Nous vivons dans une économie mondiale qui permet de plus en plus aux gens et aux entreprises de s’établir là où ils obtiennent les plus grands avantages. Les travailleurs qualifiés s’établissent là où leurs talents sont les mieux récompensés, où ils peuvent se réaliser pleinement et où ils peuvent bénéficier de la meilleure qualité de vie.
De même, les progrès technologiques abaissent les coûts du transport et des communications à l’échelle mondiale, ce qui permet aux sociétés d’investir là où elles peuvent être les plus productives et trouver la meilleure combinaison possible de compétences, de possibilités d’investissement et de climat commercial.
Dans ce contexte, les gouvernements jouent un rôle déterminant en établissant un cadre de politiques publiques propice à l’investissement productif dans les facteurs qui appuient la prospérité à long terme : l’éducation et la formation, le capital physique et l’innovation.
La mise en place d’un cadre de politiques publiques approprié exige d’abord un environnement macroéconomique sain. Une politique monétaire rigoureuse, jumelée à une planification financière prudente, jette les bases d’un climat propice à l’investissement en gardant les taux d’intérêt bas et l’incertitude au minimum. Une politique macroéconomique saine doit être jumelée à des politiques structurelles efficaces en matière de fiscalité, de réglementation, de marchés financiers, de concurrence, d’ouverture et d’efficience du gouvernement.
Le régime fiscal devrait permettre de générer les revenus nécessaires au financement des programmes sociaux que les Canadiennes et les Canadiens ont à cœur ainsi qu’à l’investissement dans l’éducation et la recherche fondamentale. Il doit aussi être efficient et compétitif pour accroître l’incitation à épargner, à investir et à travailler. Cela signifie, d’une part, que les taux d’imposition doivent être aussi bas que possible et, d’autre part, que la composition du fardeau fiscal doit être efficiente sur le plan économique.
Une économie vigoureuse exige une réglementation appropriée. La mise en place d’un cadre de réglementation adéquat aide à protéger la santé et la sécurité des Canadiens, de même que l’environnement dans lequel nous vivons, au moindre coût économique possible.
Des marchés financiers de premier plan, doublés de marchés de produits à la fois ouverts et efficients, jouent un rôle essentiel dans l’établissement des conditions qui inciteront les particuliers et les entreprises à investir et à promouvoir la prospérité au Canada. La concurrence engendrée par des marchés ouverts incite les entreprises à être aussi productives que possible.
Enfin, la fonction publique joue un rôle essentiel en veillant à ce que tous ses programmes produisent des résultats pour les Canadiens, à un coût raisonnable. Il est essentiel qu’elle assume avec rigueur ses fonctions de gestion et de surveillance pour que le gouvernement soit efficient et efficace et, en bout de ligne, pour que le Canada soit plus prospère.

La prospérité d’un pays repose essentiellement sur des conditions macroéconomiques saines. La combinaison d’une politique monétaire efficace et d’une planification financière prudente incite les ménages et les entreprises à épargner et à investir, et favorise ainsi la croissance. Une dette moins élevée réduit l’exposition des finances publiques aux fluctuations des taux d’intérêt; elle permet au gouvernement d’affecter moins d’argent au service de la dette et de dégager ainsi des ressources pour financer les programmes sociaux et pour investir dans les facteurs sous-jacents à la croissance économique et à la réduction des impôts. Enfin, elle procure aux Canadiens des moyens accrus pour faire face au défi que présente une population vieillissante. Par ailleurs, une politique budgétaire et monétaire saine donne à la banque centrale la marge de manœuvre voulue pour atténuer l’impact des perturbations économiques.
L’élimination du déficit fédéral, en 1997, a joué un rôle déterminant dans le rétablissement de la stabilité économique du Canada. Le gouvernement a maintenant enregistré huit excédents consécutifs et s’est engagé à continuer de présenter des budgets équilibrés ou excédentaires. En proportion de l’économie, la dette fédérale a chuté, passant d’un sommet de 68 % en 1995-1996 à 39 % en 2004-2005, et le gouvernement est en voie de réaliser l’objectif qu’il s’est fixé dans son budget de 2004, soit de réduire le ratio de la dette au produit intérieur brut (PIB) à 25 % d’ici 2014-2015. L’effort déployé par le gouvernement du Canada pour assainir sa situation financière s’est doublé d’efforts semblables de la part des provinces et des territoires. En conséquence, en 2004, le Canada a été le seul pays du Groupe des Sept (G7) qui a enregistré un excédent budgétaire pour l’ensemble des administrations publiques. La même année, il avait aussi le ratio de la dette au PIB le plus bas du G7, alors que ce ratio était le deuxième plus élevé du G7 au milieu des années 1990. Cette performance budgétaire améliorée a jeté les bases d’une affectation plus productive de l’épargne, en maintenant des taux d’intérêt peu élevés et en stimulant l’investissement privé.
Avec le vieillissement de sa population, le Canada sera confronté à des augmentations des dépenses liées à l’âge, notamment au chapitre des prestations aux aînés et des soins de santé. Pour répondre à ces besoins futurs, il est primordial que le gouvernement du Canada continue d’axer son attention sur la rigueur financière et la réduction de la dette au cours des prochaines années, avant que les principaux effets du vieillissement de la population ne se fassent sentir.

Pour faire en sorte que le fardeau de la dette continue de diminuer, le gouvernement se donne pour nouvel objectif de ramener le ratio de la dette au PIB à 20 % d’ici 2020. Cela signifie que moins de 10 cents de chaque dollar de revenus serviront alors à financer la dette, contre près de 17 cents en 2004-2005 et 39 cents en 1990-1991.
Le ciblage de l’inflation est la pierre angulaire de la politique monétaire du Canada. Depuis 1991, le gouvernement et la Banque du Canada ont convenu de cibler l’inflation, d’abord pour la réduire progressivement puis, une fois cet objectif atteint, pour la maintenir à un faible niveau. Cette stratégie a très bien réussi. Les attentes au chapitre de l’inflation demeurent faibles, et ce, malgré les chocs externes d’envergure qui ont secoué l’économie. Les consommateurs et les entreprises disposent ainsi de la confiance nécessaire pour dresser des plans à long terme. En maintenant l’inflation à un niveau faible, stable et prévisible, le Canada, au moyen de sa politique monétaire, a encouragé les entreprises à effectuer des investissements pouvant donner lieu à des gains de productivité, renforçant ainsi la croissance de l’économie et la capacité de celle-ci de créer des emplois.
|
Grandes orientations stratégiques
|
Les taxes et impôts financent le solide filet de sécurité sociale du Canada, le réseau routier et les autres composantes de l’infrastructure publique, le système universel de soins de santé, la protection de l’environnement, la sécurité publique, les Forces canadiennes et d’innombrables autres impératifs d’ordre socioéconomique, qui sont autant d’éléments contribuant à notre qualité de vie élevée. Les taxes et impôts ont également des conséquences importantes pour la croissance économique, la création d’emplois et le niveau de vie, en raison de leur incidence sur l’incitation à travailler, à épargner et à investir.
Une main-d’œuvre hautement qualifiée et productive est essentielle au succès dans une économie mondiale axée sur le savoir. Les impôts réduisent les avantages que procure l’investissement dans de nouvelles compétences et peuvent dissuader les travailleurs qualifiés de choisir de travailler et de vivre au Canada. L’impôt sur le revenu des particuliers peut également décourager les Canadiens à faible revenu de travailler autant qu’ils pourraient le vouloir, surtout lorsque le fait de travailler davantage peut entraîner la réduction, voire la perte, de prestations fondées sur le revenu comme les prestations d’aide sociale et la Prestation fiscale canadienne pour enfants.
L’épargne contribue de façon importante à la croissance et à la prospérité parce qu’elle crée un fonds de capitaux d’investissement pour les entreprises nouvelles ou en expansion. L’épargne aide aussi les Canadiens à réaliser d’autres objectifs financiers comme une retraite confortable, l’accession à la propriété ou la poursuite d’études supérieures. Cependant, l’impôt sur le revenu des particuliers peut miner le rendement de l’épargne investie hors des régimes de pension agréés (RPA) et des régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER), favorisant ainsi la consommation immédiate au lieu de l’épargne en prévision de l’avenir.
La mise sur pied et l’expansion des entreprises sont essentielles à la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité pour les Canadiens. Dans le contexte de l’économie mondiale d’aujourd’hui, où les capitaux circulent aisément d’un pays à l’autre, il est primordial de se doter d’un avantage fiscal pour attirer les investissements et les conserver. Le Canada doit avoir un régime d’imposition des sociétés compétitif pour favoriser les investissements qui aident les travailleurs à devenir plus productifs et plus efficients, conditions préalables à des salaires plus élevés et à un meilleur niveau de vie. Un régime fiscal que les entreprises peuvent facilement comprendre et auquel elles peuvent se conformer sans peine, et qui est harmonisé à l’échelle des différentes administrations, permet aux entreprises de se consacrer à leur expansion et d’investir dans l’avenir.
Les coûts économiques du fardeau fiscal dépendent des taux d’imposition généraux ainsi que de la provenance des revenus fiscaux, c’est-à-dire la composition du fardeau fiscal, parce que certains types d’impôts et de taxes freinent davantage la croissance que d’autres. Certaines charges fiscales des sociétés (p. ex., les taxes de vente sur les immobilisations et l’impôt sur le capital), de même que l’impôt frappant l’épargne des particuliers, nuisent plus que d’autres au niveau de vie des Canadiens. En effet, les impôts et les taxes qui ont pour effet de réduire l’épargne et l’investissement sont particulièrement préjudiciables à notre prospérité à long terme.
Le Canada mise davantage sur l’impôt sur le revenu des
particuliers et des sociétés que d’autres paysComparaison des fardeaux fiscaux de divers pays pour différentes sources de revenus en pourcentage du PIB, 2003
|
|
||||||
| Impôt sur le revenu des particuliers | Impôt sur le revenu des sociétés | Sécurité sociale et charges sociales | Taxes à la consommation |
Autres impôts et taxes1 |
Total | |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
|
||||||
| Moyenne du G7 | 8,9 | 2,6 | 10,5 | 9,0 | 3,7 | 34,6 |
| Moyenne de l'OCDE | 9,4 | 3,4 | 9,9 | 11,5 | 2,1 | 36,3 |
|
|
||||||
| Canada | 11,7 | 3,5 | 5,9 | 8,8 | 3,9 | 33,8 |
| Royaume-Uni | 10,2 | 2,8 | 6,6 | 11,6 | 4,4 | 35,6 |
| États-Unis | 9,0 | 2,1 | 6,7 | 4,6 | 3,2 | 25,6 |
| Japon | 4,4 | 3,3 | 9,7 | 5,1 | 2,8 | 25,3 |
| France | 7,6 | 2,5 | 17,5 | 11,1 | 4,7 | 43,4 |
| Allemagne | 8,5 | 1,3 | 14,4 | 10,4 | 0,9 | 35,5 |
| Italie | 10,8 | 2,9 | 12,7 | 11,1 | 5,6 | 43,1 |
|
|
||||||
| 1 Comprend surtout les impôts fonciers, les retenues d’impôt et les impôts provinciaux sur le capital. Source : OCDE, Statistiques des recettes publiques – 1965-2003 (édition de 2004) |
||||||
Dans l’ensemble, à l’échelle du G7 et de l’OCDE, le Canada se situe dans la moyenne pour les revenus fiscaux générés en proportion du PIB. De tous les pays du G7, il est celui qui tire la plus grande part de ses revenus, en proportion du PIB, de l’impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés (voir le tableau ci-après).
Depuis qu’il a éliminé le déficit en 1997, le gouvernement a sensiblement réduit l’impôt sur le revenu des particuliers, surtout pour les Canadiens à revenu faible et modeste. En comparant le régime fiscal d’aujourd’hui à celui de 1997, il ressort que les Canadiens sont assujettis à des taux d’imposition marginaux plus faibles, qu’ils gagnent un revenu plus élevé en franchise d’impôt, qu’ils reçoivent des prestations familiales plus élevées et qu’ils n’ont pas à craindre que l’inflation n’ajoute à leur fardeau fiscal.
Le Plan quinquennal de réduction des impôts de 100 milliards de dollars instauré en 2000 a donné lieu à une diminution moyenne de 21 % de l’impôt fédéral sur le revenu des particuliers et de 27 % dans le cas des familles ayant des enfants. Jusqu’ici, près de 1 million de Canadiens à faible revenu n’ont plus à payer d’impôt fédéral, et le régime fiscal pour les étudiants, les personnes handicapées, les organismes de bienfaisance enregistrés et d’autres contribuables a été amélioré (voir l’encadré).
|
Réduction du fardeau fiscal des Canadiens En 2000, le gouvernement a instauré un plan visant à réduire le fardeau fiscal fédéral de 100 milliards de dollars sur cinq ans; il s’agit de la plus vaste initiative de réduction du fardeau fiscal de toute l’histoire du Canada. Grâce à ce plan, les particuliers ont bénéficié d’allégements d’impôt totalisant 81 milliards, dont plus de 60 % ont profité aux Canadiens à revenu faible et moyen. Le budget de 2003 s’est appuyé sur ce plan quinquennal en améliorant l’aide aux familles canadiennes, faisant ainsi passer le montant estimatif du soutien annuel offert en vertu de la Prestation fiscale canadienne pour enfants à plus de 10 milliards de dollars en 2007, soit une augmentation de plus de 100 % depuis 1996. Le budget de 2005 a relevé le montant personnel de base, c’est-à-dire le montant que tous les Canadiens peuvent gagner sans payer d’impôt fédéral, pour le faire passer à au moins 10 000 $ d’ici 2009. Cela se traduira par un allégement d’impôt d’environ 7,1 milliards de dollars pour l’ensemble des contribuables sur une période de cinq ans. Les contribuables à revenu faible et modeste sont ceux qui profiteront le plus de cet allégement, et 860 000 contribuables à faible revenu n’auront plus à payer d’impôt fédéral. Dans l’ensemble, les Canadiens à revenu faible et modeste ont été les principaux bénéficiaires des réductions de l’impôt sur le revenu des particuliers depuis 2000. Par exemple, une famille de quatre personnes à deux revenus gagnant 60 000 $ a payé environ 37 % de moins d’impôt fédéral net sur le revenu en 2005 qu’elle ne l’aurait fait en l’absence du Plan de 2000. Une famille semblable gagnant 100 000 $ a payé 18 % de moins d’impôt. |
Les mesures antérieures de réduction des impôts ont aidé à alléger le fardeau fiscal des particuliers en proportion du PIB en le faisant passer de 8 % en 1999-2000 à 7 % en 2004-2005 (voir le graphique ci-après).

Le gouvernement réalisera d’autres progrès lorsque les ressources le permettront. L’interaction entre le régime fiscal et le régime de prestations constituera un point d’un grand intérêt. La réduction de l’impôt sur le revenu des particuliers aiderait un plus grand nombre de Canadiens à revenu faible et modeste à réaliser leur objectif de participer davantage au marché du travail. À l’heure actuelle, les taux de l’impôt sur le revenu des particuliers et le fait que les programmes de soutien gouvernementaux aux particuliers et aux familles sont fondés sur le revenu réduisent l’attrait du travail, car ils entraînent des taux marginaux d’imposition élevés. Cela vaut autant pour les familles dont les revenus sont les plus faibles, qui sont prises au « piège de l’aide sociale », que pour beaucoup de familles dont le ou les parents travaillent et gagnent un revenu modeste (voir le graphique ci-après). La réduction de ces obstacles exigera des mesures coordonnées de la part des gouvernements fédéral et provinciaux.
L’entrée sur le marché du travail pose souvent des défis susceptibles de pénaliser particulièrement, sur le plan financier, les bénéficiaires de l’aide sociale. Ces derniers peuvent perdre des milliers de dollars en prestations d’aide sociale et avantages connexes comme l’accès subventionné aux médicaments sur ordonnance et au logement. Ils peuvent aussi être tenus d’engager des dépenses liées à leur travail et de payer des impôts sur le revenu, des cotisations d’assurance-emploi ainsi que des cotisations au Régime de pensions du Canada/Régime de rentes du Québec; s’ils ont des enfants, il leur faut en plus obtenir des services de garde à prix abordable.

Ces facteurs peuvent représenter d’importants obstacles à l’obtention d’un emploi rémunéré. Un chef de famille monoparentale type à faible revenu qui entre sur le marché du travail pourrait perdre, sur chaque dollar gagné, presque 80 cents sous forme d’impôts et de réduction de ses prestations de soutien du revenu et, peut-être plus encore, si l’on tient compte des dépenses liées à un emploi ainsi que de la perte d’avantages en nature comme le logement social et les médicaments sur ordonnance subventionnés.
Ces dernières années, des progrès ont été réalisés pour désamorcer le piège de l’aide sociale. Dans le cas des familles ayant des enfants, l’initiative fédérale-provinciale-territoriale de la Prestation nationale pour enfants a contribué de façon significative à réduire les facteurs de désincitation d’ordre financier associés au fait de renoncer à l’aide sociale en remplaçant graduellement les prestations pour enfants qui étaient liées à l’aide sociale par des prestations versées à toutes les familles à faible revenu. Cela comprend les subventions pour les services de garde d’enfants, les programmes de soutien du revenu et la couverture des médicaments sur ordonnance. Bon nombre de provinces et de territoires ont également modifié leurs régimes d’aide sociale et d’autres programmes pour accroître l’incitation à travailler. En dépit des progrès réalisés, il faut faire davantage.
La diminution de l’impôt des particuliers profiterait également aux Canadiens à revenu moyen ou élevé, et elle les encouragerait encore plus à travailler, à épargner et à investir. Même si le fardeau de l’impôt sur le revenu des particuliers à revenu moyen du Canada se compare avantageusement à celui de plusieurs pays d’Europe, il est plus lourd que celui d’autres économies dynamiques comme le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Irlande.

Un régime plus concurrentiel d’impôt sur le revenu des particuliers inciterait un plus grand nombre de Canadiens à investir dans leurs compétences et à demeurer au Canada, où leurs talents aideront à bâtir une économie plus forte et plus prospère. Il rendrait également le Canada encore plus attrayant pour les travailleurs hautement qualifiés de partout à travers le monde, favorisant un renouvellement de la main-d’œuvre alors que les travailleurs d’aujourd’hui seront bientôt de plus en plus nombreux à prendre leur retraite.
|
Dans un monde où les personnes ont plus de latitude pour décider où ils veulent vivre et travailler, le fardeau fiscal peut être une considération de taille pour les Canadiens ou les immigrants potentiels hautement qualifiés puisque les taux marginaux et moyens de l’impôt sur les revenus supérieurs sont élevés au Canada. En mettant ces différences en contexte, une ingénieure en logiciel qualifiée qui émigre de l’Inde peut être en mesure de choisir sa destination. De nombreux facteurs peuvent influencer sa décision, comme la combinaison d’un niveau de vie élevé, d’un solide filet de sécurité sociale, d’un régime universel de soins de santé, d’une grande sécurité personnelle et du respect de la diversité culturelle qui caractérise le Canada. Elle peut également être influencée, peut-être de façon appréciable, par le fait qu’elle paierait chaque année presque 11 000 $ de plus en impôts sur le revenu au Canada qu’aux États-Unis ou au Royaume-Uni, par exemple. En outre, elle paiera davantage d’impôts au Canada sur chaque dollar supplémentaire qu’elle gagnera que dans plusieurs autres pays industrialisés. |
Le gouvernement a aussi amélioré le régime fiscal pour encourager l’épargne, l’entrepreneuriat et l’innovation. Au nombre des mesures récentes, citons le relèvement des plafonds de cotisation et de prestations des REER et des RPA, la réduction du taux d’inclusion des gains en capital, pour le faire passer des trois quarts à la moitié, et l’instauration d’un transfert libre d’impôt entre des investissements de petite entreprise.
Par l’intermédiaire du régime de l’impôt sur le revenu des particuliers, le Canada continue d’appliquer un taux relativement élevé d’impôt à l’épargne. Par rapport aux États-Unis, les contribuables canadiens paient des taux d’impôt plus élevés sur tous les types de revenus de placement. En outre, les limites applicables aux RPA et aux REER sont moins élevées au Canada, ce qui signifie que les possibilités d’investir dans l’épargne-retraite donnant droit au report de l’impôt sont moindres.
De plus, au Canada, certains types de revenus de placement bénéficient d’un traitement fiscal plus avantageux que d’autres si l’on tient compte à la fois de l’impôt sur le revenu des sociétés et de l’impôt sur le revenu des particuliers. Ainsi, les dividendes versés aux particuliers par les grandes sociétés font l’objet d’un élement de double imposition (au niveau de l’impôt des particuliers et des sociétés). Afin de corriger ce problème, certains pays ont pris des mesures pour abaisser les taux effectifs d’imposition des dividendes. Par exemple, les États-Unis ont récemment ramené à 15 % le taux maximum de l’impôt fédéral des particuliers sur les dividendes.
La mise en place d’un régime d’imposition des sociétés capable de soutenir la concurrence internationale a été, et demeure, un élément clé du plan adopté par le gouvernement pour bâtir une économie plus forte et améliorer le niveau de vie. Les entreprises effectuent bon nombre des investissements essentiels à notre prospérité à long terme; il est donc crucial de ne pas décourager l’investissement.
Pour accroître la compétitivité du régime d’imposition des sociétés, le gouvernement a réduit les taux d’impôt sur le revenu des sociétés tout en améliorant la structure du régime fiscal. Les réductions de l’impôt des sociétés depuis 2000 ont engendré un avantage au chapitre du taux de l’impôt des sociétés pour le Canada par rapport aux États-Unis. Des améliorations ont aussi été apportées à la structure du régime fiscal : l’élimination progressive de l’impôt sur le capital, la mise en place d’un taux d’imposition uniforme pour tous les secteurs, et une plus grande correspondance entre les taux de la déduction pour amortissement et la vie utile des actifs. Ces améliorations de l’efficience du régime fiscal ont ouvert la voie à une plus grande prospérité et n’ont pas réduit les revenus tirés de l’impôt des sociétés, qui ont continué à augmenter au taux annuel moyen de 7,3 % de 2001-2002 à 2004-2005.
Il importe particulièrement d’assurer la compétitivité du régime fiscal des sociétés du Canada par rapport à celui des États-Unis en raison du degré élevé d’intégration de nos économies respectives. En 2004, les États-Unis ont adopté des mesures législatives pour abaisser de façon marquée le taux de l’impôt des sociétés appliqué au revenu de fabrication. Les réductions de l’impôt des sociétés proposées dans le budget de 2005 préserveraient l’avantage du Canada par rapport aux États-Unis au chapitre du taux d’imposition des sociétés.
Toutefois, le Canada doit être vigilant. D’autres pays reconnaissent qu’il importe d’appliquer un régime d’imposition des sociétés capable de soutenir la concurrence internationale pour améliorer le niveau de vie. Les pays industrialisés ont clairement indiqué leur volonté d’abaisser les taux d’impôt sur le revenu des sociétés prévus par leurs lois. Depuis 1997, 25 des 30 pays membres de l’OCDE ont réduit leurs taux d’impôt des sociétés, parfois de façon fort substantielle. Parmi ces pays se retrouvent tous les pays du G7 et d’autres pays qui disposent d’importants filets de sécurité sociale comme le Danemark et la Finlande (voir le graphique ci-après).

Même s’il est encore trop tôt pour observer le plein impact des récentes réductions de l’impôt des sociétés, une première évaluation des changements relatifs au chapitre de l’intensité du capital montre que les réductions d’impôt ont effectivement encouragé l’investissement en capital. Dans le secteur des services, qui a bénéficié de la réduction du taux général de l’impôt sur le revenu des sociétés, l’intensité du capital (mesurée par le ratio capital-main-d’œuvre) s’est accrue par rapport à celle du secteur manufacturier, qui bénéficiait déjà d’un taux d’imposition de 21 % et n’a donc pas profité de la réduction du taux général d’impôt sur le revenu des sociétés annoncée en 2000. Aux États-Unis, l’intensité du capital a moins augmenté dans le secteur des services que dans le secteur manufacturier, ce qui laisse croire que des facteurs propres à l’économie canadienne sont intervenus. Cette conclusion est conforme aux résultats d’études portant sur des réductions d’impôt instaurées antérieurement dans d’autres pays, qui montrent que les impôts influent sur les décisions d’investissement et que l’impôt des sociétés a une incidence particulière sur les décisions que prennent les multinationales relativement à l’endroit où elles investiront.
Des taux d’imposition plus faibles prévus par les lois encouragent l’investissement et constituent un signal important pour les investisseurs, mais d’autres aspects du régime de l’impôt sur le revenu des sociétés, comme la déduction pour amortissement, se répercutent aussi sur la capacité du Canada d’attirer de nouveaux investissements.
|
Qu’est-ce que le taux effectif marginal d’imposition appliqué aux investissements des entreprises? L’impôt auquel est assujettie une entreprise influe sur le taux de rendement des investissements et, partant, sur le montant des investissements. Bien que le taux d’impôt sur le revenu des sociétés prévu par la loi constitue un élément clé de la façon dont le régime fiscal influe sur l’investissement, il ne donne pas une vue d’ensemble de la situation. Le taux effectif d’imposition des investissements peut varier selon les crédits et déductions offerts par le régime de l’impôt sur le revenu des sociétés, ainsi qu’en vertu d’autres taxes et impôts versés par les sociétés, notamment l’impôt sur le capital. Ces facteurs ont donné lieu à la mise au point des taux effectifs marginaux d’imposition (TEMI), pour fournir un indice général de l’incidence du régime fiscal sur les décisions d’investissement. Les TEMI peuvent également donner une idée de la manière dont le régime fiscal influe sur la répartition de l’investissement, d’après le type d’actifs et l’industrie. Enfin, une comparaison des TEMI dans divers pays ou régions fournit un indicateur de l’effet des impôts sur la répartition de l’investissement au Canada et de la compétitivité internationale du régime fiscal canadien. |
Il importe que le Canada dispose à la fois d’un avantage au chapitre du taux d’imposition prévu par la loi et d’un avantage fiscal global. Les réductions de l’impôt des sociétés prévues par la loi, ainsi que celles proposées dans le budget de 2005, auraient pour effet de réduire le TEMI du Canada; en passant de 44,6 % en 2000 à 32,6 % en 2010, il nous procurerait un avantage d’environ 2 points de pourcentage par rapport aux États-Unis (voir le graphique ci-après).
Les réductions de l’impôt fédéral comptent pour 80 % de l’amélioration de la compétitivité fiscale globale du Canada, et les provinces peuvent amplement contribuer à améliorer davantage la situation.

Les provinces perçoivent presque autant de revenus fiscaux que le gouvernement du Canada; elles ont donc un impact marqué sur l’économie. Comme il est mentionné précédemment, certaines charges fiscales provinciales – l’impôt sur le capital et les taxes de vente sur les immobilisations – ciblent l’investissement et sont parmi les plus nuisibles à la croissance économique.
Malgré certains progrès, il serait prioritaire de réduire davantage les impôts provinciaux sur le capital et les taxes provinciales de vente sur les immobilisations pour stimuler l’investissement des entreprises et la croissance économique. L’élimination de ces charges fiscales provinciales ferait passer notre avantage au chapitre des TEMI par rapport aux États-Unis à presque 10 points de pourcentage d’ici 2010.
Outre des coûts économiques généraux, le régime fiscal impose également des coûts administratifs et de conformité aux particuliers, aux entreprises et aux gouvernements. Il importe donc de chercher constamment des façons de simplifier le régime fiscal, et c’est pourquoi les gouvernements fédéral et provinciaux ont conclu des accords de perception fiscale en vertu desquels les impôts fédéraux et provinciaux sont prélevés sur une assiette commune et relèvent d’une seule administration. Ces accords fonctionnent bien. Le gouvernement du Canada et le gouvernement de l’Ontario ont annoncé leur intention de conclure un accord de perception fiscale à l’égard de l’impôt des sociétés de l’Ontario. Il faut collaborer davantage avec les gouvernements provinciaux pour mieux harmoniser les charges fiscales fédérales et provinciales (comme c’est le cas avec la Nouvelle-Écosse, le
Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador relativement aux taxes à la consommation de type à valeur ajoutée, par exemple), de même que les ententes administratives, et pour rationaliser et simplifier les mesures et les régimes fiscaux.
|
Grandes orientations stratégiques Le gouvernement s’engage à instaurer un régime fiscal équitable, efficient et compétitif pour les particuliers et les sociétés.
|
La réglementation aide à protéger la santé et la sécurité des Canadiens, contribue à la protection de l’environnement et soutient un système de marchés qui fonctionne bien.
|
La réglementation comme outil de politique « Dans son sens le plus large, la réglementation désigne un principe, une règle ou une condition qui régit le comportement des citoyens et des entreprises. Réunie à d’autres instruments tels que les normes volontaires et l’imposition, elle permet aux gouvernements d’atteindre certains objectifs d’intérêt public. La réglementation influe sur presque tous les aspects de notre vie : les produits et les services que nous utilisons, les médicaments que nous consommons, et les aliments que nous mangeons. Les Canadiennes et les Canadiens peuvent compter sur leur système de réglementation pour améliorer la qualité de vie pour eux-mêmes et pour les générations à venir. » Gouvernement du Canada, La réglementation intelligente : |
Même si l’OCDE a conclu que le régime de réglementation du Canada est l’un des plus efficaces au monde, il importe quand même que les gouvernements au Canada examinent constamment la réglementation, compte tenu du dynamisme des économies nationale et mondiale. Notre système de réglementation doit nous procurer un avantage.
L’initiative sur la réglementation intelligente lancée par le gouvernement du Canada a déjà donné des résultats concrets :
D’autres mesures de réglementation intelligente sont en voie d’élaboration. À titre d’exemple, le gouvernement travaille à un cadre trilatéral de coopération réglementaire entre le Canada, les États-Unis et le Mexique qui lui permettra de prévoir les risques transfrontaliers pour la santé, la sécurité et l’environnement grâce à des mesures rapides de collaboration. De plus, le cadre éliminera le dédoublement des essais et des certifications de même que les différences inutiles entre les réglementations, ce qui améliorera les conditions du commerce transfrontalier tout en atteignant l’objectif fondamental de protéger la population canadienne.
Les entreprises engagent des coûts pour se conformer aux règlements, et ce sont les petites et moyennes entreprises qui en assument la plus grande part. Les membres de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante soulignent constamment que la réglementation gouvernementale et la paperasserie administrative ont un effet important sur leurs activités. L’OCDE a confirmé leurs doléances, estimant que le fardeau de la conformité aux formalités administratives absorbe environ 4 % du PIB associé au secteur des entreprises dans les pays membres[1].
Pour veiller à ce que les objectifs de la réglementation soient atteints au moindre coût possible, le gouvernement a lancé l’initiative de réduction de la paperasserie. Le but consiste à élaborer un plan de mesure et de réduction des frais administratifs. Le Comité consultatif sur la réduction de la paperasserie, qui est coprésidé par des représentants d’Industrie Canada et de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, est composé d’un nombre égal de représentants provenant du secteur public et du secteur privé. Le comité consultatif surveille un projet pilote très prometteur, le service PerLE, qui permet à des entreprises de plusieurs villes, comme les restaurants et les hôtels, d’utiliser un guichet unique de services intégrés sur Internet pour accéder à une liste de toutes les exigences concernant les permis municipaux, provinciaux et fédéraux qu’elles doivent obtenir, ce qui leur permet d’économiser temps et argent.
|
Le rôle de la politique sur la concurrence La politique sur la concurrence contribue dans une large mesure à stimuler la rivalité entre les entreprises sur les marchés intérieurs, incitant du coup les entreprises à devenir plus efficientes et à innover davantage. Une saine concurrence permet aussi aux consommateurs de payer des prix raisonnables. Le gouvernement a modifié la Loi sur la concurrence pour faire échec aux pratiques déloyales et il renforcera ces dispositions en autorisant le Bureau de la concurrence à évaluer l’état de la concurrence et le fonctionnement des marchés dans n’importe quel secteur de l’économie canadienne. Tout en créant une économie plus efficiente et dynamique, l’assurance d’une concurrence vive et équitable entre les entreprises favorise la mise à niveau constante des capacités, de sorte que les entreprises canadiennes seront bien placées pour mieux réussir sur le marché international. |
Des marchés de capitaux et des institutions financières de calibre mondial sont des éléments essentiels à la création d’un environnement propice à l’épargne et à l’investissement. Le gouvernement du Canada appuie leur développement au moyen d’un cadre de réglementation dynamique et efficace.
Les Canadiens comptent sur le secteur financier pour qu’il protège leurs économies et qu’il leur permette de se préparer à la retraite, de financer leurs maisons, de s’assurer contre les risques, d’obtenir du capital de démarrage, de fonctionnement et de croissance pour les petites et moyennes entreprises, et d’obtenir des capitaux propres ou des capitaux d’emprunt pour financer l’investissement des entreprises et le développement des infrastructures ou pour répondre aux besoins financiers du secteur public.
Le gouvernement doit veiller à ce que le système de réglementation s’adapte aux changements intérieurs et mondiaux, crée des conditions propices à la concurrence et à la croissance, favorise la stabilité et l’intégrité du marché et contribue à combler les besoins des particuliers, des entreprises et de l’économie canadienne.
Examen du cadre de réglementation des institutions financières.
Sous l’impulsion de la mondialisation et du recours accru à la technologie, le secteur financier a pris de l’ampleur à l’échelle internationale et est devenu plus compétitif. Au fil des ans, le cadre réglementaire canadien s’est adapté afin de stimuler l’innovation et de faciliter l’entrée de nouvelles institutions dans l’industrie des services financiers au Canada. Les particuliers et les entreprises ont tiré profit de cette adaptation, car ils ont pu avoir accès à un plus vaste éventail de produits et de services financiers.Grâce à l’engagement qu’a pris le gouvernement du Canada d’effectuer des examens périodiques du cadre de réglementation, le Canada a été en mesure de s’assurer que son secteur des services financiers est efficient et compétitif et qu’il dessert bien les particuliers et les entreprises. Dernièrement, le budget de 2005 a donné le coup d’envoi aux consultations associées à l’examen de la réglementation régissant les institutions financières qui aura lieu en 2006. Le gouvernement déposera sous peu un livre blanc contenant des propositions.
Accès à une gamme complète de financement pour les entreprises canadiennes.
L’investissement est un élément essentiel de la croissance. Le capital de risque, en particulier, est essentiel pour transformer des idées innovatrices en produits commerciaux. Le gouvernement a assumé un rôle de premier plan dans le développement de l’industrie du capital de risque au Canada grâce à ses initiatives en matière de politique fiscale et à des investissements directs. Toutefois, le niveau et le rendement des investissements de capital de risque demeurent plus faibles au Canada qu’aux États-Unis (voir le graphique ci-après). Le gouvernement doit continuer à évaluer les raisons de ces différences, examiner ses programmes existants et poursuivre ses efforts en vue de favoriser la disponibilité d’une gamme complète de financement pour les entreprises au Canada.
Intégrité et efficience des marchés de capitaux du Canada.
Pour que l’économie soit efficiente et fonctionne bien, il est essentiel que les investisseurs aient confiance dans l’intégrité des marchés de capitaux. Ces dernières années, le gouvernement du Canada a collaboré étroitement avec les administrations provinciales, les organismes de réglementation et l’industrie pour renforcer l’intégrité de nos marchés de capitaux, améliorer la gouvernance et stimuler la confiance des investisseurs. Ces efforts collectifs ont certes abouti à des améliorations de taille, mais tous les gouvernements s’entendent pour dire qu’il faut faire beaucoup plus pour mettre en place le système de réglementation des valeurs mobilières le plus apte à répondre aux objectifs suivants, qui étaient énoncés dans le budget de 2005 :Dans le budget de 2005, le gouvernement a signalé que c’est la création d’un organisme unique de réglementation des valeurs mobilières qui permettrait le mieux d’atteindre ces objectifs. Le gouvernement du Canada poursuivra les discussions avec les provinces et les territoires sur cette approche, et sur d’autres, pour mettre sur pied un système nouveau et amélioré de réglementation des valeurs mobilières.
Par ailleurs, une réglementation efficace des valeurs mobilières exige des lois solides et modernes qui régissent la détention et le transfert des titres. À cet égard, le Canada n’a pas suivi le mouvement en faveur du commerce électronique. On constate des chevauchements et un manque d’uniformité qui entraînent de l’incertitude juridique et nuisent à la compétitivité. Des efforts sont en cours aux échelons fédéral et provincial pour corriger ces lacunes.
Pensions solides et sûres.
Les Canadiens s’intéressent au plus haut point à la sécurité de leurs pensions et au bon investissement de leurCependant, des faits nouveaux survenus sur les marchés financiers ces dernières années ont nui à la solvabilité de nombreux régimes privés de retraite et, jumelés à d’autres facteurs, ont créé de l’incertitude au sujet de la sécurité des prestations et de la viabilité des régimes de retraite à prestations déterminées. Il incombe au gouvernement d’établir les règles et les incitatifs qui s’imposent pour accroître la sécurité des pensions tout en prévoyant une capitalisation souple et en permettant aux entreprises agissant à titre de répondants de régimes de retraite d’investir et de prospérer. Le ministère des Finances Canada a émis en mai 2005 un document de consultation dans lequel il demande des avis sur la manière de renforcer l’actuel cadre fédéral régissant les régimes de retraite privés à prestations déterminées. Les propositions qui découleront de cette consultation seront publiées dans les mois qui viennent. Plusieurs provinces mènent également des initiatives qui cherchent à atteindre des objectifs semblables pour les régimes relevant de leur compétence.
|
Grandes orientations stratégiques
|
L’économie tire sa vitalité et sa compétitivité de la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux au Canada. La mobilité des personnes est au cœur du problème. Tous les Canadiens doivent avoir le droit de concourir pour des emplois de la meilleure qualité qui soit, peu importe où ils se trouvent, et de faire reconnaître leurs compétences professionnelles dans toutes les provinces et tous les territoires. Il ne s’agit pas seulement d’un droit accordé à tous les citoyens, mais bien d’un mécanisme qui veille à ce que les entreprises demeurent compétitives en embauchant les personnes les plus qualifiées. La libre circulation des biens et des services dans le pays signifie aussi que les consommateurs paient un prix raisonnable pour ces biens et services. Il importe également, pour créer un climat propice à l’investissement, d’éliminer les obstacles internes.
En 1994, le gouvernement du Canada ainsi que les provinces et territoires ont signé l’Accord sur le commerce intérieur, le document-cadre régissant la libre circulation des biens, des services, de la main-d’œuvre et des capitaux au Canada. Depuis l’entrée en vigueur de cet accord en 1995, nombre de restrictions imposées à l’égard de la circulation des travailleurs et du commerce des biens et services ont été éliminées. Le gouvernement du Canada collaborera avec les provinces et les territoires afin de réaliser, au chapitre du commerce intérieur, d’autres progrès qui profiteront à tous les citoyens canadiens.
Comme il est mentionné précédemment, les provinces et les territoires doivent également assumer leur part de responsabilités pour veiller à ce que le Canada soit doté d’un système de réglementation des valeurs mobilières de calibre mondial et d’un régime fiscal efficient. Le gouvernement du Canada travaillera avec les provinces et les territoires afin de réaliser des progrès dans ces domaines.
Le gouvernement du Canada demeure résolu à collaborer avec les provinces et les territoires pour mettre en œuvre les recommandations formulées par le Comité d’examen de l’Accord sur le commerce intérieur quant à l’harmonisation des exigences de divulgation du coût du crédit. À cette fin, il est disposé à modifier son Règlement sur le coût d’emprunt pour qu’il reflète une approche commune pour toutes les administrations, si une telle approche est acceptée par le Comité des mesures en matière de consommation (formé de représentants du gouvernement du Canada et des provinces et territoires) et approuvée par les ministres responsables de la consommation plus tard cette année.
Les gouvernements se sont également penchés sur la réglementation des prêteurs sur salaire pour assurer des niveaux satisfaisants de protection aux consommateurs de cette industrie. En réponse aux provinces qui désirent réglementer cette industrie, le gouvernement a fait savoir qu’il était disposé à proposer des modifications au Code criminel qui donneraient aux provinces et aux territoires intéressés la marge de manœuvre pour réglementer les pratiques commerciales des prêteurs sur salaire et fixer des limites au coût des emprunts.
|
Grandes orientations stratégiques
|
La création d’un climat économique et réglementaire propice aux investissements du secteur privé et, au bout du compte, à la productivité du Canada est un défi de taille que doit relever le gouvernement. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement doit pouvoir compter sur une fonction publique professionnelle qui est résolue à fournir les meilleurs conseils stratégiques qui soient et à exécuter les politiques avec efficience tout en faisant preuve de transparence dans le cadre de ses opérations afin que le gouvernement puisse en rendre compte. Le gouvernement est déterminé à accroître constamment l’efficience de la prestation des services publics, surtout en privilégiant les résultats à titre d’objectif central de la politique au lieu de se concentrer uniquement sur les intrants. De plus, le gouvernement met en place une gouvernance améliorée des services publics et réforme les institutions pour tenir compte de l’importance que revêtent des objectifs clairs, des mesures d’encouragement satisfaisantes et de l’information adéquate sur le rendement si l’on veut accroître la productivité.
Le gouvernement du Canada renforcera et modernisera la gestion du secteur public en améliorant la capacité de répondre aux attentes, l’efficience et la reddition de comptes pour toutes ses activités afin de servir les Canadiens de la meilleure manière possible, tout en gagnant leur confiance à titre de gestionnaire financier avisé. Le gouvernement a réalisé des progrès substantiels au chapitre de la mise en œuvre de ces approches au cours des deux dernières années, surtout en ce qui concerne l’amélioration de la reddition de comptes et de la gouvernance. À moyen terme, il accélérera et institutionnalisera la réforme de la fonction publique.
Capacité de répondre aux attentes.
Une saine gestion nécessite une capacité de répondre aux attentes des Canadiens, à l’échelle de l’appareil gouvernemental. Elle exige que la fonction publique se préoccupe avant tout des intérêts des Canadiens et qu’elle soit résolue à leur fournir des services et programmes d’actualité qui répondent à leurs besoins.Les ministères composant le gouvernement ont fait bon usage d’Internet tant pour fournir de l’information à la population canadienne que pour la consulter. Par ailleurs, il est clair que d’autres efforts s’imposent pour que les Canadiens n’aient pas à traiter directement avec de multiples ministères pour obtenir des renseignements et des services. La décision du gouvernement de créer Service Canada constitue un progrès important à cet égard.
|
Service Canada : un guichet unique au service des Canadiens Le gouvernement du Canada instaure un point de contact unique où peuvent s’adresser les Canadiens qui veulent avoir accès aux services gouvernementaux1. Au fil des années, Service Canada atteindra plus de 30 millions de Canadiens, desservira 1,3 million d’employeurs et fournira un guichet unique que les Canadiens pourront joindre par téléphone et par Internet ou visiter en personne pour obtenir de l’information sur les prestations sociales, les demandes de passeport, le perfectionnement des compétences et de nombreux autres programmes. Service Canada contribuera à accroître le service offert aux Canadiens au premier point de contact et à améliorer l'efficience de la prestation des services au sein du gouvernement. Au terme d’une période de mise en œuvre de trois années, Service Canada sera en mesure de :
La transformation des services permettra également de réformer le fonctionnement du gouvernement :
1 Voir le site à l’adresse www.servicecanada.gc.ca ou composer le1 800 O-Canada (1 800 622-6232); ATS (pour les personnes ayant une déficience auditive ou un trouble de la parole) : 1 800 926-9105. |
Efficience.
Dans le cadre de ses efforts visant à améliorer l’efficience, le gouvernement a entrepris, en décembre 2003, un examen de ses dépenses afin de faire passer les dépenses des secteurs moins prioritaires aux secteurs plus prioritaires. À cette fin, il a mis sur pied le Comité du Cabinet chargé de l’examen des dépenses et lui a confié le mandat d’examiner en profondeur tous les programmes et toutes les dépenses du gouvernement. Cet examen a permis au gouvernement de mettre en évidence des économies atteignant 11 milliards de dollars sur cinq ans qui, à compter de 2005-2006, seront réinvesties dans les secteurs plus prioritaires. Il s’agit d’une culture permanente, en vertu de laquelle l’examen continu des programmes deviendra un élément central de l’engagement du gouvernement du Canada d’accroître l’efficience des programmes.Reddition de comptes.
D’importantes mesures ont été prises pour veiller à ce que le gouvernement, par l’entremise de ses ministres, rende davantage de comptes au Parlement. Des mesures ont également été instaurées pour accroître la reddition de comptes par les gestionnaires de la fonction publique et pour renforcer la gouvernance dans les sociétés d’État.|
Grandes orientations stratégiques
|
Depuis 1997, le gouvernement du Canada a prévu plus de 13 milliards de dollars en nouveau financement pour l’environnement, ce qui comprend des mesures en vue d’améliorer la qualité de l’air, d’assurer la conception, la mise en œuvre et l’exécution de lois-cadres comme la Loi canadienne sur la protection de l’environnement et la Loi sur les espèces en péril, de nettoyer des sites contaminés et d’appuyer le développement de technologies environnementales.
Le budget de 2005 contenait plus de mesures vertes que tout autre budget canadien. Il décrit le cadre que le gouvernement du Canada utilisera pour investir dans l’environnement et évaluer les propositions fiscales relatives à l’environnement. Il prévoit des investissements stratégiques et des initiatives fiscales en vue de faire face aux changements climatiques; de minimiser le risque que des espèces exotiques envahissantes, tant animales que végétales, ne nuisent à notre environnement et à notre économie; d’améliorer l’intégrité écologique de l’écosystème des Grands Lacs et des parcs nationaux; et d’appuyer des évaluations et des recherches scientifiques aux termes de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement.
En avril 2005, le gouvernement a publié le document Aller de l’avant pour contrer les changements climatiques : Un plan pour honorer notre engagement de Kyoto, qui nous guidera dans la mise en œuvre de mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le budget de 2005 prévoit des investissements de plus de 4 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années afin de permettre la réalisation de grandes initiatives prévues dans le Plan sur les changements climatiques, dont les mesures suivantes :
Le Plan recourt à une combinaison innovatrice de règlements, de partenariats et d’instruments reposant sur les mécanismes du marché pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour promouvoir les transformations nécessaires pour que le Canada s’oriente vers une économie à faible consommation de carbone.
Ces mécanismes créeront un marché pour les crédits de carbone, ce qui fournira des signaux économiques en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de stimuler l’innovation. En particulier :
De plus, grâce à des achats concurrentiels de crédits du système de compensations et d’unités de conformité internationales, le Fonds pour le climat aidera à l’établissement d’une valeur marchande pour les réductions et éliminations du carbone, ce qui stimulera l’innovation technologique et contribuera au développement de marchés nationaux et internationaux du carbone. Ses investissements dans les projets internationaux de réduction des émissions permettront notamment d’augmenter l’utilisation de la technologie canadienne dans le cadre de projets dans le monde entier.
Le Plan sur les changements climatiques aidera aussi à conclure des partenariats pour développer et mettre en œuvre de nouvelles technologies. Grâce au Fonds du partenariat, le gouvernement partagera les coûts d’investissements dans la mise en place de nouvelles technologies et infrastructures qui contribueront à réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre. À titre d’exemple, le gouvernement travaille de concert avec les provinces, les territoires et le secteur privé à l’élaboration d’options pour un système intégré de captage et de stockage de quantités importantes de dioxyde de carbone. Par ailleurs, il joint ses efforts à ceux de ces partenaires pour démontrer l’utilisation de la technologie du charbon épuré. Les ressources hydroélectriques du Canada peuvent également contribuer largement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout en favorisant la prospérité et la compétitivité. Le renforcement des réseaux canadiens de transmission de l’électricité d’est en ouest permettrait de recourir davantage à ces ressources.
Le Fonds du partenariat est actuellement doté de 50 millions de dollars par année pour les cinq prochaines années. Compte tenu des éventuelles réductions d’émissions et du calendrier probable des projets, la taille du Fonds pourrait bien augmenter et s’établir entre 2 milliards et 3 milliards de dollars grâce à des investissements prévus dans le budget de 2006 et les budgets subséquents.
Conscient du rôle important de l’efficacité énergétique dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, de la nécessité de rendre l’environnement plus viable et du besoin de protéger les consommateurs et l’industrie contre la hausse des prix de l’énergie, le gouvernement du Canada a annoncé en octobre 2005 une autre série d’initiatives liées à l’efficacité énergétique, à l’appui du Plan pour les changements climatiques du Canada. Il s’agit notamment des mesures suivantes :
Ensemble, ces mesures transformeront radicalement notre économie pour qu’elle utilise de manière plus efficiente ses ressources énergétiques et qu’elle devienne plus durable et plus compétitive à l’échelle internationale.
Le Canada continuera de jouer un rôle de chef de file dans les forums internationaux, comme la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et le G8, afin de régler les questions que la collectivité mondiale juge importantes en matière de changements climatiques, ce qui comprend la promotion de l’adoption de technologies, le développement de marchés et la coopération internationale.
Le Plan sur les changements climatiques représente la première étape du Projet vert, une série de politiques et de programmes à l’appui d’un environnement durable et d’une économie plus compétitive. Le Projet vert traitera également d’un éventail de questions environnementales, dont la biodiversité, les sites contaminés ainsi que la qualité de l’air et de l’eau.
Le budget de 2005 énonce les principes suivants, qui guideront les investissements du gouvernement du Canada sur le plan environnemental :
|
Grandes orientations stratégiques
|
1 OCDE, La paperasserie vue par les entreprises : Les charges administratives et réglementaires des petites et moyennes entreprises, Paris, OCDE, 2001, p. 8.[Retour]
2 Disonible à l'adresse www.tbs-sct.gc.ca/report/govrev/04/cp-rc_f.asp.[Retour]
- Table des matières - Précédent - Suivant -