Washington, le 21 avril 2012
2012-046

Archivé - Déclaration préparée à l’intention du Comité du développement des conseils des gouverneurs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international

Informations archivées

Les informations archivées sont fournies aux fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elles ne sont pas assujetties aux normes Web du gouvernement du Canada et n'ont pas été modifiées ou mises à jour depuis leur archivage. Pour obtenir ces informations dans un autre format, veuillez communiquez avec nous.

L’honorable Jim Flaherty, ministre des Finances du Canada pour le compte d’Antigua-et-Barbuda, des Bahamas, de la Barbade, du Belize, du Canada, de la Dominique, de la Grenade, du Guyana, de l’Irlande, de la Jamaïque, de Saint-Kitts-et-Nevis, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

Je veux d’abord remercier le président, M. Robert Zoellick, d’avoir dirigé le Groupe de la Banque mondiale au cours des cinq dernières années, période qui a été névralgique et éprouvante pour l’économie mondiale. Au cours de son mandat, le Groupe de la Banque mondiale a été un partenaire clé de chacun de ses pays membres, y compris ceux que je représente, en mettant en place un mécanisme multilatéral essentiel pour venir en aide aux pauvres, stimuler la croissance et mobiliser le secteur privé. De concert avec la Banque, il a joué un rôle de premier plan afin d’aider les pays à revenu moyen et faible à réagir à la crise financière mondiale et à s’en remettre. Le président Zoellick a également renforcé la gouvernance et la légitimité du Groupe de la Banque mondiale, de même que la capacité d’adaptation et la pertinence de celle-ci relativement à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement par les pays membres.

Mener à terme les engagements de recapitalisation et de reconstitution des ressources

Les pays que je représente sont pleinement conscients des défis qui continuent de peser sur la fragile reprise de l’économie mondiale, et nous remercions le Groupe de la Banque mondiale de continuer d’aider les pays à revenu faible et moyen à développer la capacité de relever ces défis de manière efficiente et souple. Notre engagement de soutenir le Groupe de la Banque mondiale demeure ferme. Dans le cadre de nos engagements de recapitalisation sur cinq ans, le premier exercice semblable de recapitalisation de la Banque depuis 1988, les pays que je représente ont investi près de 1 milliard de dollars de plus cette année dans la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). Le Canada a devancé près de 60 % de sa contribution à la recapitalisation puisque la Banque a besoin de ce soutien dès aujourd’hui. De plus, le Canada, l’Irlande, les Bahamas et la Barbade ont aussi commencé à donner suite à leur engagement au titre de la plus récente reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale.

Renforcer la gouvernance et la reddition de comptes

Nous félicitons le Groupe de la Banque mondiale pour ses efforts en vue d’accroître sa capacité de mesurer les résultats, d’en rendre compte et d’en tirer des enseignements. La responsabilisation envers les parties prenantes est essentielle. La nouvelle fiche de rendement institutionnel de la Banque et le système de mesure des résultats de l’IDA, mis en place l’an dernier, sont des rouages clés de cette responsabilisation. Nous assurerons une supervision et nous fournirons des conseils stratégiques pour garantir la production des extrants et des résultats souhaités. Nous encourageons le processus d’amélioration continue afin que des enseignements soient tirés et que les pratiques exemplaires soient mises en commun.

La Banque mondiale a opéré un important changement de cap, cessant d’être uniquement une institution de financement des investissements pour faire activement preuve de leadership au chapitre des politiques d’envergure mondiale. Il est heureux que des liens se créent entre les particuliers et les groupes qui s’efforcent de régler des problèmes de développement similaires. La Banque a une efficacité optimale lorsqu’elle peut diffuser le savoir qu’elle a accumulé et établir des liens pertinents sur le terrain entre les praticiens, de manière à ce que les solutions de développement soient adaptées aux besoins locaux que la 

Principaux objectifs de la prochaine année

Les pays que je représente attireront l’attention du président désigné, M. Kim, sur un certain nombre de questions importantes que la Banque devrait, à notre avis, considérer comme des priorités au cours de la prochaine année. 

Mobiliser le secteur privé afin de créer des emplois durables et bien rémunérés

Le secteur privé est devenu un rouage important du développement international de par son rôle de premier plan dans la création d’emplois durables et bien rémunérés, l’accroissement de la productivité et la propulsion de l’innovation. Nous voulons que le Groupe de la Banque mondiale tire parti de la contribution du secteur privé au soulagement viable de la pauvreté, qui doit faire appel à une étroite collaboration entre la Société financière internationale, la BIRD et l’IDA afin d’exécuter des stratégies qui améliorent le climat d’investissement du secteur privé. Nous misons sur la contribution à cet objectif primordial que fera le prochain Rapport sur le développement dans le monde, lequel sera axé sur l’emploi.

Appuyer le partenariat de Deauville

Le Printemps arabe traduit l’importance de créer des emplois durables et bien rémunérés et de trouver des façons de promouvoir une croissance inclusive. De concert avec d’autres institutions multilatérales partenaires, le Groupe de la Banque mondiale déploie des efforts significatifs pour aider les pays du partenariat de Deauville. Au cours de la prochaine année, nous encouragerons ces institutions à continuer de travailler ensemble pour assurer un soutien ferme et coordonné aux pays en transition du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Nous comptons également voir le nouveau centre d’excellence sur les conflits, la sécurité et le développement que la Banque a établi à Nairobi, au Kenya, participer activement à l’atténuation et à la gestion des crises.

Jeter les bases de la Dix-septième reconstitution des ressources de l’IDA

À pareille date l’an prochain, nous serons à nouveau en train de négocier la reconstitution des ressources de l’IDA. Vu l’ampleur de nos contributions à cet exercice, nous devons commencer dès maintenant à préparer le succès de la ronde de reconstitution qui se déroulera en 2013. Nous travaillerons en vue de recenser les pratiques structurelles et procédurales exemplaires qui assureront le succès de nos efforts, et nous collaborerons avec la Banque afin de cerner les questions de fond sur lesquelles devraient porter nos discussions. Une évaluation solide des progrès de l’IDA à la lumière du système de mesure des résultats dont il a été convenu pourra jouer un rôle clé à cet égard.

Protéger les plus vulnérables

Même si le développement durable passe nécessairement par la croissance économique, il importe que la Banque continue de travailler avec les pays en développement pour veiller à ce que les plus vulnérables bénéficient d’un soutien, en temps de crise comme de façon continue. Les récents travaux dans le domaine des filets de sécurité sociale illustrent clairement la capacité de la Banque de recueillir, de produire et de disséminer des connaissances concrètes sur le développement. Ces travaux démontrent clairement que des filets de sécurité sociale bien conçus et bien ciblés peuvent être abordables et efficaces, et qu’ils devraient être un élément clé de l’ensemble des programmes de protection sociale et de la stratégie de développement des gouvernements. À cela peuvent s’ajouter des stratégies de croissance inclusives qui faciliteraient la transition des filets de sécurité sociale à l’emploi ou à l’entrepreneuriat.

Les filets de sécurité sont d’importants mécanismes pour accroître la sécurité alimentaire et la nutrition des enfants dans les collectivités vulnérables. Le Groupe de la Banque mondiale a aussi joué un rôle notable pour assurer la sécurité alimentaire par l’entremise de son leadership à l’égard du plan d’action des banques multilatérales de développement. Nous comptons sur l’engagement soutenu de la Banque de contribuer à des mesures stratégiques innovatrices à l’égard de cette source critique de vulnérabilité.

Outre la place qu’ils occupent dans la lutte contre la faim et la sous-alimentation, les filets de sécurité peuvent aussi contribuer de façon importante à l’adaptation aux changements climatiques, au renforcement de la résilience face aux changements climatiques et à l’habilitation des femmes. Le Canada et l’Irlande ont une vaste expérience des filets de sécurité sociale dans un certain nombre de pays d’Afrique. Sur le terrain, nous avons grandement bénéficié de notre partenariat avec la Banque mondiale.

Bâtir la résilience des petits États insulaires

Les petits États insulaires, y compris ceux que nous représentons, sont aux prises avec des défis particuliers. La plupart de ces pays des Caraïbes ont maintenant le statut de pays à revenu moyen. Par contre, leurs caractéristiques structurelles et géographiques font qu’ils sont très vulnérables à un certain nombre de chocs macroéconomiques et de désastres naturels qui peuvent nettement miner leur capacité de financer la croissance et le développement. Il en résulte un cercle vicieux de lourd endettement, de faible croissance et de progression marginale du développement. Ces pays réclament un traitement qui tient compte de ces vulnérabilités, et nous espérons pouvoir continuer d’attirer l’attention sur cette question. Les travaux de la Banque au chapitre de la gestion des risques liés aux désastres et de la mise en commun des risques dans les Caraïbes, plus particulièrement grâce au Mécanisme d’assurance contre les risques de catastrophe dans les Caraïbes, devraient être étendus à d’autres secteurs sujets aux désastres.

Lutter contre les changements climatiques

Les changements climatiques ont un impact marqué sur les pays en développement, y compris sur les petits États insulaires que nous représentons; ils mettent en péril les progrès importants accomplis dans la lutte contre la pauvreté, la faim et la maladie. Le Canada accroît sa participation aux activités axées sur les changements climatiques dans le cadre de sa contribution de 1,2 milliard de dollars pour aider les pays en développement à atténuer les changements climatiques et à s’y adapter aux termes de l’Accord de Copenhague de 2009, notamment en contribuant aux Fonds d’investissements climatiques qu’administre la BIRD.

L’égalité entre les sexes, une bonne mesure économique

Le Rapport sur le développement dans le monde 2012 porte sur l’égalité entre les sexes et l’habilitation des femmes comme important élément de la politique de développement et à titre de bonne mesure économique. L’élan engendré par le Rapport doit être soutenu et renforcé. Il est primordial d’améliorer les taux d’amorce, de poursuite et d’achèvement des études chez les filles. La protection des femmes et des filles contre la violence à leur endroit sous toutes ses formes, mais plus particulièrement dans les sociétés touchées par un conflit ou qui émergent d’un conflit, demeure un défi de tous les instants. L’attribution aux femmes de droits liés au travail, à la propriété et à l’exploitation d’une entreprise stimulera la croissance, la productivité et l’emploi, en plus de réduire la pauvreté. Comme le laisse entendre le Rapport, la question de l’égalité entre les sexes doit guider toutes les activités et les politiques de la Banque.

Continuer d’appuyer le programme de modernisation de la Banque

Dans ce monde en rapide évolution, la Banque doit poursuivre le programme de modernisation adopté par les gouverneurs en 2010 afin de demeurer pertinente et sensible aux besoins des pays en développement et en transition. La Banque mondiale doit soutenir l’élan au chapitre des résultats et de leur mesure, ainsi que de la transparence et de l’ouverture. Elle doit aussi conserver sa force à titre de centre de savoir sur le développement dans le monde, sachant que les États clients font autant appel à son savoir et à son expertise qu’à ses ressources financières. Nous invitons la Banque à continuer de promouvoir l’efficacité, la transparence et la responsabilisation de l’aide, conformément au Partenariat de Busan pour une coopération efficace au service du développement.

Accueil du président désigné, M Jim Yong Kim

Au nom des pays que nous représentons, je tiens à féliciter le président désigné, M. Jim Yong Kim, qui deviendra le nouveau président du Groupe de la Banque mondiale le 1er juillet 2012. M. Kim est un médecin éminent et un spécialiste de la santé dans le monde qui a fait la preuve de ses compétences de dirigeant dans les secteurs des organismes à but non lucratif et de l’administration publique internationale, de même que dans le milieu universitaire; il a consacré sa carrière à la promotion de la santé dans le monde. Son expérience à titre de cofondateur du Global Health Delivery Project, qui vise à recueillir, à analyser et à diffuser systématiquement des connaissances en santé aux praticiens du monde entier, fournira sûrement à la Banque un précieux soutien à la Banque en marge de sa transformation en une institution du savoir. La Banque et ses clients profiteront des réalisations de M. Kim.

Le Groupe de la Banque mondiale et son nouveau président traversent une importante période de transition. Les pays que nous représentons accoreront leur plein appui à M. Kim pour qu’ensemble, nous puissions continuer de relever avec succès les défis qui nous attendent en matière de développement.