Ministère des Finances Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Le 24 octobre 2008

Archivé - Allocution de l’honorable Jim Flaherty, ministre des Finances, devant la Chambre de commerce de Niagara Falls

Cette page Web a été archivée dans le Web.

Niagara Falls (Ontario)

Le texte prononcé fait foi


Je suis heureux d’être de nouveau ici à Niagara Falls, et à cet endroit en particulier. Je tiens à vous remercier de m’avoir invité aujourd’hui. Je suis ravi d’être ici pour la remise des prix soulignant les meilleures réalisations dans le domaine des affaires, un secteur crucial pour l’économie de Niagara Falls, de l’Ontario et du Canada. Le leadership, la vision et la détermination des récipiendaires de ces prix augurent bien pour votre ville, surtout dans le monde actuel où ces caractéristiques sont si nécessaires.

Je suis aussi heureux d’être ici au nom du gouvernement du Canada nouvellement réélu, et de vous saluer de la part du premier ministre Harper. Nous sommes ravis du mandat renouvelé que nous ont confié les Canadiennes et les Canadiens, pour que nous guidions notre pays en cette période de bouleversements mondiaux d’une ampleur dont personne ici, moi y compris, n’a jamais été témoin. Le défi est de taille et, pour le relever, nous aurons justement besoin de leadership, de vision et de détermination, ces qualités pour lesquelles nous honorons les lauréats d’aujourd’hui.

Nous préparons la rentrée parlementaire, et mon ministère travaille à la Mise à jour économique et financière qui dira comment nous allons relever ces défis. Je peux vous assurer que nous allons maintenir l’approche que nous avons adoptée depuis deux ans et demi : une approche responsable, prudente et carrément ciblée sur les priorités des Canadiens et des entreprises canadiennes.

J’aimerais dire quelques mots au sujet des défis mondiaux. Vous regardez tous la télévision, vous lisez les journaux, et en tant que gens d’affaires, vous êtes très conscients des défis économiques mondiaux auxquels nous sommes confrontés, dans le contexte de la crise mondiale du crédit. Personnellement, j’ai dû relever un grand défi récemment, celui de manquer de temps pour me rendre dans ma propre circonscription pendant la campagne électorale qui vient de prendre fin. Je remercie sincèrement les électeurs de Whitby–Oshawa de m’avoir réélu même si je n’ai pas été aussi présent que je l’aurais voulu, surtout vers la fin de la campagne, car il s’imposait alors que les gouvernements travaillent de concert et coordonnent leurs efforts à l’échelle internationale, en raison de la crise du crédit et des soubresauts des marchés mondiaux.

Les temps sont durs pour les familles et les entreprises canadiennes. Les gens s’inquiètent pour leur emploi et leurs économies. Dans ma collectivité, à Whitby, les gens m’en parlaient pendant la campagne électorale, et des Canadiens de tous les coins du pays m’en ont aussi parlé. Maintenant que les élections sont chose du passé, je peux vous dire une chose un peu surprenante dans la bouche d’un politicien : ce que les Canadiens voulaient, ce n’était pas de grands plans de dépenses. Ils voulaient avant tout la stabilité : que leur gouvernement maintienne le cap et s’assure, en cette période de turbulence mondiale, que le Canada reste sur la bonne voie. Pour cela, il faut un plan sensé et réaliste, et nous allons répondre aux attentes des Canadiens, qui nous ont reportés au pouvoir, en poursuivant la mise en œuvre du plan que nous avons établi.

C’est pour cela que, pendant la dernière fin de semaine de la campagne, j’étais à Washington. C’était pour travailler à huis clos avec mes collègues ministres des Finances du G7 le vendredi, avec les gouverneurs du Fonds monétaire international le samedi, avec les ministres des Finances des Amériques plus tard dans la journée, et avec les ministres des Finances du G20 en soirée. Ces réunions ont été extraordinaires et elles n’auraient pu survenir à un meilleur moment, ni à un moment plus urgent. Les événements survenus récemment ont rapproché toutes les nations en vue d’empêcher les bouleversements actuels d’aggraver la situation des marchés mondiaux.

Ces réunions ont été tenues dans le contexte de tensions croissantes sur les marchés financiers internationaux. Le crédit est devenu de plus en plus difficile à obtenir, même pour les plus solvables, et les prêts interbancaires se sont raréfiés. Je tiens à souligner que ces problèmes ont pris naissance à l’extérieur du Canada. Or, pendant cette période, les institutions financières canadiennes ont fait face avec beaucoup d’aplomb à cette tourmente venant de l’étranger.

D’autres participants à ces réunions n’ont pas manqué de souligner la remarquable performance du Canada. Pendant cette période difficile, nos banques et autres institutions financières sous réglementation fédérale sont demeurées en bonne santé, bien capitalisées et utilisent moins l’effet de levier que leurs concurrentes étrangères. Il y a quelques semaines, le Forum économique mondial a déterminé que le système financier du Canada était le plus solide au monde. D’après le Forum, notre système est parmi les meilleurs au chapitre de la protection des épargnants et de la modernité des marchés financiers. De même, le Fonds monétaire international a conclu que le système financier du Canada est unique, évolué, bien géré et en mesure de faire face à des chocs économiques de grande envergure.

Cette stabilité est purement canadienne. Elle provient en partie des exigences réglementaires canadiennes touchant la capitalisation des institutions financières, qui sont largement supérieures aux normes minimales internationales et aux exigences appliquées dans d’autres pays. Elle reflète aussi la structure de notre secteur financier, qui continue de profiter aux Canadiens. Comme les principaux courtiers en valeurs mobilières canadiens appartiennent à des banques depuis la fin des années 1980, ils sont assujettis à une seule réglementation appliquée par le Bureau du surintendant des institutions financières. Cela signifie que nos grandes banques d’investissement font partie du système bancaire canadien et qu’elles sont donc sous réglementation fédérale.

De plus, le régime canadien de crédit hypothécaire est solide, et les prêts à risque n’en représentent qu’une faible partie. Nous avons su éviter les produits et les pratiques de marketing qui ont entraîné les graves problèmes actuellement observés aux États-Unis. La situation là-bas est tragique : beaucoup d’Américains perdent leur maison en raison des prêts hypothécaires à risque, dont un grand nombre, déjà propriétaires, qui n’avaient pas de problèmes financiers jusque-là et qui sont maintenant en difficulté. C’est donc un grave problème pour nos amis américains. Par contre, les ménages canadiens ont des emprunts hypothécaires moins élevés que les ménages américains, que ce soit par rapport à la valeur de leur maison ou à leur revenu disponible.

Il y a deux semaines, le Canada est donc arrivé en position de force à ces réunions de Washington, malgré les bouleversements qui ont secoué l’économie mondiale et qui ont nécessité – et nécessitent toujours – une action internationale concertée.

Signe de l’importance de ces réunions, la rencontre du G7 s’est conclue par l’adoption d’un plan d’action clair en cinq points visant à ce que tous les pays puissent stabiliser les marchés financiers, rétablir le flux du crédit et soutenir la croissance économique à l’échelle mondiale.

Ce plan a été suivi – après le communiqué du G7, qui était un bref communiqué d’une page, très concis, contrairement au long communiqué habituel – par une réunion du FMI tenue le lendemain matin et où, au nom du Canada et d’autres ministres, nous avons défendu l’adoption de la même approche concertée à l’échelle internationale, le même soutien du plan en cinq points, et les gouverneurs du FMI ont souscrit à ces propositions. Dans l’après-midi, les ministres des Amériques se sont aussi mis d’accord et, dans la soirée, les ministres du G20 en ont fait autant. Notre action est donc cohérente par suite de l’établissement de ce plan d’action en cinq points, ce qui constitue un bon indice de la solidité de la collaboration et de la coordination internationales.

Évidemment, le Canada soutient l’adoption de ces mesures et, dans l’esprit de collaboration qui a présidé à leur mise au point, nous allons continuer de coordonner les efforts. J’estime que les ministres des Finances doivent continuer de se réunir dans les prochaines semaines afin de veiller à la réalisation d’autres progrès mondiaux, et nous le ferons. Dans moins de deux semaines, les ministres des Finances vont se réunir au Pérou dans le cadre de l’APEC, le Forum de coopération économique Asie-Pacifique, et, tout de suite après, les ministres des Finances du G20 se réuniront au Brésil, en préparation du sommet des dirigeants qui se tiendra à Washington le samedi 15 novembre. Bien entendu, le premier ministre Harper y assistera.

Entre-temps, j’ai discuté régulièrement avec mes homologues des provinces et des territoires. À titre de ministres des Finances, nous nous parlons fréquemment au téléphone pour échanger au sujet des événements internationaux ainsi que sur les plans de l’administration fédérale.

Auparavant, et cette semaine en particulier, le premier ministre Harper a pris une part active dans des échanges avec d’autres dirigeants mondiaux en prévision du sommet qui se tiendra le 15 novembre, comme il l’a dit récemment, afin de protéger l’économie de notre pays, nos revenus, nos économies et nos emplois en cette période d’incertitude économique mondiale.

Heureusement pour le Canada, nous sommes arrivés à ces réunions internationales dans une position enviable, tandis que d’autres pays s’acharnent à régler les problèmes de leurs systèmes financiers. Les institutions financières canadiennes ont toujours adopté une approche prudente en matière de prêts hypothécaires. Jumelée à un solide cadre de surveillance, cette prudence a permis au Canada de maintenir la stabilité du marché du logement et du marché hypothécaire. En tant que gouvernement, nous sommes passés à l’action bien avant que les perturbations financières ne dégénèrent en crise cet automne. Nous nous étions préparés. Le Canada a été un chef de file au chapitre de l’amélioration des mécanismes de divulgation et de transparence des institutions financières en mettant en œuvre les recommandations du Forum sur la stabilité financière, qui avaient été endossées par tous les pays du G7.

Le Forum sur la stabilité financière a été créé par les ministres des Finances du G7 en vue de présenter des recommandations, soit depuis août 2007, au moment où a éclaté la crise des prêts hypothécaires à risque, pour déterminer les moyens de garantir que nos institutions financières, partout dans le monde, fassent preuve de transparence, surtout pour ce qui est de la valeur de leurs actifs. Comme je l’ai dit, le Canada a été un chef de file dans la mise en application de ces recommandations.

Dans la dernière année également, notre gouvernement ainsi que la Banque du Canada ont instauré plusieurs mesures visant à renforcer encore plus le système financier. Dans mon budget de 2008, nous avons accordé à la Banque du Canada des pouvoirs additionnels de fourniture de liquidités aux marchés. Pourquoi les liquidités sont-elles importantes? Elles permettent à nos banques de continuer de prêter, et non de façon théorique, mais au titre des contrats hypothécaires visant des maisons, des immeubles commerciaux, des prêts automobiles, et dans tous les aspects de notre vie de tous les jours. Dans le domaine des affaires, évidemment, elles permettent de financer les stocks et ainsi de suite; elles sont donc essentielles pour le système financier.

La Banque a utilisé le pouvoir législatif que lui a accordé le Parlement cette année après le dépôt de notre budget et elle a aussi élargi l’éventail du capital acceptable. Les liquidités fournies jusqu’ici par la Banque du Canada se chiffrent à environ 20 milliards de dollars et cela est attribuable, comme je l’ai dit, aux pouvoirs législatifs majorés.

En ce qui a trait au marché du logement, j’ai vu dans la première moitié de l’année qu’il y avait eu une augmentation substantielle, au point où plus de la moitié des prêts hypothécaires résidentiels au Canada étaient amortis sur 40 ans et étaient assortis d’un acompte de moins de 5 %. Je suis persuadé que la génération précédente aurait été renversée de prendre connaissance de ces chiffres, comme vous l’êtes sûrement vous aussi. Nous avons donc resserré les règles. À l’été, nous avons établi comme exigence qu’une personne voulant faire assurer son emprunt hypothécaire au Canada au moyen de la garantie offerte par le gouvernement du Canada doit verser un acompte d’au moins 5 %, tandis que le prêt ne doit pas être amorti sur une période dépassant 35 ans. Nous avons aussi établi de nouvelles normes de documentation des prêts et une cote de crédit minimale cohérente au titre des emprunts hypothécaires assurés au Canada. Toutes ces nouvelles dispositions sont entrées en vigueur le 15 octobre.

Toujours l’été dernier, nous avons instauré de nouvelles mesures à l’intention des consommateurs de façon à améliorer la divulgation des transactions d’assurance hypothécaire et veiller à ce que les consommateurs ne paient pas, pour un emprunt hypothécaire assuré, plus que le coût réel d’obtention de cet emprunt. Nous avons aussi élargi le Programme des Obligations hypothécaires du Canada en augmentant le volume du financement offert au titre des contrats hypothécaires aux banques et aux prêteurs hypothécaires canadiens par l’entremise de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. En adoptant ces mesures, nous avons reconnu l’importance, pour les particuliers et les familles au Canada, d’économiser grâce à la propriété d’un logement, surtout en période d’incertitude économique.

Malgré ce solide fondement et l’adoption rapide de ces mesures, il est devenu manifeste que les problèmes observés sur les marchés mondiaux du crédit faisaient qu’il devenait de plus en plus difficile pour les institutions financières canadiennes d’obtenir du financement à long terme. Il est donc devenu de plus en plus ardu pour les Canadiens d’avoir accès au crédit. Pour les familles canadiennes qui voulaient acheter une maison ou une voiture, ou envoyer leurs enfants au collège ou à l’université, ou pour les entreprises canadiennes tentant d’investir et de prendre de l’expansion, le crédit et les autres genres d’emprunts seraient devenus de moins en moins disponibles.

Le jour de la réunion des ministres des Finances du G7 donc, il y a de cela deux semaines ce matin, nous sommes allés plus loin. Nous avons annoncé à Ottawa que le gouvernement adopterait des mesures visant à maintenir la disponibilité du crédit à long terme au Canada en achetant des blocs de créances hypothécaires assurées jusqu’à hauteur de 25 milliards de dollars par l'intermédiaire de la SCHL. Il s’agissait d’une façon novatrice au Canada d’élargir la disponibilité et l’abordabilité des prêts et des hypothèques pour les particuliers et les entreprises en utilisant ces actifs de grande qualité, à savoir des contrats hypothécaires assurés par la SCHL et déjà garantis par le gouvernement du Canada, qui ne comportent aucun risque additionnel pour les contribuables canadiens.

Je peux vous affirmer que cette démarche a donné de bons résultats jusqu’ici. Nous continuerons de surveiller ce programme et nous adopterons des mesures additionnelles au besoin.

Pas plus tard qu’hier, nous avons fait encore plus en renforçant l’accès aux marchés internationaux du crédit pour les institutions financières canadiennes. Nous avons créé la Facilité canadienne d'assurance aux prêteurs, un programme temporaire qui fournira une assurance à l'égard des emprunts de gros des institutions de dépôts fédérales.

Que signifie tout cela? Cela signifie que nous voulons que nos banques ne soient pas défavorisées par rapport à la concurrence internationale. Bon nombre d’autres gouvernements dans le monde ont accordé des garanties au titre des activités de prêt internationales et des prêts interbancaires entre leurs institutions. Les banques canadiennes, comme je l’ai dit, sont bien capitalisées. Notre gouvernement n’a pas besoin d’y injecter de capitaux. Elles sont davantage capitalisées que l’exigent les normes réglementaires. Elles pourraient toutefois être défavorisées par rapport à la concurrence si nous ne leur accordons pas ce genre de protection, et c’est pourquoi nous avons annoncé hier ces mesures proactives. Nous ne voulons pas qu’elles soient défavorisées, étant donné que cela affecterait l’économie réelle au Canada, et la capacité qu’ont les particuliers, les familles et les entreprises d’emprunter à de bonnes conditions au Canada.

Nous avons donc adopté ces mesures hier. Nous continuons de surveiller la situation sur les marchés internationaux du crédit et, comme je l’ai dit, et comme l'a dit le premier ministre, nous veillerons à ce que le système financier canadien ne soit pas défavorisé par rapport à la concurrence.

Pourquoi avons-nous procédé ainsi?

Parce que d’autres pays sont passés à l’action pour régler des problèmes dans leurs propres économies et que nous devons nous assurer que les institutions financières canadiennes ne deviennent pas des victimes de ce processus, ce qui pourrait nuire aux Canadiens et aux entreprises canadiennes.

Parce que nous ne permettrons jamais que notre système financier, qui est considéré comme le plus robuste au monde, soit menacé par des événements sur la scène internationale.

Parce que les Canadiens ne méritent rien de moins.

J’aimerais maintenant dire quelques mots au sujet des données fondamentales de notre économie au Canada. Je m’éloigne de nos institutions financières un moment pour parler de notre position actuelle, en tant que gouvernement. L’approche réfléchie et prudente adoptée aux fins du renforcement de notre système financier n’est pas différente de la façon dont nous avons géré d’autres aspects de l’économie canadienne depuis 2006. Une fois de plus, nous avons vu venir le ralentissement économique et nous nous sommes préparés.

Comme ce fut le cas pour les réductions substantielles de notre dette et de notre fardeau fiscal, ces mesures s’inscrivent dans notre démarche globale de gestion de l’économie visant à assurer la croissance à long terme et un risque économique réduit.

Il est vrai que la situation financière du gouvernement fédéral est soumise aux mêmes pressions que celles des autres niveaux de gouvernement. Cette semaine, des gouvernements provinciaux ont fait connaître leurs plans les plus récents pour relever ces défis, chacun à sa façon. Aujourd’hui, mon ministère a publié, dans l’édition mensuelle de La revue financière, les résultats budgétaires des cinq premiers mois de l’exercice en cours, qui indiquent un excédent de 1,2 milliard de dollars pour cette période. Nous sommes en bonne voie pour maintenir l’équilibre budgétaire et pour afficher un excédent modeste d’ici la fin de l’exercice. Notre situation continue de faire l’envie des autres pays industrialisés.

Les défis économiques mondiaux sont nombreux, mais, comme dans le cas de notre système financier, les données fondamentales de l’économie canadienne nous placent en bonne position pour affronter ce qui s’en vient. Tout juste la semaine dernière, le FMI a prévu que le Canada sera le pays du G7 qui connaîtra la meilleure croissance économique l’an prochain. Je ne vais pas vous raconter d’histoires, il s’agit là d’une croissance modeste. Il ne faut pas oublier que nous sommes en période de ralentissement économique. La prévision du FMI situait la croissance du PIB réel à 1,2 % au Canada l’an prochain. Nous devons donc faire preuve de réalisme et prendre conscience de la lenteur de l’économie, même si le Canada s’en tire mieux que ses concurrents à l’échelle internationale.

Les finances des entreprises et des ménages demeurent solides au Canada. Le chômage demeure à son niveau plancher en 33 ans au pays. Le succès de l’économie canadienne par rapport à celle d’autres pays s’explique en grande partie par le fait que notre gouvernement a reconnu à l’avance que la situation s’aggraverait. En particulier l’automne dernier, lorsque nous avons préparé l’Énoncé économique, nous avons décidé d’adopter des mesures audacieuses relatives aux entreprises et à la fiscalité des entreprises au Canada. Vous, les membres de la Chambre de commerce de Niagara Falls, savez très bien qui est le principal moteur de l’emploi dans ce pays, et j’ai nommé le secteur des petites et moyennes entreprises. Nous avons voulu encourager les petites et moyennes entreprises à prendre de l’expansion, à investir et à réinvestir, et une façon de le faire consiste à alléger le fardeau fiscal des entreprises.

Dans l’Énoncé économique du 30 octobre de l’an dernier, nous avons donc instauré un programme en vue de continuer à réduire l’impôt des sociétés jusqu’en 2012, de réduire le taux d’imposition de base des entreprises canadiennes qui se situait, quand nous avons entrepris notre mandat en 2006, à un peu plus de 22 %, afin de le ramener à 15 % d’ici 2012. Nous avons mis les provinces au défi de se joindre à nous et de ramener leur taux d’imposition des entreprises à 10 % d’ici 2012. Cela nous donnerait un taux combiné au Canada de 25 % d’ici 2012, ce qui constituerait une excellente façon de promouvoir le pays auprès des investisseurs éventuels.

Je suis heureux d’annoncer que la plupart des provinces suivent l’exemple du gouvernement fédéral à cet égard. Comme vous le savez, j’ai gentiment demandé au premier ministre McGuinty d’aller dans la même direction. J’ai encore du travail à faire pour y arriver, mais tout indique qu’un consensus se développe au Canada, et qu’il sera important pour notre croissance économique dans l’avenir, de ramener l’impôt combiné des sociétés à un taux intéressant de 25 %.

Depuis notre arrivée au pouvoir, les fonds fédéraux sont versés aux provinces à un rythme sans précédent. Je le répète parce qu’il m’arrive de voir les provinces exprimer leurs préoccupations au sujet des transferts. Ces transferts se situent à un niveau record. Les transferts de l’administration fédérale, les fonds publics versés aux provinces, n’ont jamais été aussi élevés au Canada. Cette année seulement, plus de 14 milliards de l’argent des contribuables seront remis à l’Ontario et ces transferts, le transfert en matière de programmes sociaux et le transfert en matière de santé, augmentent tous automatiquement chaque année. Ils vont donc demeurer à des niveaux sans précédent.

Cet argent est consacré à l’infrastructure, aux soins de santé, à l’éducation postsecondaire, à l’immigration, à la formation relative au marché du travail, à la sécurité publique, aux collectivités dans le besoin, ainsi qu’à des innovations comme le Fonds d’innovation pour le secteur de l’automobile, qui est très important pour l’Ontario, y compris les gens de la circonscription de Whitby–Oshawa que je représente, et qui sont voisins du siège social de General Motors du Canada Limitée.

Nous avons aussi accordé aux Ontariens des allégements fiscaux de près de 75 milliards de dollars pour les contribuables et les entreprises de la province. Par quoi cela se traduit-il pour les familles? Cela signifie qu’une famille moyenne de quatre personnes a profité de réductions fiscales de plus de 3 500 $ jusqu’ici sous le gouvernement Harper. Cela signifie que le remboursement fiscal a augmenté d’environ 200 $, pour passer d’environ 1 200 $ à plus de 1 400 $ pour chaque particulier au Canada. Il s’agit de remboursements pratiques que les contribuables peuvent ensuite consacrer à l’économie réelle, ce qui nous aide à surmonter des périodes difficiles comme celle que nous traversons actuellement.

Les entreprises de l’Ontario profitent au premier chef des allégements fiscaux grâce à la déduction pour amortissement accéléré et aux autres allégements que j’ai mentionnés. Qu’est-ce que la déduction pour amortissement accéléré? Vous savez ce que c’est. Cela signifie que les entreprises peuvent investir dans le matériel et l’équipement de transformation le plus moderne qui soit. C’est essentiel si nous voulons assurer la solidité du secteur manufacturier en Ontario et au Canada, afin qu’il demeure viable à moyen et à long terme. Nous devons accroître notre productivité. Être plus productif ne signifie pas nécessairement qu’il faille travailler davantage : il faut simplement travailler mieux avec des machines et du matériel améliorés, ce qui accroît la productivité et notre compétitivité en tant que province et pays. Cette déduction pour amortissement accéléré est donc essentielle afin de permettre aux entreprises de dépenser et de profiter de la déduction connexe.

Je tiens à mentionner une autre chose au sujet de l’épargne et de la politique économique, et il s’agit – certains d’entre vous en ont peut-être entendu parler – du compte d’épargne libre d’impôt, le CELI. On me dit officieusement que certaines sociétés du secteur privé l’ont annoncé dernièrement, et que la réaction est très favorable. Pourquoi avons-nous instauré le CELI dans le budget de 2008? Nous avions réduit le fardeau fiscal des particuliers et des entreprises et réduit la TPS de 2 points de pourcentage. Nous avions réduit les taxes d’accise, y compris celles qui sont prélevées sur le vin de la région du Niagara, ce qui a été fort apprécié par l’industrie du vin de la région.

Sur le plan de l’épargne, toutefois, nous avons constaté que les Canadiens sont moins enclins à épargner et nous avons jugé important d’y remédier. L’épargne est importante, car elle permet de maintenir les taux d’intérêt à un bas niveau et les dépôts à un niveau élevé, ce qui contribue à la liquidité de nos banques et de nos marchés financiers.

Nous avons donc créé le compte d’épargne libre d’impôt. Il entrera en vigueur dans quelques mois, soit le 1er janvier 2009. À compter de cette date, tous les Canadiens de 18 ans et plus pourront verser un maximum de 5 000 $ par année dans un CELI. L’argent qui y est versé est libéré d’impôt; vous payez l’impôt d’abord et ensuite vous versez l’argent dans le compte. Quel que soit le produit, vous pouvez le retirer en franchise d’impôt, tout en conservant vos droits de cotisation. Si vous avez déposé 5 000 $, lesquels sont devenus 6 000 $, vous pouvez retirer ce dernier montant en franchise d’impôt et remettre 6 000 $ dans le compte plus tard, quand vous serez en mesure de le faire, et le tout est évidemment cumulatif.

Si Warren Buffett est votre modèle et si vous croyez dans le miracle des intérêts composés, imaginez seulement ce que vous pourrez accumuler pendant la durée de votre vie. Consultez le site Web du ministère des Finances, et vous trouverez un outil de calcul de vos cotisations au compte et de leur progression pendant la durée de votre vie. Je peux vous dire que quand je parle de cette mesure dans les collèges et les universités, l’enthousiasme est très élevé chez ceux qui comprennent l’effet des intérêts composés pour quelqu’un qui commence tôt à cotiser à un compte de ce genre. Il s’agit d’un outil qui tombe à point nommé et, comme je l’ai dit, il sera offert à compter du 1er janvier 2009.

Nous avons adopté une approche réaliste dans la gestion de l’économie canadienne. Nous continuerons de démontrer ces caractéristiques sur lesquelles nous nous appuyons depuis 2006, celles-là mêmes que les récipiendaires d’aujourd’hui ont démontrées dans leurs réalisations.

Nous continuerons d’être responsables, prudents, ciblés, résolus et déterminés à faire en sorte que le Canada reste un chef mondial et un modèle à suivre pour d’autres pays.

Merci encore de m’avoir invité à prendre la parole devant vous aujourd’hui.