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Table des matières  Précédent  Suivant

Chapitre 1
Évolution récente
et perspectives économiques

Faits saillants

  • Les conditions économiques se sont détériorées et les prix des produits de base ont baissé considérablement depuis le budget de février 2008. Cela s’explique par l’intensification des perturbations sur les marchés financiers et par un affaiblissement marqué de la demande mondiale découlant de l’important ralentissement de l’économie américaine.
  • Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 0,6 % en 2008 et de 0,3 % en 2009, bien en deçà des niveaux qui avaient été prévus dans le budget de février 2008. Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent maintenant à une récession technique associée à une croissance négative au quatrième trimestre de 2008 et au premier trimestre de 2009.
  • La chute des prix des produits de base cette année devrait réduire le niveau du PIB nominal en 2009 et en 2010 par rapport aux prévisions du budget de 2008. Toutefois, à moyen terme, les prix des produits de base devraient se rétablir et ramener le PIB nominal au niveau du budget de 2008. Le PIB nominal est la mesure la plus générale de l’assiette fiscale au Canada.
  • Les perspectives économiques sont teintées d’une incertitude plus grande qu’à l’habitude. Vu la faiblesse de l’économie américaine et l’intensification des perturbations sur les marchés financiers mondiaux, les risques à la baisse pour les perspectives économiques du Canada demeurent prépondérants.
  • Le Canada affronte cette période d’incertitude mondiale dans une position relativement forte, ce qui est attribuable à la saine situation des institutions financières canadiennes et la solidité financière des ménages, des sociétés et des gouvernements.
  • La situation financière solide du Canada a permis au gouvernement d’accorder d’importants stimulants financiers, notamment des allégements fiscaux permanents de portée générale et d’importants investissements dans l’infrastructure, qui profiteront à l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens.
  • En 2009-2010, les Canadiens et les entreprises canadiennes paieront 31 milliards de dollars de moins en impôts et en taxes, soit près de 2,0 % du PIB, par suite des réductions mises en œuvre par le gouvernement depuis 2006.
  • Le niveau de financement accordé par le gouvernement fédéral en 2009-2010 aux projets d’infrastructure des provinces, des territoires et des municipalités sera le double de celui de 2007-2008.
  • Le gouvernement fédéral collaborera avec les provinces et les territoires pour accélérer les projets d’infrastructure ainsi que l’utilisation des crédits fédéraux destinés à cette fin.
  • Ensemble, ces réductions d’impôt permanentes et ces investissements dans l’infrastructure donneront un important coup de pouce financier.
  • Compte tenu des risques de détérioration des perspectives décrits ci-dessus et conformément aux engagements qu’il a pris auprès des pays du Groupe des Vingt (G20), le gouvernement consultera les Canadiens, les provinces et les territoires au sujet d’autres mesures visant à renforcer l’économie.

Nota – Sauf indication contraire, le présent chapitre repose sur les données disponibles au 21 novembre 2008, et les chiffres correspondent à des taux annuels.

Introduction

Dans l’Énoncé économique d’octobre 2007, le gouvernement du Canada instaurait des réductions d’impôt totalisant près de 60 milliards de dollars sur six ans pour atténuer les risques à la baisse causés par l’affaiblissement de l’économie américaine et la turbulence sur les marchés financiers. Au cours de la dernière année, plusieurs de ces risques se sont concrétisés. Néanmoins, le Canada a affiché une posture nettement meilleure que la plupart des autres économies industrialisées, et ce, grâce à la saine situation des institutions financières canadiennes, à la solidité financière des ménages, des sociétés et des gouvernements, ainsi qu’à l’incidence des réductions d’impôt et de taxes d’application générale et permanentes instaurées depuis 2006.

Le présent chapitre passe en revue l’évolution économique récente, expose la moyenne des prévisions économiques du secteur privé qui forme la base des projections budgétaires et traite des risques et des incertitudes associés aux perspectives économiques. Les prévisions du secteur privé présentées dans ce chapitre ont été mises à jour en date du 14 novembre. Toutefois, vu le caractère changeant de la situation économique mondiale, l’incertitude a une incidence plus élevée que d’habitude sur les perspectives économiques.

Évolution et perspectives de l’économie mondiale

À l’heure actuelle, l’économie canadienne est aux prises avec trois grands problèmes, tous d’origine externe. D’abord, les perturbations sur les marchés financiers mondiaux qui perdurent se sont traduites par une baisse notable de la richesse et un resserrement marqué des conditions du crédit. Ensuite, le ralentissement de l’économie américaine et des économies d’autres pays clés freine la demande pour les exportations canadiennes. Enfin, le prix de nombreux produits de base a baissé considérablement, ce qui nuit à la croissance des bénéfices et des revenus au Canada.

Évolution des marchés financiers mondiaux

Les bouleversements financiers à l’échelle mondiale, qui ont commencé à l’été de 2007 par suite de l’effondrement du marché américain des prêts hypothécaires à risque, se sont intensifiés en septembre et en octobre 2008. Les faillites et quasi-faillites de grandes institutions financières aux États-Unis et en Europe, auxquelles s’est greffé l’affaiblissement marqué des conditions économiques mondiales, ont déclenché cette nouvelle série de bouleversements.

Il s’en est suivi un resserrement marqué de la liquidité des marchés financiers, ce qui a haussé les coûts de financement des banques et, en fin de compte, fait augmenter le coût des emprunts et réduit la disponibilité de ces derniers pour les entreprises et les ménages (graphique 1.1). Combinés à une plus forte aversion pour le risque, ces facteurs ont eu pour effet de faire chuter les marchés boursiers partout dans le monde, la chute du cours des actions étant la plus marquée dans le cas des sociétés financières (graphique 1.2).

Pour le secteur bancaire canadien, la hausse des coûts d’emprunt et la chute du cours des actions des institutions financières ont été moins prononcées que dans les autres pays, grâce à une utilisation moins forte du levier financier et à une meilleure capitalisation. De plus, bien que la croissance du crédit aux ménages et aux entreprises du Canada ait ralenti, celle-ci demeure vigoureuse, ce qui laisse croire que la demande et l’offre de crédit sont plus fortes au Canada qu’ailleurs.

En réponse aux perturbations financières, les gouvernements du monde ont annoncé des initiatives sans précédent afin de stabiliser les marchés financiers et de rétablir les flux du crédit. Les interventions gouvernementales ont pris diverses formes, adaptées aux situations particulières des pays, dont l’injection de liquidités dans plusieurs marchés, l’achat d’actifs, l’augmentation de l’assurance-dépôts dans les banques, des garanties sur les emprunts des banques et l’injection de capitaux dans le secteur bancaire. Parallèlement au Plan d’action du Groupe des Sept (G7) et à la déclaration clôturant le sommet du Groupe des Vingt (G20), ces mesures ont réduit l’instabilité des marchés financiers mondiaux et abaissé considérablement le risque d’ajustements désordonnés.

Le gouvernement du Canada a organisé le rachat, auprès des institutions financières canadiennes, de blocs de prêts hypothécaires assurés totalisant jusqu’à 75 milliards de dollars canadiens, par l’entremise de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, et il a offert des garanties sur les emprunts des banques par l’entremise de la Facilité canadienne d’assurance aux prêteurs. Ces mesures seront avantageuses pour l’économie canadienne, car elles maintiendront la disponibilité du crédit à long terme pour les Canadiens et feront en sorte que les institutions financières canadiennes ne soient pas désavantagées par rapport à leurs concurrentes à l’échelle internationale. Fait important, ces mesures ont été prises sur la base de conditions commerciales et n’ont pas mis en péril l’argent des contribuables canadiens.

Graphique 1.1 – Écart de taux d'intérêt

Graphique 1.2 – Marché boursiers mondiaux

Évolution récente et perspectives
de l’économie mondiale

L’économie canadienne est aux prises avec un autre enjeu de taille, soit l’affaiblissement de la demande mondiale, dans la foulée du ralentissement majeur observé aux États-Unis. De nombreux indicateurs économiques laissent croire que l’économie américaine est en récession. Près de 1,2 million d’emplois ont été perdus depuis le début de l’année et le taux de chômage a grimpé de plus de 2 points de pourcentage depuis le milieu de 2007. La demande intérieure américaine demeure paralysée par les effets de la contraction du marché du logement et les turbulences du secteur financier, alors que la confiance des consommateurs n’a jamais été aussi faible.

Le ralentissement économique a commencé aux États-Unis par l’éclatement de la bulle immobilière en 2006. Jusque vers le milieu de 2007, la diminution de l’investissement résidentiel, à mesure qu’augmentaient les stocks de maisons invendues et que diminuaient les mises en chantier sous l’effet de la chute des prix, a constitué un frein majeur à la croissance aux États-Unis (graphique 1.3). À l’heure actuelle, les prix des maisons existantes sont de 15 % inférieurs à leur niveau de l’an dernier, ce qui constitue une baisse sans précédent. Les mises en chantier ont dégringolé de 65 % par rapport à leur sommet, tandis que le temps d’écoulement de l’inventaire de maisons neuves et existantes est d’environ 10 mois, soit presque un niveau record.

Graphique 1.3 – Mise en chantier et stocks de maisons aux États-Unis/Croissance du prix des maisons existantes aux États-Unis

Pendant la quasi-totalité de 2007, le ralentissement de l’investissement résidentiel a été compensé par une croissance robuste des dépenses de consommation et des exportations américaines (graphique 1.4). Toutefois, à la fin de 2007, le rythme des dépenses de consommation s’est nettement essoufflé, situation que l’élan positif associé au plan de stimulation fiscale instauré au début de 2008 est venu masquer temporairement. Ce plan, intitulé Economic Stimulus Act, procurait un allégement fiscal temporaire représentant environ 1 % de l’économie américaine et prenant essentiellement la forme de remboursements d’impôt sur le revenu aux ménages. L’effet temporaire de cet ensemble de stimulants sur l’économie s’est surtout fait sentir au deuxième trimestre de 2008. Depuis juin, cependant, il s’est estompé et les dépenses de consommation ont nettement diminué. De concert avec une autre baisse substantielle de la construction résidentielle et une diminution des dépenses d’investissement des entreprises, cela a entraîné une contraction de 0,3 % du PIB au troisième trimestre de 2008.

En réponse aux difficultés croissantes des marchés financiers et à l’essoufflement de l’économie, la Réserve fédérale américaine a abaissé le taux cible des fonds fédéraux de 425 points de base depuis septembre 2007. La Réserve fédérale et les banques centrales du monde, dont la Banque du Canada, ont également continué à prendre des mesures extraordinaires en injectant des liquidités à l’appui du fonctionnement des marchés financiers.

Graphique 1.4 – Contributions à la croissance du PIB réel des États-Unis/Exportations réelle nettes des États-Unis

Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que le PIB réel des États-Unis croisse de 1,4 % en 2008 et connaisse un recul de 0,4 % en 2009, avant de remonter à 2,1 % en 2010. Par rapport aux prévisions établies dans le budget de 2008, la croissance de l’économie américaine a été révisée à la baisse de 2,8 points de pourcentage pour 2009 et de 0,9 point de pourcentage pour 2010.

On s’attend à ce que la récession en cours aux États-Unis soit semblable à celle de 1990 et beaucoup plus grave que la récession de 2001 qui a suivi l’éclatement de la bulle technologique (graphique 1.5).

Vu l’évolution rapide de la situation financière et économique mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse, dans sa mise à jour de novembre 2008 des Perspectives de l’économie mondiale, ses prévisions de croissance pour les États-Unis (graphique 1.6). Le FMI prévoit maintenant une contraction de 0,7 % de l’économie américaine en 2009.

Graphique 1.5 – Perspectives historiques de croissance di PIB réel aux États-Unis

Le FMI s’attend maintenant à un ralentissement marqué de la croissance du PIB réel mondial, qui devrait passer de 5,0 % en 2007 à 3,7 % en 2008, puis à 2,2 % en 2009[1]. La croissance prévue pour 2009 serait la plus faible depuis 1993. Dans les économies avancées, la production devrait diminuer en 2009, ce qui serait la première baisse d’une année sur l’autre au cours de la période d’après-guerre. Le FMI prévoit maintenant une contraction de la production de toutes les économies du G7, sauf celle du Canada, en 2009.

Le ralentissement marqué de l’activité économique mondiale et la baisse connexe des prix de l’énergie et d’autres produits de base ont allégé les tensions inflationnistes mondiales. Selon le FMI, l’inflation globale des prix à la consommation dans les économies avancées devrait s’établir en deçà de 1,5 % d’ici la fin de 2009, en comparaison d’une moyenne de 3,6 % en 2008.

Graphique 1.6 – Perspectives de croissance du PIB réel mondial

La zone euro est entrée en récession technique. On y a observé une modeste contraction de l’activité économique aux deuxième et troisième trimestres de 2008, sous l’effet des reculs enregistrés en Allemagne et en Italie. On s’attend à ce que le resserrement des conditions du crédit, le déclin de la confiance et le ralentissement de la croissance des exportations continuent de peser sur la croissance dans la zone euro. D’après les prévisions du FMI, l’activité économique, qui a crû de 2,6 % en 2007, devrait progresser de 1,2 % en 2008 mais connaître une contraction de 0,5 % en 2009.

Le Japon est aussi entré en récession technique. Au troisième trimestre, son PIB réel a connu une contraction pour un deuxième trimestre consécutif, par suite de baisses des investissements fixes et des exportations nettes de même que de la faiblesse des dépenses des ménages. Dernièrement, les indicateurs laissent croire à un affaiblissement encore plus grand, sous l’effet de la perte de vigueur de la demande extérieure et intérieure. La croissance économique au Japon devrait ralentir, passant de 2,1 % en 2007 à 0,5 % en 2008, puis devenir négative en 2009 (-0,2 %).

En Chine, la croissance du PIB réel a fléchi pour s’établir à 9 % d’une année sur l’autre au troisième trimestre de 2008, son rythme le plus lent depuis 2003. La croissance dans les autres pays émergents s’est aussi essoufflée, bien que la plupart de ces pays connaissent encore une solide croissance. Ce ralentissement de l’activité économique en Chine et dans les autres économies émergentes tient essentiellement à une croissance moindre des exportations. Selon le FMI, la croissance des économies émergentes et en développement devrait passer de 8 % en 2007 à 6,6 % en 2008 et à 5,1 % en 2009, ce qui inclut pour la Chine, une croissance de 11,9 % en 2007, de 9,7 % en 2008 et de 8,5 % en 2009. Ces prévisions ne tiennent pas compte de l’incidence de l’ensemble de mesures de stimulation financière sur deux ans que la Chine vient d’annoncer.

Prix des produits de base

Le troisième événement mondial influant sur l’économie canadienne est la récente chute des prix des produits de base. Une forte hausse de ces prix a été observée au premier semestre de 2008, ceux-ci atteignant des niveaux record (graphique 1.7).

Toutefois, depuis juillet, les prix des produits de base sont en forte chute, compte tenu d’une croissance de la demande beaucoup plus faible dans les économies avancées. Le recul est généralisé et touche presque toute la production de produits de base du Canada, en particulier les produits énergétiques. Le prix du pétrole brut (West Texas Intermediate) a chuté de plus de 60 % par rapport au sommet de 145,66 $US le baril enregistré à la fermeture des marchés le 11 juillet. Le cours de clôture du baril de pétrole brut était de seulement 49 $US le 20 novembre, son niveau le plus bas depuis le milieu de 2005. Le prix du pétrole a poursuivi sa chute même si l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a annoncé à la fin d’octobre une réduction de la production. Les cours du gaz naturel ont également diminué radicalement en dépit d’une production perturbée par les ouragans Gustav et Ike dans le golfe du Mexique. Malgré la prudence des hypothèses du budget de 2008 au sujet des prix de l’énergie, ces derniers sont maintenant inférieurs d’environ 40 % aux niveaux alors indiqués.

Graphique 1.7 – Prix des produits de base ($US)

Les prix des produits de base hors énergie ont fléchi de plus de 20 % depuis juillet, sous l’effet de reculs généralisés pour la plupart de ces produits. Il s’agit d’une diminution importante puisque les produits de base hors énergie comptent pour la moitié environ de la production de produits de base au Canada.

Au cours des six dernières années, l’augmentation des prix des produits de base a eu pour effet de hausser le niveau de vie au Canada. De fait, l’augmentation de ces prix constatée depuis le début de 2002, de concert avec l’appréciation du dollar canadien, s’est traduite par une hausse marquée des prix des exportations canadiennes par rapport aux prix des importations – les termes de l’échange. Ce gain, combiné à l’augmentation de la production, a entraîné un relèvement du revenu intérieur brut réel de plus de 17 % depuis 2001 (graphique 1.8).

Le déclin marqué des prix des produits de base observé ces derniers mois signifie que les termes de l’échange du Canada chutent, ce qui réduira à court terme la valeur des biens produits et exportés par le Canada. Cependant, le relèvement du revenu intérieur brut réel enregistré depuis 2001 demeure appréciable, surtout si on le compare aux gains réalisés par les États-Unis.

Graphique 1.8 – Croissance cumulative du revenu intérieur brut réel par habitant depuis 2001

L’effondrement des prix des produits de base entraînera aussi une détérioration de la balance courante du pays – la somme de la balance commerciale du Canada et des revenus et transferts nets de l’étranger –, qui est excédentaire depuis le milieu de 1999. La détérioration de la balance courante du Canada fera aussi légèrement augmenter notre dette extérieure nette en proportion du PIB à court terme. Néanmoins, la dette extérieure nette du Canada a sensiblement baissé au cours des 15 dernières années et devrait se maintenir près du plancher record, même en cas de déficit temporaire de la balance courante (graphique 1.9).

Graphique 1.9 – Balance courante/Dette extérieure nette

Évolution de l’économie canadienne

L’essoufflement de l’économie américaine, les perturbations continues sur les marchés financiers mondiaux et la chute des prix des produits de base ont freiné la croissance de la production et des revenus au Canada. De plus, les risques à la baisse pour les perspectives demeurent prépondérants. Toutefois, l’économie canadienne peut compter sur de nombreuses forces intrinsèques qui l’aideront à traverser cette période de ralentissement économique mondial.

Ralentissement de la croissance

Au cours des quatre derniers trimestres, la croissance de la production au Canada n’a atteint en moyenne que 0,7 %, une situation principalement attribuable à la baisse des exportations découlant du ralentissement aux États-Unis et de la vigueur du dollar canadien. En revanche, la demande intérieure finale a continué à progresser, soutenue par la situation financière solide des ménages et des entreprises (graphique 1.10).

Graphique 1.10 – Croissance du PIB réel/Croissance de la demande intérieur finale réelle et des exportations réelles

Plus récemment, les perturbations sur les marchés financiers mondiaux ont commencé à peser sur la demande intérieure au Canada. Le ralentissement s’est surtout fait sentir sur la croissance des dépenses personnelles de consommation tandis que la confiance des consommateurs canadiens a chuté jusqu’à son niveau le plus faible en près de 13 ans (graphique 1.11). Quoi qu’il en soit, la confiance des consommateurs canadiens a moins diminué que celle des consommateurs américains.

L’investissement dans le logement au Canada a diminué au cours du premier semestre de 2008, après avoir connu une période de croissance rapide de 2002 à 2007. Malgré le récent ralentissement, l’activité du logement est toujours forte : les mises en chantier cumulatives en 2008 se situent bien au-dessus de la moyenne de 179 000 unités des 30 dernières années. Ce niveau élevé d’activité a été soutenu par la forte progression des revenus réels ces six dernières années, par la solide situation financière des ménages et par des taux d’intérêt qui ont rarement été aussi faibles (voir l’encadré intitulé « Évolution du marché canadien du logement »).

Graphique 1.11 – Croissance réelle des dépenses personnelles de consommation/Confiance des consommateurs

Après avoir connu cinq années consécutives de forte hausse, la croissance de l’investissement des entreprises s’est essoufflée au cours des deux premiers trimestres de 2008, en raison du resserrement des conditions du crédit et de perspectives économiques plus faibles (graphique 1.12). Ce ralentissement s’est manifesté tout particulièrement au chapitre des investissements en machines et matériel, qui avaient été soutenus en 2007 par les prix moins élevés des importations de machines et de matériel en raison de l’appréciation passée du dollar canadien. L’accélération temporaire de la déduction pour amortissement appliquée aux machines et au matériel utilisés dans le secteur de la fabrication et de la transformation, qui a été annoncée dans le budget de 2007 puis prolongée dans celui de 2008, continuera de fournir un incitatif aux entreprises pour qu’elles augmentent leurs dépenses en immobilisations. Cela aidera le secteur de la fabrication et de la transformation à se restructurer en vue de relever les défis économiques actuels et d’améliorer ses perspectives à long terme, en favorisant le réoutillage requis pour que les entreprises accroissent leur productivité et se tournent vers la fabrication de produits à plus grande valeur ajoutée.

Graphique 1.12 – Croissance de l'investisssement nonn résidentiel réel des entreprises

L’appréciation du dollar canadien jusqu’à l’automne dernier et le ralentissement aux États-Unis ont touché les secteurs fortement tributaires des exportations, en particulier le secteur manufacturier et les industries liées à la foresterie (graphique 1.13). Environ 75 % de la production manufacturière canadienne a lieu dans le Canada central, et plus de 80 % des exportations manufacturières du Canada central sont expédiées aux États-Unis. Depuis le début de 2006, la production réelle du secteur manufacturier a baissé de près de 7 %, en raison principalement d’un recul de près de 24 % enregistré dans la fabrication de véhicules automobiles et de pièces. L’industrie automobile a été particulièrement touchée par la chute de la demande de voitures aux États-Unis – étant donné qu’environ 90 % des véhicules produits au Canada sont exportés vers ce pays – et par la restructuration en cours dans l’industrie automobile nord-américaine. Pour leur part, les secteurs liés à la foresterie ont été touchés par une restructuration mondiale et par la très faible demande de logements aux États-Unis. C’est ainsi que la production réelle de l’industrie des pâtes et papiers a diminué de 16 % depuis le début de 2006 alors que le secteur forestier et celui de la fabrication de produits du bois ont enregistré une baisse d’environ 30 %.

Conscient des difficultés avec lesquelles ces secteurs sont aux prises, le gouvernement est intervenu pour soutenir ces industries et leurs travailleurs. En janvier 2008, il a annoncé la création de la Fiducie pour le développement des collectivités qui, sur une période prévue de trois ans, versera jusqu’à 1 milliard de dollars pour des initiatives provinciales et territoriales d’aide aux travailleurs et aux collectivités touchés par la volatilité économique mondiale. La Fiducie prévoit des activités telles que de la formation professionnelle, des plans de transition pour les collectivités et des investissements dans l’infrastructure. Dans le budget de 2008, le gouvernement a annoncé la création du Fonds d’innovation pour le secteur automobile, lequel prévoit le versement de 250 millions de dollars sur cinq ans pour appuyer de grands projets stratégiques de recherche et développement dans le secteur automobile menant à la conception de véhicules novateurs, moins polluants et plus éconergétiques.

Dans le présent énoncé, le gouvernement prend d’autres mesures afin qu’Exportation et développement Canada et la Banque de développement du Canada augmentent le crédit consenti aux entreprises de fabrication axées sur les exportations, dont les fabricants d’automobiles, ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises, dans le but d’atténuer l’effet de la crise mondiale du crédit sur leurs activités (voir le chapitre 2). De plus, la dépréciation du dollar canadien et la forte baisse des prix des produits de base qu’on a observées récemment aideront les entreprises de fabrication dans l’avenir.

Graphique 1.13 – Croissance du PIB réel par secteur

Évolution du marché canadien du logement

L’activité a commencé à ralentir récemment sur le marché canadien du logement, après une longue période de croissance rapide. De 2002 à 2007, les mises en chantier au Canada ont nettement dépassé la moyenne de 179 000 unités des 30 dernières années. Ce boom immobilier résultait du déblocage d’une demande comprimée, suscité par la forte croissance du revenu et des taux d’intérêt faibles (graphique 1.14). Au Canada, les prix des logements n’ont commencé à augmenter qu’en 1999, après une période de faiblesse de 10 ans. De ce fait, l’augmentation annuelle moyenne des prix des logements a été relativement modeste (3,4 %) au cours des 20 dernières années.

Graphique 1.14 – Mises en chantier/Prix des maisons existantes

Contrairement à ce qui s’est produit aux États-Unis, la reprise du marché canadien du logement n’a pas été alimentée par le marché des prêts hypothécaires à risque ou par des montants importants de financement hors bilan. À son point culminant, en 2006, le marché des prêts à risque représentait 22 % de tous les nouveaux prêts hypothécaires aux États-Unis, contre moins de 5 % au Canada.

En fait, aucune des conditions à l’origine de l’effondrement des marchés financiers et du logement aux États Unis n’existe au Canada. En outre :

• Au deuxième trimestre, la valeur nette des ménages canadiens était 6,3 fois plus élevée que leur revenu disponible : ce ratio était près du sommet historique et nettement plus élevé que celui de 5,2 observé aux États-Unis. La récente baisse des marchés boursiers fera diminuer la valeur nette en proportion du revenu, mais ce ratio restera élevé par rapport aux niveaux historiques et par rapport au ratio américain.

• Les intérêts versés sur les prêts hypothécaires, en pourcentage du revenu disponible, continuent d’avoisiner leur plancher historique au Canada, alors qu’ils ont atteint des sommets sans précédent aux États Unis.

• Les ménages canadiens détiennent un actif net très élevé dans leur logement. L’endettement hypothécaire a diminué pour se situer à environ 30 % de la valeur des logements au Canada, tandis qu’aux États-Unis, il a augmenté pour atteindre le taux record de 55 % de la valeur totale des logements.

En raison de ces tendances divergentes, la proportion de créances hypothécaires en retard demeure près du niveau le plus bas connu au Canada, alors qu’elle est à un niveau record aux États-Unis (graphique 1.15). Cet écart fondamental se traduit présentement par une correction majeure du marché du logement américain tandis qu’au Canada, le marché du logement amorce plutôt un ralentissement cyclique des prix et de l’activité. Dans un tel contexte, nous devrions continuer d’assister à une hausse modérée des stocks de maisons invendues et à des rajustements à la baisse des prix. Cependant, la forte poussée du taux de forclusion observée aux États Unis ne devrait pas se produire au Canada. À l’échelle régionale, l’essor du marché du logement a été le plus vigoureux dans les provinces de l’Ouest, principalement sous l’influence de forts gains au plan de la migration nette, de l’emploi et du revenu, ce qui explique pourquoi le ralentissement actuel s’est surtout fait sentir dans ces mêmes provinces.

Graphique 1.15 – Proportion des créances hypothécaires en retard de 90 jours

Atouts économiques du Canada

Malgré le ralentissement marqué de la croissance décrit précédemment, les conditions économiques demeurent favorables au Canada comparativement à celles prévalant dans la plupart des pays. On peut en ULe autant d’un vaste éventail d’indicateurs, dont les dépenses de consommation, l’investissement et l’emploi (graphique 1.16). Cette situation s’explique par des atouts fondamentaux :

  • La situation financière des ménages et des entreprises demeure solide, tant sur le plan historique que comparativement aux États-Unis (graphique 1.17). Les baisses récentes des cours boursiers auront pour effet de réduire la valeur nette en proportion du revenu, mais celle-ci demeurera élevée, tant sur le plan historique que par rapport à la situation aux États-Unis.
  • Le secteur canadien du logement est solide (voir l’encadré « Évolution du marché canadien du logement »).
  • Les banques et les autres institutions financières du Canada sont solides et bien capitalisées, et leur ratio de levier financier est inférieur à celui de leurs vis-à-vis étrangères (graphique 1.18).
  • L’inflation de référence selon l’indice des prix à la consommation (IPC) est demeurée faible, stable, prévisible et nettement à l’intérieur de la fourchette cible d’inflation établie par la Banque du Canada. De plus, l’inflation globale est plus faible au Canada qu’ailleurs dans le monde, car les réductions du taux de la TPS et l’appréciation passée du dollar canadien (qui a fait diminuer les prix des biens importés) ont compensé dans une large mesure l’incidence des prix plus élevés de l’énergie et des produits alimentaires sur la situation des familles canadiennes cette année (graphique 1.19). Dans l’avenir, la chute des prix de l’énergie depuis l’été sera un autre facteur qui avantagera les consommateurs canadiens.
  • Le Canada continue d’afficher la meilleure situation financière des pays du G7.

Graphique 1.16 – Croissance de l'emplois

Graphique 1.17 – Valeur nette des ménages/Bénéfices des sociétés

Graphique 1.18 – Ratios de levier financier des banques

Graphique 1.19 – Inflation selon l'IPC global

Mesures de stimulation financière

La situation financière solide du Canada a permis au gouvernement d’accorder d’importants allégements fiscaux permanents de portée générale et de faire des investissements ciblés dans l’infrastructure qui stimuleront la croissance et dont profiteront tous les Canadiens.

Ces mesures donneront un important coup de pouce financier à l’économie canadienne en période de ralentissement à l’échelle mondiale, tout en la renforçant à long terme.

Grâce aux mesures de réduction d’impôt et de taxes annoncées par le gouvernement depuis 2006, les contribuables et les entreprises du Canada paieront, en 2009-2010, 31 milliards de dollars de moins (près de 2,0 % du PIB) en impôts et en taxes.

Certaines de ces réductions d’impôt, qui s’ajoutent aux mesures importantes mises en œuvre l’an dernier au début du ralentissement mondial, vont entrer en vigueur en 2009 :

  • Le montant de revenu que tout particulier canadien peut gagner sans payer d’impôt fédéral passera de 9 600 $ en 2008 à 10 100 $ en 2009.
  • À compter du 1er janvier 2009, les Canadiens pourront bénéficier du nouveau compte d’épargne libre d’impôt, un compte enregistré souple et d’usage général qui leur permettra de gagner un revenu de placements libre d’impôt, tout en favorisant l’épargne et l’investissement.
  • Les entreprises profiteront également d’une réduction du taux général de l’impôt sur le revenu des sociétés, qui passera de 19,5 % à 19 % le 1er janvier 2009 et, comme le prévoit la loi, diminuera à 15 % d’ici 2012.

Les Canadiens continueront de profiter au cours des prochaines années d’allégements fiscaux fédéraux permanents et viables, qui se démarquent nettement des mesures temporaires d’allégement fiscal adoptées par d’autres pays comme les États-Unis (graphique 1.20).

Les provinces ont aussi pris des mesures pour réduire les impôts. Plusieurs d’entre elles ont réagi favorablement à l’incitatif financier temporaire qui était offert dans le budget de 2007 pour qu’elles éliminent leurs impôts sur le capital. D’ici 2012, tous les impôts provinciaux sur le capital ayant une portée générale auront disparu. Certaines provinces réduisent aussi les taux de leurs impôts sur le revenu des particulier et des entreprises. Pour 2009-2010, la valeur totale des allégements fiscaux annoncés par les gouvernements provinciaux depuis 2006 s’élève à 8,6 milliards de dollars, ou 0,5 % du PIB.

Graphique 1.20 – Allégements fiscaux des administrations fédérales depuis 2006

Conformément aux mesures qu’il a prises pour rétablir l’équilibre fiscal, le gouvernement fédéral majore aussi, dans une proportion sans précédent, les fonds disponibles pour les projets d’infrastructure. Dans son budget de 2007, le gouvernement a annoncé un plan de 33 milliards de dollars sur sept ans visant à stimuler les projets axés sur l’infrastructure publique du Canada comme les routes et les autoroutes, le transport en commun, les ponts, de même que les systèmes d’égout et d’aqueduc. Le financement fédéral disponible pour les projets provinciaux, territoriaux et municipaux d’infrastructure a augmenté de 40 % en 2008-2009 et croîtra d’autant en 2009-2010 pour atteindre alors une somme record de 6 milliards de dollars, soit le double des sommes dépensées en 2007-2008 (graphique 1.21). Lors de la récente réunion des premiers ministres, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour accélérer les projets d’infrastructure et l’utilisation du financement fédéral à cette fin.

Ensemble, ces réductions d’impôt et ces investissements dans l’infrastructure donnent un important coup de pouce financier. Ces mesures pertinentes et opportunes s’attaquent aux défis économiques actuels du Canada et renforceront l’économie canadienne à long terme.

Graphique 1.21 – Financement fédéral accordé aux provinces, aux territoires et aux minicipalités au titre de l'infrastructure

Prévisions économiques du secteur privé pour le Canada

Chaque trimestre, le ministère des Finances mène une enquête auprès des prévisionnistes du secteur privé pour connaître leurs perspectives de l’économie canadienne. Les prévisions présentées ci-après tiennent compte des données économiques disponibles à la mi-novembre 2008. La moyenne des prévisions du secteur privé fonde les hypothèses économiques qui sous-tendent les projections financières énoncées au chapitre 3.

Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à une croissance du PIB réel de 0,6 % en 2008, en baisse par rapport au taux de 1,7 % prévu dans le budget de février 2008 (graphique 1.22 et tableau 1.1). Selon leurs prévisions, la croissance devrait demeurer faible, s’établissant à 0,3 % en 2009. Ce niveau est inférieur à celui de 2,4 % qui était prévu dans le budget, car les prévisionnistes anticipent une croissance moins vigoureuse aux États-Unis ainsi que des répercussions négatives des perturbations financières mondiales. Il en résulterait la plus faible croissance du PIB réel sur une moyenne de deux ans au Canada depuis le début des années 1990.

Graphique 1.22 – Perspectives de croissance du PIB/Perspectives de croissance du PIB nominal

Toujours selon les prévisionnistes du secteur privé, le PIB nominal devrait progresser de 4,4 % en 2008, en hausse par rapport au taux de 3,5 % prévu dans le budget. Toutefois, la croissance du PIB nominal devrait ralentir en 2009 pour s’établir à 0,8 %, soit beaucoup moins que le taux prévu dans le budget, sous l’effet d’une croissance inférieure du PIB réel et d’une réduction marquée de l’inflation du PIB découlant de la chute des prix des produits de base. Le PIB nominal devrait dépasser de 13 milliards de dollars le niveau prévu dans le budget pour 2008, mais être inférieur de 43 milliards pour 2009 et de 50 milliards pour 2010 aux prévisions énoncées dans le budget.

En ce qui concerne l’évolution trimestrielle de la situation, les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que la récession aux États-Unis perdure jusqu’au milieu de 2009, avec un recul important au dernier trimestre de 2008. Selon les récents indicateurs économiques, le PIB réel du Canada a progressé d’environ 0,75 % au troisième trimestre, en supposant une modeste accumulation des stocks. Cette estimation est assez semblable à la moyenne des prévisions du secteur privé pour le troisième trimestre. On s’attend à ce que l’économie canadienne connaisse une récession technique à la fin de 2008 et au début de 2009. Les prévisions pour le Canada font état d’une contraction du PIB réel de 1,0 % au dernier trimestre de 2008 et de 0,4 % au premier trimestre de 2009, alors qu’aux États-Unis, la croissance négative sera plus importante, avec des reculs de 2,5 % et de 1,4 % pour ces trimestres (graphique 1.23).

Graphique 1.23 – Perspectives de croissance du PIB réel

Selon les prévisionnistes du secteur privé, le marché du travail devrait demeurer relativement vigoureux au Canada en dépit des perspectives économiques moins reluisantes. Le taux de chômage devrait s’établir en moyenne à 6,1 % en 2008, puis à 6,9 % en 2009 et à 6,7 % en 2010. Par rapport aux cycles antérieurs, la hausse du taux de chômage pour la période en cours devrait être modeste (graphique 1.24). Selon ces prévisions, le taux d’équilibre des cotisations d’assurance-emploi aurait dû augmenter pour 2009. Néanmoins, le gouvernement du Canada maintiendra le taux de ces cotisations pour 2009 à 1,73 $, leur plus bas niveau en 15 ans. À compter de l’automne prochain, le taux des cotisations sera établi suivant les recommandations du nouvel Office de financement de l’assurance-emploi du Canada.

Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que les taux d’intérêt à court terme s’établissent en moyenne à 2,4 % en 2008, ce qui est moins que le niveau de 3,2 % prévu dans le budget. Ils projettent des taux moyens de 1,9 % en 2009 et de 2,7 % en 2010, ce qui est nettement inférieur aux prévisions avancées dans le budget.

En ce qui concerne les taux d’intérêt à long terme en 2008, ils devraient être légèrement plus élevés que la prévision du budget, se situant à 3,7 %. Au moment du budget, les prévisionnistes du secteur privé s’attendaient à une hausse appréciable de ces taux en 2009 et en 2010, mais leurs prévisions sont maintenant plus modestes, soit de 3,7 % en 2009 et de 4,2 % en 2010.

Graphique 1.24 – Taux de chômage

Selon les prévisionnistes du secteur privé, l’inflation globale selon l’indice des prix à la consommation (IPC) devrait atteindre 2,6 % en 2008, ce qui est près du double du taux prévu au moment du budget. Ils s’attendent cependant à ce qu’elle diminue à 1,7 % en 2009 et à 1,9 % en 2010, ces taux étant un peu moins élevés que ceux présentés dans le budget de 2008. Le taux de change du dollar canadien devrait atteindre 89 cents américains d’ici 2010, sous l’effet d’une remontée des prix des produits de base, le prix du baril de pétrole montant à 79 $US d’ici 2010.

Dans l’ensemble, les prévisionnistes du secteur privé ont peu modifié leurs perspectives économiques à moyen terme depuis le budget de 2008, à l’exception des données concernant l’inflation du PIB. Ils prévoient que cette dernière s’établira en moyenne à 2,2 % à moyen terme, ce qui est supérieur au taux de 1,6 % prévu au moment du budget. Cette situation tient essentiellement à des gains plus élevés que prévu au chapitre des termes de l’échange, les prix des produits de base étant quelque peu supérieurs à ceux prévus au moment du budget. Par conséquent, les prévisionnistes prévoient un taux annuel moyen de croissance du PIB nominal de 5,1 % de 2011 à 2013, comparativement à 4,2 % selon le budget de 2008.

Tableau 1.1
Moyenne des prévisions du secteur privé


  2008 2009 2010 Moyenne
2011-2013

Croissance du PIB réel        
Budget de février 2008 1,7 2,4 2,9 2,6
Énoncé de novembre 2008 0,6 0,3 2,6 2,9
Inflation du PIB        
Budget de février 2008 1,8 1,9 1,8 1,6
Énoncé de novembre 2008 3,8 0,5 1,8 2,2
Croissance du PIB nominal        
Budget de février 2008 3,5 4,3 4,7 4,2
Énoncé de novembre 2008 4,4 0,8 4,4 5,1
PIB nominal (G$)        
Budget de février 20081 1 590 1 659 1 738 1 890
Énoncé de novembre 2008 1 603 1 615 1 687 1 870
Taux des bons du Trésor à 3 mois        
Budget de février 2008 3,2 3,8 4,5 4,5
Énoncé de novembre 2008 2,4 1,9 2,7 4,2
Taux des obligations du gouvernement
 à 10 ans
       
Budget de février 2008 3,6 4,2 4,8 5,0
Énoncé de novembre 2008 3,7 3,7 4,2 5,0
Inflation selon l’IPC        
Budget de février 2008 1,5 1,9 2,0 2,1
Énoncé de novembre 2008 2,6 1,7 1,9 2,1
Prix du pétrole ($US/baril)        
Budget de février 2008 82,1 79,8 82,3 77,5
Énoncé de novembre 2008 102,5 72,0 79,0 91,1
Taux de change (cents US/$CAN)        
Budget de février 2008 98,0 95,5 95,5 96,2
Énoncé de novembre 2008 94,9 85,6 88,7 95,8
Taux de chômage        
Budget de février 2008 6,3 6,4 6,2 6,0
Énoncé de novembre 2008 6,1 6,9 6,7 6,2
Croissance du PIB réel aux États-Unis        
Budget de février 2008 1,5 2,4 3,0 2,7
Énoncé de novembre 2008 1,4 -0,4 2,1 3,0

1Le PIB nominal a été ajusté en fonction des révisions apportées en 2008 aux Comptes nationaux des revenus et dépenses.
Source :Enquête du ministère des Finances auprès des prévisionnistes du secteur privé

Risques et incertitudes

Vu la faiblesse permanente de l’économie américaine et l’intensification des perturbations sur les marchés financiers mondiaux, les risques à la baisse pour les perspectives économiques du Canada sont prépondérants. Les principaux risques sont liés à la volatilité soutenue des marchés financiers mondiaux, qui a mené à un resserrement des conditions du crédit à l’échelle mondiale et exacerbé le ralentissement économique aux États-Unis et ailleurs dans le monde. En effet, une volatilité extrême continue de sévir sur les marchés financiers mondiaux, et l’incertitude perdure quant au moment et au niveau auxquels ils se stabiliseront. Les conditions du crédit à l’échelle mondiale pourraient se resserrer davantage et avoir des répercussions au Canada, sous forme de coûts de financement plus élevés et de normes de prêt plus rigoureuses.

La situation laisse aussi entrevoir le risque d’une longue période de resserrement des conditions du crédit et de volatilité des marchés, qui pourrait faire baisser considérablement la demande intérieure aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Des perspectives plus sombres pour les États-Unis et à l’échelle mondiale entraîneraient une réduction de la demande de produits fabriqués au Canada et de produits de base canadiens. La volatilité des marchés financiers et un ralentissement prolongé de la croissance économique américaine et mondiale pourraient faire baisser encore plus la demande pour les produits de base du Canada et des autres pays, et continuer d’exercer des pressions à la baisse sur les prix de ces produits.

Les divergences importantes observées dans les prévisions du secteur privé mettent en évidence le degré inhabituellement élevé de risque et d’incertitude entourant les perspectives économiques. Bien que les prévisionnistes s’attendent en moyenne à une progression de 0,3 % du PIB réel en 2009, leurs prévisions varient grandement, la plus faible indiquant une croissance négative de 0,7 %, et la plus élevée, une croissance de 1,0 % en 2009. À l’heure actuelle, les prévisions économiques du FMI pour le Canada sont identiques à la moyenne de celles des prévisionnistes du secteur privé de 0,3 %, tandis que les prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques se situent près de l’extrémité inférieure, à -0,5 %.

Au chapitre de la croissance du PIB nominal en 2009, la divergence est encore plus grande. Vu l’incertitude qui caractérise l’économie mondiale à l’heure actuelle, les prévisions du secteur privé concernant la croissance du PIB nominal en 2009 se situent dans une large fourchette qui va de -2,5 % à 2,5 %.

Le graphique 1.25 montre l’écart entre la moyenne des deux prévisions les plus élevées et celle des deux prévisions les plus faibles pour la croissance du PIB réel et du PIB nominal sur un horizon d’un an, selon les mises à jour et les énoncés parus depuis 2005. Le graphique porte à croire que les risques et l’incertitude qui entourent actuellement les perspectives économiques sont plus importants qu’ils ne l’ont été depuis un certain temps. Les conséquences de cette incertitude sur les prévisions financières sont abordées au chapitre 2.

Graphique 1.25 – Écarts dans les prévisions économiques sur un horizon d'un an présentées dans les mises à jour et les énoncés depuis 2005


1 Le FMI rapporte la croissance du PIB réel mondial en fonction tant de la parité des pouvoirs d’achat que des taux de change du marché. Le FMI prévoit, d’après les taux de change du marché, que la croissance du PIB réel mondial faiblira, passant de 3,7 % en 2007 à 2,6 % en 2008, puis à 1,1 % en 2009. [Retour]

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