


Le gouvernement
base ses prévisions financières sur la moyenne des prévisions économiques du
secteur privé.
Cette façon de faire a été mise en place en 1994 à la suite d’une révision
indépendante des pratiques de prévision du ministère des Finances. Cette
approche a également été appuyée par l’examen de 2005 des pratiques de prévision
du Ministère, menée par Tim O’Neill.
La raison d’être de l’utilisation de la moyenne du secteur privé est l’apport
d’un élément d’indépendance dans la prévision financière.
Depuis septembre, la situation économique a été très changeante. En conséquence,
le Ministère fait trois enquêtes auprès des prévisionnistes du secteur privé
depuis septembre. L’enquête finale s’est terminée le 14 novembre, moins de deux
semaines avant le dépôt de l’Énoncé économique et financier.

En
juillet 2008, le sondage Blue Chip (une enquête américaine d’environ 50
prévisionnistes du secteur privé) prévoyait une croissance de 1,7 % en 2009 aux
États-Unis. En décembre 2008, le consensus prévoyait une contraction de 1,1 %.
De façon similaire, en juillet 2008, le consensus Blue Chip prévoyait une
croissance de 2,3 % en 2009 au Canada. Les plus récentes prévisions
entrevoyaient une contraction de 0,1 %.
|
Sondage Blue Chip -
Perspectives de
croissance du PIB réel pour 2009
|
||
|
Date des prévisions
|
Canada
|
États-Unis
|
|
Juillet 2008
|
2,3
|
1,7
|
|
Août 2008
|
2,1
|
1,5
|
|
Septembre 2008
|
2,0
|
1,5
|
|
Octobre 2008
|
1,2
|
0,5
|
|
Novembre 2008
|
0,5
|
-0,4
|
|
Décembre 2008
|
-0,1
|
-1,1
|

La méthode
utilisée pour générer les prévisions économiques de l’Énoncé était cohérente
avec les pratiques passées. Cependant, étant donné l’incertitude entourant les
perspectives économiques et l’évaluation du gouvernement selon laquelle les
risques à la baisse pour les perspectives étaient largement prépondérants,
l’Énoncé présentait un éventail de résultats pour les perspectives économiques.
|
Prévisionnistes du
secteur privé
|
|||
|
Banque de Montréal
|
Conference Board du
Canada
|
Banque Laurentienne
|
Banque Royale
|
|
Caisse de dépôt et
placement du Québec
|
Desjardins
|
Merrill Lynch
|
Banque Scotia
|
|
Centre for Spatial
Economics
|
Deutsche Bank of Canada
|
Financière Banque
Nationale
|
Banque TD
|
|
CIBC
|
Global Insight
|
Université de Toronto
|
UBS
|

Avant la prise en
compte de l’incidence des mesures proposées dans l’Énoncé, les projections
financières du gouvernement montraient un budget équilibré en 2008-2009, suivi
de déficits au cours des trois années suivantes.
Afin de permettre une comparaison de différents points de vue concernant la
position financière du gouvernement, l’Énoncé a également présenté les
projections financières de quatre organisations du secteur privé. Ces
organisations ont utilisé leur propres prévisions économiques pour élaborer ces
projections.
Cette année, les projections peuvent également être comparées à celles du
Directeur parlementaire du budget (DPB), qui ont été publiées une semaine plus
tôt.
Pour les trois prochains exercices, deux des organisations du secteur privé, de
même que le Directeur parlementaire du budget, prévoyaient des déficits plus
faibles, fondés sur le statu quo, que le gouvernement. Deux des organisations du
secteur privé projetaient des déficits plus élevés que le gouvernement.
Il faut noter que toutes ces projections étaient en conformité avec les
changements proposés au Programme de péréquation annoncés par le ministre des
Finances lors de la réunion fédérale-provinciale-territoriale des ministres des
Finances du 3 novembre 2008.

L’Énoncé économique et
financier a pris des mesures pour protéger l’excédent budgétaire structurel du
gouvernement. L’Énoncé a aussi proposé des mesures pour renforcer la stabilité
du système financier du Canada en :
L’Énoncé a lancé une discussion sur les options possibles pour stimuler une
économie qui continue de s’affaiblir et pour renforcer les perspectives de
croissance à long terme.

Comme le montre le tableau, en l’absence des mesures annoncées le 3 novembre
visant à placer le Programme de péréquation sur une trajectoire de croissance
viable ainsi que des mesures proposées dans l’Énoncé, le gouvernement aurait
enregistré des déficits au cours de chacune des cinq prochaines années. Cela
aurait menacé la position budgétaire structurelle du gouvernement.
L’Énoncé a donc pris des mesures pour protéger la situation financière du
Canada.

En
tenant compte des mesures proposées, l’Énoncé économique et financier projetait
des budgets équilibrés ou excédentaires au cours des trois prochaines années.
Vu l’existence d’importants risques à la baisse et d’un éventail de prévisions
du secteur privé particulièrement large, l’Énoncé contenait également un
éventail de résultats budgétaires, fondés sur la moyenne des deux prévisions de
PIB nominal les plus élevées et les plus faibles.
L’Énoncé mentionnait qu’« étant donné la volatilité de la situation économique
et le fléchissement rapide des prix des produits de base, on ne peut exclure la
possibilité d’un déficit ».
De plus, il était indiqué dans l’Énoncé que « si les mesures budgétaires
adoptées pour protéger l’économie ou une nouvelle détérioration de la situation
économique devaient se traduire par un déficit, le gouvernement ferait en sorte
que ce déficit soit temporaire ».

Depuis que ces prévisions ont été complétées, c’est-à-dire au cours du dernier
mois, trois événements interreliés se sont produits :

Il y
a un mois, le FMI prévoyait que la croissance mondiale ralentirait à 2,2 % en
2009, bien en deçà du niveau de 3,5 % généralement associé avec une récession
mondiale.
Depuis que le FMI a publié ses prévisions économique en novembre, la situation
économique de plusieurs grandes économies s’est détériorée.
Le 9 décembre, la Banque du Canada a réduit son taux directeur de 75 points de
base en l’établissant à 1,5 %, son plus bas niveau depuis 1958.
En même temps, la Banque du Canada a aussi annoncé que l’économie du Canada
« entre à présent en récession sous l'effet de la faiblesse de l'activité
économique mondiale ».

À
la lumière de ces nouvelles données, on s’attend maintenant à ce que la
contraction de l’économie américaine au quatrième trimestre de 2008 soit plus
importante que prévu à l’époque de l’Énoncé. Les attentes pour le premier
semestre de 2009 ont aussi été revues à la baisse.
Cela se reflète dans les prévisions Blue Chip du 10 décembre, qui prévoient
maintenant que l’économie américaine reculera de 1,1 % en 2009, alors que la
contraction prévue n’était que de 0,4 % il y a un mois à peine.
Bon nombre de ces prévisions tiennent déjà compte de mesures additionnelles de
stimulation financière aux É.-U.

La recul des attentes pour la croissance économique mondiale ont aussi
fait nettement baisser les prix des produits de base au cours du dernier mois.
Nous sommes maintenant aux prises avec la chute des prix des produits de base la
plus forte et la plus rapide de l’histoire.
À l’époque de l’Énoncé, les prix des contrats à terme sur le pétrole montraient
que les cours du pétrole augmenteraient. En fait, les prix ont fortement chuté
depuis l’Énoncé (voir le tableau ci-après).
Le déclin rapide et l’incertitude entourant les prix du pétrole expliquent
largement la volatilité des prévisions du secteur privé à propos du PIB nominal.
|
Prix du brut,
$US/baril
|
||
|
|
Prix des contrats à terme
pour 2009
|
Enquête auprès des
prévisionnistes du secteur privé pour 2009
|
|
Semaine du 14 novembre –
Enquête
|
64,17
|
72,0
|
|
Semaine du 28 novembre –
Énoncé
|
59,32
|
|
|
Semaine du 5 décembre
|
52,68
|
|
|
Semaine du 12 décembre
|
52,87
|
55,7
|

Ce
graphique montre que le ralentissement aux É.-U. s’aggrave de plus en plus.
Le 28 novembre, le National Bureau of Economic Research a indiqué que la
récession aux É.-U. a débuté il y a presque un an, en janvier 2008.
Depuis décembre 2007, 1,9 million d’emplois ont été perdus aux É.-U..
En revanche, l’emploi est demeuré relativement stable au Canada pendant la
majeure partie de 2008. Il a toutefois nettement chuté en novembre. La plupart
des prévisionnistes du secteur privé s’attendent maintenant à ce que le Canada
soit entré en récession en octobre 2008, soit dix mois après les É.-U.

Le
Ministère a mené un enquête auprès des prévisionnistes du secteur privé au cours
de la dernière semaine. En date du 12 décembre, ces derniers s’attendent à ce
que le PIB réel recule de 0,4 % en 2009. Un mois plus tôt, le 14 novembre, la
moyenne des prévisions annonçait une hausse du PIB réel de 0,3%.
En outre, on s’attend à ce que le PIB nominal soit inférieur de près de
20 milliards de dollars au cours de chacune des deux prochaines années.
Cela suggère que les revenus seront moindres que prévu dans l’Énoncé de novembre.
Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent aussi à ce que les taux
d’intérêt et d’inflation soient un peu plus bas qu’en novembre, ce qui pourrait
alternativement abaisser le coût des programmes indexés et les frais de la dette
publique en deçà des prévisions formulées dans l’Énoncé.

Ce
graphique est celui présenté plus tôt; il illustre les scénarios d’évolution du
solde budgétaire présentés dans l’Énoncé économique et financier.
D’après les prévisions à jour du secteur privé, la projection du solde
budgétaire des deux prochaines années se situerait environ à mi-chemin entre le
scénario moyen et le scénario pessimiste présentés dans l’Énoncé.
Le Ministère estime que le PIB nominal pourrait être plus bas que prévu par la
plus récente enquête auprès des prévisionnistes du secteur privé et que le solde
budgétaire correspondant serait plus conforme au scénario pessimiste de l’Énoncé.