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Chapitre 5
Promouvoir une économie innovatrice

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Les changements technologiques continuent de transformer l’économie mondiale. Pendant que les progrès touchant les communications à large bande permettent de diffuser l’information plus rapidement, les technologies de base deviennent des matières premières et l’innovation revêt une importance sans cesse croissante. Des marchés du travail mondiaux émergent, modifiant la valeur des compétences professionnelles et donnant lieu à des déplacements de travailleurs qualifiés.

L’innovation contribue à la croissance économique en augmentant l’efficience et en créant de nouveaux produits. Les entreprises innovatrices créent des emplois et offrent en bout de ligne de meilleurs salaires. Les pays à l’avant-garde de l’innovation sont les mieux placés pour développer les secteurs à haute valeur ajoutée qui peuvent constituer de nouvelles sources de croissance.

Aucun élément ne peut à lui seul permettre de créer une économie innovatrice. Le système d’innovation est constitué d’activités complexes et complémentaires exécutées par des institutions publiques, des travailleurs et des entreprises.

L’amélioration des résultats du Canada en matière d’innovation exige donc une stratégie en plusieurs volets. Fondamentalement, elle reposera sur un environnement propice à l’investissement, un régime fiscal concurrentiel, la promotion de la concurrence intérieure et l’ouverture à l’investissement direct étranger. Ces questions sont abordées aux chapitres 6 et 7.

À ces éléments fondamentaux doivent s’ajouter une assise solide de recherche primaire qui débouche sur des découvertes, ainsi que la formation des chercheurs de pointe qui sont essentiels aux économies fondées sur le savoir et les ressources. Pour attirer, cultiver et maintenir en poste les meilleurs chercheurs, le Canada doit être au cœur des réseaux internationaux de recherche. Le gouvernement a un rôle crucial à jouer pour stimuler l’amélioration de la commercialisation et de la performance de la recherche-développement (R-D) dans le secteur privé, pour s’attaquer aux déficiences des marchés qui ralentissent la diffusion des idées nouvelles, et pour favoriser les partenariats entre les chercheurs et l’industrie, afin de transformer l’invention en innovation et de passer de la théorie au produit.

Le lien avec la prospérité

Une économie innovatrice repose sur trois assises : le savoir créé dans les universités, le niveau d’excellence atteint en matière de découverte et la capacité de former des personnes ayant des compétences avancées. L’innovation est alimentée par les nouvelles technologies que les entreprises adoptent en investissant dans les machines et le matériel, ainsi que par les idées qu’elles mettent au point au moyen d’une R-D exclusive et de l’utilisation autorisée de technologies développées à l’étranger. En assurant la formation d’employés mieux qualifiés et en investissant dans les nouvelles technologies et la R-D, une économie accroît sa productivité, son taux de croissance économique et son niveau de vie.

La recherche universitaire crée de nouvelles idées et des innovateurs hautement qualifiés

La contribution la plus importante, et de loin, des universités axées sur la recherche réside dans la formation des diplômés hautement qualifiés dont les entreprises ont de plus en plus besoin pour développer et adopter de nouvelles technologies. Pendant leurs études universitaires, les étudiants sont exposés à des techniques et des concepts de recherche de pointe. Une fois diplômés, ils transfèrent les connaissances acquises dans le cadre de la recherche universitaire aux sociétés qui les engagent. Si l’on fait en sorte que les meilleurs étudiants et chercheurs universitaires entrent en interaction avec des sociétés axées sur le savoir, cela permet aux étudiants de se familiariser avec les défis du secteur privé et de tisser des liens en vue d’une éventuelle collaboration.

La recherche universitaire nous aide aussi, bien sûr, à mieux comprendre le monde qui nous entoure; elle renforce les politiques publiques, enrichit notre culture, mène à l’adoption de nouveaux médicaments et de nouvelles pratiques dans le domaine de la santé et enrichit le fonds commun d’idées que les entreprises peuvent appliquer afin de créer de la valeur.

Lorsque les découvertes issues de la recherche primaire tombent dans le domaine public, leurs avantages ne sont plus réservés à un seul utilisateur mais sont répartis dans l’ensemble de l’économie. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que les retombées de la recherche publique dans l’ensemble de l’économie ont un impact supérieur de 40 % à celui des retombées plus limitées (mais tout de même importantes) de la recherche du secteur privé[1]. Le Canada profite aussi grandement de la recherche publique effectuée à l’étranger : plus nous sommes intégrés à des réseaux internationaux de recherche, plus nous en profitons.

L’investissement dans les machines et le matériel permet de transférer de nouvelles technologies

L’investissement dans les machines et le matériel permet aux sociétés d’accéder aux plus récentes idées qui sont intégrées aux technologies de pointe. Les nouvelles technologies permettent aux travailleurs de produire, en plus grande quantité, des biens et services de meilleure qualité, au moyen de processus opérationnels plus efficients. En même temps, elles peuvent permettre de réduire les coûts de fonctionnement et de production des sociétés et contribuer à accélérer la croissance de celles-ci.

Des données de plus en plus nombreuses montrent que l’investissement dans les technologies de l’information et des communications (TIC) a joué un rôle crucial dans l’accélération de la croissance de la productivité pendant la deuxième moitié des années 1990. Ce phénomène n’a été observé que dans quelques pays, y compris le Canada, l’Australie et les États-Unis. L’OCDE estime que les deux tiers des gains de productivité réalisés au Canada de 1990 à 2000 étaient attribuables aux industries qui faisaient une utilisation intensive des TIC et aux producteurs de TIC. La numérisation de l’information, les normes informatiques communes et Internet favorisent aussi la création de chaînes internationales d’approvisionnement et de production, qui permettent à l’investissement et au travail de se déplacer vers les endroits les plus productifs. Cette tendance devrait se maintenir.

La R-D dans le secteur privé produit de la richesse

Les activités de recherche dans les secteurs public et privé sont complémentaires. Les entreprises ne peuvent pas utiliser pleinement les connaissances produites dans les universités et les laboratoires publics à moins d’avoir leur propre capacité de recherche. Si une entreprise peut exercer des activités de R-D, elle est plus à même d’utiliser les développements tirés de la R-D d’autres entreprises privées pour améliorer ses produits et processus et pour comprendre et adopter de nouvelles machines et de nouveaux éléments de matériel.

La R-D dans le secteur privé est cruciale parce qu’elle est plus directement liée à la croissance économique que la recherche publique. L’OCDE estime qu’une augmentation de 1 point de pourcentage, en proportion du PIB, de la recherche menée par le secteur privé peut hausser le niveau moyen du PIB par habitant de 12 % à long terme[2].

Promouvoir une économie innovatrice

Performance récente et grandes orientations stratégiques

Le leadership du Canada en matière de recherche publique crée un solide fondement qui permettra de bâtir une économie plus innovatrice. La multiplication des liens entre les entreprises et les universités canadiennes permettra au secteur privé de mieux profiter des découvertes universitaires. Les entreprises canadiennes adoptent des technologies de pointe au moyen d’investissements dans les machines et le matériel ainsi que dans la R-D. Même si les entreprises canadiennes sont déjà raisonnablement innovatrices par rapport à celles d’autres pays, elles ont la possibilité d’accroître la valeur qu’elles tirent de leurs innovations sur le marché.

1. Leadership en matière de recherche universitaire

Pour stimuler leur innovation, les entreprises s’en remettent souvent à de nouvelles idées issues de la recherche universitaire et à des diplômés formés à la fine pointe des connaissances. Le Canada crée un environnement de recherche universitaire de calibre mondial en investissant dans les ressources humaines, dans la recherche et dans des installations et équipements de premier plan.

Le gouvernement s’est concentré, au chapitre des investissements, sur les premières étapes du processus d’innovation, où le secteur privé a tendance à ne pas investir assez. C’est en grande partie grâce à ces investissements que le Canada est actuellement, et de loin, le chef de file du Groupe des Sept (G7) au chapitre de la R-D universitaire en proportion du produit intérieur brut (PIB), et qu’il vient au deuxième rang des pays de l’OCDE derrière la Suède. Depuis 1997, le gouvernement a effectué de nouveaux investissements cumulatifs de 12 milliards de dollars afin de renforcer le soutien offert aux chercheurs et d’améliorer les installations et équipements ainsi que l’environnement de recherche dans les universités. Des contributions accrues des universités elles-mêmes, des gouvernements provinciaux et du secteur privé sont venues ajouter au renforcement de la capacité de nos universités en matière de R-D.

Le Canada vient en tête du G7 au chapitre de la recherche universitaire

Ces investissements ont de profondes répercussions : le nombre de publications de chercheurs universitaires canadiens a augmenté de 30 % entre 1997 et 2004, soit le double de l’augmentation des sept années précédentes. De même, les investissements de l’État ont aidé les universités à attirer et à maintenir en poste les meilleurs chercheurs, à inverser « l’exode des cerveaux » et à faire du Canada un lieu de prédilection pour les chercheurs en forte demande. Il y a aujourd’hui 3 200 chercheurs de plus qu’il y a cinq ans dans les universités canadiennes.

Les universités ont aussi utilisé les nouvelles ressources pour mettre au point des programmes d’études supérieures de haute qualité et dont la réputation grandit sans cesse sur la scène internationale, qui sont essentiels pour assurer la formation de nouveaux chercheurs et pour attirer les meilleurs étudiants de partout dans le monde.

Les universités canadiennes attirent des chercheurs de pointe

Michael Byers
Université de la Colombie-Britannique

M. Byers était auparavant professeur de droit et directeur des Études canadiennes à l’Université Duke, aux États-Unis. Il est bien connu pour ses travaux en droit et en politique internationale.

Jillian Buriak
Université de l’Alberta et Institut national de nanotechnologie, Edmonton

Lauréate du prix de chimie pure de l’American Chemical Society en 2003, Mme Buriak est spécialiste de la chimie de surface du silicium. Elle a quitté l’Université Purdue, aux États-Unis, pour venir au Canada.

Bill Thomlinson
Directeur exécutif, Centre canadien de rayonnement synchrotron inc. (CCRS), Saskatoon

M. Thomlinson a occupé plusieurs postes de chercheur et de cadre supérieur au laboratoire national Brookhaven des États-Unis. Avant de déménager en Saskatchewan pour diriger le CCRS, il était chef du Groupe de la recherche médicale de l’Installation européenne de rayonnement synchrotron à Grenoble, en France.

Jacques Corbeil
Université Laval

Avant de s’établir à Québec, M. Corbeil était directeur du laboratoire de génomique de l’Université de la Californie à San Diego. Ses recherches portent sur les maladies infectieuses et certains cancers.

Jeremy M. Grimshaw
Institut de recherche en santé d’Ottawa et Université d’Ottawa

M. Grimshaw est expert en application des connaissances. Il a occupé plusieurs postes de chercheur au Royaume-Uni, dont le dernier à l’unité de recherche sur les services de santé de l’Université d’Aberdeen.

Hélène Paradis
Université Memorial de Terre-Neuve

Spécialiste des cancers chez les enfants, Mme Paradis a obtenu une bourse de recherche postdoctorale de l’institut du cancer Dana-Farber de l’Université Harvard. Elle a enseigné à l’Université de Cincinnati avant de se joindre à l’Université Memorial.

 

Grandes orientations stratégiques
Leadership en matière de recherche universitaire

  • Le gouvernement s’engage à faire en sorte que le Canada demeure le chef de file du G7 au chapitre de la recherche universitaire.
  • Dans les prochaines années, le gouvernement investira massivement pour bâtir des installations et équipements de calibre mondial, pour attirer les meilleurs chercheurs et pour soutenir la recherche primaire.
  • Le gouvernement continuera d’améliorer sa surveillance des investissements et de renforcer la communication des résultats des travaux de recherche.

2. Renforcer les réseaux internationaux de recherche

La création d’universités axées sur la recherche qui satisfont à des normes d’excellence internationales jette les bases d’une collaboration avec les meilleures institutions à l’étranger et permet d’attirer les meilleurs étudiants et chercheurs de partout dans le monde.

Le Canada profite de l’accès qu’il a aux découvertes qui résultent des investissements étrangers dans la recherche primaire. En 2003, le total de l’investissement national du Canada dans la R-D universitaire se chiffrait à environ 6,7 milliards de dollars US, tandis que l’Allemagne investissait 9,6 milliards, le Japon, 15,0 milliards, et les États-Unis, 47,7 milliards. Le renforcement des réseaux unissant nos grandes universités et les institutions de ces pays ouvre la voie au transfert des connaissances à partir d’une base de recherche beaucoup plus vaste.

Même s’il y a environ 35 000 chercheurs universitaires au Canada, l’Allemagne en compte plus de 70 000, le Japon, plus de 170 000, et les États-Unis, plus de 185 000. Des économies émergentes comme l’Inde et la Chine élargissent aussi grandement leur cadre de formation de travailleurs hautement qualifiés. À elle seule, la Chine compte actuellement plus de 1 million de personnes affectées à la R-D. Les meilleurs chercheurs au monde se dirigent vers des institutions où les installations sont de calibre mondial et où l’on mène des recherches qui satisfont aux normes d’excellence internationale les plus élevées qui soient.

Notre leadership sur la scène internationale se traduit également par la gestion des domaines mondiaux essentiels à notre prospérité commune et par la promotion de la recherche dans des secteurs qui s’intéressent aux priorités des pays moins développés, comme la santé et les technologies environnementales.

Grandes orientations stratégiques
Renforcer les réseaux internationaux de recherche
  • Le gouvernement renforcera le soutien qu’il offre aux universités et aux chercheurs de manière à mettre en place des réseaux internationaux et à adhérer à des partenariats de recherche qui amélioreront l’accès du Canada aux résultats de la recherche de pointe.
  • Le gouvernement facilitera l’accès des meilleurs chercheurs au monde au marché du travail canadien.
  • Le gouvernement respectera son engagement à consacrer 5 % de la R-D fédérale aux problèmes auxquels les pays en développement sont confrontés, y compris les secteurs de la santé et des technologies environnementales.

3. Favoriser la R-D et l’adoption de technologies dans le secteur privé

Les entreprises canadiennes semblent ne pas investir assez dans la R-D et l’adoption de technologies. Les investissements des entreprises dans les machines et le matériel constituent une mesure du taux d’adoption des technologies au sein d’une économie. Suivant cette mesure, les entreprises canadiennes investissent moins que leurs homologues des autres grands pays, et ce, depuis au moins trois décennies. Cependant – et c’est peut-être là le résultat de l’environnement plus propice à l’investissement dont il sera question au chapitre 7 –, il est encourageant de constater que, pendant les 10 dernières années, le total de l’investissement dans les machines et le matériel a augmenté au Canada en proportion de notre économie. Une grande partie des machines et du matériel achetés par les entreprises canadiennes proviennent de l’étranger, ce qui permet à nos sociétés d’avoir accès à de la R-D étrangère.

Les entreprises canadiennes pourraient profiter d'investissements accrus dans les machines et le matériel

Des investissements accrus dans la R-D donnent l’occasion de connaître une croissance plus rapide

Dans l’ensemble, les investissements du secteur privé dans la R-D, en pourcentage de l’économie, sont moins élevés au Canada que dans la plupart des autres pays avancés. Le Canada se classe au sixième rang du G7 à ce chapitre. Le ratio des investissements des entreprises dans la R-D au PIB s’établissait à 1,0 % au Canada en 2004, en comparaison de 1,8 % aux États-Unis.

Le total des investissements canadiens dans la R-D peut encore augmenter

Cet écart entre le Canada et les États-Unis s’explique surtout par des différences structurelles entre les économies des deux pays. Environ les deux tiers de cet écart résultent en effet d’investissements moins élevés dans la R-D dans les secteurs de l’automobile et des services. Le secteur de l’automobile consacre moins de 5 % de sa valeur ajoutée à la R-D au Canada, en comparaison de plus de 15 % aux États-Unis. Toutefois, les assembleurs établis au Canada profitent des investissements dans la R-D de leurs sociétés mères lorsque de nouvelles machines et de nouveaux procédés de fabrication sont transférés aux installations situées au Canada. Par ailleurs, même si l’intensité de la R-D dans le secteur des services demeure moins élevée au Canada qu’aux États-Unis, les entreprises canadiennes de ce secteur ont triplé leurs investissements dans la R-D entre 1991 et 2002. L’amélioration du contexte stratégique depuis 1994 a probablement favorisé la réduction de cet écart, mais il reste encore beaucoup à faire.

Dans l’ensemble, les secteurs de la haute technologie au Canada ont un bilan impressionnant sur le plan de la R-D. Dans les pays membres de l’OCDE, les secteurs les plus actifs en matière de R-D sont ceux du matériel informatique et de bureau, du matériel de communications, des produits pharmaceutiques, du matériel de transport (surtout l’aéronautique) et de l’automobile. Dans les trois premiers de ces secteurs, les entreprises canadiennes investissent autant ou davantage que leurs concurrentes, en pourcentage de la valeur ajoutée. Cependant, comme la part de ces secteurs dans l’économie est moins grande au Canada qu’aux États-Unis, leur impact sur les données nationales relatives à la R-D est limité.

Les entreprises canadiennes des principaux secteurs de la haute technologie investissent plus dans la R-D que les entreprises américaines

Les taux de croissance plus élevés des secteurs à forte intensité de R-D, ainsi que l’augmentation continue de l’investissement dans la R-D par le secteur des services, feront augmenter l’intensité globale de la R-D au Canada au fil des ans. La hausse des investissements dans la R-D et dans l’adoption de technologies favorise la croissance de l’économie et peut aussi contribuer à rendre celle-ci plus viable. Les investissements accrus du gouvernement en matière de technologies environnementales aident le Canada à atteindre ces deux objectifs.

Bâtir un secteur des technologies environnementales innovateur

Les investissements dans les technologies environnementales ont le double avantage de favoriser la croissance économique et d’améliorer la protection de l’environnement. Ainsi, le gouvernement rehausse la performance environnementale et obtient des réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) en encourageant l’amélioration de l’efficacité énergétique ainsi que l’utilisation de sources d’énergie de remplacement. Le gouvernement du Canada a beaucoup investi pour promouvoir la recherche, le développement et l’adoption par le secteur privé de solutions technologiques innovatrices à nos problèmes environnementaux, notamment en prenant les mesures suivantes :

  • Initiative en matière de technologie et d’innovation appliquées au changement climatique – Cette initiative prévoit des investissements dans cinq secteurs stratégiques : combustibles fossiles moins polluants, économie de l’hydrogène, technologies à haute efficacité en utilisation finale, production décentralisée d’énergie et biocarburants. Grâce à des partenariats avec les provinces, le secteur privé et les universités, elle appuie le développement de nouvelles technologies liées au changement climatique ainsi que l’élaboration de stratégies pour leur mise en œuvre.
  • Technologies du développement durable Canada – Cette fondation, qui gère un fonds de 550 millions de dollars, appuie la mise au point et la démonstration d’une vaste gamme de technologies afin d’améliorer la qualité de l’air, de l’eau et des sols et de réduire les émissions de GES qui contribuent au changement climatique. Le secteur privé obtient un financement qui lui permet de sortir la R-D innovatrice des laboratoires pour la mettre à l’essai sur le terrain, en vue de sa mise en œuvre.
  • Partenariats avec des centres de recherche canadiens et le secteur privé – Ces partenariats permettent la réalisation de projets de calibre mondial comme le projet de contrôle et de stockage du dioxyde de carbone réalisé près de Weyburn (Saskatchewan) par le Petroleum Technology Research Centre de l’Université de Regina. Réalisé avec l’accord de l’Agence internationale de l’énergie, ce projet ouvre la voie à de futures innovations en matière de captage et de stockage du dioxyde de carbone.

De plus, le gouvernement a indiqué que les plus grands émetteurs industriels de GES du Canada pourront investir dans des fonds de développement technologique agréés pour s’acquitter d’une partie de leurs obligations de réduction des émissions prévues par le Plan du Canada sur les changements climatiques. Ces fonds orienteront les activités de recherche, de développement et de mise en œuvre vers les secteurs les plus aptes à produire les changements à long terme requis pour que le Canada puisse atteindre ses objectifs ultimes de réduction des émissions de GES.

L’accès à la R-D d’autres pays permet aux entreprises canadiennes de faire une utilisation plus intensive de la technologie

En plus d’exécuter elles-mêmes des travaux de recherche, les entreprises canadiennes ont accès à la R-D effectuée à l’étranger lorsqu’elles achètent des licences et paient des redevances pour avoir accès aux technologies issues des investissements d’entreprises étrangères dans la R-D. Dans une petite économie ouverte, ces formes de transfert technologique, combinées à l’investissement direct étranger, constituent un mécanisme essentiel permettant de hausser les niveaux de productivité.

Statistique Canada a quantifié l’utilisation que divers pays font de la technologie en combinant l’investissement direct intérieur du secteur privé dans la R-D et une estimation de la R-D acquise au moyen de licences et de paiements de redevances pour la technologie étrangère.

En comparaison des États-Unis, si l’on ne mesure que la R-D effectuée au Canada dans le secteur privé, l’écart technologique est de 50 % en faveur des entreprises des États-Unis. Si l’on inclut la R-D intégrée aux technologies et aux brevets étrangers auxquels ont accès les entreprises canadiennes, la part de la R-D dans le secteur privé par rapport au PIB du Canada augmente de pas moins de 80 %. Lorsqu’on adopte cette conception plus large de l’utilisation de la recherche et de la technologie, on constate que, même si les entreprises canadiennes peuvent accroître leurs investissements pour que le Canada rejoigne le peloton de tête, l’écart technologique rétrécit beaucoup lorsqu’on tient compte des avantages de l’adoption de technologies[3].

L'exploitation autorisée de technologies étrangères accroît l'utilisation de la technologie dans le secteur privé au Canada

L’accès aux connaissances provenant de l’étranger accroît la capacité technologique des entreprises et nous rappelle à quel point l’ouverture est importante pour la performance économique. Il constitue aussi un complément des investissements directs dans la R-D, car les entreprises qui effectuent de la R-D et qui emploient des personnes ayant des compétences avancées en sciences et en génie sont les mieux placées pour adopter avec succès des technologies mises au point ailleurs. Toutefois, pour une économie de premier plan, rien ne peut remplacer la mise au point par les entreprises de leurs propres innovations – l’invention, plutôt que l’imitation.

Grandes orientations stratégiques
Favoriser la R-D et l'adoption de technologies dans le secteur privé
  • Le gouvernement établira un environnement propice à l’investissement, comme il est expliqué au chapitre 7.
  • Le gouvernement améliorera encore le régime fiscal pour qu’il soutienne davantage l’innovation.
  • Le gouvernement instaurera de nouveaux programmes pour améliorer le soutien actuellement offert au développement et à l’adoption de nouvelles technologies.

4. Accélérer la commercialisation des nouvelles technologies

Une meilleure diffusion des découvertes issues de la recherche publique et de la recherche universitaire permettra aux entreprises d’être plus performantes sur le plan de l’innovation. Grâce au solide fondement de la recherche primaire au Canada, nos entreprises ont l’occasion d’être les premières à développer et à commercialiser des innovations. À mesure que les universités canadiennes intensifient leur collaboration avec des institutions étrangères, elles peuvent diffuser un plus vaste fonds de connaissances au sein de nos entreprises.

La commercialisation des résultats de la recherche universitaire se mesure habituellement au nombre de licences accordées, aux revenus qui en proviennent et au nombre de nouvelles entreprises créées à partir de technologies mises au point dans les universités. Les universités canadiennes obtiennent des résultats assez semblables à ceux des universités américaines au chapitre de la production de propriété intellectuelle à partir de leurs recherches. Les institutions canadiennes et américaines accordent aussi à peu près le même nombre de licences par dollar consacré à la recherche, et elles affichent des proportions semblables de licences en vigueur qui produisent des revenus.

Le Canada a la possibilité de tirer une plus grande valeur des nouvelles technologies issues de la recherche universitaire

Cependant, des données récentes révèlent que les universités canadiennes tirent moins de revenus de leur propriété intellectuelle que les universités américaines. Le plus faible rendement des licences en matière de technologie peut être attribuable au fait que les entreprises canadiennes commercialisent leurs découvertes sur un marché national plus petit, plutôt que de faire connaître leurs produits et services améliorés sur de plus grands marchés à l’étranger. Une fois de plus, le développement d’une orientation mondiale peut être important. Les universités canadiennes s’en remettent aussi dans une plus grande mesure à des entreprises débutantes pour commercialiser leurs découvertes, alors que les institutions des États-Unis profitent davantage d’entreprises déjà établies. À mesure que grandiront les secteurs à forte utilisation de technologie au Canada, cette tendance pourrait se modifier, car les entreprises établies offriront une plus grande capacité d’accueillir les découvertes universitaires.

Les universités ont commencé à affecter davantage de ressources aux activités de commercialisation et à intégrer des objectifs de transfert technologique dans leurs plans stratégiques. Dans le budget de 2004, le gouvernement a annoncé deux initiatives pilotes visant à améliorer la commercialisation des découvertes issues des universités et des laboratoires fédéraux, et les trois conseils subventionnaires tripleront d’ici 2006-2007 leur soutien à la commercialisation des recherches qu’ils parrainent.

Le renforcement des liens entre les chercheurs universitaires et les entreprises, de sorte que les connaissances soient plus facilement transférées du milieu de la recherche au secteur privé, permettra au Canada de profiter davantage du leadership qu’il exerce dans le domaine de la recherche primaire. Une meilleure circulation des personnes entre les universités et les entreprises permettra au secteur privé de mieux profiter de connaissances appliquées et intangibles en dotant les entreprises de personnes qui ont le savoir-faire et l’expérience de la recherche et qui font partie des réseaux nécessaires pour mieux tirer profit des résultats de la recherche primaire.

Le transfert des connaissances entre d’autres institutions de recherche publique et le secteur privé peut également être amélioré. L’implantation de laboratoires de recherche gouvernementaux dans les milieux universitaires et plus près des concentrations d’entreprises visées peut améliorer le transfert des connaissances et accroître la collaboration.

Rapprocher les laboratoires gouvernementaux des universités et du secteur privé

En juillet 2005, le gouvernement a annoncé que le Laboratoire de la technologie des matériaux de CANMET (LTM-CANMET) de Ressources naturelles Canada déménageait dans les nouvelles installations à la fine pointe de la technologie du parc de l’innovation de l’Université McMaster, à Hamilton.

Le déménagement permettra au LTM-CANMET de prendre place au sein d’une grappe d’industries et d’organismes de recherche établis, et il accroîtra la compétitivité des produits de métal à valeur ajoutée au Canada.

Le LTM-CANMET mène des recherches visant à aider l’industrie canadienne à mettre au point des solutions technologiques et des matériaux innovateurs. Le laboratoire concentre ses recherches dans les secteurs du transport, de la construction et de l’énergie.

Les laboratoires gouvernementaux accroissent les moyens technologiques dans plusieurs secteurs essentiels, comme celui de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Les efforts du gouvernement pour améliorer l’accès aux marchés et pour aider les divers secteurs à faire face à des chocs économiques imprévus contribuent aussi à une meilleure performance en matière de commercialisation.

Bâtir un secteur agricole et agroalimentaire innovateur

Au cours des cinq dernières années, la croissance annuelle moyenne de la productivité du travail dans le secteur de l’agriculture s’est établie à 6 %. Les exportations dans le secteur agroalimentaire ont progressé à un taux annuel moyen de 5 %, atteignant environ 30 milliards de dollars en 2004. Ces dernières années, toutefois, les agriculteurs ont subi le contrecoup de la baisse des prix des produits de base, de l’augmentation du coût des intrants et de crises agricoles successives, y compris la sécheresse, la maladie de la vache folle, la grippe aviaire et les inondations. En 2003, ces facteurs combinés ont concouru à la faiblesse sans précédent des revenus agricoles, qui ont toutefois amorcé une remontée en 2004.

Les gouvernements ont réagi en offrant un soutien plus élevé que jamais aux agriculteurs. Cette aide est toutefois une solution temporaire. Si l’on se tourne vers l’avenir, le gouvernement du Canada s’engage à assurer la viabilité à long terme du secteur agricole et agroalimentaire. Cela dit, pour réaliser cet objectif, le secteur devra procéder à des transformations fondamentales. Dans le but de faciliter ce processus, le gouvernement se concentrera sur les priorités suivantes :

  • Uniformiser les règles du jeu sur la scène internationale, de sorte que les producteurs et les transformateurs de tous les pays puissent se livrer une saine concurrence. Nous voulons notamment obtenir l’élimination de toutes les subventions à l’exportation, la réduction de l’aide intérieure et un accès accru aux marchés étrangers. Le gouvernement du Canada s’efforce par ailleurs de maintenir la capacité des Canadiens de choisir le mode de commercialisation de leurs produits au pays.
  • Hausser la compétitivité en misant sur l’innovation. Dans ce but, en collaboration avec toutes les parties intéressées, un examen des activités scientifiques et des travaux de recherche à Agriculture et Agroalimentaire Canada sera mené.
  • Veiller à ce que des programmes efficaces de gestion du risque soient mis en place.

Ces initiatives ont pour but de renforcer l’assise concurrentielle du secteur agricole et de promouvoir la viabilité des collectivités rurales.

 

Grandes orientations stratégiques
Accélérer la commercialisation des nouvelles technologies

  • Le gouvernement répondra aux recommandations du Groupe d’experts sur la commercialisation de la recherche universitaire établi par Industrie Canada. Des mesures seront adoptées pour :
  • Accroître la capacité de commercialisation de grappes établies d’activités économiques.
  • Améliorer la collaboration entre les chercheurs du secteur privé et des universités.
  • Renforcer les capacités de gestion et de commercialisation des scientifiques et des ingénieurs.
  • Le gouvernement mettra en œuvre de nouveaux modèles de gestion des laboratoires gouvernementaux afin de renforcer les grappes d’excellence en matière de recherche dans le secteur privé et en milieu universitaire.

1

Dominique Guellec et Bruno van Pottelsberghe de la Potterie, « R-D et croissance de la productivité : analyse des données d’un panel de 16 pays de l’OCDE », Revue économique de l’OCDE, no 33 (2001) [Retour]

2

OCDE, Les sources de la croissance économique dans les pays de l’OCDE (2003) [Retour]

3

John Baldwin, Desmond Beckstead et Guy Gellatly, Statistique Canada, « Canada’s Expenditure on Knowledge Capital » (2004) [Retour]

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