Le 3 avril 2017
New York (New York)

Forum économique mondial et Canadian Association of New York

Discours de l'honorable Bill Morneau, c.p., député

Le texte prononcé fait foi

Bonjour, et merci d'être ici aujourd'hui.

Tout d'abord, j'aimerais remercier Jean-Pierre Rosso, Jonathon Cini et l'équipe du Forum économique mondial d'avoir contribué à organiser ce déjeuner.

Je tiens à remercier la consule générale Phyllis Yaffe, ainsi que Ken Ottenbreit de la Canadian Association of New York pour leur apport dans l'organisation de cette activité.

Je remercie aussi la modératrice, Gillian Tett, de sa présence ici aujourd'hui.

Je suis très heureux d'être de retour à New York.

Il y a quelques semaines, j'ai rencontré des étudiants à l'Université Columbia pour parler un peu de ce qui rend si particulière la relation entre le Canada et les États-Unis.

Les priorités communes qui font de nous non seulement des voisins, mais aussi des partenaires forts qui, la plupart du temps, ont les mêmes priorités.

Des priorités comme offrir une meilleure qualité de vie pour la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie.

Et créer de bons emplois bien rémunérés des deux côtés de la frontière, afin que les Américains et les Canadiens qui travaillent fort puissent donner un avenir meilleur à leurs enfants et leurs petits-enfants.

Le 22 mars dernier, j'ai déposé le deuxième budget de notre gouvernement, intitulé Bâtir une classe moyenne forte.

Ce budget représente la prochaine étape de notre plan visant à réaliser des investissements responsables permettant de soutenir les familles, de bâtir nos collectivités et d'aider le Canada à être concurrentiel à l'échelle mondiale au sein de la nouvelle économie.

Nous avons commencé à mettre en œuvre ce plan il y a 18 mois, après notre élection.

Nous nous sommes mis au travail sans tarder, en baissant les impôts pour les Canadiens de la classe moyenne, et en mettant en place une allocation plus généreuse et mieux ciblée destinée aux familles qui ont des enfants.

Et en accordant un plus grand soutien aux étudiants, aux femmes et aux peuples autochtones.

Nous avons aussi apporté des bonifications historiques au Régime de pensions du Canada, et nous avons renouvelé le financement de notre système de soins de santé public – surtout en matière de santé mentale et de soins à domicile.

Nous avons également signé des accords commerciaux et des partenariats qui ont solidifié la place du Canada dans le monde.

Tout cela, en à peine 18 mois.

Et déjà, nous voyons des signes encourageants qui indiquent que notre plan fonctionne.

Il existe un optimisme croissant au sein de la classe moyenne du Canada.

Les dépenses de consommation sont en hausse.

Le chômage a baissé depuis notre arrivée au pouvoir.

Depuis juillet de l'année dernière, plus de 250 000 emplois ont été créés, dont presque la totalité était à temps plein. Il s'agit de la plus importante hausse de l'emploi sur sept mois depuis une décennie.

Et selon les prévisions, le rythme de la croissance économique devrait s'accélérer en 2017.

Mais nous savons qu'il y a encore du travail à faire.

Pourquoi? Parce que partout dans le monde, des pays – dont le Canada – font face au défi de prendre des mesures pour répondre aux inquiétudes de la classe moyenne.

Lors de ma première réunion du G20 à Antalya, en Turquie, en novembre 2015, le plan du Canada pour rétablir l'optimisme de notre classe moyenne était considéré avec curiosité par certains des autres représentants.

Moins d'un an plus tard, au sommet du G20 en Chine, la notion selon laquelle les avantages de la croissance doivent être partagés à une plus grande échelle était le sujet de toutes les conversations – et le point principal à l'ordre du jour.

Il y a quelques semaines, à la réunion des ministres des Finances du G20 en Allemagne, cette idée était simplement reconnue comme une évidence.

C'est lors de cette réunion que j'ai rencontré pour la deuxième fois le secrétaire Mnuchin.

Notre discussion était la suite d'une conversation qui, à mon avis, avait commencé au Canada – au sujet des façons dont nous pouvons collaborer afin de renforcer la classe moyenne.

Même si, au Canada, nous estimons que nous avions une longueur d'avance lorsque nous avons commencé à nous attaquer à ces problèmes il y a un an et demi, nous ne sommes pas près de freiner nos efforts.

C'est la raison pour laquelle nous prenons appui sur les investissements initiaux que nous avons effectués afin que nos communautés deviennent de meilleurs endroits où vivre, en réalisant des investissements sans précédent dans l'infrastructure : plus de 180 milliards de dollars canadiens au cours de la prochaine décennie.

Nous collaborons avec les gouvernements provinciaux et municipaux dans le but de planifier, de mettre en œuvre et de réaliser une infrastructure transformatrice qui raccourcira les temps de déplacement quotidiens et favorisera des communautés plus saines. 

Et nous allons collaborer avec le secteur privé pour en faire encore plus.

La Banque de l'infrastructure du Canada, qui sera chargée d'investir 35 milliards de dollars, collaborera avec le secteur privé afin de créer des possibilités immenses et transformationnelles, qui nous permettront de créer des milliers d'emplois et d'attirer un montant qui pourrait atteindre entre quatre et cinq dollars en capital privé pour chaque dollar investi provenant des fonds publics.

Récemment, nous avons accueilli favorablement l'annonce faite par nos grandes institutions financières concernant l'établissement d'un fonds pour l'expansion des entreprises, fonds qui aidera les sociétés canadiennes ambitieuses à obtenir les capitaux dont elles ont besoin pour croître et réussir sur la scène mondiale.

Nous devions relever un défi. Nous avons collaboré pour le relever. Rapidement. Et cela n'a rien coûté aux contribuables.

Nous avons aussi choisi de miser gros en ciblant les investissements dans six secteurs économiques dans lesquels nous savons que le Canada peut devenir un chef de file mondial : les industries numériques, les technologies propres, l'agroalimentaire, la fabrication de pointe, les sciences biologiques et les ressources propres.

Pas plus tard que la semaine dernière, nous avons annoncé un investissement de 125 millions de dollars canadiens dans une stratégie pancanadienne en matière d'intelligence artificielle, conçue pour soutenir et relier trois grappes émergentes et particulièrement dynamiques dans les villes canadiennes de Montréal, de Toronto et d'Edmonton.

Mais aussi complexe que devienne la technologie dont nous dépendons, nous ne devons jamais oublier qui sont les initiateurs de ces innovations.

Ce sont les gens – et il ne s'agit pas seulement de Canadiens.

C'est pourquoi notre plan ne fait pas que créer des emplois aujourd'hui; nous préparons aussi les Canadiens à occuper les emplois de demain.

Il s'agit d'un plan ambitieux. Nous regardons loin devant pour veiller à la prospérité de la prochaine génération.

Et nous regardons au-delà de nos propres frontières pour nous appuyer sur cette prospérité à l'aide de nouveaux partenariats et de vieux amis.

Comme je l'ai déjà dit, l'ouverture et les investissements sont les clés du succès futur du Canada.

Alors que nous cherchons à assurer la croissance de notre économie, nous cherchons à augmenter considérablement nos exportations, surtout dans les secteurs que je viens de mentionner.

Ainsi, naturellement, nous allons tout d'abord faire appel au meilleur client et au partenaire de confiance du Canada : les États-Unis.

C'est en partie ce qui explique ma présence une fois de plus ici à New York – ma deuxième visite ici et ma quatrième visite aux États-Unis en un peu plus de deux mois.

Demain, je serai à Indianapolis.

Je suis venu ici pour vous rappeler que nous faisons beaucoup d'affaires ensemble.

La valeur quotidienne des échanges de biens et de services totalise près de 2 milliards de dollars américains, soit 2,4 milliards de dollars canadiens –, et encore davantage si l'on tient compte des investissements transfrontaliers.

Ensemble, nos deux pays sont en train d'établir une frontière du XXIe siècle à l'aide d'initiatives qui permettront d'accélérer la circulation sécuritaire, et essentielle, de personnes, d'information et de marchandises de part de d'autre de notre frontière commune.

J'aimerais que vous teniez compte de l'une des nombreuses façons dont les classes moyennes du Canada et des États-Unis sont profondément reliées : la fabrication de la boîte de vitesse de votre voiture avant qu'elle se rende jusqu'à vous.

Ce processus commence à l'usine de fonte de ferraille de fer de Metaldyne, à St. Cloud, au Minnesota – des morceaux de ferraille provenant du Canada.

Ces matériaux sont ensuite envoyés en sens inverse chez Linamar, un fabricant canadien de pièces automobiles situé à Guelph, en Ontario, qui compte 560 employés, pour être usinés et assemblés.

Ensuite, ces pièces traversent la frontière, une troisième fois, pour se rendre à l'usine de transmissions de Ford située à Sterling Heights, au Michigan, où elles deviennent des éléments d'une transmission entièrement assemblée.

Après, la transmission achevée est expédiée à une usine de montage se trouvant à Oakville, en Ontario, au Canada, où elle est installée dans le véhicule.

Par la suite, le véhicule assemblé franchit la frontière une cinquième et dernière fois à destination d'un concessionnaire de votre quartier.

C'est un parcours incroyable qui touche la vie de centaines de personnes des deux côtés de notre frontière – des Canadiens et des Américains de la classe moyenne qui occupent de bons emplois.

Malgré l'évolution rapide de l'économie, cette réalité persistera.

En effet, l'innovation ne peut prendre forme sans les gens – des Américains et des Canadiens talentueux et créatifs qui s'emploient à construire nos voitures, à produire nos aliments et à transformer de nouvelles technologies en produits vendus partout dans le monde.

La transmission de votre voiture n'est qu'un des innombrables exemples qui mettent en évidence les liens qui nous unissent, et ce que nous pouvons accomplir grâce au commerce et aux partenariats.

Il s'agit d'un exemple précis de l'intégration complète qui existe au sein de certains secteurs à l'échelle du continent.

L'industrie nord-américaine de l'acier, par exemple, est hautement intégrée; elle crée des emplois et des retombées aux États-Unis et au Canada.

Ce commerce bilatéral est essentiel à la prospérité des travailleurs – y compris celle des aciéristes – dans les deux pays.

C'est pourquoi nous croyons qu'une taxe à la frontière ne sert pas les intérêts des familles américaines ou canadiennes. En fait, une telle taxe nous appauvrirait en imposant des coûts supplémentaires aux compagnies américaines et en perturbant le commerce à la frontière.

La relation commerciale entre nos deux pays donne des résultats.

Elle donne des résultats pour nos économies, et elle donne des résultats pour aider la classe moyenne au Canada et aux États-Unis.

C'est pourquoi nous réalisons des investissements ciblés pour mettre en œuvre des solutions aux goulots d'étranglement dans nos corridors de commerces nationaux, de manière à rendre nos ports maritimes, nos aéroports de même que nos voies ferrées et nos autoroutes plus efficients – en plus d'assurer une meilleure liaison entre nos deux économies.

En appuyant une économie plus innovante, nous aiderons les jeunes entreprises canadiennes à intensifier leurs activités, ce qui permettra d'accroître les possibilités d'investissement et d'établir de nouvelles chaînes d'approvisionnement qui tireront parti de nos réussites communes dans le passé.

Notre plan est centré sur le renforcement de la classe moyenne du Canada, mais la prospérité que nous cherchons à atteindre ne s'arrête pas à la frontière.

Le commerce entre les Canada et les États-Unis fonctionne.

Le commerce entre les Canada et les États-Unis rassure la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie, à une période où l'avenir semble plus qu'incertain.

Il vaut donc la peine d'y investir, de le protéger et de le faire progresser.

Je vous remercie. Je répondrai maintenant avec plaisir à quelques questions.