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6 février 2009

Archivé - Discours de l'honorable Jim Flaherty, ministre des Finances, prononcé à la conférence annuelle de l'Osgoode Hall Law School and Schulich School of Business LLB/MBA Students' Association

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Toronto (Ontario)

Je suis heureux d'être ici aujourd'hui. Il s'agit aussi d'une journée spéciale pour les membres du gouvernement. En effet, c'est le 6 février, il y a trois ans, qu'a eu lieu l'assermentation du gouvernement actuel et que je suis devenu le 38e ministre des Finances du Canada. Chose certaine, je n'aurais pu prédire alors tout ce qui allait se passer par la suite : quatre budgets, une autre élection, une série d'énoncés économiques, des réductions d'impôt de toutes sortes, une diminution de la taxe sur les produits et services (TPS), la création du compte d'épargne libre d'impôt en vigueur à compter du 1er janvier de cette année, le fractionnement du revenu de pension, le crédit d'impôt pour enfants, la Prestation universelle pour la garde d'enfants. Nous avons aussi réalisé plusieurs autres choses, dont le régime enregistré d'épargne-invalidité, lui aussi en vigueur depuis le 1er janvier de cette année, qui vise à aider les parents et les familles à assurer la sécurité économique des enfants handicapés qui arrivent à l'âge adulte. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les trois dernières années ont été fort occupées à Ottawa.

Je suis également très heureux du fait que le budget de cette année a franchi l'étape de la deuxième lecture à la Chambre des communes et qu'il a été approuvé en principe. Il s'agit d'un grand pas en avant en cette période de difficultés économiques à l'échelle mondiale.

C'est une joie pour moi de me retrouver dans mon alma mater, l'Osgoode Hall Law School. J'ai été enthousiasmé lorsque j'ai entendu parler de la création du centre Hennick. Il s'agit du premier centre au Canada ayant pour mission de promouvoir et de développer la recherche et l'enseignement mixtes en affaires et en droit. Il a pu voir le jour grâce au don généreux de 3 millions de dollars de Jay et Barbara Hennick, ainsi qu'aux efforts combinés de l'Osgoode Hall Law School et de la Schulich School of Business. Selon ce que j'ai cru comprendre, le Centre for Business and Law est la réponse à la question posée par le fils de Jay et Barbara : « De quoi a-t-on besoin pour réussir en affaires de nos jours? » L'événement auquel nous assistons aujourd'hui est un parfait exemple de leur détermination à ne jamais laisser une bonne question sans réponse.

Dans ce centre, les Canadiennes et les Canadiens auront la possibilité de suivre un programme de LLB/MBA élargi. Je crois comprendre qu'on planifie également la création de programmes universitaires combinant une formation en affaires et en droit ainsi que d'un nouveau certificat en affaires pour les professionnels actifs. Donc, au nom des Canadiens et du gouvernement du Canada, je félicite toutes les personnes qui ont contribué à la mise sur pied de ce nouveau centre. Vous pouvez être fiers de ce que vous avez accompli.

Lorsque j'ai vu en quoi consistait l'établissement, je me suis rendu compte que j'aurais vraiment aimé pouvoir fréquenter un centre de ce genre quand j'ai fait mes études en droit à l'Osgoode Hall Law School. Le premier ministre Harris a toujours eu les avocats en haute estime. Je suis bien placé pour le savoir, car nous étions de nombreux avocats à siéger à son Cabinet, à l'époque. Quand je regarde la composition du Cabinet actuel du gouvernement du Canada, je constate que le ministre des Finances est un avocat, tout comme le président du Conseil du Trésor, Vic Toews, du Manitoba, qui est responsable de l'autre ministère fédéral où il se brasse beaucoup d'argent et qui a pratiqué le droit durant de nombreuses années. Le ministre de l'Industrie, Tony Clement, est un avocat originaire de l'Ontario, tandis que le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, est un avocat de Calgary. Cela montre l'importance de ce type de formation. Et je suis convaincu que tous mes collègues qui siègent au Cabinet fédéral et qui sont avocats de formation seraient d'accord pour dire que l'acquisition de connaissances en affaires, parallèlement à nos études en droit, nous aurait été très profitable.

Je suis aussi particulièrement ravi d'apprendre que le centre Hennick sera l'hôte d'une assemblée internationale de haut niveau au nom du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies chargé de la question des droits de l'homme et des sociétés transnationales et autres entreprises. Voilà un excellent exemple de la façon dont le Canada assume sa position de chef de file mondial. Je reviendrai sur cette question dans un moment, lorsque je parlerai du Groupe des Sept (G7), du Groupe des Vingt (G20) et des questions économiques qui s'y rattachent.

Le don de plusieurs millions de dollars qui a permis d'établir ce centre représente un cadeau exceptionnel, surtout en cette période de difficultés économiques hors de l'ordinaire. Les exigences auxquelles les gens d'affaires et les juristes doivent satisfaire de nos jours ne correspondent plus à certaines des idées reçues concernant ces professionnels. Et la période exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvons nécessite de nouvelles approches, de la créativité et la détermination voulue pour réagir à des événements sans précédent à l'aide de mesures inédites.

Je dispose d'une certaine expérience en la matière, puisque j'ai récemment déposé le quatrième budget du gouvernement, après avoir consulté de façon approfondie la population canadienne durant sept semaines, au moyen notamment du Conseil consultatif sur l'économie, de réunions publiques et de rencontres avec des représentants du monde des affaires, et aussi en écoutant ce qu'avaient à dire les Canadiens, où qu'ils se trouvent au pays. Tout cela a inspiré notre plan d'action économique, qui a été élaboré en fonction des temps exceptionnels que nous vivons.

Nous nous trouvons aujourd'hui au cœur d'une récession généralisée à l'échelle mondiale. Nous sommes également aux prises avec la plus grave crise des marchés financiers qu'on ait connue depuis les années 1930. À de nombreux égards, les Canadiens peuvent se compter chanceux. En effet, le Canada est relativement favorisé. Nous sommes l'un des derniers pays du G7 à entrer en récession, et le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que, de tous les pays du G7, c'est le Canada qui affichera la plus forte croissance l'an prochain.

Notre situation financière est solide, et cela revêt une grande importance. Ces trois dernières années, nous avons retranché environ 38 milliards de dollars de la dette. Nous n'avons pas créé de nouveaux programmes de dépenses avec cet argent. Nous avons réduit la dette, et cela nous a placés dans une situation favorable en nous donnant la marge de manœuvre requise pour réagir à la crise financière. Ainsi, nous sommes en mesure de modifier l'impact de la récession sur le Canada et les Canadiens.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et d'autres pays d'Europe doivent relever des défis beaucoup plus exigeants. Ils sont entrés en récession après avoir accumulé de lourds déficits pendant des années. Ce n'est pas au Canada que la crise mondiale a éclaté, mais nous savons que des problèmes venant de l'étranger peuvent faire du mal dans notre pays si nous n'agissons pas.

Dans le cadre de notre budget de cette année, le Plan d'action économique, nous avons pris les mesures qui s'imposaient pour assurer la bonne marche de notre économie et protéger les Canadiens durant la période exceptionnelle que nous vivons. À l'instar d'autres pays industrialisés, nous avons délibérément choisi de créer des déficits à court terme et d'investir dans des mesures visant à stimuler notre économie. Nous avons fait cela conformément à l'accord que les dirigeants du G20 ont conclu à Washington en novembre lorsqu'ils se sont réunis, en compagnie de leurs ministres des Finances, afin de discuter de la nécessité pour chacun d'eux de prendre certaines mesures de stimulation. Ces mesures s'appuient les unes sur les autres, d'un pays à l'autre, parce que nous sommes à la fois des exportateurs et des importateurs. Et j'ai été heureux, lorsque j'ai participé aux discussions du Forum économique mondial à Davos la fin de semaine dernière, de voir que la plupart des pays avaient emprunté cette voie, conformément à l'accord que nous avions conclu aux réunions du G20.

Notre plan d'action économique prévoit des mesures de stimulation qui, avec la collaboration de nos partenaires provinciaux et territoriaux, représenteront environ 1,9 % du PIB cette année, et à peu près 1,4 % du PIB l'an prochain. C'est bien plus que 3 % du PIB sur une période de deux ans, soit l'engagement que le Canada avait pris en tant que partenaire du G20. Hier, un journaliste m'a demandé si je pouvais compter sur la participation des provinces et des territoires à ces mesures. La réponse est oui. Nous avons rencontré les ministres des Finances des provinces en novembre, puis une autre fois à Saskatoon. En fait, nous avons convenu par écrit de collaborer tous ensemble pour prendre les mesures de stimulation dont l'économie canadienne a besoin, et les premiers ministres ont fait de même lorsqu'ils se sont réunis à Ottawa, à la mi-janvier.

Les mesures de stimulation annoncées dans le budget sont ciblées et temporaires, et elles doivent être rapides. Il faut qu'elles agissent sur l'économie dès maintenant. Je suis certain que beaucoup d'entre vous sont au courant des statistiques concernant le chômage pour le mois dernier. Le fait qu'une personne perde son emploi est toujours regrettable, mais nous devons nous attendre à subir d'importantes pertes d'emploi au Canada cette année. Cela nous motive encore davantage à prendre des mesures sans délai et à collaborer avec l'opposition officielle en vue de faire adopter le projet de loi budgétaire le plus tôt possible, afin que les fonds visant à aider les Canadiens soient débloqués rapidement.

En même temps, dans le budget, nous avons respecté le plan économique à long terme pour le Canada que nous avions publié en 2006, Avantage Canada, afin de nous assurer que nos investissements auront des effets durables. Par exemple, nous continuons d'investir dans la Fondation canadienne pour l'innovation ainsi que dans les universités et les collèges du Canada, y compris leur infrastructure.

Nous avons concentré les mesures de stimulation sur l'année en cours et l'année prochaine, la règle étant que les montants qui ne seront pas utilisés seront perdus. Ces fonds ne seront pas reportés au-delà des deux prochaines années. Comme je l'ai mentionné, cela remplit l'engagement que nous avons pris auprès du G20. Il importe que ces initiatives ne soient pas reportées sur d'autres années, afin d'éviter des déficits permanents et à long terme. C'est de cette façon que certains gouvernements canadiens se sont placés dans des situations difficiles, tant au niveau provincial qu'au niveau fédéral. En particulier, dans les années 1970 et 1980, le gouvernement fédéral n'a cessé de créer de nouveaux programmes qui revenaient tous les ans et d'accumuler des déficits. Nous avons évité cela. Notre budget prévoit des allégements fiscaux permanents pour les contribuables à revenu faible et moyen. Cependant, la vaste majorité des investissements sont temporaires et ne s'appliquent qu'à l'exercice en cours et au suivant.

Je dirai simplement que le Plan d'action économique du Canada a été conçu en fonction des sombres prévisions économiques qu'on entend aujourd'hui.

Nous avons annoncé des investissements clés dans l'infrastructure, l'acquisition de connaissances et de compétences, le logement et l'environnement. Nous avons également tenu compte du fait que les sources de la crise se rattachent davantage aux marchés financiers qu'à des questions économiques. À l'échelle mondiale, certains marchés fonctionnent à peine, lorsqu'ils y parviennent. On constate partout dans le monde des problèmes majeurs concernant l'accès au crédit, aux capitaux et au financement.

Pour réagir à cette situation, nous avons créé dans le plan budgétaire, c'est-à-dire dans le Plan d'action économique, un Cadre de financement exceptionnel pouvant atteindre 200 milliards de dollars. Nous ferons appel à nos sociétés d'État à vocation financière – Exportation et développement Canada, la Banque de développement du Canada, Financement agricole Canada et la Société canadienne d'hypothèques et de logement – pour veiller à ce qu'il y ait un accès suffisant aux capitaux et au crédit dans notre pays. Il s'agit d'un élément essentiel si nous voulons aller de l'avant et sortir de la récession.

Cette initiative améliorera l'accès des consommateurs au financement. Elle permettra aux entreprises d'obtenir les fonds dont elles ont besoin pour investir, pour croître et pour maintenir et créer des emplois.

Pour faire en sorte que les investissements dans l'infrastructure démarrent, le gouvernement veillera à ce que ce cadre soit en place afin d'appuyer le financement au moyen de partenariats public-privé (PPP) par l'entremise de la société d'État PPP Canada Inc., qui a été constituée l'année dernière. Les partenariats public-privé représentent un outil très efficace pour s'assurer que les projets seront achevés dans les délais prévus.

Je me souviens d'une discussion que j'ai eue à la résidence de Tony Blair, au 10, Downing Street, en octobre 2001, alors que j'étais ministre des Finances de l'Ontario; il avait été question du recours aux PPP, un domaine dans lequel le Royaume-Uni avait une bonne longueur d'avance sur le Canada. Je me rappelle deux commentaires du chef de cabinet de Tony Blair. Le premier était que son gouvernement aurait pu établir davantage de ces partenariats – alors connus sous le nom d'initiatives de financement privé – s'il avait eu assez d'avocats. Il voulait dire par là qu'il manquait d'avocats sachant comment mettre en place des PPP. C'était la première fois que j'entendais parler d'un manque d'avocats dans ce domaine. Dans l'avenir, il s'agira donc d'un secteur en croissance dans l'alliance entre le secteur des affaires et celui du droit au Canada.

Le bureau fédéral a pour objet de faciliter l'établissement de PPP et d'aider à faire en sorte qu'une plus grande partie des fonds de nos caisses de retraite soient investis au pays.

J'ai retenu un deuxième élément de cette rencontre à la résidence du premier ministre Tony Blair qui, ne l'oublions pas, était chef du Parti travailliste. Vers la fin de notre discussion, quelqu'un a mentionné que le Royaume-Uni comptait alors plus de 200 PPP dans une foule de domaines, notamment les hôpitaux, les prisons, les écoles et les palais de justice. Le chef de cabinet de Tony Blair s'est alors tourné vers moi et m'a dit : « C'est une idée conservatrice, mais ça fonctionne ». J'ai toujours pensé que ce commentaire serait utile, d'un point de vue conservateur.

J'aimerais vous dire quelques mots sur la façon dont le Canada est perçu à l'étranger. Les observateurs perçoivent notre système financier comme étant sain – en fait, comme l'un des rares systèmes du monde entier qui sont demeurés sains. Nous disposons d'un système bancaire et d'un système de grandes compagnies d'assurance qui ont permis à leurs participants de continuer à mobiliser des capitaux, ce qui ne se retrouve pratiquement nulle part ailleurs dans le monde. Avant la récession mondiale, aucune de nos banques ne figurait dans le palmarès des 30 banques les plus importantes au monde. maintenant, nous en comptons deux dans le classement des 15 banques les plus importantes. On reconnaît aussi dans une certaine mesure que notre situation financière est solide, que nous avons réduit notre dette, que nous disposons d'une marge de manœuvre, que la cote de crédit du gouvernement du Canada est la meilleure au monde, et que cela place le Canada dans une bonne position pour sortir plus fort de la récession.

On constate que notre ratio de la dette nette au produit intérieur brut (PIB) demeurera le plus faible, et de loin, à l'échelle du G7. Ce ratio est actuellement d'environ 28,7 %. Il augmentera au cours des prochaines années pour s'établir à un peu plus de 31 %, étant donné que nous allons créer des déficits, puis il reviendra à sa valeur actuelle et probablement à une valeur légèrement inférieure en 2013-2014.

À titre de comparaison, les États-Unis affichent à l'heure actuelle un ratio de la dette au PIB égal ou légèrement supérieur à 40 %. Sous l'effet des dépenses qui sont effectuées dans ce pays, ce ratio augmentera au cours des deux prochaines années pour se situer à environ 55 %.

Notre système financier est donc considéré comme l'un des plus solides au monde par le Forum économique mondial. Le FMI a jugé que notre système financier était arrivé à maturité, et qu'il était moderne, bien géré et capable de résister à des chocs majeurs. On peut en conclure que le Canada est bien placé.

Nous dirigeons en ce moment les travaux du G20 ayant trait à la transparence et à la réglementation des systèmes financiers. Nous coprésidons, avec l'Inde, un groupe de travail chargé de présenter un rapport à ce sujet à la prochaine réunion des dirigeants et des ministres des Finances qui aura lieu à Londres au début d'avril. Cela montre bien que le Canada a la crédibilité voulue pour diriger les travaux relatifs à la réglementation financière, compte tenu de la stabilité de son système.

Le Canada veille également à promouvoir cinq mesures essentielles, qui selon nous, doivent être prises à l'échelle mondiale. Bien sûr, nous sommes tous d'accord pour dire qu'il faut mettre de l'ordre dans les systèmes financiers. Cependant, au-delà de ce principe, qui pourra confirmer aux institutions financières que le ménage a bel et bien été fait, afin de les encourager à prêter de l'argent à des clients de l'étranger?

Dans mon article publié dans le Financial Times, en novembre dernier, j'ai énoncé cinq mesures au nom du Canada. Premièrement, réglementer tous les fonds communs de capitaux qui font appel à l'effet de levier, en veillant à ce que des exigences de transparence soient en place et à ce que la participation aux activités des marchés mondiaux soit assujettie à ces exigences. Deuxièmement, établir des réserves de capital et de liquidités assez élevées pour permettre de résister à des chocs importants, de sorte que les systèmes financiers affichent des bilans solides, comparables à celui du système canadien. Troisièmement, veiller à ce que la réglementation soit élaborée en fonction du système dans son ensemble, et pas seulement des institutions en particulier. Quatrièmement, faire en sorte que l'infrastructure des marchés soit plus transparente et plus robuste. Cinquièmement, renforcer la collaboration, l'examen et la surveillance à l'échelle internationale en vue de créer une deuxième ligne de défense plus efficace.

Beaucoup d'observateurs étrangers qualifiaient souvent de « terne » le système financier du Canada. Ce que j'ai dit dans le Financial Times, c'est que des systèmes comme le nôtre, aussi « ternes » soient-ils, sont peut-être ce dont le monde a besoin aujourd'hui. En effet, nous avons su préserver la stabilité de notre système financier en cette période de récession économique mondiale.

Notre système résiste mieux que d'autres à la crise financière qui sévit à l'heure actuelle. Comme je l'ai dit, toute bonne réglementation commence chez soi. Nous pouvons préconiser ce principe sur la scène internationale, car nous avons bel et bien réussi à le mettre en application chez nous.

Donc, nous avons réalisé beaucoup de choses. Ce centre, qui a pour mission de former de futurs dirigeants, peut être assuré que notre pays lui-même assume des fonctions de chef de file. Le Canada, comme d'autres pays, a encore beaucoup de pain sur la planche. Nos problèmes sont loin d'être résolus, et nous n'en viendrons pas à bout en nous reposant sur nos lauriers.

Dans une semaine exactement, j'assisterai à la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G7, à Rome. Nous examinerons la situation de l'économie mondiale. Nous discuterons des mesures que nous prenons, individuellement et collectivement afin de rétablir la confiance, la croissance économique et la stabilité financière à l'échelle mondiale.

Les pays du G7 ont beaucoup progressé jusqu'ici. Nous avons eu des réunions au début d'octobre à Washington. Cela fait maintenant trois ans que je participe aux réunions du G7, du G8, du G20, du FMI et de la Banque mondiale. Il y a de nombreux organismes internationaux qui tiennent des rencontres régulières, mais les réunions qui ont eu lieu à Washington au début d'octobre étaient différentes. Il y avait un sentiment d'inquiétude et de gravité le vendredi après-midi, et les ministres des Finances du G7 ont changé leur discours. Nous avons mis de côté nos textes préparés à l'avance et convenu d'un plan en cinq points que nous nous sommes engagés à respecter. Nous avons présenté ces cinq points au G20, qui les a approuvés, tout comme le FMI à qui nous les avons soumis le lendemain. Le Conseil des ministres des Finances des Amériques (du Nord, du Sud et centrale) les a aussi approuvés.

Voilà donc en quoi consiste le plan d'action. C'est le plan que le premier ministre Harper et les autres dirigeants du G20 vont continuer de mettre en œuvre à trois réunions, dont la première a eu lieu à Washington en novembre. Le groupe de travail est à l'œuvre en ce moment même. La prochaine réunion aura lieu à Londres, au début d'avril, et la troisième se tiendra probablement en Asie. Nous mettons le plan en application. Cela est essentiel pour stabiliser les marchés financiers, restaurer la confiance et, par là même, rétablir les flux de crédit.

Je ne peux deviner les résultats de la prochaine réunion du G7, mais soyez assurés que le Canada est toujours résolu à prendre des mesures décisives et qu'il continuera à assumer son rôle de chef de file en ce qui concerne la réglementation des marchés des capitaux.

Nous demanderons aussi à nos partenaires du G7 d'éviter d'avoir recours à des mesures protectionnistes, qui peuvent avoir la faveur de la population à l'échelle d'un pays, mais qui peuvent aussi nuire grandement au commerce mondial. L'Histoire nous enseigne que les pays doivent résister à ce type de tentation, surtout en période de ralentissement économique mondial. Si nous devions ignorer cette leçon, ce serait à nos risques et périls.

Dans le Plan d'action économique du Canada, nous avons manifesté une fois de plus notre engagement envers le libre marché en supprimant en permanence les tarifs douaniers sur un large éventail de machines et de matériel importés.

Sur le plan intérieur, il nous reste beaucoup à faire aussi. Comme je l'ai mentionné dans le discours du budget, malgré tous ses points forts, le système financier du Canada a une lacune de taille : une mosaïque de 13 organismes distincts de réglementation des valeurs mobilières, qui crée de l'incertitude pour les investisseurs et entraîne des coûts et des formalités administratives inutiles pour tout le monde. Depuis son premier mandat, notre gouvernement collabore avec les provinces et les territoires et dirige les efforts visant à doter le Canada d'un système de réglementation des valeurs mobilières plus efficient et rationalisé. Nous avons pour objectifs de rehausser la stabilité financière, de renforcer l'exécution des lois et de protéger les investisseurs.

En janvier, un groupe d'experts dirigé par l'honorable Tom Hockin a présenté un rapport qui ouvre la voie afin d'atteindre ces objectifs. Il énonce un plan visant l'établissement d'un organisme unique de réglementation des valeurs mobilières qui permettrait d'assurer une reddition de comptes plus claire à l'échelle nationale, de préserver un niveau élevé de services locaux et de continuer à répondre aux besoins particuliers des marchés régionaux. Ces recommandations méritent d'être prises en considération. Le gouvernement établira bientôt un bureau chargé de gérer la transition vers un organisme canadien de réglementation des valeurs mobilières. Plus tard cette année, nous déposerons également une loi fédérale sur les valeurs mobilières pour le Canada.

Le nouvel organisme de réglementation sera intégré au cadre existant, dont font déjà partie la Banque du Canada, la Société d'assurance-dépôts du Canada et le Bureau du surintendant des institutions financières. Les provinces et les territoires qui y participeront vont nous permettre d'accentuer notre compétitivité. Pour les participants aux marchés, cela signifiera une plus grande stabilité financière.

Nous irons également de l'avant avec notre premier projet de loi budgétaire, qui est déposé au Parlement cet après-midi. Nous donnerons suite aux recommandations du récent rapport du Groupe d'étude sur les politiques canadiennes en matière de concurrence, présidé par Red Wilson, selon lesquelles il faut rendre l'économie canadienne plus concurrentielle et, à coup sûr, éviter le piège du protectionnisme – en fait, nous diriger vers une société plus ouverte au commerce extérieur au Canada. Nous mettrons aussi en œuvre certaines des recommandations du Groupe consultatif sur le régime canadien de fiscalité internationale, dont j'ai fait mention dans le budget. Le Groupe, présidé par Peter Godsoe, a déposé son rapport il y a quelques mois de cela.

Ces efforts, de concert avec l'établissement d'un organisme canadien de réglementation des valeurs mobilières, permettront à notre pays d'être en bien meilleure position pour saisir les possibilités qu'offrira la reprise de l'économie mondiale.

Que cela nous plaise ou non, nous vivons des moments historiques. La période que nous traversons comporte son lot de difficultés, mais elle offre aussi l'occasion de participer à l'écriture d'une page d'histoire, pour ceux qui ont les aptitudes et la volonté requises. L'année qui vient sera éprouvante pour le Canada. Nous subirons les contrecoups de la récession mondiale généralisée. Le Canada n'est pas isolé : il n'est donc pas à l'abri des effets de la crise, mais il a une assise solide. Nous entrons en récession alors que nous sommes en position de force, et nous prendrons les mesures qui s'imposent, comme nous l'avons fait dans l'Énoncé économique et dans le budget de cette année, pour faire en sorte que notre économie demeure solide et sorte de la récession encore plus forte. Pendant que nous nous préparons à connaître des mois difficiles, particulièrement en 2009, n'oublions pas que cette crise va prendre fin et que nous devons faire en sorte que le pays soit bien placé pour profiter des occasions qui s'offriront au sortir de la récession mondiale.

Les futurs étudiants du centre Hennick auront également de grands défis à relever, mais des possibilités tout aussi grandes s'offriront à ceux qui sauront tirer profit de ce nouveau type d'apprentissage et reconnaître les véritables avantages d'une formation plus dynamique et plus diversifiée. Les questions que j'ai abordées aujourd'hui intéressent autant les gens d'affaires que les juristes – sans compter les personnes qui œuvrent à la fois dans ces deux domaines. Dans un monde à la recherche de solutions, il convient de féliciter la famille Hennick, l'Osgoode Hall Law School et la Schulich School of Business pour cette réalisation unique en son genre et tournée vers l'avenir. Grâce à ce nouvel établissement qui regroupera des étudiants, des universitaires et des professionnels actifs dans les secteurs des affaires, du droit et de la politique publique, notre pays pourra tirer parti de compétences nouvelles et d'une pensée novatrice.

Encore une fois bravo, et merci de m'accueillir parmi vous cet après-midi.