À peu près tous les paramètres possibles le confirment : les économies du monde sont aujourd’hui plus intégrées qu’elles ne l’ont jamais été. Les biens, les services et les capitaux franchissent plus facilement les frontières, et cela vaut également de plus en plus pour les gens et les idées. Les entreprises conçoivent, planifient, investissent et produisent à la lumière des possibilités qui se présentent partout dans le monde. La production se fait maintenant à l’échelle mondiale et se subdivise en processus plus spécialisés et plus délimités. L’expansion des échanges internationaux se poursuit et ne présente aucun signe de ralentissement.
Les preuves de notre interdépendance se manifestent partout. Depuis les années 1970, les exportations mondiales ont augmenté plus rapidement que le produit intérieur brut (PIB) mondial. De plus, les investissements étrangers se sont accrus plus rapidement que les échanges. La répartition du pouvoir économique évolue, et la concurrence s’intensifie à mesure que des puissances émergentes comme la Chine et l’Inde ouvrent leur économie et accentuent leur présence sur les marchés mondiaux. Les pays qui seront à même de prospérer sont ceux qui misent sur des marchés ouverts, qui sont tournés vers l’extérieur et qui ont la capacité de profiter rapidement de toutes les possibilités.
Les gouvernements jouent un rôle de premier plan afin d’ouvrir les marchés et d’aider les entreprises à faire affaire sur la scène internationale. Ils adoptent à cette fin des politiques visant à atténuer les entraves aux échanges et aux mouvements de capitaux, à attirer les investissements et à établir des réseaux modernes de transports et de communications à l’appui de l’activité commerciale. Au cours des prochaines années, le Canada devra être plus déterminé que jamais à favoriser l’ouverture, et il lui faudra accroître ses efforts en ce sens. Les chaînes d’approvisionnement mondiales exigent des échanges harmonieux de gens, de capitaux, de biens et d’idées. La mise en place de politiques axées sur l’économie mondiale aidera les entreprises canadiennes à exercer un rôle clé au sein des réseaux internationaux qui prennent une importance croissante et qui joueront un rôle crucial dans notre prospérité future.

Dans une de ses grandes études[1], l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) indiquait que l’ouverture aux échanges et à l’investissement apportait une contribution substantielle à la compétitivité, ce qui favorise les gains d’efficience qui soutiennent la croissance de l’économie et des revenus.
Les arguments en faveur de l’ouverture aux investissements étrangers sont aussi déterminants que ceux en faveur de l’ouverture aux échanges. Des économies plus ouvertes peuvent compter sur des taux d’investissement privé plus élevés, ce qui constitue un important facteur de croissance économique. L’investissement direct étranger, notamment, est prisé par les économies prospères, non seulement parce qu’il sert de complément à l’investissement intérieur, mais aussi parce qu’il peut conduire au transfert de meilleures technologies et de pratiques de gestion améliorées.

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L’ouverture des marchés appuie la croissance et la hausse du niveau de vie
Un régime ouvert aux échanges et aux investissements :
Pour les consommateurs canadiens, l’ouverture des marchés et le libre-échange se traduisent par un plus large éventail de biens et de services, dont la qualité est plus élevée et les prix sont plus bas, ce qui a pour effet de hausser le niveau de vie réel. |

Le Canada possède l’une des économies les plus ouvertes du monde, et le commerce constitue l’une des assises de la prospérité du pays. Nous nous classons au cinquième rang mondial au chapitre des échanges, et les exportations représentent près de 40 % de notre PIB. Les échanges forment une proportion plus élevée de la production canadienne que ce n’est le cas pour les autres parties à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et pour les autres pays membres du Groupe des Sept (G7). De plus, la part des échanges dans notre PIB croît plus rapidement que celle des autres grands pays développés.

Bien que le Canada tire depuis longtemps avantage des échanges, notamment grâce aux gains économiques rendus possibles par l’ALENA, de nombreux secteurs de l’économie canadienne accusent encore un retard par rapport aux secteurs américains en ce qui touche la productivité (voir chapitre 3). Il convient notamment de souligner que de nombreux secteurs où la productivité canadienne est nettement moins élevée que celle enregistrée aux États-Unis se caractérisent par une concurrence moins marquée, ce qui s’explique en partie par l’application de droits de douane supérieurs à la moyenne et par l’existence d’autres obstacles aux échanges et aux investissements.
La prospérité future du Canada sera, entre autres, tributaire de politiques d’ouverture du marché intérieur à la concurrence, ce qui servira à promouvoir l’innovation, la création d’emplois et la croissance.
L’argument économique en faveur d’une ouverture accrue des marchés est fort. Le Canada, à titre de membre fondateur de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1947, ainsi que de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a succédé au GATT en 1994, a réduit ses tarifs en échange de réductions réciproques de la part d’autres pays. À la suite de cycles successifs de libéralisation des échanges au cours des 60 dernières années, la moyenne des tarifs pondérés en fonction des échanges des pays industrialisés atteint moins de 3 %.

La conclusion fructueuse des négociations commerciales multilatérales, qui se déroulent actuellement sous l’égide de l’OMC dans le cadre du Cycle de Doha, pourrait mener à une ouverture accrue des marchés, ce qui permettrait aux entreprises canadiennes de se développer et de diversifier leurs ventes sur les marchés internationaux. Cela dit, la réussite est loin d’être assurée. Un leadership marqué et une forte volonté politique de la part des États-Unis et de l’Union européenne seront nécessaires pour progresser dans l’élimination des distorsions commerciales dans le secteur de l’agriculture, qui est essentielle pour l’atteinte de résultats fructueux. Le Canada s’efforce de faire sa part pour garantir des résultats ambitieux qui tiendront compte des intérêts de tous les segments du milieu des affaires et du secteur agricole au Canada.
La libéralisation des échanges à l’échelle mondiale est un processus souvent lent et graduel, mais certains changements sont encourageants. Ainsi, la Chine a joint les rangs de l’OMC en 2001 et a depuis nettement ouvert son marché. En moyenne, les droits de douane en Chine sont désormais à peine plus élevés que dans les pays développés, et ils sont bien plus bas que dans la plupart des autres pays en développement. D’autres pays, dont l’Inde, ont pris conscience des bénéfices de l’ouverture des marchés et ont entrepris d’ouvrir unilatéralement les leurs, sans demander de concessions réciproques de la part de leurs partenaires commerciaux.
Le Canada ne peut pas lui non plus se contenter du statu quo. Bien qu’il ait l’une des économies les plus ouvertes du monde, il applique encore des droits de douane sur de nombreux biens provenant de l’extérieur de l’Amérique du Nord, notamment sur les intrants et les biens d’équipement. Il est nécessaire de moderniser davantage notre régime tarifaire de manière à hausser notre compétitivité. Outre les avantages manifestes liés à l’accès aux marchés, de bons résultats dans le cadre des négociations du Cycle de Doha pourraient contribuer de façon importante à l’amélioration de notre régime tarifaire. Cela dit, tout dépendant des résultats du Cycle de Doha, d’autres mesures pourraient devenir nécessaires afin d’accroître la compétitivité des entreprises canadiennes, notamment la réduction des droits de douane sur les intrants et les biens d’équipement.
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Pour des accords commerciaux fructueux
La prospérité du Canada sera fonction de notre compétitivité sur les marchés internationaux. C’est pour cette raison que le Canada a toujours été partisan de la libéralisation des marchés et d’un système commercial fondé sur des règles. Les efforts actuels sont centrés sur la réussite du Cycle de Doha, sous les auspices de l’OMC, sur l’amélioration des échanges avec notre plus important partenaire, les États-Unis, sur la collaboration avec nos partenaires de l’ALENA en vue d’accroître la compétitivité de l’Amérique du Nord et sur la conclusion d’accords bilatéraux en matière d’échanges et d’investissements avec des partenaires clés. Des négociations de libre-échange sont en cours avec d’importants partenaires commerciaux comme la Corée du Sud qui constitue une porte d’entrée stratégique vers les marchés asiatiques. D’autres négociations en cours visent la conclusion d’accords de promotion et de protection de l’investissement étranger avec des partenaires commerciaux importants comme la Chine, l’Inde et le Pérou. Dans le contexte d’un système commercial fondé sur des règles, le Canada, comme tous ses partenaires commerciaux, doit intervenir pour s’assurer que tous les pays se conforment aux règles et à leurs obligations telles qu’énoncées dans les accords internationaux. Cela peut nécessiter, à l’occasion, l’application de procédures de règlement des différends et, en dernier recours, l’exercice de nos droits internationaux afin d’obtenir réparation des pays qui enfreignent les règles. Lorsque des pays doivent riposter contre des mesures illégales prises par d’autres pays, comme le Canada et d’autres pays l’ont fait contre les États-Unis dans le cas de l’amendement Byrd, les avantages du système sont mis en péril, au détriment de tous. Il est essentiel que nos partenaires commerciaux respectent la primauté du droit et les principes des accords internationaux, compte tenu de leur importance et des avantages qu’ils procurent. C’est seulement ainsi que nous pouvons nous assurer que tous les pays sont disposés à s’engager dans des négociations multilatérales de libéralisation du commerce. |
Le marché nord-américain demeure la priorité du Canada; notre prospérité dépend au premier chef de notre capacité à continuer d’obtenir de bons résultats sur ce marché. L’Accord de libre-échange Canada–États-Unis et l’ALENA ont libéralisé le marché nord-américain. Les États-Unis demeurent de loin notre partenaire commercial le plus important, étant la destination d’environ 80 % de nos exportations. Cela dit, nous devons aussi voir par delà notre situation à l’intérieur de ce marché nord-américain intégré afin d’occuper la place qui nous revient sur les marchés internationaux. Il nous faut donc continuer à progresser sur une variété de questions touchant les échanges et l’efficacité aux frontières afin de garantir notre compétitivité. Le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité, annoncé par le premier ministre Martin, le président Bush et le président Fox en mars 2005, est une initiative importante en ce sens.
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Le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité
La tâche consiste à « concevoir une architecture pour améliorer la sécurité en Amérique du Nord ainsi que pour promouvoir la prospérité de nos citoyens et s’assurer que l’Amérique du Nord est en mesure de relever les défis de demain ». Partenariat nord-américain pour la sécurité |
Ce partenariat prévoit un plan d’action pragmatique et tourné vers l’avenir qui favorisera une approche stratégique plus coordonnée fondée sur la dépendance mutuelle et la nature complémentaire de notre sécurité et de notre prospérité.
Le premier rapport aux chefs d’État dans le cadre du Partenariat énonçait des initiatives rattachées à différents objectifs centraux : accroître la libéralisation des échanges, hausser la compétitivité dans les secteurs clés, rationaliser les processus réglementaires, appuyer le commerce électronique, renforcer les marchés de capitaux et accroître la rapidité et l’efficience des mouvements frontaliers.
Ce partenariat constitue un pas en avant important dans les rapports au sein de l’ALENA. Il reflète le fait que la grande majorité des échanges en Amérique du Nord se font librement. mais des différends peuvent survenir et lorsqu’une solution ne peut être trouvée au moyen de consultations, il faut alors recourir aux procédures de règlement des différends, et leurs conclusions doivent être respectées. Dans le dossier du bois d’œuvre, le Canada a contesté les mesures prises par les États-Unis en faisant appel au processus de règlement des différends de l’ALENA. Or, en dépit d’une décision unanime, finale et exécutoire en faveur du Canada, les États-Unis imposent toujours des droits sur le bois d’œuvre canadien. Le Canada continue d’exercer des pressions sur les États-Unis pour qu’ils respectent les règles de l’ALENA et maintiennent l’intégrité de l’Accord. Entre-temps, le gouvernement du Canada et ses partenaires provinciaux défendront avec vigueur et sans répit les intérêts de nos producteurs de bois d’œuvre, notamment en poursuivant les démarches devant les tribunaux américains en vue de faire supprimer les droits illégaux imposés et d’obtenir le remboursement des droits versés par les exportateurs canadiens de bois d’œuvre.
Depuis le début des années 1980, les flux de capitaux mondiaux ont connu une croissance énorme. Les stocks accumulés d’investissement direct étranger se chiffrent actuellement à plus de 8 billions de dollars américains.
Longtemps, les investissements internationaux au Canada ont été plus élevés que les investissements canadiens à l’étranger. Cette situation s’est toutefois inversée au cours des dernières années, de sorte que la position du Canada au chapitre des investissements internationaux nets s’est continuellement améliorée[2]. En matière d’investissement direct étranger, le Canada est déjà un investisseur net. Cette amélioration au chapitre de l’investissement direct à l’étranger est importante si l’on veut permettre aux entreprises canadiennes d’intégrer efficacement les réseaux d’approvisionnement mondiaux et créer des occasions nouvelles au pays et à l’étranger.

Bien que les États-Unis demeurent la principale destination des investissements canadiens à l’étranger, nos investissements directs sont beaucoup plus diversifiés depuis la fin des années 1990, ce qui s’explique, notamment, par le dynamisme croissant et l’ouverture des marchés de l’Asie.
Avec l’augmentation des investissements de nos entreprises sur les marchés étrangers, le Canada devra intensifier son programme d’accords de promotion et de protection de l’investissement étranger, de manière à préserver les intérêts canadiens et à garantir l’application de règles du jeu équitables pour les entreprises canadiennes.
Le Canada continue d’attirer des investissements directs étrangers, mais l’intensification de la concurrence internationale se poursuit et notre part des stocks d’investissements directs étrangers en Amérique du Nord connaît un fléchissement. Bien que l’on estime que cette tendance s’améliorera en raison des flux d’investissement direct étranger dans le secteur canadien du pétrole et du gaz naturel, le défi du Canada consiste à disposer d’un régime d’investissement direct étranger moderne et d’un environnement propice à l’investissement (cette question est commentée au chapitre 7).

À l’heure actuelle, les investisseurs étrangers considèrent que le Canada dispose d’un régime d’investissement moins attrayant que la plupart des autres pays de l’OCDE, en partie en raison des exigences d’examen des investissements et des restrictions relatives au personnel étranger et aux opérations[3]. Cela dit, le degré élevé de propriété étrangère au sein de l’économie canadienne (mesuré par la part que représente l’investissement direct étranger dans notre PIB) laisse supposer que l’écart entre le Canada et ses partenaires du G7 concernant les restrictions à l’investissement tient davantage de la perception que de la réalité. Néanmoins, il arrive souvent que les perceptions influent sur les décisions. Ainsi, nous devons améliorer les signaux que nous transmettons aux investisseurs internationaux.


Le Canada doit s’assurer que ses restrictions relativement sévères en matière de propriété dans deux secteurs qui sont en principe propices à de tels investissements – les télécommunications et les transports – ne nous désavantagent pas par rapport à nos principaux partenaires commerciaux. Le gouvernement a récemment chargé le Groupe d’étude sur le cadre réglementaire des télécommunications de fournir des recommandations qui pourraient inclure l’application d’un plafond de propriété étrangère au secteur des télécommunications. Le gouvernement a aussi annoncé son intention d’examiner les restrictions en matière de propriété étrangère dans le secteur des transports aériens.
La libre circulation des capitaux à l’échelle mondiale est une caractéristique importante de l’économie moderne. Elle découle du processus de libéralisation et elle reflète aussi l’évolution des préférences des investisseurs ainsi que la disponibilité d’une meilleure information. Les immenses améliorations apportées aux technologies de l’information et des communications (TIC) ont eu pour effet d’élargir les perspectives des investisseurs. Parallèlement, la tendance internationale de plus en plus marquée en faveur de l’ouverture et de la transparence des systèmes financiers, qui favorisent une protection efficace des investisseurs, semble donner lieu à une atténuation des préférences locales. Le Canada doit exploiter et étayer cette tendance. Dans le budget de 2005, le gouvernement a éliminé la règle des biens étrangers, aux termes de laquelle les biens étrangers ne pouvaient pas représenter plus de 30 % de la valeur des actifs détenus par les régimes de pension agréés et les régimes enregistrés d’épargne-retraite canadiens, ce qui a supprimé une restriction importante et désuète en matière de capital.
Les conventions fiscales conclues par le Canada sont une autre caractéristique importante définissant le contexte international dans lequel font affaire les entreprises canadiennes. À cet égard, la convention fiscale conclue avec les États-Unis revêt une importance toute spéciale. Le gouvernement souhaite mettre à jour cette convention et celles conclues avec d’autres pays pour s’assurer qu’elles continuent de faciliter l’investissement international.
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Grandes orientations stratégiques Ouvrir le Canada au reste du monde
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La répartition du pouvoir économique à l’échelle mondiale évolue. Il s’agit là de l’une des forces fondamentales qui redéfinissent l’avenir économique du Canada. Des puissances économiques émergentes, comme la Chine et l’Inde, joignent les rangs des « superpuissances du savoir » et visent à devenir, à l’instar des États-Unis, de l’Union européenne et du Japon, de grands centres de production, d’innovation et d’investissement. Dans un proche avenir, la Chine et l’Inde ne se contenteront plus de participer aux chaînes d’approvisionnement mondiales, reposant sur les technologies et les pratiques de gestion « occidentales ». Ces pays vont être de plus en plus à même de définir eux-mêmes ces chaînes d’approvisionnement.

Les Canadiens ont toutes les raisons de se réjouir de la réussite de ces pays, qui ont pu surmonter des obstacles énormes pour pouvoir connaître une croissance et un développement vigoureux. Grâce à la position qu’il exerce au sein du G7 et à son rôle dans la création du G20, le Canada a contribué de façon importante à l’intégration de ces puissances émergentes à l’économie mondiale et les a encouragées à s’acquitter des responsabilités qui vont de pair avec cette intégration. Comme le soulignent le rapport Martin-Zedillo sur l’importance de libérer l’entrepreneuriat dans les pays en développement, dont le premier ministre est coauteur, et le rapport de la Commission pour l’Afrique cosigné par le ministre des Finances, le développement du secteur privé est essentiel pour sortir les pays de la pauvreté. Le Canada s’est engagé à aider les pays en développement à créer les institutions et la capacité de bâtir des secteurs privés dynamiques.
Les entreprises canadiennes ont déjà été à même de tirer avantage au plan économique de la progression de la Chine et de l’Inde. Les cours mondiaux des produits de base ont connu une croissance à la suite de la hausse de la demande de ces pays, et la Chine s’est hissée au quatrième rang de la liste des principaux marchés d’exportation du Canada (plus de 6 milliards de dollars en 2004). Certes, il s’agit de relations économiques modestes si on les compare aux liens économiques que nous avons tissés en Amérique du Nord, mais il demeure que les possibilités sont énormes pour nos entreprises.
Notre aptitude à saisir les occasions d’affaires sur ces marchés dépend en grande partie du dynamisme de notre secteur privé, bien que le gouvernement ait un rôle important à jouer pour appuyer les entreprises canadiennes. Les défis à relever sont loin d’être négligeables. Le gouvernement proposera une stratégie pour aider les entreprises canadiennes, surtout les petites et moyennes entreprises, à cerner les possibilités commerciales sur les marchés, à faire connaître les points forts du Canada et à réussir su les marchés mondiaux. Ces actions prendront appui sur les efforts en cours pour élargir l’accès aux marchés au moyen de négociations relatives au commerce et à l’investissement.
Somme toute, nos initiatives destinées à maximiser nos perspectives commerciales à l’intérieur de ces marchés exigeront que nous réévaluions et restructurions les activités et les ressources gouvernementales servant à la promotion du commerce et à la défense de nos intérêts. Cela vaut aussi pour nos autres programmes et services rattachés aux échanges commerciaux. Les instruments comme les accords de coopération scientifique et technologique et les mesures de protection de la propriété intellectuelle sont de bons exemples des outils dont doit se doter le gouvernement pour aider les entreprises à faire partie des réseaux d’approvisionnement mondiaux en pleine expansion. Il faudra aussi compter sur un plus grand nombre d’intervenants en Chine, en Inde et au Brésil pour recueillir des renseignements sur les marchés et collaborer avec les autorités locales au sujet des exigences réglementaires et commerciales, de manière que les entreprises canadiennes puissent consacrer toutes leurs énergies à leur activité commerciale.
Pour y arriver, le Canada doit agir dès maintenant. De nombreux autres pays ont déjà augmenté l’aide qu’ils accordent à leurs petites et moyennes entreprises par le truchement de nouveaux services de promotion des exportations et de développement des marchés.
Dans le contexte de la redéfinition de notre approche au regard de ces marchés, le Canada a la chance de compter sur une population multiculturelle, ce qui représente un avantage concurrentiel lorsque l’on veut tirer profit des possibilités sur les marchés émergents. De nombreux Canadiens ont des liens culturels, familiaux et commerciaux avec la Chine, l’Inde et d’autres économies émergentes. Leur connaissance de la langue et de la culture de ces pays ainsi que leur compréhension de la manière dont on y fait des affaires peuvent jouer un rôle essentiel dans l’établissement de liens commerciaux durables. Tant les entreprises que le gouvernement doivent utiliser plus efficacement ces talents pour établir des relations en matière de commerce et d’investissement, et pour moderniser l’image du Canada à l’intérieur de ces marchés émergents.
Notre démarche en vue d’élargir les possibilités économiques à l’étranger ne doit pas nous faire perdre de vue l’importance de la responsabilité sociale des entreprises. Nous devons prendre des mesures afin que les liens économiques que nous établirons favorisent le progrès social, économique et environnemental dans les économies émergentes. Le gouvernement doit notamment collaborer avec le secteur privé afin de promouvoir l’établissement de normes adéquates régissant la conduite des entreprises.
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Promouvoir de nouveaux marchés pour nos entreprises et nos technologies environnementales
Le Protocole de Kyoto, aux termes duquel le Canada a pris l’engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre afin qu’elles soient, d’ici 2008 à 2012, de 6 % inférieures à leur niveau de 1990, prévoit un mécanisme d’observation consistant à acquérir des droits internationaux d’émission. Ces droits d’émission contribueront aux économies des pays en développement et permettront d’ouvrir de nouveaux marchés pour nos entreprises et nos technologies. Le gouvernement du Canada utilisera le Fonds pour le climat, annoncé dans le budget de 2005, qui se chiffre à 1 milliard de dollars, pour acquérir des droits internationaux d’émission de carbone afin d’aider le pays à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les investissements canadiens dans les projets internationaux de réduction des émissions serviront d’autres objectifs stratégiques, car ils seront associés à au moins un des éléments suivants :
Le recours à des instruments innovateurs comme les droits internationaux d’émission pour trouver des solutions au problème du changement climatique illustre le fait qu’il est possible d’aborder des enjeux environnementaux et de faire naître du coup des occasions pour les entreprises qui conçoivent et mettent en œuvre des technologies environnementales. |
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Grandes orientations stratégiques Positionner le Canada au sein des réseaux commerciaux mondiaux
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Pour prospérer, les entreprises doivent faire partie de réseaux à l’intérieur desquels l’information circule rapidement et où les décisions relatives aux sources d’approvisionnement, à la production et à la distribution peuvent être prises de façon cohérente. Le Canada doit compter sur des services de transports et de télécommunications se situant à la fine pointe, et il doit tirer le meilleur profit de sa situation géographique vis-à-vis des États-Unis et de sa proximité avec les économies émergentes de l’Asie-Pacifique.
Les liens entre les pays et leurs partenaires commerciaux se composent de réseaux de transports terrestres, maritimes et aériens qui convergent vers les centres d’activité économique. L’une des principales portes d’entrée du Canada est le poste frontalier de Windsor, par où transitent environ 35 % des marchandises transportées par camion entre le Canada et les États-Unis. Les installations de transports situées sur la côte du Pacifique sont une autre porte d’entrée commerciale importante. Cette porte d’entrée pourrait jouer un rôle particulièrement important dans l’accroissement des échanges entre les pays de l’Asie-Pacifique et l’Amérique du Nord. L’amélioration de ces portes d’entrée sera bénéfique non seulement pour les économies locales et ceux qui les utilisent, mais aussi pour l’ensemble des Canadiens, grâce à l’efficience accrue des échanges et à l’augmentation de l’activité économique.
Le secteur privé et les provinces prévoient faire des investissements substantiels pour accroître la capacité et hausser la qualité des infrastructures de ces portes d’entrée. Pour être en mesure d’exploiter efficacement les liens avec les marchés en expansion, il faudra miser sur une approche de vaste portée englobant des enjeux comme la stratégie commerciale, la circulation des gens, la gestion frontalière et les transports. Pour sa part, le gouvernement du Canada peut appuyer le bon fonctionnement des principales portes d’entrée en s’assurant que des politiques adéquates existent et en effectuant des investissements stratégiques dans l’infrastructure des transports. Cela exigera une coordination étroite entre tous les ordres de gouvernement ainsi qu’avec d’autres administrations et le secteur privé, pour choisir les investissements les plus productifs et veiller à ce que les installations soient utilisées de façon efficiente.
Les transports aériens jouent aussi un rôle clé au niveau des échanges, car ils sont essentiels pour assurer le déplacement sur une longue distance des gens et des marchandises exigeant un transport rapide. C’est pourquoi le Canada cherchera à accroître l’accessibilité de ses marchés du transport aérien international. La réduction des restrictions applicables à l’intérieur de ces marchés se traduirait par des possibilités nouvelles pour les aéroports et les fournisseurs de services aériens, ainsi que par un plus grand choix et par des prix plus bas pour les voyageurs et les expéditeurs de marchandises.
Il importe que toutes les régions du Canada aient accès à des réseaux de télécommunications rendant possible la transmission rapide de l’information entre les entreprises, les fournisseurs et les consommateurs, ces réseaux constituant une caractéristique de plus en plus courante de l’économie mondiale. Le Canada est l’un des pays les plus branchés du monde, si l’on considère l’accès à large bande et les autres services Internet. La quasi-totalité des ménages canadiens ont accès à des services Internet haute vitesse – ils étaient plus de 85 % à avoir un tel accès en 2003. En outre, le Conference Board classe le Canada au second rang parmi les pays du G7 en ce qui concerne les services de technologies de l’information et des communications; seuls les États-Unis nous devancent à ce chapitre.

Toutefois, bien que les services d’accès soient très répandus dans l’ensemble au Canada, un écart important demeure au niveau de l’accès aux services à large bande entre les régions urbaines, où 95 % des marchés ont de tels services d’accès, et les régions rurales, où cette proportion est inférieure aux deux tiers. Cette statistique est source d’inquiétude, car elle signifie que les personnes vivant dans les régions rurales sont moins à même de tirer pleinement parti des nouvelles relations économiques et des gains de productivité qui découlent de cette économie réseautée.
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Grandes orientations stratégiques Créer des portes d’entrée de calibre mondial
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