondiale ont continué d'influer négativement sur les perspectives économiques mondiales pour 2009 (graphique 3.2). Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'économie mondiale traverse une grave récession causée par une crise financière massive et une perte de confiance aiguë, et une profonde récession devrait ébranler les économies avancées1.

Le Canada est moins durement touché
que d'autres pays par la récession mondiale.
Graphique 3.1 - Variation du PIB réel dans les grandes économies avancées depuis le 2e trimestre de 2008

 

L'activité économique mondiale devrait se contracter
de 1,3 % en 2009, sa première baisse en 60 ans.
Graphique 3.2 - Perspectives économiques mondiales de croissance du PIB réel en 2009, selon le FMI

Le FMI s'attend maintenant à un ralentissement marqué de l'activité économique mondiale, qui, après avoir affiché une croissance de 3,2 % en 2008, connaîtra une contraction de 1,3 % en 2009, sa première baisse en 60 ans. Cette prévision est inférieure à la croissance de 0,5 % qu'il avait prévue en janvier 20092 et nettement en deçà de ses perspectives de croissance de 3,8 % qu'il a annoncées en avril 2008, il y a un peu plus d'un an. Toutes les grandes économies avancées devraient constater une contraction marquée de leur activité économique réelle cette année. On s'attend en outre à ce que la croissance demeure très faible dans les pays en développement sous le coup des perturbations des flux mondiaux des échanges commerciaux et du crédit.

Le ralentissement économique aux États-Unis s'est intensifié au cours du second semestre de 2008. Le secteur de la consommation a été durement touché par la détérioration des conditions des marchés financiers et du travail, l'effondrement de la confiance des consommateurs et une forte baisse de la valeur des actifs. L'emploi, qui avait amorcé une modeste baisse en janvier 2008, a chuté à un rythme plus marqué au second semestre, les pertes d'emplois mensuelles dépassant le cap de 500 000 emplois en novembre 2008. L'activité commerciale a également été perturbée, les entreprises ayant réduit les dépenses d'immobilisation et ayant commencé à sabrer dans les stocks par suite de l'effondrement de la demande.

Le PIB réel américain a ainsi chuté de 6,3 % au dernier trimestre de 2008 (graphique 3.3), son recul le plus marqué depuis 1982. Cette contraction est le fait d'une faiblesse généralisée qui s'accompagne d'une nette diminution des dépenses de consommation (la plus importante en 28 ans) et de reculs marqués de l'investissement résidentiel, de l'investissement des entreprises et des exportations. Cette situation s'est poursuivie au premier trimestre de 2009, le PIB réel accusant une perte de 5,7 % sous l'effet de réductions additionnelles de l'investissement résidentiel et de l'investissement des entreprises, d'une réduction des dépenses publiques et d'une forte correction des stocks.

Les États-Unis sont officiellement en récession depuis janvier 2008 et connaissent le ralentissement le plus prolongé et l'un des plus profonds depuis la Deuxième Guerre mondiale. Depuis janvier 2008, les pertes d'emplois ont atteint le nombre record de 6,0 millions, tandis que le taux de chômage de 9,4 % constitue un sommet en 25 ans.

Depuis le début de la récession, un nombre record de
6,0 millions d'emplois a été perdu aux États-Unis.
Graphique 3.3 - Croissance du PIB réel des États-Unis - Emplois rémunérés aux États-Unis

En raison de la contraction plus prononcée que prévu aux États-Unis à la fin de 2008 et au premier semestre de 2009, les perspectives pour 2009 sont nettement moins reluisantes. Les prévisionnistes du secteur privé s'attendent maintenant à une contraction de 3,0 % du PIB réel des États-Unis en 2009, soit un recul de 1,2 point de pourcentage par rapport aux prévisions faites au moment du budget de 2009. Malgré tout, les prévisionnistes du secteur privé laissent quand même entrevoir le début d'une reprise de l'économie américaine au second semestre de 2009 qui se poursuivra en 2010, sous l'effet des importantes mesures de stimulation monétaires et financières, à mesure que diminueront les tensions s'exerçant sur les marchés financiers.

Signes récents de stabilisation de l'économie mondiale

La relance soutenue et solide de l'économie canadienne est indissociable de la reprise soutenue de l'économie mondiale et des marchés financiers. Plusieurs signes encourageants constatés ces derniers mois laissent entrevoir un début de stabilisation de l'économie mondiale et des marchés financiers mondiaux.

Un des premiers signes encourageants est que, malgré les perturbations qui perdurent sur les marchés financiers, les craintes d'un effondrement systémique du système financier se sont considérablement dissipées, et les conditions financières s'améliorent. La situation des marchés boursiers mondiaux s'est nettement améliorée ces derniers mois, la plupart des grands indices de référence affichant des gains se situant entre 25 % et 40 % par rapport aux planchers atteints au début de mars (graphique 3.4). La remontée du cours des actions de sociétés financières constitue un facteur important à l'origine de ce mouvement. De plus, bien que les coûts de financement des entreprises du monde entier demeurent élevés, ils se sont rapprochés ces derniers mois de leurs moyennes historiques grâce à une politique monétaire souple et à des mesures particulières de correction des perturbations des marchés financiers. Au Canada, ces coûts demeurent inférieurs à ceux d'autres pays, en raison de la solidité du secteur financier canadien.

Même si des tensions persistent sur les marchés des
capitaux mondiaux, les conditions financières s'améliorent.
Graphique 3.4 - Marchés boursiers mondiaux - Écarts de taux entre les obligations des sociétés et les titres d'État

De plus, les rendements sur les titres de l'État à court terme ont accusé un recul marqué depuis le budget de 2009 et frôlent les planchers inégalés de 0,2 %, sous l'effet de la très grande souplesse de la politique monétaire canadienne. Pour leur part, les rendements sur les obligations de l'État à long terme avoisinent 3,1 %, taux qui est essentiellement celui qui avait cours au moment du budget.

La récente progression des cours mondiaux de nombreux produits de base constitue un deuxième signe encourageant. Entre juillet 2008 et le début de 2009, le prix de nombre de produits de base canadiens clés s'est effondré sous le coup d'une nette diminution de la demande mondiale. Les prix dans le secteur de l'énergie ont été les plus durement touchés, le cours du brut reculant de 70 % par rapport aux sommets enregistrés (graphique 3.5) étant donné que les réductions marquées de l'offre du brut n'ont pas réussi à soutenir le rythme du recul rapide de la consommation du pétrole. Cette chute sans précédent du prix des produits de base a entraîné la réduction des revenus des exportations et exercé d'importantes pressions à la baisse sur le dollar canadien, dont la valeur a diminué de près de 0,20 $ par rapport à celle du dollar américain pendant la même période.

Les prix mondiaux du pétrole brut ont récemment augmenté.
Graphique 3.5 - Cours du pétrole brut (West Texas Intermediate)

Depuis le dépôt du budget, le cours des produits de base est demeuré faible comparativement à ce qu'il était il y a un an, mais la situation s'améliore. Les cours demeurent toutefois volatils en raison de l'incertitude entourant les conditions économiques mondiales futures et de l'offre de nombreux produits de base qui continue de dépasser la demande, de sorte qu'on peut sans doute s'attendre à une reprise graduelle à ce chapitre. Les contrats à terme pour le brut laissent entrevoir une hausse modeste des prix au cours des prochains mois, le prix du baril s'établissant en moyenne à 60 $US en 2009 et à 74 $US en 2010, ce qui est au-dessus des attentes précisées dans le budget de 2009.

Enfin, on constate des signes précoces du ralentissement du rythme de contraction de la production américaine et mondiale. Aux États-Unis surtout, lieu d'origine de la crise actuelle, les données les plus récentes appuient l'idée du ralentissement du rythme de contraction de l'activité économique et de la stabilisation du secteur du logement. Les ventes mensuelles de maisons existantes se sont stabilisées aux environs de 4,6 millions d'unités pendant les six mois ayant précédé avril, et le temps d'écoulement des maisons existantes à vendre est passé à 10,2 mois, en baisse par rapport au sommet de 11,3 mois. De plus, la confiance des consommateurs a augmenté, et le niveau de nouvelles commandes reçues dans le secteur de la fabrication a progressé pour la première fois depuis un an et demi, ce qui donne à entendre que l'activité de ce secteur se stabilise aux États-Unis (graphique 3.6).

Ces récents développements laissent entrevoir la perspective d'une stabilisation plus générale des marchés financiers mondiaux et de l'activité économique mondiale. Reste à savoir si ces améliorations se poursuivront et dans quelle mesure elles déboucheront sur une reprise de l'économie mondiale.

Certains signes laissent entrevoir une stabilisation de
l'activité dans le secteur de la fabrication aux États-Unis.
Graphique 3.6 - Indice de la fabrication de l'ISM

Forces de l'économie canadienne

L'économie canadienne a affiché une posture meilleure que celle des autres grands pays industrialisés en partie grâce aux facteurs économiques et financiers fondamentaux solides du Canada. En effet, les ménages, les entreprises et les gouvernements du pays étaient en position de force au moment où cette période de turbulences économiques et financières a commencé, mais ce qui importe le plus, c'est que les déséquilibres qui existaient ailleurs n'étaient pas présents au Canada. Ainsi, bien que les exportations et la production canadiennes aient subi les contrecoups de situations survenues à l'étranger, l'incidence sur l'économie nationale a été beaucoup moins grande que dans d'autres pays.

La solidité du système bancaire canadien, caractérisé par des ratios élevés de suffisance du capital, de faibles ratios de levier et une rigoureuse réglementation prudentielle, explique cet état de chose. Les banques et autres institutions financières canadiennes ont certes été touchées par la crise financière mondiale, mais la position de force du Canada lorsqu'il est entré en récession a aidé les conditions des marchés financiers canadiens et fait en sorte que les coûts de financement des entreprises soient demeurés nettement en deçà de ceux d'autres pays, et ce, malgré les turbulences financières. En effet, le Forum économique mondial a reconnu que les banques canadiennes étaient les plus solides au monde et le FMI a signalé que notre système bancaire a fait preuve d'une stabilité remarquable face aux bouleversements qui secouent le monde entier, grâce en grande partie à une supervision et une réglementation solides3 (graphique 3.7).

On considère que le système financier du Canada
est le plus solide au monde.
Graphique 3.7 - Solidité des banques, divers pays - Ratios de levier des banques

Le marché canadien du logement demeure solide. Il convient surtout de signaler que le rajustement cyclique actuel des prix et de l'activité diffère fondamentalement de la correction qui a lieu aux États-Unis. Plus particulièrement, l'expansion du marché canadien du logement n'a pas été alimentée par l'offre agressive de produits hypothécaires à haut risque qui a donné lieu à une croissance insoutenable de la demande et des prix aux États-Unis. Cependant, la réduction récente du nombre de mises en chantier et des ventes de maisons existantes au Canada s'est également accompagnée d'une chute modeste du prix moyen des maisons (graphique 3.8). Les prix ont reculé le plus dans l'Ouest du pays, où l'on avait constaté une flambée des prix ces dernières années. Cette légère détérioration du marché du logement canadien a fait en sorte que la valeur nette de l'actif des ménages canadiens a reculé beaucoup moins que celle des ménages américains, ce qui devrait appuyer les dépenses de consommation dans l'avenir.

Le marché canadien du logement est solide
et a soutenu la position financière des ménages.
Graphique 3.8 - Prix des maisons existantes - Valeur nette des ménages

Enfin, lorsque le Canada est entré en récession, sa situation financière était meilleure que celle des autres pays du G7. En 2007, au déclenchement de la crise, le ratio de la dette au PIB du Canada était le plus faible de tous les pays du G7. De plus, l'Organisation de coopération et de développement économiques et le FMI s'attendent à ce que le Canada continue d'occuper une telle position parmi les pays du G7 pour les années à venir. Cette solide situation financière, à laquelle se greffent de solides facteurs économiques et financiers fondamentaux, appuie la confiance des consommateurs et des entreprises du pays.

Grâce à sa solide situation financière, le Canada a pu diminuer sa dépendance envers les emprunts à l'étranger, ce qui a réduit sensiblement sa dette extérieure nette (graphique 3.9). La dette extérieure nette désigne l'écart entre le passif des ménages, entreprises et gouvernements canadiens envers le reste du monde, d'une part, et de leur actif étranger, d'autre part. Au quatrième trimestre de 2008, le Canada affichait pour la première fois en 80 ans une position d'actifs étrangers nets excédentaire. Le Canada tire parti de la réduction marquée de sa dette extérieure en raison des sorties internationales nettes inférieures et parce qu'elle le rend moins vulnérable aux chocs des marchés financiers mondiaux.

Le Canada affiche à l'heure actuelle une position
d'actifs étrangers nets légèrement excédentaire.
Graphique 3.9 - Dette extérieure nette

Évolution et perspectives de l'économie canadienne

La récession mondiale a nui à l'économie canadienne. Le PIB réel a chuté de 3,7 % au quatrième trimestre de 2008, qui a marqué le début officiel de la récession au Canada, la faible demande étrangère ayant continué de réduire les exportations canadiennes, tandis que la détérioration des conditions financières et la perte de confiance ont entraîné des baisses des dépenses de consommation et des investissements des entreprises. Le PIB réel a connu une autre baisse de 5,4 % au premier trimestre de 2009, les exportations et la demande intérieure n'ayant cessé de se dégrader. Les récents indicateurs économiques donnent à croire qu'une autre contraction de la production devrait se produire au deuxième trimestre, mais d'une ampleur passablement moins forte.

À la contraction significative de l'activité économique réelle s'ajoutent des baisses subites et marquées des prix mondiaux de l'énergie et des produits de base, qui ont réduit le prix de production moyen au Canada, mesuré par l'indice implicite du PIB; celui-ci a décliné de 11,0 % au quatrième trimestre de 2008 et de 6,5 % de plus au premier trimestre de 2009. L'inflation du PIB nettement inférieure, jumelée à l'important recul du PIB réel au cours des deux derniers trimestres, a entraîné la réduction du PIB nominal d'un taux jamais égalé de 14,4 % au quatrième trimestre de 2008 et de 11,5 % de plus au premier trimestre de 2009.

La faiblesse de l'économie nationale s'est propagée au marché du travail du Canada. Plus de 360 000 emplois (soit 2,1 %) ont été perdus depuis le début de la récession au pays. Toutefois, la posture du marché du travail canadien est passablement meilleure que celle des États-Unis, qui ont perdu un nombre sans précédent de 6,0 millions d'emplois (une baisse de 4,3 %) depuis le début de la récession en janvier 2008 (graphique 3.10).

Au Canada, la perte d'emplois dans le secteur de la fabrication s'est intensifiée depuis le début de la récession, des pertes importantes ayant été enregistrées dans le secteur de l'automobile et de la fabrication de pièces d'automobiles par suite de nombreuses fermetures d'usines attribuables à l'essoufflement de la demande américaine. En outre, la diminution de l'investissement résidentiel et non résidentiel a considérablement ralenti le secteur de la construction. Le taux de chômage a donc grimpé à 8,4 % en mai, son niveau le plus élevé en onze ans. Quoi qu'il en soit, le taux de chômage au Canada demeure sensiblement inférieur à celui des États-Unis, qui s'établit actuellement à 9,4 %, et la progression du taux de chômage au Canada a représenté près de la moitié de celle des États-Unis depuis le début de 2008.

Le marché du travail du Canada est en bien meilleure
posture que celui des États-Unis.
Graphique 3.10 - Indice de l'emploi total - Taux de chômage

Tenant compte de cette récente évolution, les prévisionnistes du secteur privé ont révisé à la baisse leurs prévisions du PIB réel et du PIB nominal pour 2009. Ils s'attendent maintenant à une contraction de 2,5 % du PIB réel canadien en 2009, contre une contraction de 0,8 % au dépôt du budget de 2009 (tableau 3.1). Ils ont également révisé à la baisse leurs attentes concernant le PIB nominal cette année, qui devrait reculer de 4,3 % plutôt que de 1,2 %.

Tableau 3.1
Moyenne des prévisions économiques du secteur privé pour 2009
  Prévisions du
secteur privé,
janvier 2009
Prévisions du
secteur privé,
mai 2009

  (%)
Croissance du PIB réel -0,8 -2,5
Inflation du PIB -0,4 -1,9
Croissance du PIB nominal -1,2 -4,3
Taux des bons du Trésor à 3 mois   0,8   0,3
Taux des obligations du gouvernement à 10 ans   2,8   2,9
Taux de chômage   7,5   8,6
Croissance du PIB réel aux États-Unis -1,8 -3,0

Source : Enquête du ministère des Finances auprès des prévisionnistes du secteur privé

Les prévisionnistes du secteur privé s'attendent à ce que les perspectives plus maussades qui prévalent cette année se traduisent par une nette hausse du taux de chômage, qui passerait selon eux de 7,5 % au moment du dépôt du budget à 8,6 % en 2009. Ils prévoient aussi que les taux d'intérêt à court terme au Canada s'établiront en moyenne à 0,3 % en 2009, alors que les taux moyens prévus au moment du budget étaient de 0,8 %. Les prévisions relatives aux taux d'intérêt à long terme pour cette année demeurent à peu près inchangées.

Dans son budget de 2009, le gouvernement prévoyait que la conjoncture économique mondiale et nationale pourrait être moins bonne que ne le laissait penser la moyenne des prévisions mises de l'avant par les prévisionnistes du secteur privé. La croissance du PIB nominal pour 2009 a alors été fortement rajustée à la baisse, à -2,7 %, ce taux étant utilisé aux fins de planification budgétaire (tableau 3.2). Cela signifie que la moitié environ des rajustements à la baisse des perspectives économiques établies par les prévisionnistes du secteur privé depuis janvier est déjà reflétée dans les hypothèses utilisées aux fins de la planification financière.

Le ministère des Finances effectue régulièrement une enquête au sujet de l'économie auprès des économistes du secteur privé. Pour l'enquête de mai 2009, ces prévisionnistes étaient : Bank of America Merrill Lynch, Banque Royale du Canada, Banque Scotia, BMO Marchés des capitaux, Caisse de dépôt et placement du Québec, The Centre for Spatial Economics, Desjardins, Deutsche Bank (Canada), Financière Banque Nationale, Global Insight Inc., Groupe financier Banque TD, Marchés mondiaux CIBC Inc., UBS Warburg, l'Université de Toronto (Policy and Economic Analysis Program) et Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

Tableau 3.2
Perspectives de l'économie canadienne pour 2009
  Prévisions
du secteur privé,
janvier 2009
Hypothèse de
planification
financière du
budget de
janvier 2009
Prévisions
du secteur
privé,
mai 2009

Croissance du PIB nominal (%) -1,2 -2,7 -4,3
PIB nominal (G$) 1 590 1 560 1 533

Selon le FMI, le Canada est le pays du G7 où la contraction devrait être la plus faible en 2009 et où la reprise devrait être la plus vigoureuse à partir de 2010 (graphique 3.11). Cela tient à la solidité des facteurs économiques, financiers et budgétaires fondamentaux du Canada ainsi qu'aux mesures contenues dans le Plan d'action économique du Canada.

Le Canada est moins durement touché
que d'autres pays par la récession mondiale.
Graphique 3.11 - Perspectives économiques du FMI pour les pays du G7 en 2009

Tout comme dans le cas de l'économie mondiale, on observe également des signes encourageants qui laissent penser que le rythme du repli actuel ralentit au Canada et que notre économie pourrait amorcer sa reprise au deuxième semestre de 2009 :

  • L'indice des attitudes des consommateurs du Conference Board du Canada a enregistré une hausse lors de quatre des cinq derniers mois, ce qui laisse penser que la confiance des ménages augmente et que les dépenses de consommation des particuliers devraient s'accroître dans l'avenir. La chose est déjà observable dans le cas des ventes au détail, en hausse pour un troisième mois consécutif en mars.
  • Le nombre de permis de construction de logements, à l'origine de la progression de la construction de logements lors des deux dernières récessions, a augmenté en mars et en avril. De même, les reventes de maisons ont connu une troisième hausse mensuelle de suite en avril.

Les révisions à la baisse du PIB réel et du PIB nominal en 2009 tiennent en grande partie à une contraction plus marquée de l'activité économique à la fin de 2008 et au premier semestre de 2009. Pour ce qui est de l'avenir, la plupart des prévisionnistes du secteur privé n'ont pas modifié leur opinion depuis janvier et continuent d'évoquer une reprise économique soutenue qui débutera au deuxième semestre de 2009 et qui s'accentuera en 2010 (graphique 3.12).

Cela dit, les perspectives de l'économie mondiale demeurent très incertaines. même si l'on peut anticiper une certaine amélioration de la situation cette année et l'an prochain, des risques à la baisse importants subsistent. Le Canada est un pays commerçant, de sorte que la reprise prévue de son économie dépend pour une bonne part de la reprise soutenue de l'économie mondiale, et en particulier de celle des États-Unis. Or, une reprise économique à l'échelle mondiale ne peut survenir tant que l'on n'aura pas entièrement réglé les dislocations des marchés financiers et rétabli le bon fonctionnement de ces marchés.

Les prévisionnistes du secteur privé s'attendent
encore à un retour à la croissance au deuxième
semestre de 2009 et tout au cours de 2010.
Graphique 3.12 - Croissance du PIB réel

Le Plan d'action économique du Canada permet de créer et de préserver des emplois

La grande priorité du gouvernement consiste à préserver les emplois existants et à en créer de nouveaux : le Plan d'action économique du Canada préservera ou créera 190 000 emplois. Tous les éléments du Plan d'action contribuent à l'atteinte de cet objectif d'ensemble.

Le Plan a été conçu de manière à appuyer de façon immédiate le marché de l'emploi grâce à des impôts plus bas, à un régime d'assurance-emploi bonifié et adapté aux circonstances, ainsi qu'à la modernisation des infrastructures canadiennes. Ce plan a déjà des effets sur le marché de l'emploi.

  • Le nombre de Canadiens pouvant profiter du programme bonifié de partage du travail (mesure innovatrice intégrée au régime d'assurance-emploi) a quadruplé entre janvier et mai 2009, passant de 27 000 à 120 000 environ.
  • Les ventes des centres de rénovation et des magasins d'équipement de construction, de matériel pour la maison et de jardinage ont enregistré la plus forte hausse parmi les principales catégories de magasins de vente au détail depuis janvier, grâce notamment au crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire, ce qui aide à créer et à préserver des emplois dans le secteur de la construction et les secteurs connexes.
  • De nombreux projets d'amélioration et de modernisation d'infrastructures fédérales – ponts, autoroutes, bâtiments – sont en cours, ce qui est source d'emplois dans le secteur de la construction et les secteurs connexes.
  • Un certain nombre d'ententes cadres ont été conclues avec des gouvernements provinciaux et territoriaux en vue de cibler des projets d'infrastructure et de logement social. À titre d'exemple, le gouvernement du Canada et la province de la Colombie-Britannique ont annoncé le lancement d'une initiative de logements locatifs destinés aux aînés; dotée de 123 millions de dollars, cette initiative a pour but de construire jusqu'à 1 000 nouveaux logements à l'intention des aînés et des personnes handicapées. La construction de 218 premiers logements débutera dans 19 collectivités de la province au cours des prochains mois. Ce projet permettra de créer ou de préserver près de 800 emplois.

Le Plan d'action économique du Canada fera fond sur ces premiers effets au cours des prochains mois, à mesure que seront mis en œuvre d'autres éléments du Plan, par exemple des initiatives et des projets fédéraux-provinciaux-territoriaux dans des domaines comme l'infrastructure et le logement social, visant à aider les secteurs et les collectivités touchés par la conjoncture.

Les investissements dans l'infrastructure sont le moyen le plus efficace d'utiliser les deniers publics pour faire progresser l'emploi. Un investissement de 1 %milliard de dollars dans l'infrastructure génère une activité économique de 1,6 milliard et permet de créer près de 10 000 emplois au fil du temps; les effets d'un tel investissement sont importants et ressentis presque immédiatement.

Pour sa part, la Fédération canadienne des municipalités estime que chaque milliard de dollars investi dans des infrastructures nouvelles crée plus de 11 000 emplois. C'est ce qui explique que plus de 40 % des fonds de stimulation que comporte le Plan sont affectés à des investissements dans l'infrastructure.

Le Plan d'action économique du Canada : À l'œuvre pour les Canadiens

Les prévisions de l'incidence du Plan d'action économique sur l'emploi s'appuient sur des hypothèses prudentes

Christina Romer, présidente du Council of Economic Advisers des États-Unis, a évalué l'incidence du plan de redressement américain (American Recovery and Reinvestment Plan) en utilisant « la règle générale plutôt prudente selon laquelle une hausse de 1 % du PIB correspond à une augmentation du nombre d'emplois de 1 million, ou de 0,75 % »4.

Les prévisions du Plan d'action économique en matière d'emplois reposaient sur une hypothèse encore plus prudente, soit qu'une hausse de 1 % du PIB correspond à une augmentation du nombre d'emplois de 0,6 % ou de 100 000.

En outre, une infrastructure plus moderne concourra à la compétitivité d'ensemble de l'économie et à une hausse permanente des revenus. De plus, les dépenses reliées à l'infrastructure visent deux des secteurs les plus durement touchés par le ralentissement économique actuel, soit la construction et la fabrication. Dans le secteur de la fabrication, on observe une baisse de l'emploi depuis 2007, tandis que le nombre d'emplois dans le secteur de la construction a diminué de 120 000 depuis septembre 2008. Or, environ 60 % de l'activité économique et des emplois créés par suite des investissements dans l'infrastructure sont rattachés au secteur de la construction. Les autres 40 % sont créés dans des secteurs qui appuient celui de la construction, notamment la fabrication.

Les investissements dans l'infrastructure
créent des emplois dans les secteurs les
plus durement touchés par la récession
mondiale, soit ceux de la construction et de la fabrication.
Graphique 3.13 - Répartition sectorielle des emplois crées en augmentant les dépenses d'infrastructure

Perspectives financières

La performance économique plus faible que prévue à la fin de 2008 et au premier semestre de 2009 entraînera une augmentation de l'aide fournie grâce aux stabilisateurs automatiques contenus dans le budget fédéral, en particulier la baisse des rentrées d'impôt sur le revenu des sociétés et l'augmentation des prestations d'assurance-emploi.

De plus, les mesures prises par le gouvernement pour réagir à la baisse de régime de l'économie comprennent une importante aide additionnelle, fournie en partenariat avec les États-Unis, à l'industrie de l'automobile afin de lui donner les moyens de réussir à long terme.

Au total, les perspectives économiques plus défavorables et les mesures prises pour appuyer notre économie ont donné lieu à une détérioration du solde budgétaire projeté du gouvernement.

Selon les projections actuelles, le gouvernement enregistrera des déficits de 3,9 milliards de dollars en 2008-2009 et de 50,2 milliards en 2009-2010. Plus de la moitié du déficit de 2009-2010 est attribuable aux mesures temporaires contenues dans le Plan d'action économique du Canada, à la baisse des rentrées d'impôt, à la hausse des prestations d'assurance-emploi et à la décision de geler les taux de cotisation de l'assurance-emploi. Le reste du déficit, soit 23,2 milliards, ou 1,5 % du PIB, est surtout lié à la faiblesse de l'économie et sera éliminé à mesure que l'économie se rétablira.

Le gouvernement est résolu à recommencer à afficher des excédents dans les années à venir ainsi qu'à rembourser les déficits accumulés pendant cette période. Le déficit du Canada est particulièrement modeste si on le compare à la situation budgétaire d'autres pays. De plus, le Canada est entré en récession avec le ratio de la dette au PIB le plus bas de tous les pays du G7.

Le déficit plus élevé résulte d'une hausse
des prestations d'assurance-emploi,
d'une baisse des revenus et de l'aide
accordée au secteur de l'automobile
Graphique 3.14 - Sommaire de l'évolution des perspectives budgétaires pour 2009-2010 depuis le budget de janvier 2009 - Ventilation du déficit projeté pour 2009-2010

 

Le déficit du Canada est relativement peu élevé si on
le situe dans le contexte international.
Graphique 3.15 - Déficit de l'ensemble des administrations publiques en 2009 - Dette nette de l'ensemble des adminisrations publiques en 2009

Évolution des perspectives financières depuis le budget de 2009

Compte tenu de l'évolution de la conjoncture économique depuis le budget de 2009, le déficit qui serait enregistré en l'absence de mesures a été révisé à la hausse, de 2,9 milliards de dollars pour 2008-2009 (3,9 milliards) et de 8,1 milliards en 2009-2010 (41,7 milliards) (tableau 3.3). Cette augmentation du déficit tient en partie aux stabilisateurs automatiques, par exemple l'assurance-emploi, qui fournissent un soutien à l'économie sous forme de hausse des dépenses et de baisse des rentrées d'impôt lorsque l'économie connaît un ralentissement.

« Pour chaque emploi direct conservé grâce à ce processus, 7,5 autres emplois dépendent du maintien de la présence de l'industrie automobile au Canada. L'avenir de centaines d'entreprises, qu'il s'agisse de fournisseurs de pièces d'automobiles, de cafés de quartier ou de nettoyeurs à sec, serait très morose si GM et Chrysler devaient quitter le Canada. »

—Ken Lewenza, président, Travailleurs canadiens de l'automobile, 1er juin 2009

Tableau 3.3
Sommaire de l'évolution des perspectives financières depuis le budget de janvier 2009
  Projections
  2008-2009 2009-2010
  (G$)
Solde budgétaire de janvier 2009 -1,1 -33,7
Incidence des changements économiques et financiers    
  Revenus budgétaires    
    Moins d'impôt sur le revenu des particuliers -0,4 -0,4
    Moins d'impôt sur le revenu des sociétés -2,5 -2,3
    Taxe sur les produits et services   0,0   0,6
    Moins d'autres revenus -0,1 -2,6
 
  Total des revenus -3,0 -4,7
  Charges de programmes1    
    Plus de prestations d'assurance-emploi -0,6 -2,8
    Autres transferts importants -0,2 -0,3
    Charges de programmes directes   1,2 -0,6
 
  Total des charges de programmes   0,4 -3,6
  Frais de la dette publique -0,3   0,3
Total des changements économiques et financiers -2,9 -8,1
Solde budgétaire révisé, en
 l'absence d'autres mesures
-3,9 -41,7
Mesures prises depuis le budget de 2009    
  Prêts destinés au secteur de l'automobile   -8,0
  Bonification du Transfert canadien
   en matière de santé
  -0,5
   
Total   -8,5
Solde budgétaire révisé -3,9 -50,2

Nota – Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué.

1 Un chiffre positif indique une baisse des charges et une amélioration du solde budgétaire, tandis qu'un chiffre négatif correspond à une hausse des charges et à une détérioration du solde budgétaire.

 

Donner à l'industrie canadienne de l'automobile les moyens de réussir à long terme

Les gouvernements du Canada et de l'Ontario travaillent de concert, en partenariat avec les États-Unis, afin de fournir un soutien à l'industrie de l'automobile. L'aide combinée des gouvernements, fournie sous forme de prêts et d'autres instruments, totalise environ 15 milliards de dollars, dont 4 milliards sous forme de prêts dont l'annonce a été faite en décembre 2008. Elle comprend notamment :

  • L'octroi de fonds de roulement à court terme et de prêts à la restructuration à moyen terme pour General Motors et Chrysler, ainsi qu'un financement conjoint débiteur-exploitant accordé par le Canada et les États-Unis à ces sociétés.
    • L'aide fournie à Chrysler s'établit à 3,7 milliards de dollars. Les gouvernements du Canada et de l'Ontario obtiendront une participation de 2 % dans la société restructurée.
    • L'aide fournie à General Motors s'établira à environ 10,6 milliards de dollars. Les gouvernements du Canada et de l'Ontario recevront une participation de 11,7 % dans la General Motors Corporation, ainsi que des actions privilégiées d'une valeur de 403 millions de dollars dans la société restructurée.
  • L'établissement du Programme canadien de respect des garanties dans le but de maintenir la confiance des consommateurs et d'appuyer la vente de véhicules neufs.
  • L'élargissement de l'assurance des comptes débiteurs offerte par Exportation et développement Canada pour aider les fabricants et les fournisseurs de pièces d'automobile.

En avril 2009, le gouvernement a lancé officiellement le Partenariat automobile du Canada, qui fournira un financement de 145 millions de dollars sur cinq ans à l'appui d'activités de recherche et développement collaborative importantes qui auront des retombées pour l'industrie canadienne de l'automobile.

Conformément aux politiques comptables du gouvernement, la valeur des prêts, placements et avances est rajustée dans les états financiers de façon à concorder en gros avec leur valeur de réalisation nette estimative. Ces rajustements seront effectués au moment de la préparation des états financiers de 2009-2010, soit à l'été de 2010, à partir des renseignements qui seront disponibles à ce moment. Par souci de prudence, le gouvernement réserve une somme additionnelle de 8 milliards de dollars en 2009-2010 au titre des rajustements en question.

Perspectives financières mises à jour

Tableau 3.4
État sommaire des opérations
  Chiffres réels Projections
  2007-2008 2008-2009 2009-2010

  (G$)
Revenus budgétaires      
  Impôt sur le revenu des particuliers 113,1 116,7 109,8
  Impôt sur le revenu des sociétés 40,6 29,2 24,1
  Taxe sur les produits et services 29,9 26,4 26,4
  Autres revenus 58,8 61,1 59,9
 
Total des revenus 242,4 233,3 220,2
Charges de programmes      
  Prestations d'assurance-emploi 14,3 16,2 21,7
  Autres transferts aux particuliers 43,8 45,3 47,4
  Principaux transferts aux autres administrations 46,2 46,5 50,9
  Charges de programmes directes 95,2 98,4 121,2
 
Total des charges de programmes 199,5 206,3 241,2
Frais de la dette publique 33,3 31,0 29,2
Total des charges 232,8 237,3 270,4
Solde budgétaire 9,6 -3,9 -50,2
Dette fédérale 457,6 461,5 511,7
% du PIB      
  Revenus budgétaires 15,8 14,6 14,4
  Charges de programmes 13,0 12,9 15,7
  Frais de la dette publique 2,2 1,9 1,9
  Total des charges 15,2 14,8 17,6
  Solde budgétaire 0,6 -0,2 -3,3
  Dette fédérale 29,8 28,8 33,4

Nota - Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué.

Exprimé en proportion de la taille de l'économie, le déficit projeté pour 2009-2010 devrait représenter 3,3 % du PIB, ce qui est inférieur aux déficits enregistrés pendant la plus grande partie des années 1980 et au début des années 1990, où cette proportion s'établissait en moyenne à près de 6 % du PIB (graphique 3.16).

Les déficits projetés sont peu élevés en
comparaison de ceux des années 1980
et du début des années 1990.
Graphique 3.16 - Solde budgétaire fédéral du Canada

Risques liés aux projections financières

Les présentes projections financières ont été préparées en début d'exercice, avant que les résultats définitifs de 2008-2009 soient connus et à partir de données très limitées sur les résultats économiques et financiers pour 2009-2010. Elles sont donc entourées d'un haut degré d'incertitude.

Les risques liés aux projections découlent principalement de l'incertitude entourant à la fois les perspective de l'économie mondiale et l'incidence qu'aura l'évolution de la conjoncture sur les dépenses et les revenus fiscaux. Par exemple, il existe beaucoup d'incertitude en ce qui a trait à l'impact qu'auront le baisse des bénéfices et l'augmentation des pertes des sociétés sur les rentrées d'impôt cette année, étant donné que l'on ignore dans quelle mesure ces pertes serviront à demander le remboursement d'impôts payés lors d'années antérieures.

Les prévisions du secteur privé et du gouvernement ont changé de façon importante au cours de la dernière année en raison de cette incertitude unique. Le gouvernement continuera de surveiller l'évolution de l'économie en vue de présenter une mise à jour aux Canadiens dans le rapport de l'automne.

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Nota – Ce chapitre tient compte des données économiques disponibles en date du 5 juin 2009, sauf indication contraire. Les chiffres qui y sont présentés représentent des taux annuels, à moins d'indication contraire.

1 FMI, Perspectives de l'économie mondiale, avril 2009.
2 FMI, Mise à jour des perspectives de l'économie mondiale, janvier 2009.
3 FMI, Canada: 2009 Article IV Consultation, mai 2009.
4 Council of Advisers, Estimated of Job Creation From the American Recovery and Reinvestment Act of 2009, mai 2009.