Washington, le 20 avril 2012
2012-045
Archivé - Réunion des ministres des Finances du Partenariat de Deauville - Communiqué
TRADUCTION NON OFFICIELLE
- Les ministres des Finances et les représentants des institutions financières internationales participantes se sont réunis aujourd’hui pour faire progresser le Partenariat de Deauville avec les pays arabes en transition; ce partenariat international à long terme a été lancé l’an dernier dans la foulée des changements historiques que connaissent certains pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord1. Il y a un an, le G-8 a établi le Partenariat de Deauville avec les pays arabes en transition afin d’appuyer le processus de transition démocratique, de renforcer la gouvernance, de promouvoir l’inclusion économique et sociale, d’appuyer la création d’emploi, de soutenir la croissance tirée par le secteur privé et de contribuer à l’intégration régionale et internationale. Il importe plus que jamais de réaliser des progrès en vue de l’atteinte de ces objectifs. Le Partenariat a l’intention d’approfondir son approche axée sur la participation à l’échelon des pays.
- Les pays du Partenariat ont fait des progrès au chapitre de la stabilisation de leur économie durant l’année écoulée depuis l’instauration du Partenariat, mais ils continuent de faire face à des défis économiques de taille, notamment une conjoncture externe peu favorable. Le soutien de la croissance, de la création d’emploi et de la stabilité tant macroéconomique que financière constitue une priorité à court terme. Nous accueillons favorablement les étapes franchies par ces pays pour mettre en œuvre des réformes et des programmes qu’ils ont eux-mêmes conçus dans le but de relancer la croissance et de rétablir la confiance tout en protégeant les groupes les plus vulnérables. Nous appuyons la participation du Fonds monétaire international (FMI) aux efforts visant à renforcer la stabilité économique par la prestation de conseils stratégiques, d’assistance technique et d’aide financière. Nous accueillons favorablement les efforts en cours de la part de partenaires bilatéraux ainsi que d’institutions financières régionales et internationales pour offrir aux pays concernés un ensemble de prêts, de subventions, de soutien budgétaire et d’assistance technique adaptés aux programmes nationaux. Nous réitérons notre engagement d’appuyer les pays du Partenariat au moyen d’un large éventail d’instruments qui les aideront à relever leurs défis économiques, et nous demandons instamment la réalisation de progrès à ce chapitre.
- Les pays du Partenariat font face à des problèmes immédiats en ce qui touche l’accès au financement requis pour préserver la stabilité macroéconomique et pour effectuer des investissements afin de stimuler la croissance et l’emploi. Il faut plus que jamais faire des progrès en vue d’offrir à ces pays un soutien à la hauteur de leurs défis économiques. À cet égard, nous nous réjouissons du lancement, dans le cadre du Partenariat, de l’Initiative pour l’accès aux marchés de capitaux, qui offrira une nouvelle source cruciale de financement en complément des engagements que nous avons déjà pris aux fins d’aider les pays à rétablir leur accès aux marchés de capitaux pour stimuler la croissance et lever des obstacles aux investissements dans la région. Nous prenons note des mécanismes mis en place par les pays et les institutions dans la région, et nous accueillons favorablement le soutien accordé par les partenaires bilatéraux et multilatéraux à l’étude d’autres moyens pour aider les pays du Partenariat à accéder aux marchés de capitaux, par exemple des mécanismes à risque partagé, des garanties, des prêts concessionnels, de l’assistance technique et des obligations liées à des projets, ainsi que pour engendrer un effet de synergie avec le soutien budgétaire direct. Nous veillerons à ce que nos interventions concordent avec les cadres multilatéraux pertinents. Également, nous allons mobiliser et coordonner de façon appropriée les mécanismes bilatéraux et multilatéraux de garantie ainsi que les mécanismes de crédit à l’exportation réservés au secteur privé, de manière à tirer parti des arrangements existants dans la région et à l’échelle internationale, notamment au chapitre de l’aide aux petites et moyennes entreprises (PME) dans les pays en transition. Nous attendons avec intérêt la production, d’ici notre prochaine réunion, d’un rapport sur les progrès de l’Initiative pour l’accès aux marchés de capitaux.
- La création d’emploi, en particulier dans la population des jeunes, demeure un facteur essentiel si l’on veut que les pays du Partenariat connaissent une croissance inclusive et durable. Pour y arriver, il faudra déployer des efforts systémiques afin d’éliminer les obstacles structurels à la croissance inclusive. La création d’emploi doit être tirée principalement par un secteur privé vigoureux qui puisse compter sur un soutien financier et technique adéquat. À cet égard, les institutions financières internationales ont lancé une initiative de développement du secteur privé dont l’objet consiste à favoriser l’essor d’un secteur privé concurrentiel, ce qui comprend le développement de marchés de capitaux locaux, la prise de mesures pour régler les inadéquations au chapitre des compétences et l’offre d’une assistance technique aux partenariats public-privé. Dans la foulée de ces activités, nous instaurerons des programmes bilatéraux pouvant accroître l’accès du secteur privé à des ressources financières. Le Partenariat appuie en outre les efforts de ces pays pour faire en sorte que leurs politiques soient plus favorables à l’activité des PME. Des institutions financières internationales préparent actuellement une évaluation des conditions propices à la création d’emploi et à la stimulation de la croissance par les PME; cette évaluation renfermera des recommandations sur les mesures à prendre dans l’avenir.
- Les membres du Partenariat se réjouissent de l’élargissement du mandat de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) de façon à y inclure l’investissement et la promotion d’initiatives privées au sein des pays en transition. Les membres feront tous les efforts pour ratifier les modifications nécessaires de la charte de la BERD d’ici sa prochaine assemblée annuelle, en mai; à cet égard, nous exhortons les autres membres de la BERD à faire de même.
- Le renforcement de la gouvernance économique dans les pays du Partenariat servira à créer un contexte favorisant une meilleure responsabilisation, une transparence accrue et une plus grande participation des citoyens. Nous accueillons favorablement les programmes allant en ce sens, comme les prêts de politique de développement consentis à la Tunisie par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, de même que les prêts de la Banque mondiale à la Jordanie qui ont servi à soutenir les réformes menées à l’échelon national, tout comme l’assistance technique accordée par des institutions financières régionales et internationales aux pays du Partenariat. Nous allons nous pencher sur la possibilité d’établir un nouveau fonds de transition qui servirait à accorder des subventions et de l’assistance technique ainsi qu’à assurer l’échange de connaissances, en tenant dûment compte des initiatives d’aide bilatérale et multilatérale, afin d’aider les pays à renforcer leurs institutions ainsi qu’à concevoir et à mener des réformes à l’échelon national. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne, l’Arabie saoudite, la France et l’Italie collaboreront avec d’autres partenaires pour faire progresser cette initiative. Nous entendons aussi réaliser des progrès en vue de nous acquitter de nos engagements internationaux en ce qui touche la restitution des avoirs volés.
- La plateforme de coordination mise en place par les institutions financières internationales pour faciliter l’échange de renseignements et le dialogue opérationnel avec les pays du Partenariat, déterminer les possibilités d’opérations conjointes, mener des travaux stratégiques et analytiques, et coordonner la surveillance et la reddition de compte en matière de mise en œuvre, constitue un mécanisme important pour assurer la réussite du Partenariat. Nous sommes conscients du rôle important qu’a rempli la Banque africaine de développement pour appuyer ce processus, et nous prendrons connaissance des prochains rapports d’étape et plans d’action conjoints à ce sujet. Nous souhaitons également une plus grande coordination du soutien bilatéral et du soutien offert par les institutions financières internationales.
- L’intégration économique régionale et mondiale sera un facteur déterminant du développement économique des pays du Partenariat, surtout dans le cas du secteur privé. Nous accueillons favorablement la présentation par la Banque mondiale et la Banque islamique de développement de l’étude du Centre pour l’intégration en Méditerranée au sujet des échanges commerciaux et de l’investissement dans la région; les membres du Partenariat discuteront des recommandations qui y sont formulées, et nous attendons des mesures additionnelles à l’échelon des pays. Nous sommes également heureux de l’établissement du pilier du commerce, de l’investissement et de l’intégration afin de mener à bien les travaux à cet égard, de même que de la déclaration sur l’investissement international ouvert qui a été avalisée par l’ensemble du Partenariat de Deauville avec les pays arabes en transition lors de la réunion inaugurale qui s’est déroulée en Jordanie les 11 et 12 avril 2012. Nous comptons bien que ce pilier contribuera à accroître l’intégration bilatérale et régionale, à stimuler l’investissement, à faire augmenter ainsi qu’à faciliter les échanges commerciaux et à améliorer les capacités et les infrastructures pour soutenir la croissance à long terme et la stabilité dans la région, ce qui jettera les assises d’une prospérité partagée. Nous nous réjouissons que les pays du Partenariat adhèrent aux principes de l’OCDE en matière d’investissement, et nous les encourageons à renforcer leurs cadres d’investissement.
- Nous allons prendre des mesures pour donner suite à ces engagements, et nous prendrons connaissance plus tard durant l’année d’un rapport d’étape qui fera état des résultats tangibles obtenus. Le Partenariat demeure ouvert à l’adhésion de nouveaux pays en transition de la région en temps et lieu.
[1] Les pays participant actuellement au Partenariat sont les cinq pays du Partenariat (Égypte, Tunisie, Jordanie, Maroc et Libye), les pays membres du G-8, l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Koweït, le Qatar et la Turquie. Les institutions financières internationales participantes sont la Banque africaine de développement, le Fonds arabe de développement économique et social, le Fonds monétaire arabe, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque européenne d’investissement, la Banque islamique de développement, la Société financière internationale, le Fonds monétaire international, le Fonds de l’OPEP pour le développement international et la Banque mondiale. L’Organisation de coopération et de développement économiques compte également parmi les membres du Partenariat.