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Washington, le 21 avril 2012
2012-047

Archivé - Déclaration préparée à l’intention du Comité monétaire et financier international du Conseil des gouverneurs du Fonds monétaire international

Informations archivées

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L’honorable Jim Flaherty, ministre des Finances du Canada, pour le compte d’Antigua-et-Barbuda, des Bahamas, de la Barbade, du Belize, du Canada, de la Dominique, de la Grenade, de l’Irlande, de la Jamaïque, de Saint-Kitts-et-Nevis, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines

Alors que nous nous réunissons, les conditions de l’économie mondiale engendrent considérablement d’incertitude. Même si les risques économiques et financiers se sont atténués depuis notre dernière rencontre, ils demeurent très élevés et préoccupent donc vivement tous les membres du Fonds monétaire international (FMI). Le FMI joue un rôle de premier plan sur la scène internationale pour recenser des mesures visant à atténuer les risques et à renforcer les fondements de la croissance, et pour aider ses membres à les mettre en œuvre. La mission du Fonds, qui consiste à promouvoir la prospérité et la stabilité financière internationales, et ses trois grands secteurs d’activité – la surveillance, le crédit, de même que l’assistance technique et le renforcement des capacités – sont maintenant plus importants que jamais.

De la même manière que le FMI sert ses membres, ceux-ci doivent contribuer aux mesures collectives. Les pays que le Canada représente sont aux prises avec des défis variés, issus des répercussions persistantes de la crise financière mondiale et des effets secondaires persistants de la crise de la dette souveraine en Europe. Comme l’indique l’exposé qui suit au sujet des développements survenus au Canada, en Irlande et dans les Caraïbes, notre groupe prend des mesures pour renforcer ses cadres stratégiques, promouvoir l’emploi et la croissance, et contribuer à la reprise de l’économie mondiale. J’aborderai ensuite les points de vue de notre groupe au sujet des principaux enjeux du FMI.

Développements survenus au Canada

La performance économique du Canada a été solide au cours de la récession et de la reprise par rapport à des pays comparables. Elle traduit la solidité des facteurs fondamentaux économiques, budgétaires et financiers du pays, de même que l’appui de taille apporté en temps opportun par le Plan d’action économique du Canada. C’est ainsi que le Canada a affiché la plus forte croissance de l’emploi parmi les pays du Groupe des Sept (G-7) au cours de la reprise. Et, selon les prévisions du FMI, le Canada sera l’un des pays industrialisés avancés dont l’économie connaîtra la plus forte croissance, cette année et l’an prochain.

Le gouvernement du Canada prévoit rétablir l’équilibre budgétaire à moyen terme, principalement en freinant la croissance des dépenses de programmes. Tous les gouvernements provinciaux ont suivi l’exemple du gouvernement fédéral et se sont aussi engagés à rééquilibrer leurs budgets à moyen terme. Les mesures fédérales de contrôle des dépenses visent à rendre les programmes et les activités de l’État plus efficients et plus efficaces, et elles ont tout récemment débouché sur un examen exhaustif des dépenses ministérielles. Le gouvernement a aussi mis en œuvre des mesures de soutien de l’emploi et de la croissance en améliorant les conditions avec lesquelles les entreprises, les entrepreneurs et les innovateurs doivent composer, en investissant dans la formation et l’infrastructure, et en aidant les chômeurs à trouver un emploi. Ces initiatives se doublent d’importantes mesures structurelles qui dépassent le moyen terme, comme celles devant assurer la viabilité à long terme des programmes sociaux du Canada. À titre d’exemple, le gouvernement a relevé l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse et placé les transferts aux provinces pour les soins de santé, l’éducation et d’autres programmes sociaux sur une pente prévisible et viable. Nous mettons également en œuvre des changements structurels afin d’accroître le potentiel économique à long terme du Canada. Il s’agit notamment de réformer le système canadien d’immigration pour veiller à ce qu’il réponde aux besoins du marché du travail du pays, de moderniser le système de réglementation des grands projets économiques, de mettre en place une nouvelle approche pour appuyer l’innovation en entreprise et d’inciter davantage les chômeurs à retourner au travail.

Développements survenus en Irlande

L’économie irlandaise continue d’afficher des signes récents de reprise. En 2011, le produit intérieur brut (PIB) a, pour la première fois depuis 2007, progressé à l’échelle d’une année complète, soit de 0,7 %. Le secteur des échanges internationaux donne le ton à ce chapitre grâce, en bonne partie, aux gains de productivité obtenus ces dernières années, ce qui témoigne de la souplesse de l’économie irlandaise. La reprise devrait se poursuivre cette année et l’an prochain, la progression des exportations alimentant graduellement le marché du travail et l’économie intérieure. En dépit des gains de productivité et d’une plus grande souplesse, l’ampleur de la reprise et sa propagation à l’économie intérieure dépendront aussi de l’évolution de la situation extérieure. Les perspectives à moyen terme de l’économie irlandaise sont relativement favorables; le PIB devrait croître de 3,0 % en moyenne entre 2014 et 2015. L’Irlande a terminé en bonne partie la recapitalisation de ses banques, à un coût pour les contribuables nettement moindre que prévu au départ. Les banques intérieures se sont départies d’un volume important d’actifs non liés à leur mission de base. La restructuration de ces institutions progresse bien, la recapitalisation des banques étant largement achevée et les cibles de 2011 du programme de désendettement dégressif ayant été atteintes. De plus, l’une des premières réalisations de cette stratégie bancaire a été l’injection de capitaux privés dans une grande banque. Les autorités irlandaises continuent de mettre en place des solutions au problème des arriérés hypothécaires.

L’Irlande a rempli jusqu’ici toutes les conditions du programme conjoint d’aide financière de l’Union européenne et du FMI, et elle s’est engagée à en atteindre les cibles. Le gouvernement est déterminé à mettre en œuvre les changements nécessaires pour que l’Irlande reprenne sa place sur les marchés le plus rapidement possible. La preuve la plus concrète de cette volonté est la mise en œuvre d’un ensemble exhaustif de mesures d’ajustement budgétaires entre 2008 et 2012 visant à générer près de 25 milliards d’euros, soit près de 16 % du PIB estimatif de 2012 une fois pris en compte les ajustements apportés avant l’adoption du programme en 2010.

Développements survenus dans les Caraïbes

À l’échelle des pays des Caraïbes que je représente, l’amélioration des perspectives des économies avancées laisse entrevoir une croissance continue, quoique très modeste, à moyen terme sous l’impulsion du tourisme. L’économie des Caraïbes reste très vulnérable aux risques de détérioration de l’économie mondiale, y compris la menace engendrée par les cours élevés du pétrole et la diminution de l’investissement direct étranger associée au désendettement du secteur financier. Alors même qu’elles s’engagent à rétablir les coussins stratégiques et à s’attaquer au fardeau d’un lourd endettement, les autorités doivent répondre aux demandes plus insistantes pour des investissements publics porteurs de croissance et des dépenses destinées aux programmes sociaux. En effet, les décideurs des Caraïbes sont déterminés à tenir leur engagement de rendre leurs économies plus résilientes et plus robustes. Cette approche est essentielle à la réduction du taux élevé de chômage structurel et à la diminution plus rapide des ratios de la dette publique. Il est entendu que la gamme des politiques doit continuer d’appuyer les réformes structurelles et les améliorations du secteur des entreprises qui stimulent la compétitivité sur les marchés extérieurs, élargissent la portée de la diversification économique et renforcent davantage la stabilité financière. Dans chacun de ces dossiers, la présence accrue du FMI dans la région est grandement appréciée. Les pays des Caraïbes se réjouissent de l’engagement de la Directrice générale de prêter plus d’attention aux problèmes des petits États, plus particulièrement en ce qui touche les initiatives axées sur le sous-ensemble de pays à revenu moyen hautement vulnérables, et ils y accordent beaucoup d’importance.

Points de vue des pays représentés au sujet du FMI

Prêts et conditionnalité

Nous participerons activement aux prochains examens des programmes de crise et de la conditionnalité, des facilités concessionnelles et de la politique du FMI sur les limites d’endettement. Lorsqu’il accorde son soutien, le FMI devrait accorder aux pays participant à ses programmes suffisamment de marge de manœuvre pour régler les problèmes macroéconomiques, réintégrer les marchés publics de financement de la dette et rétablir les conditions nécessaires à une croissance économique forte et viable. Pour que l’octroi de crédit soit efficace, les programmes doivent absolument être bien conçus et crédibles; la conditionnalité doit être ciblée et bien adaptée de manière à résoudre les problèmes économiques de base. Le FMI doit continuer de veiller à ce que la conception des programmes, les examens et les conseils stratégiques demeurent impartiaux et indépendants, y compris lorsqu’il participe à des partenariats régionaux. Dans le même ordre d’idées, il faut également maintenir avec fermeté les normes d’admissibilité aux mécanismes de précaution. 

Le Fonds continue d’avoir un rôle essentiel à jouer auprès des pays à faible revenu et de ceux à revenu moyen qui sont vulnérables et de petite taille. Il sera important de mener à terme le programme de financement des pays à faible revenu lancé en 2009. Le Canada a fourni des ressources substantielles au titre des prêts et des subventions dans le cadre de cette initiative, et nous encourageons ceux qui ne s’y sont pas encore engagés à y contribuer. En examinant sa politique sur les limites d’endettement, le FMI doit concilier prudemment les besoins essentiels de développement et la viabilité à moyen terme de la dette.

Quotes-parts et gouvernance

Afin de poursuivre sa mission de promouvoir la prospérité et la stabilité financière internationales, le FMI doit disposer des outils et de la structure de gouvernance qui conviennent. Le Fonds est une institution fondée sur des quotes-parts, et il doit le demeurer, car cette structure sous-tend sa légitimité et son efficacité. 

Depuis 2009, les membres du Fonds ont déployé des efforts notables afin d’accroître les quotes-parts et d’améliorer les Nouveaux accords d’emprunt fondés sur des règles; ils doivent maintenant instaurer les réformes des quotes-parts et de la gouvernance de 2010 d’ici la tenue des réunions annuelles de 2012, comme convenu. Les pays que je représente demeurent en bonne voie de ratifier pleinement et à temps les réformes de 2010.

Au cours de la prochaine année, nous participerons activement à l’examen de la formule des quotes-parts pour veiller à ce qu’elle soit simple et qu’elle reflète clairement le poids relatif et changeant des pays au sein de l’économie mondiale, tout en protégeant la participation et la représentation des plus pauvres et des plus petits de ses États membres.

Nous nous réjouissons des améliorations récentes apportées au processus du Comité monétaire et financier international visant à favoriser des échanges plus ciblés et stratégiques. Même si ces améliorations devraient se traduire par une mobilisation accrue de la part des ministres, le Fonds devrait apporter d’autres améliorations, notamment pour préciser les rôles, les responsabilités et la structure redditionnelle de la direction et du Conseil d’administration.

Surveillance

La surveillance est l’une des fonctions de base du FMI. Elle a été considérablement améliorée ces dernières années, comme en témoigne l’examen triennal de surveillance de l’an dernier. Nous encourageons le FMI à aller de l’avant dans la mise en œuvre des recommandations issues de cet examen et de celles du Bureau indépendant d’évaluation. 

Le Fonds a démontré sa capacité d’améliorer la surveillance à l’intérieur du cadre législatif existant. Si des changements sont proposés, il importe de démontrer qu’ils amélioreront concrètement l’exercice et l’influence de la surveillance, tout en maintenant la souplesse requise pour s’adapter aux besoins futurs des pays membres.

Nous nous réjouissons de la parution prochaine du premier Rapport sur la stabilité externe, qui aidera à renforcer la surveillance et alimentera le débat sur les déséquilibres mondiaux, les taux de change et les politiques connexes. Nous sommes également satisfaits de la décision de conserver les rapports sur les effets secondaires pour les cinq économies systémiques puisqu’ils ajoutent aux connaissances collectives sur les principaux risques liés à ces effets.

Nous remercions le FMI pour les précieux conseils fournis au Groupe de travail sur le cadre du G-20 ainsi que pour son soutien constant dans la surveillance de la mise en œuvre des engagements de chacun des membres. 

Nous comptons sur l’articulation d’une stratégie complète de surveillance financière axée sur les principaux avantages comparatifs du Fonds. Cette stratégie devrait préciser le mandat du FMI à ce chapitre et asseoir solidement la coopération avec d’autres intervenants de poids comme le G-20 et le Conseil de stabilité financière.