Le 28 février 2017
Université Columbia

Le Canada et les États-Unis : Partenaires dans la prospérité

Allocution de l'honorable Bill Morneau, C.P., député

Le texte prononcé fait foi

C'est un plaisir pour moi d'être ici à New York avec vous aujourd'hui.

Comme vous le savez peut-être, il y a à peine deux semaines, j'accompagnais le premier ministre Justin Trudeau à Washington lorsqu'il a rencontré le président Trump pour la première fois.

Cet événement a vraiment donné le ton à ce qui suivra en nous rappelant à tous que notre amitié et notre partenariat de très longue date servent de modèle au reste du monde.

Nous partageons bien plus que la plus longue frontière internationale dans le monde – longue de 5 525 milles (ou un peu moins de 9 000 kilomètres, pour mes concitoyens).

Nous sommes nombreux à partager une culture et une langue semblables.

Nous avons combattu ensemble en Europe, en Corée et, plus récemment, en Afghanistan.

Nous participons tous deux solidairement à la lutte actuelle contre le groupe État islamique.

Nous avons exporté avec succès le meilleur sport d'hiver de la planète.

Nous composons de la musique qui vous fait danser. Nous créons des émissions de télévision que vous regardez en rafale. Nous sommes réalisateurs et vedettes de films qui vous font rire et pleurer.

Nous observons nous-mêmes un bon nombre de traditions culturelles américaines.

Avant-hier, nous avons fait la même chose que des millions d'Américains : nous avons regardé la cérémonie des Oscars.

Lorsque nous choisissions cette cérémonie, toutefois, c'est pour deux raisons. D'abord, comme tout le monde, nous voulons voir qui a gagné.

Mais nous gardons aussi l'œil ouvert pour voir des personnes talentueuses comme Denis Villeneuve et Ryan Gosling – car ce soir-là, elles font partie d'Équipe Canada.

Et nous avons beau être humbles et polis, nous ne ratons jamais une occasion d'encourager Équipe Canada.

Comme je l'ai dit, nos deux pays ont une relation spéciale qui est véritablement unique au monde.

Et cela vaut particulièrement pour notre façon de faire des affaires ensemble.

Car nous faisons beaucoup d'affaires ensemble : il y a près de 2,3 milliards de dollars canadiens (2 milliards de dollars américains) d'échanges de biens et de services par jour, tous les jours... et encore davantage si on compte les investissements transfrontaliers.

Et je peux vous affirmer que mon entreprise a véritablement été renforcée par ce partenariat.

De tout temps, nous sommes aidés l'un l'autre à connaître du succès en misant sur nos points communs.

Nous voulons offrir une vie meilleure à la classe moyenne des deux côtés de la frontière.

Nous croyons que les gens qui travaillent fort devraient pouvoir s'attendre à se tailler une vie pleine de dignité pour eux-mêmes et pour leur famille, ainsi qu'à offrir un avenir plus prometteur à leurs enfants.

Voilà pourquoi, il y a un peu plus d'un an, le Canada a décidé d'accorder la priorité à la classe moyenne et aux gens.

Nous avons abaissé les impôts de la classe moyenne et nous avons augmenté ceux de la tranche de 1 % des personnes qui gagnent le plus d'argent.

Nous avons rendu l'éducation plus accessible aux jeunes en augmentant les bourses d'études de jusqu'à 50 %, et nous avons indiqué aux nouveaux diplômés qu'ils n'auraient pas à rembourser leurs prêts d'études avant qu'ils gagnent au moins 25 000 $ par année.

De plus, après avoir instauré une Allocation canadienne pour enfants beaucoup plus ciblée, nous constaterons cette année une réduction d'environ 40 % du taux global de pauvreté infantile au Canada par rapport à 2014.

Nous avons pris toutes ces mesures parce que nous savons que lorsqu'on donne aux gens les outils nécessaires pour connaître du succès, c'est exactement ce qu'ils font.

Nous vivons à une époque où bien des gens craignent que le système actuel ne profite qu'aux rares privilégiés de la société, et leur préoccupation est valide.

Nous craignons que nos enfants n'aient pas les mêmes possibilités que nous avons eues.

Je crois fermement que, pour nos deux pays, la façon la plus sûre de répondre à cette inquiétude et de maintenir la vigueur et la prospérité de notre classe moyenne consiste à renforcer les liens économiques et sociaux déjà étroits que nous avons tissés depuis un siècle et demi.

Le Canada et les États-Unis jouissent d'une relation commerciale productive et mutuellement avantageuse : pour l'année 2015, elle a totalisé près de 850 milliards de dollars canadiens (700 milliards de dollars américains).

Depuis dix ans, la balance commerciale hors énergie – soit la balance des échanges de biens et services en excluant le pétrole – a été très favorable aux États-Unis.

Il y a entre autres eu des excédents dans des catégories comme les ordinateurs et les produits électroniques, les machines et le matériel ainsi que les services de voyages.

Les flux de capitaux sont équilibrés eux aussi.

Pour le dire simplement, nous sommes votre meilleur et votre plus important client.

Nous achetons plus de votre pays que le font tous les membres de l'Union européenne réunis.

Le Canada est le premier marché étranger de la plupart des États américains. Et ce ne sont pas seulement vos États les plus proches de la frontière canadienne, comme le Michigan et le Vermont, mais aussi l'Alabama, la Géorgie et le Colorado.

Dans les deux pays, des millions de familles comptent sur la solidité de la relation entre Ottawa et Washington et sur un climat de confiance et de stabilité dans les conseils d'administration et la haute direction des entreprises à Détroit, à Windsor, à Calgary, à Houston, à Montréal et ici même à New York.

Et je dois dire que le Canada se porte assez bien.

Depuis la crise financière mondiale, nous affichons la croissance la plus forte parmi les pays du G7 : notre produit intérieur brut (PIB) est de 12 % supérieur à son niveau d'avant la récession.

Parmi les pays du G7, nous affichons toujours le plus faible ratio de la dette nette de l'ensemble des administrations publiques au PIB.

D'après le Fonds monétaire international, le Canada devrait se classer deuxième au sein du G7, cette année et l'année prochaine, au chapitre de la croissance économique.

Notre population est très qualifiée, diversifiée et cohésive : près des deux tiers des travailleurs canadiens ont fait des études postsecondaires, et notre taux de disponibilité de la main-d'œuvre qualifiée est le plus élevé du G20.

Nous sommes l'un des dix pays qui jouissent de la cote AAA des trois principales agences de notation.

Et comme l'a indiqué récemment The Economist :

« Le Canada est en meilleure position que presque tous les autres pays riches pour tirer parti des bas taux d'intérêt : il n'a pas connu de grand ralentissement après la crise financière, et il a une tradition de discipline budgétaire. »

Bref, c'est bon d'avoir des voisins comme le Canada.

Avant de répondre à vos questions, je tiens à vous donner matière à réflexion.

J'affirme souvent que nos économies et nos chaînes d'approvisionnement sont profondément liées, mais je veux que vous envisagiez ce que cela signifie en pratique.

Alors, voici la petite histoire de la transmission de votre voiture avant qu'elle se rende jusqu'à vous.

Cette histoire commence à l'usine de fonte de ferraille de fer de Metaldyne, à St. Cloud, au Minnesota – des morceaux de ferraille provenant du Canada.

Ces matériaux sont ensuite envoyés en sens inverse chez Linamar, un fabricant canadien de pièces automobiles situé à Guelph, en Ontario, qui compte 560 employés, pour être usinés et assemblés.

Ensuite, ces pièces traversent la frontière, une troisième fois, pour se rendre à l'usine de transmissions de Ford située à Sterling Heights, au Michigan, où elles deviennent des éléments d'une transmission entièrement assemblée.

Après, la transmission achevée est expédiée à une usine de montage se trouvant à Oakville, en Ontario, au Canada, où elle est installée dans le véhicule.

Par la suite, le véhicule assemblé franchit la frontière une cinquième et dernière fois à destination d'un concessionnaire de votre quartier.

C'est un parcours incroyable qui touche la vie de centaines de personnes des deux côtés de notre frontière.

J'estime que cet exemple met en relief ce que nous tentons d'accomplir par le commerce.

Le commerce doit être au service des gens.

Le commerce doit procurer de réels avantages aux personnes qui peuvent être aux prises avec des difficultés.

Il doit offrir une assurance aux personnes qui s'inquiètent de l'avenir de leurs enfants.

En effet, ces mêmes personnes appuieront le commerce s'il crée de meilleurs emplois et s'il rend le coût de leur vie plus abordable.

Voilà leurs attentes à notre égard, et, pour ma part, je compte bien m'assurer que nous travaillons fort pour obtenir ces résultats.

Voilà pourquoi il est si important que nous soyons ici à New York.

C'est pourquoi je retournerai à Washington demain pour rencontrer mon homologue américain, le secrétaire du Trésor Steven Mnuchin.  

Et c'est pourquoi je continuerai de promouvoir l'importance du Canada pour l'économie américaine.

Car nous avons beau être polis et humbles, nous ne ratons jamais une occasion d'encourager Équipe Canada.

Je vous remercie.