Le 8 novembre 2011
Calgary

Archivé - Allocution de l’honorable Jim Flaherty, ministre des Finances, devant les membres de la Chambre de commerce de Calgary

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LE TEXTE PRONONCÉ FAIT FOI

Je vous remercie sincèrement de cette occasion qui m’est donnée de prendre la parole devant vous aujourd’hui.

Je suis très heureux d’être à Calgary cet après-midi, surtout quand je repense à tout ce qui s’est passé là où j’étais récemment.

Il y a quelques jours, j’ai retrouvé le premier ministre Harper au Sommet du G-20 à Cannes où les dirigeants ont discuté en profondeur des perspectives inquiétantes de l’économie mondiale et des mesures qui doivent être prises pour surmonter ces problèmes.

L’une des principales mesures mentionnées dans le communiqué du G-20 est le Plan d’action de Cannes pour la croissance et l’emploi. Dirigé par le Canada et coprésidé par l’Inde, il s’agit d’un vaste plan directeur. À notre avis, une fois mis en œuvre, ce plan comblera les lacunes à court terme et renforcera les assises de la croissance à long terme.

Même si nous devons tous reconnaître que les perspectives de l’économie mondiale demeurent fragiles, le premier ministre et moi nous nous attendons vraiment à ce que les dirigeants européens transforment ce plan en mesures concrètes et prennent t les mesures qui s’imposent afin de dénouer une crise qui n’est toujours pas résolue.

Ce sommet, dont les enjeux étaient de taille, n’est que le plus récent parmi toute une série de rencontres internationales urgentes.

Au cours des mois qui ont précédé le Sommet, les ministres des Finances du G-20 se sont réunis à deux reprises. Ces rencontres s’ajoutaient aux assises du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale alors que les pays ont lutté côte à côte pour éviter que certains éléments de l’économie mondiale qui menaçaient de cesser de fonctionner ne tombent.

Le Canada a joué un rôle de premier plan dans toutes ces rencontres.

Après tout, ces efforts étaient déterminants pour l’avenir économique de notre pays, et ils s’appuyaient sur les mesures d’envergure prises par le gouvernement afin que notre économie demeure sûre et résiliente.

En dépit de toute cette incertitude, je vous présenterai aujourd’hui le bilan d’une économie canadienne qui a surpassé ses principaux concurrents, et d’un gouvernement qui n’hésitera pas à faire les choix difficiles que nous réserve l’avenir pour protéger la sécurité financière des Canadiennes et des Canadiens.

Comme vous le verrez, nous avons agi alors qu’une crise mondiale mettait en péril notre économie vigoureuse et, grâce aux mesures que j’annonce aujourd’hui, nous continuerons de faire de la protection des emplois et de l’économie du Canada notre grande priorité.

omie mondiale et de l’impact qu’ils pourraient avoir sur le Canada.

Je tiens à être clair : nous ne nous enfermerons pas dans un carcan idéologique lorsqu’il faudra prendre des décisions pour conserver la vigueur de notre économie et protéger les Canadiens, leur sécurité financière et leurs emplois.

Nous avons réagi à des situations critiques avec souplesse et pragmatisme, et nous continuerons de le faire dans la mesure où la situation l’exigera.

Une performance de haut calibre

Comme l’indique la Mise à jour de cet automne, face à une situation internationale volatile, le Canada a mieux surmonté la récession mondiale que la plupart des autres pays.

En fait, le Canada est le seul pays du Groupe des Sept (G-7) à avoir recouvré plus de la totalité de la production et des emplois perdus pendant la récession mondiale.

Le FMI et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoient tous deux que nous serons parmi les pays du G-7 dont la croissance économique sera la plus forte au cours des prochaines années.

Il ne s’agit pas là de simples statistiques. Au-delà des chiffres, il y a une économie dont la résilience a directement profité à des centaines de milliers de ménages d’un bout à l’autre du pays.

Même si la baisse de régime de l’économie mondiale a récemment commencé à peser sur l’emploi au Canada, il faut souligner que près de 600 000 Canadiens de plus qu’à la fin de la récession travaillent à l’heure actuelle, ce qui représente de loin la plus forte croissance de l’emploi à l’échelle du G-7.

Et ce sont des emplois qui valent la peine d’être conservés : près de 9 emplois sur 10 créés depuis juillet 2009 sont à temps plein et dans des secteurs à rémunération relativement élevée, et les trois quarts ont été créés dans le secteur privé.

Tout en reconnaissant qu’il y a encore trop de Canadiens à la recherche d’un emploi, le Canada s’en tire relativement mieux lorsqu’on tient compte des difficultés qu’éprouvent d’autres pays.

Néanmoins, le gouvernement demeurera prêt à intervenir au besoin de manière souple et mesurée afin de soutenir l’emploi et la croissance.

L’avantage du Canada

Cette résilience n’est pas le fruit du hasard. Notre pays disposait, au début de la crise, d’un certain nombre d’avantages qui nous ont nettement aidés à en surmonter les effets.

Premièrement, le gouvernement avait réduit la dette de façon substantielle avant que la tempête n’assombrisse l’horizon.

Parce que nos finances publiques étaient en ordre avant la crise, nous avons pu faire en sorte que le ratio de notre dette nette au produit intérieur brut demeure nettement inférieur à celui des autres pays du G-7 alors que d’autres nations ajoutaient massivement à la dette qu’elles avaient déjà.

Le Canada a également profité d’un régime flexible de ciblage de l’inflation qui a été le complément d’une politique budgétaire prudente et qui a permis de stabiliser l’économie canadienne et d’accroître la confiance dans cette dernière.

Comme le FMI l’a récemment indiqué, cette approche a bien servi le Canada. C’est pourquoi le gouvernement et la Banque du Canada ont convenu de la renouveler pour cinq ans.

En outre, comme mes homologues partout dans le monde le reconnaissent de plus en plus, le système financier canadien a été un modèle de stabilité et de prudence.

C’est ainsi qu’aucune banque canadienne n’a eu besoin d’être renflouée ni n’a fait faillite alors qu’ailleurs les institutions financières tombaient  les unes après les autres il y a quelques années.

Qui plus est, en 2007 – avant que le Canada ne soit frappé de plein fouet par la récession mondiale –, le gouvernement a lancé un ambitieux plan de réduction des impôts pour faire du Canada un pays qui applique un faible taux d’imposition aux sociétés.

La dernière étape de ce processus sera franchie dans moins de deux mois, lorsque le taux d’imposition fédéral des entreprises sera réduit de 1,5 point de pourcentage supplémentaire pour s’établir à 15 %; la majeure partie des entreprises du Canada seront alors imposées au taux de 25 % quand le dernier volet de la réduction de l’impôt des entreprises en Ontario prendra effet le 1er juillet 2013.

À l’heure actuelle, le taux global d’imposition des nouveaux investissements des entreprises est plus bas au Canada que dans tous les autres pays du G-7, et il est inférieur à la moyenne des pays membres de l’OCDE.

Cet engagement vise à faire du Canada une destination de choix pour l’investissement et l’emploi grâce à des taux d’imposition concurrentiels.

Il vise à créer des emplois qui répondent aux besoins des familles canadiennes.

Notre engagement attire l’attention et donne des résultats. C’est l’une des raisons pour lesquelles la revue Forbes a récemment classé le Canada au premier rang des meilleurs pays où faire des affaires.

En plus de réduire les impôts des sociétés, le gouvernement a instauré des mesures dont les particuliers bénéficient directement.

Nous avons respecté notre engagement de réduire de deux points de pourcentage le taux de la taxe sur les produits et services, et nous avons réduit l’impôt sur le revenu des particuliers.

Au total, en 2008-2009 et au cours des cinq exercices suivants, le gouvernement aura allégé de quelque 220 milliards de dollars le fardeau fiscal des particuliers, des familles et des entreprises.

C’est pour toutes ces raisons que le Forum économique mondial a qualifié le système bancaire canadien de meilleur au monde quatre années de suite.

C’est pour cela que Moody’s, Fitch et Standard & Poor’s ont toutes trois renouvelé la cote de crédit AAA du Canada, en utilisant des mots tels que « supérieur », « résilience » et « prudence » pour expliquer leur décision.

C’est pour cela qu’en dépit de la volatilité sans précédent des marchés, toutes les émissions d’obligations du gouvernement du Canada ont été sursouscrites et ont connu un franc succès.

C’est également pourquoi, selon deux études internationales menées en prévision du Sommet des jeunes entrepreneurs du G-20 tenu la semaine dernière, le Canada est l’un des pays les plus accueillants du G-20 pour les propriétaires de petites entreprises, qu’il inspire confiance aux gens d’affaires et qu’il est un paradis pour qui veut lancer une entreprise.

Le chemin à parcourir

Même si nous apprécions évidemment cette reconnaissance de la part de la communauté internationale, je dois insister sur le fait que les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont loin d’être réglés.

Les économistes du secteur privé que j’ai rencontrés récemment ont fait écho à ces préoccupations.

Même s’ils ont convenu que la moyenne de leurs prévisions constituait un fondement raisonnable à des fins de planification financière, ils ont tous insisté sur le fait que la crise de la dette souveraine et du secteur bancaire en Europe menaçait sérieusement les perspectives de l’économie mondiale et, forcément, celles de l’économie canadienne.

Je suis de leur avis.

Dans la mise à jour qui est dévoilée aujourd’hui, le gouvernement augmente donc l’ajustement en fonction du risque afin de tenir compte de préoccupations accrues à court terme et, aux fins de planification, prévoir le coussin de sécurité requis par ce climat économique encore incertain alors que nous préparons le budget fédéral de 2012.

Afin d’aider encore plus les travailleurs et les employés à relever les défis posés par une économie encore fragile et afin d’appuyer l’emploi et la croissance, le gouvernement annonce aujourd’hui qu’il réduira de 10 cents à 5 cents l’augmentation maximale potentielle des cotisations d’assurance-emploi par tranche de 100 $ de rémunération assurable l’an prochain, soit le même taux d’augmentation qu’en 2011.

Cette mesure représente une économie de plus de 600 millions de dollars pour les travailleurs et les entreprises du Canada en 2012. Notre économie ne s’en portera que mieux.

De plus, le gouvernement prolongera temporairement la bonification du Programme de travail partagé, qui a aidé à stabiliser le marché canadien du travail au cours des trois dernières années et a ainsi donné un coup de pouce à plus de 290 000 Canadiens.

Le budget de 2011 a temporairement prolongé, jusqu’à un maximum de 16 semaines, les accords de travail partagé en vigueur, récemment venus à échéance ou nouveaux; 15 000 Canadiens bénéficient de ce programme à l’heure actuelle.

Afin d’appuyer une reprise soutenue pour les entreprises et les travailleurs canadiens, notre gouvernement accordera jusqu’en octobre 2012 une prolongation additionnelle d’un maximum de 16 semaines des accords de travail partagé en vigueur, récemment venus à échéance ou nouveaux.

Enfin, la réalisation des priorités du gouvernement dans d’autres domaines aura des retombées qui ne pourront qu’enrichir l’économie canadienne et se traduire par davantage d’emplois pour les Canadiens.

À titre d’exemple, la reconstruction des flottes de la Marine royale du Canada et de la Garde côtière canadienne créera de bons emplois à long terme et procurera des avantages économiques importants dans le secteur de la construction navale et les industries connexes à l’échelle du Canada.

Il en va de même du partenariat établi entre le Canada et les États-Unis afin de rendre notre frontière commune plus sûre et plus efficace pour les voyageurs et les marchandises qui la franchissent chaque jour.

Le gouvernement du Canada entend moderniser les postes frontaliers prioritaires d’un bout à l’autre du pays et en accroître la capacité.

C’est là une bonne nouvelle pour les citoyens et les entreprises du Canada qui profiteront directement d’une frontière plus efficace qui rendra nos deux pays plus prospères.

Étant donné le malaise que connaît aujourd’hui la situation économique mondiale, nous devrons garder deux choses à l’esprit en préparant le budget de 2012.

Premièrement, le Canada n’est pas à l’origine des principales menaces qui pèsent sur son économie.

Les risques pour l’avenir économique de notre pays n’ont pas pris naissance à l’intérieur de nos frontières. C’est pourquoi le leadership international dont le Canada a fait preuve dès l’amorce de la crise a été déterminant pour lutter contre le ressac que représentait l’incertitude mondiale.

Deuxièmement, tant que ces problèmes d’envergure mondiale ne seront pas réglés, notre pays ne pourra conserver ses avantages qu’en continuant de faire preuve des qualités auxquelles nous devons notre résilience : la responsabilité, la discipline et la détermination.

Suivez l’exemple de ceux qui invitent à trahir ces principes, et vous verrez comment la réussite peut fondre comme neige au soleil.

Les particuliers ne deviennent pas soudainement prospères, et les pays non plus. Ils établissent un plan et ils le suivent, afin d’être pleinement capables d’exploiter les possibilités lorsque surviennent les difficultés au lieu d’être tout simplement dépassés par ces dernières.

Un coup de pouce provisoire, et non un fardeau à long terme

Évidemment, cela ne signifie pas que le gouvernement croit qu’il faille suivre une approche des plus inflexibles quelles que soient les circonstances.

Par exemple, nous avons réagi à une crise mondiale sans précédent en lançant une initiative exceptionnelle : le Plan d’action économique. Il s’agissait du budget fédéral le plus hâtif de toute l’histoire du Canada.

Le fait que l’économie canadienne se soit aussi bien remise du ralentissement mondial témoigne du coup de pouce que ce plan a donné.

Ce plan a protégé les emplois et alimenté la croissance économique. Ce plan a fonctionné.

Or, l’une des raisons pour lesquelles il a fonctionné est qu’il était conçu pour assurer un soutien provisoire, et non pas pour être un fardeau pour les générations futures.

La démarche du gouvernement n’est pas tellement différente de la façon dont les ménages de partout au pays gèrent le budget familial.

Si votre sous-sol est inondé, vous ne perdez pas des heures à vous demander si vous devez régler le problème. Vous corrigez le problème en étant conscient de la pleine valeur de la dépense supplémentaire engagée.

En revanche, votre réaction ne consistera pas à faire agrandir votre maison et à doubler l’argent de poche des enfants.

En ce sens, le gouvernement a veillé à ce que le Plan d’action économique règle un problème urgent sans toutefois le prolonger indéfiniment.

C’est pourquoi nous continuerons de mettre en œuvre la prochaine phase du Plan d’action économique du Canada, qui englobe un certain nombre de mesures visant à consolider la reprise de notre économie.

Ensemble, ces mesures préserveront l’avantage du Canada au sein de l’économie mondiale, elles renforceront la sécurité financière des travailleurs, des aînés et des familles du Canada, et procureront de la stabilité en cette période de reprise incertaine de l’économie mondiale.

Au nombre de ces mesures, citons un crédit temporaire à l’embauche pour les petites entreprises, la prolongation, pour deux ans, du taux provisoire de la déduction pour amortissement accéléré à l’égard des investissements dans les machines et le matériel de fabrication et de transformation, la bonification du Supplément de revenu garanti pour les aînés à faible revenu, et la prolongation du programme écoÉNERGIE Rénovation – Maisons, qui contribue à rendre les maisons plus éconergétiques et à alléger le fardeau des coûts d’énergie élevés.

Grâce à l’appui que les électeurs canadiens nous ont accordé en mai dernier, cette prochaine phase demeure sur la bonne voie – tout comme la démarche économique du gouvernement.

En route vers l’équilibre

Cependant, la phase en cours comporte un objectif clair et nécessaire dont la concrétisation est essentielle – le rétablissement de l’équilibre budgétaire à moyen terme – et une stratégie réalisable qui nous aidera à y parvenir.

Les projections fiscales qui sont exposées dans la présente mise à jour montrent que le gouvernement est toujours sur la bonne voie pour supprimer le déficit fédéral à moyen terme.

Ces projections s’appuient sur la moyenne des prévisions du secteur privé, comme c’est le cas depuis plus d’une décennie, et elles englobent un ajustement substantiel en fonction du risque étant donné l’incertitude considérable qui caractérise les perspectives économiques.

Parallèlement, nous poursuivons l’exécution du plan d’action de réduction du déficit afin de réduire d’au moins 5 % les dépenses de programmes à l’étude.

Ces économies aideront à garantir le retour à l’équilibre budgétaire à moyen terme.

L’examen des dépenses vise à rendre les opérations gouvernementales et les programmes plus efficients et efficaces afin d’éliminer le gaspillage et d’assurer l’utilisation judicieuse de l’argent des contribuables.

C’est d’ailleurs ce que font systématiquement les familles et les entreprises canadiennes dans la gestion de leur budget, surtout en période économique difficile.

Je tiens à vous rappeler que cet examen porte sur les dépenses de fonctionnement et de programmes.

L’examen ne visera pas à augmenter les impôts, à réduire les transferts destinés aux aînés, aux enfants ou aux chômeurs ou encore à abaisser les transferts à d’autres administrations qui appuient les soins de santé, les services sociaux ou d’autres priorités de la population canadienne.

Une approche déterminée et réaliste

En maintenant le cap sur notre objectif d’éliminer le déficit à moyen terme et de dégager des économies au titre des opérations du gouvernement, nous respecterons l’engagement que nous avons pris à l’endroit des Canadiens tout en insistant sur ce qui importe vraiment : l’emploi et la croissance économique.

Tous ne procéderaient pas de cette façon.

Certains nous pressent de sabrer systématiquement dans les dépenses sans tenir compte des conséquences pour les services que nous fournissons aux Canadiens.

D’autres, au contraire, réclament de nouvelles dépenses qui se chiffrent en milliards de dollars et qui se traduiraient en déficits avec lesquels nos enfants et nos petits-enfants devraient composer pendant des années ou qui amèneraient des impôts plus élevés qui étouffent l’emploi et la croissance.

Nous rejetons ces deux visions extrêmes. Nous nous en tiendrons à notre approche équilibrée.

Il s’agit d’une approche qui protège notre économie, qui protège les emplois des Canadiens, et qui protège les services que nous dispensons à nos citoyens.

Mais cette approche permet aussi de contrôler les dépenses afin que nous puissions éliminer le déficit à moyen terme afin de conserver l’avantage économique du Canada, maintenant et pendant des générations.

Il convient toutefois de répéter pourquoi au juste nous tenons autant à exercer une gestion financière prudente.

Les budgets équilibrés ne sont pas importants en soi; ils le sont à cause de ce qu’ils rendent possible et de ce qu’ils permettent d’éviter.

Pour en revenir au parallèle que j’ai fait avec le budget des ménages, pour les familles canadiennes, le fait d’accélérer le remboursement de leur prêt hypothécaire ne devrait pas avoir pour seul effet de fournir une autre raison de se vanter lors d’une soirée entre amis.

Le véritable avantage réside dans le fait qu’on aura alors plus d’argent pour payer les études de nos enfants, ou pour aider à assurer l’avenir de nos petits-enfants, ou pour remercier nos parents pour les sacrifices de toute une vie en leur offrant des vacances en famille.

Les raisons qui motivent les gouvernements ne sont pas tellement différentes même si les récompenses proprement dites ne sont pas tout à fait les mêmes.

Le fait de réduire la dette permet d’utiliser autrement l’argent des contribuables qui serait englouti dans les frais d’intérêt. Cet argent peut être réinvesti dans ce qui importe aux yeux des Canadiens, c’est-à-dire les soins de santé, les services publics et les réductions d’impôt.

Cette façon de faire maintient les taux d’intérêt bas, ce qui encourage les entreprises à créer des emplois et à investir dans l’avenir.

Elle assure la viabilité à long terme des services publics.

Elle accroît la capacité du pays de réagir aux chocs économiques comme la récente crise financière mondiale et de relever des défis comme le vieillissement de la population.

Elle préserve aussi les gains issus du plan du Canada axé sur des impôts bas, favorisant la croissance à long terme qui continuera de créer des emplois à rémunération élevée pour les Canadiens.

C’est pourquoi nous tenons tant à respecter notre engagement à rétablir l’équilibre budgétaire, et c’est aussi pourquoi l’angoisse à propos de l’économie mondiale ne nous détournera pas de notre but ultime.

Cela dit, je tiens à être clair : le gouvernement est bien au fait des perturbations qui secouent l’économie mondiale à l’heure actuelle.

Nous comprenons que nous devons être prêts à faire preuve de souplesse et de pragmatisme lorsque la situation l’exige.

Si le gouvernement n’avait pas eu cette approche, il n’aurait jamais pu réagir avec succès du premier coup à une récession mondiale sans précédent.

Nous continuerons de suivre de près les conditions sans cesse changeantes de l’économie mondiale.

Et si la situation devait nous obliger à prendre d’autres mesures pour soutenir la croissance et l’emploi au Canada, nous avons la souplesse nécessaire pour réagir à la nouvelle réalité économique.

Les mesures visant à protéger les emplois et l’économie qui sont annoncées dans la Mise à jour des projections économiques et financières d’aujourd’hui sont autant d’exemples éloquents de cette approche concrète.

Conclusion

Ce sont des mesures comme celles-là, ainsi que la capacité de disposer des ressources financières nécessaires à leur mise en œuvre, qui illustrent l’importance d’une approche ciblée et déterminée.

S’il y a un message que j’aimerais vous laisser, c’est que notre pays dispose à l’heure actuelle d’un atout que de très nombreux pays considèrent comme étant précieux et extrêmement rare.

Non, il ne s’agit pas de pétrole.

Je parle ici de stabilité.

La stabilité qui existe uniquement lorsqu’on a un plan qui indique où nous voulons aller, et une stratégie des plus claires qui nous conduira à bon port.

La stabilité qui nous permet de disposer des ressources nécessaires pour affronter une crise sans mettre en péril nos objectifs à long terme.

Comme les récents événements l’ont très clairement montré, si la stabilité est une denrée si rare, c’est que trop peu de pays ont été en mesure d’établir – et de respecter – les conditions nécessaires à sa création.

Ce qui la rend si précieuse, c’est qu’elle peut nous filer entre les doigts si on se laisse distraire par des besoins éphémères.

Les Canadiens ont rendu cette stabilité possible.

Et le gouvernement s’est vu confier la garde de cet avantage national.

Comme l’indique clairement la mise à jour d’aujourd’hui, c’est une responsabilité que nous prenons très au sérieux.

Et dans le contexte international instable d’aujourd’hui, c’est un avantage concurrentiel que nous avons bien l’intention de préserver.