Le 8 mai 2009
Hamilton (Ontario)
Je suis heureux d’être ici aujourd’hui. Je veux parler un peu de notre économie – de certains signes encourageants que nous relevons et de certains problèmes auxquels le secteur de l’automobile et d’autres secteurs sont confrontés – et de l’économie mondiale. Je ferai également une annonce en rapport avec les mesures que nous prenons au chapitre du financement du secteur de l’automobile.
Permettez-moi de parler brièvement de notre situation économique. La récession est grave. Nous avons constaté, vers la fin de l’an dernier, que non seulement le Canada mais tous les pays industrialisés étaient en récession. Cette récession a commencé en 2007 par une crise du crédit dans l’économie réelle des pays industrialisés avant de se propager aux économies émergentes; elle touche aussi maintenant les pays les plus pauvres. Nous voilà donc face à une récession mondiale synchronisée.
Les Canadiennes et les Canadiens s’attendent – et je crois que c’est fort raisonnable – à ce que les gouvernements fixent leur attention sur la tâche à accomplir, et ce, dans un esprit de coopération et de collaboration. Chose certaine, c’est ce que nous avons fait avec le gouvernement de l’Ontario. Hier après-midi, j’ai justement discuté avec le premier ministre McGuinty des façons dont nous pouvons travailler ensemble pour atténuer l’impact de la récession sur ceux qui perdent leur emploi. Nous pouvons notamment veiller à ce que le régime d’assurance-emploi fonctionne bien et à ce que les services de recyclage des travailleurs soient en place. Pour cela, il faut non seulement investir des milliards de dollars de plus dans l’assurance-emploi, ce que nous faisons par l’entremise du budget de cette année, mais aussi faire en sorte que nos collèges communautaires et nos autres établissements postsecondaires puissent donner la formation dont les gens auront besoin dans la nouvelle économie. Tout cela se fait en collaboration avec le gouvernement de l’Ontario, ce qui est important.
Il y a aujourd’hui des lueurs d’espoir, mais je n’utiliserai pas des termes plus forts pour décrire la situation. L’économie montre certains signes encourageants. Vous avez probablement vu les chiffres de ce matin, qui indiquent une hausse de l’emploi au Canada par rapport au mois dernier. C’est encourageant. La situation de l’emploi empirait depuis plusieurs mois. Aux États-Unis, l’emploi poursuit sa forte baisse; le taux de chômage y est maintenant d’environ 8,9 %. Au Canada, il est d’environ 8 %. Tout comme lors de la récession du début des années 1980, on peut s’attendre à ce que les pertes d’emploi persistent en 2009. Comme je l’ai dit plus tôt, nous devons atténuer l’impact de ce phénomène.
Nous devons également agir pour stimuler l’économie, ce que nous avons fait par le biais de notre Plan d’action économique.
Nous devons prendre des mesures audacieuses. Il ne s’agit pas d’une situation normale, et les circonstances exigent de l’audace et des mesures exceptionnelles.
Le Canada entreprend cette étape à partir d’une position solide. Il y a de quoi être fier de la situation financière de notre pays. Nous avons effectué des remboursements sur notre dette. Le Canada présente des budgets équilibrés depuis des années, et plus particulièrement depuis trois ans alors que nous avons remboursé presque 40 milliards de dollars sur la dette publique. Le Canada peut donc afficher des déficits lorsque c’est nécessaire pour faire face à une conjoncture difficile comme la contraction actuelle de l’économie. Cela contraste avec la situation des États-Unis et d’autres pays industrialisés, où les gouvernements sont en déficit depuis un certain temps. Lorsque ces pays sont obligés d’accroître leur déficit en période de récession, cela mine leur situation et leur cadre budgétaires. Par contre, la situation du Canada est meilleure.
Nous pouvons aussi compter sur un secteur financier solide. Il s’agit d’un élément important. Cette crise a débuté en 2007 aux États-Unis en raison du problème des prêts hypothécaires à risque. Il n’y a pas eu ce genre de bulle du secteur du logement au Canada, et ce n’est pas un hasard. Le régime fiscal canadien ne permet pas la déduction de l’intérêt sur les paiements hypothécaires, bien que certains remettent cette idée sur la table à l’occasion. C’est l’un des facteurs qui a alimenté la bulle aux États-Unis.
La loi canadienne exige aussi que les hypothèques qui représentent plus de 80 % de la valeur de la propriété financée soient assurées. Cette disposition a pris toute sa valeur au moment où la crise des liquidités a touché les banques canadiennes en octobre dernier, pendant la campagne électorale fédérale, et que j’ai pu annoncer que le gouvernement du Canada achèterait certaines de ces hypothèques par l’entremise de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Les Canadiens assurent déjà ces hypothèques mais, jusqu’ici, nous avons pu injecter près de 56 milliards de dollars de liquidités dans les banques canadiennes en achetant certaines des hypothèques que nous assurons de toutes manières, comme je le disais. Cette option n’était envisageable ni aux États-Unis, ni en Europe. Et on constate que certaines banques ont été nationalisées au Royaume-Uni et qu’on a investi des quantités massives de fonds publics dans certaines banques aux États-Unis, alors qu’il n’y a eu rien de tout cela au Canada.
Lors de sa visite à Ottawa, le 19 février, le président Obama a fait l’éloge du système financier canadien, disant qu’il est un modèle que les États-Unis devraient étudier. J’ai entendu les leaders du Congrès tenir le même discours quand je les ai rencontrés à Washington il y a une dizaine de jours.
Notre situation budgétaire est la plus solide à l’échelle des pays du Groupe des Sept (G7). Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à ce que le Canada soit le pays du G7 dont l’économie se contractera le moins cette année et qu’il connaisse la plus forte expansion l’an prochain. La croissance sera certes modeste, mais tout de même positive.
Nous avons évidemment des défis à relever. Le système financier international ne fonctionne toujours pas bien. À l’occasion de nos rencontres sur la scène internationale, et tout récemment lors du Sommet de Londres des dirigeants et des ministres des Finances, le premier ministre Harper et moi-même avons clairement dit à nos homologues du Groupe des Vingt (G20) qu’ils devaient remettre sur pied les marchés financiers – c’est-à-dire les banques – parce qu’il est impossible pour l’économie réelle de nos pays d’être prospère lorsque les marchés financiers sont boiteux.
C’est ce que l’on constate présentement aux États-Unis. Vous avez entendu parler des essais de tension appliqués à la situation financière des grandes banques américaines, ce qui signifie que le secrétaire américain du Trésor, Timothy Geithner, prend des mesures en conséquence. Je tiens à préciser que nous effectuons couramment des essais de tension portant sur le système bancaire et le système financier du Canada, et que nous sommes satisfaits de la situation de nos banques.
Cela doit aussi se faire au Royaume-Uni et dans certains autres pays d’Europe. L’Allemagne a annoncé la semaine dernière un plan pour s’attaquer aux actifs toxiques, ces mauvaises créances que certaines banques européennes ont de la difficulté à évaluer. Je le souligne parce que s’est important de bien relancer l’économie mondiale pour limiter l’étendue et la profondeur de la récession actuelle.
Qu’avons-nous fait donc? En décembre et en janvier, nous avons mené les plus vastes consultations prébudgétaires de l’histoire moderne du Canada. Nous avons déposé le budget le 27 janvier, le lendemain de la reprise des travaux du Parlement, ce qui en fait le budget le plus hâtif de la période moderne du Canada. Et nous nous sommes attaqués à plusieurs problèmes.
D’abord, celui du financement. L’accès au crédit est l’enjeu qui a été le plus souvent soulevé dans mes consultations d’un bout à l’autre du pays. C’est l’accès au crédit qui permet aux particuliers, aux familles et aux entreprises de toutes tailles d’investir, de créer des emplois et de se développer. C’est pourquoi nous avons mis en place le Cadre de financement exceptionnel, de 200 milliards de dollars, qui vise à améliorer l’accès des ménages et des entreprises du Canada au financement tout en protégeant les contribuables en contrôlant le risque.
L’effet de ce mécanisme se fait déjà sentir. Nous avons lancé le Programme d’achat de prêts hypothécaires assurés, qui injecte pour 56 milliards de dollars de liquidités dans le système. Nous avons demandé à nos sociétés d’État à vocation financière d’assumer des rôles nouveaux et élargis. Il importe que nous puissions compter sur ces sociétés. Nous sommes leur actionnaire. Je parle ici d’Exportation et développement Canada (EDC), de la Banque de développement du Canada (BDC), de la SCHL, et de Financement agricole Canada. J’ai clairement dit aux dirigeants d’EDC, de la BDC et de la SCHL que nous nous attendons à ce que ces sociétés assument davantage de risques en cette période de récession, afin qu’elles puissent aider les entreprises canadiennes viables à surmonter cette période difficile et à en émerger plus fortes que jamais. Nous ne voulons pas que des entreprises canadiennes compétentes cessent leurs activités à cause de la récession si elles présentent un risque de crédit acceptable. J’ai donc demandé aux chefs de la direction des banques à charte de travailler avec EDC et la BDC pour faire en sorte que les entreprises canadiennes viables, quelle que soit leur taille, survivent à cette récession. Les résultats de cette action sont bons. J’ai parlé ce matin au président d’EDC, et je suis au fait de leurs activités.
En juin, je rendrai formellement compte au Parlement et à la population canadienne de nos réalisations au chapitre de l’accès au crédit. Nous avons mis en place le Programme de crédit aux entreprises, la Facilité canadienne d’assurance aux prêteurs et la Facilité canadienne des assureurs-vie. Nous élargissons donc l’accès au crédit en cette période de contraction de l’économie.
Je reçois de sages conseils du président de l’Université McMaster, Peter George, et j’ai mis sur pied le Comité consultatif sur le financement, dont la plupart des 12 membres sont des chefs des finances d’entreprises canadiennes de toutes tailles. Je vais les rencontrer lundi matin au lac Meech pour connaître leurs points de vue à propos des lacunes de nos efforts dans le domaine du financement. Nous voulons être certains de demeurer au fait de la question à mesure que ce dossier progressera.
Passons maintenant au lancement de la Facilité canadienne de crédit garanti (FCCG). C’est une mesure importante pour le secteur de l’automobile. Comme vous le savez, nous avons pu venir en aide à Chrysler avec l’appui du gouvernement de l’Ontario, du gouvernement des États-Unis et de la société Fiat, et nous travaillons maintenant avec General Motors. Au Canada, le financement de prêts aux consommateurs et aux entreprises pour l’achat de véhicules et de matériel faisait cruellement défaut. Cela faisait augmenter les coûts d’emprunt pour certains acheteurs éventuels, et limitait l’accès au crédit pour d’autres. Cette situation doit changer si nous voulons rétablir la confiance et relancer la croissance de notre économie.
Je suis donc heureux d’annoncer aujourd’hui la mise en place de la FCCG. Grâce à cette facilité, le gouvernement achètera à concurrence de 12 milliards de dollars de titres adossés à des prêts et à des baux portant sur des véhicules et du matériel.
Aujourd’hui, la BDC a affecté plus de 10 milliards de dollars à même cette somme à 15 prêteurs canadiens pour les besoins de la tranche d’actifs des grandes entreprises de la FCCG. Celle-ci vise les sociétés de financement d’importants constructeurs canadiens d’automobiles et de matériel et couvre les prêts, les baux et les stocks des concessionnaires.
Je suis également heureux d’annoncer que la BDC a lancé un processus axé sur l’affectation de 1 milliard de dollars à la tranche des titres des petites entreprises de la FCCG. En abaissant la valeur minimale des transactions, notre gouvernement veille à ce que les participants au marché, quelle que soit leur taille, profitent des retombées de ce programme.
Comme nous le faisons dans toutes nos initiatives pour améliorer l’accès au financement, nous utiliserons judicieusement les deniers publics à toutes les étapes. Nous exigerons que les actifs soient notés AAA par deux agences de notation reconnues à l’échelle nationale, et qu’ils soient structurés de manière à résister à la conjoncture actuelle du marché, voire à des conditions plus difficiles.
La FCCG donnera un solide coup de pouce à nos collectivités, et je vous rappelle que le secteur de l’automobile ne regroupe pas que des installations d’assemblage. Beaucoup d’autres gens travaillent dans le secteur de l’automobile et dépendent de sa prospérité. Cette facilité de crédit constituera un progrès important. C’est une mesure avant-gardiste. La somme en jeu est de taille. Nous avons pris le temps de tenir des consultations et de bien faire les choses, et je crois que les deux tranches donneront de bons résultats dans le secteur de l’automobile, celle des grandes entreprises dans un premier temps.
Il y a encore du travail à faire. Le système financier canadien est solide, qu’il s’agisse du secteur bancaire ou de celui des assurances. La situation budgétaire du gouvernement fédéral est saine.
Nous avons évidemment un point faible qui, à vrai dire, place le Canada dans une position gênante à l’échelle internationale; je parle ici de nos 13 organismes de réglementation des valeurs mobilières. Alors, comme je l’ai annoncé dans le budget, nous allons mettre en place un organisme national de réglementation des valeurs mobilières. Ces choses-là prennent du temps, et il est important de persévérer. Je prône cette mesure depuis plus de trois ans à titre de ministre des Finances du Canada. Il faut que cette initiative soit une réussite. Je suis heureux de constater que nous avons maintenant l’appui d’une masse critique de provinces et d’intervenants de l’industrie. Alors nous mettons sur pied le bureau de transition, dont le budget est établi. J’aurai d’autres nouvelles à ce propos d’ici un mois environ.
Il y a aussi le dossier des cartes de crédit qui pose certains problèmes. Dans le cadre du budget de cette année, le Parlement a autorisé le ministre des Finances à réglementer les cartes de crédit. Cette question renvoie en partie à la protection des consommateurs, ce qui est important, et en partie aux connaissances financières de base, c’est-à-dire de veiller à ce que les gens comprennent les renseignements qui leur sont fournis.
Par exemple, nous savons qu’il y a, au Canada, des gens qui pensent qu’il suffit d’acquitter le paiement minimum indiqué sur leur relevé de carte de crédit. En réalité, ce n’est pas une bonne idée car, à ce rythme, on met plus de dix ans à acquitter le solde. Les gens doivent en être conscients. C’est pourquoi, au cours des prochaines semaines, nous allons publier des mesures réglementaires sur la communication des renseignements et d’autres questions liées à l’utilisation des cartes de crédit au Canada.
L’autre volet, comme je l’ai dit, est celui des connaissances financières de base. Nous voulons être certains que les gens comprennent ce qu’est un bilan, ce qu’est l’intérêt composé, et à quoi ressemble un état des revenus et dépenses.
Lors d’une récente conférence sur la question organisée par la Federal Reserve Bank de Chicago, j’ai parlé de ce que nous faisons au Canada, de l’importance de comprendre des notions comme le fardeau d’endettement et les flux de trésorerie. Nous sommes sur le point de constituer un groupe de travail indépendant qui, au cours de la prochaine période d’un an et demi, conseillera le ministre des Finances sur la façon de structurer la transmission des connaissances requises, que ce soit par l’entremise du système scolaire, des établissement postsecondaires ou autrement, pour veiller à ce que la prochaine génération acquière les connaissances financières de base.
Le dossier des régimes de retraite présente aussi certains défis. Les marchés de capitaux se sont nettement ressaisis au cours des sept ou huit dernières semaines, mais leur contraction s’était accompagnée d’une perte de capitalisation de certains régimes de retraite. Cette situation est problématique pour les sociétés en cause qui sont censées combler les déficits et maintenir les niveaux de capitalisation requis. Nous ne voulons pas que des sociétés canadiennes bien établies et viables doivent mettre fin à leurs activités en raison de problèmes liés à leurs régimes de retraite.
C’est pourquoi nous menons des consultations. Nous avons déjà doublé le délai de versement des paiements de solvabilité pour le porter à 10 ans, sous réserve de certaines conditions. Mon secrétaire parlementaire, Ted Menzies, parcourt le pays afin de prendre le pouls des intervenants. J’ai eu des rencontres à Ottawa avec Ted et les représentants de certaines entreprises qui s’inquiètent de la situation de leurs régimes de retraite. Au cœur de la question des régimes de retraite, il y a les gens. Nous devons veiller à prendre les mesures qui s’imposent pour que les sociétés capables de survivre puissent poursuivre leurs activités et protéger leurs régimes de retraite.
Dans le budget, nous nous sommes attaqués en premier lieu au problème de l’accès au crédit. Ensuite, nous avons corrigé la situation de l’assurance-emploi. Troisièmement, nous avons instauré des mesures de stimulation économique. Qui dit stimulation dit dépenses. Il faut des projets prêts à réaliser. Il faut agir dès maintenant, et non dans deux ans, pour aider les gens à trouver du travail et pour mener à bien certains travaux d’infrastructure nécessaires.
Les provinces doivent épauler le gouvernement fédéral à cet égard, et la plupart d’entre elles l’ont fait. L’Ontario a clairement fait sa part dans son budget. C’est très important pour tous les Canadiens de partout au pays. Il faut non seulement s’occuper de l’infrastructure – les ponts, les routes, les immeubles, la réparation des immeubles sur les campus des universités et des collèges –, mais aussi préparer l’avenir. On a donc prévu une somme importante pour l’Inforoute Santé du Canada, qui permettra notamment d’informatiser les dossiers de santé des provinces. Il est essentiel de doter le Canada d’un système de soins de santé intelligent qui fonctionne de façon efficiente et efficace. Nous avons besoin de dossiers électroniques, alors le gouvernement fédéral continue de financer cette initiative et d’étendre l’accès à Internet à large bande partout au pays.
Nous collaborons aussi avec les provinces pour instaurer des allégements fiscaux. Nous allons faire passer le taux de l’impôt fédéral sur le revenu des sociétés de 22,5 % qu’il était au départ à 15 % d’ici 2012. Nous voulions que les provinces ramènent leur propre taux à 10 % d’ici 2012 pour que le taux combiné au Canada soit de 25 %. Nous pourrions alors dire aux sociétés étrangères « venez faire des affaires chez nous; votre taux d’imposition sera de 25 % ». La plupart des provinces ont fait le nécessaire. C’est notamment le cas de l’Ontario, qui a indiqué dans son plus récent budget que son taux de l’impôt des sociétés sera de 10 % d’ici 2013.
Le FMI estime que les mesures de stimulation économique du Canada sont importantes, rapides et bien ciblées. Nous encourageons évidemment les dirigeants et les ministres des Finances des autres pays du G20 à suivre notre exemple, c’est-à-dire à veiller à ce que leurs efforts de stimulation économique soient importants et déployés en temps utile – autrement dit, qu’elles s’appliquent dès maintenant – afin que nous puissions atténuer la durée et l’ampleur de la récession. Nos mesures de stimulation représentent environ 3,2 % de notre produit intérieur brut (PIB), compte tenu de la contribution des provinces. Le Canada est un chef de file du G7 à cet égard.
Nous investissons aussi dans les ponts. Il importe de remettre les ponts fédéraux en état; le tourisme et le commerce en dépendent. À titre d’exemple, mentionnons le pont Blue Water, à Sarnia, le pont Peace, à Fort Erie, et le pont levant de Burlington.
Nous sommes aussi confrontés à la réalité du secteur de l’automobile et du secteur manufacturier. Le secteur manufacturier du Sud de l’Ontario connaît une période difficile. Et alors que nous avions des agences de développement régional dans bien des coins du pays, il n’y en avait pas dans le Sud de l’Ontario. Nous en aurons maintenant une. L’Agence de développement du Sud de l’Ontario disposera de 1 milliard de dollars de financement sur cinq ans.
En terminant, la planification est un élément important. Il faut planifier pour affronter une crise. Il y a eu une crise du crédit d’envergure mondiale. Il y a eu une crise qui a touché l’économie réelle à l’échelle du globe. Et nous n’avons pas été confrontés, de mémoire récente, à une pareille récession planétaire synchronisée. Nous avons donc des défis à relever. Et nous avons un plan pour y parvenir.
Je pense que la plupart d’entre nous étions là au début des années 1980, une période marquée par une importante récession caractérisée par des taux de chômage et d’intérêt élevés. En septembre 1981, le taux préférentiel était de 22,5 %. Il y a eu une autre récession au début des années 1990. Mais je tiens à vous dire que nous ne sommes pas faibles. Nous sommes des Canadiens. Nous sommes bien préparés. Nous sommes en bonne santé financière. Notre système financier est solide. Nous avons un plan. Nous exécutons ce plan, et nous les Canadiens émergerons de cette récession plus forts que jamais.
Je vous remercie de votre invitation.