Note préliminaire
Dans la présente publication, les symboles suivants sont utilisés pour représenter des sommes d'argent : M$ pour millions de dollars et G$ pour milliards de dollars.
En outre, les termes du genre masculin utilisés pour désigner des personnes englobent à la fois les femmes et les hommes.
Ce plan présente un vaste cadre de politique économique qui orientera les efforts que déploiera le gouvernement du Canada au cours des prochaines années pour stimuler l'emploi, favoriser la croissance économique et accroître la prospérité. Ce plan jette les assises qui concrétiseront une vision du Canada voulant que « notre qualité de vie soit sans pareille »[1].
Nous sommes déjà en position de force. Le travail acharné des Canadiennes et des Canadiens ces 10 dernières années a mis à profit des réalisations enviables en matière de stabilité financière, de performance économique et de cohésion sociale. Le Canada est donc particulièrement bien placé pour tirer profit des tendances mondiales; il est prospère et occupe avec confiance sa place dans le monde.
À titre individuel, chaque citoyen canadien a un rôle important à assumer pour réaliser cette vision. Ensemble, les Canadiens peuvent en faire une réalité.
L'objectif stratégique fondamental de la politique publique consiste à offrir des possibilités pour que chaque citoyen canadien puisse s'épanouir sur le plan personnel grâce à son travail et à ses loisirs, dans une société juste et libre. Dans un tel contexte, le but ultime de la politique économique est d'améliorer notre qualité de vie en haussant le niveau de vie. La qualité de vie est un vaste concept de bien-être collectif qui repose sur un éventail de facteurs : le niveau de vie, la santé, l'environnement, la culture, les familles, la sécurité nationale et le fait que nous sommes citoyens du monde. Même si le présent plan met l'accent sur l'amélioration du niveau de vie, il s'inscrit dans un cadre plus vaste.

Le niveau de vie et les autres déterminants de la qualité de vie sont liés les uns aux autres. Par exemple, un niveau de vie plus élevé procure les ressources dont la société a besoin pour agir sur les autres facteurs qui façonnent notre bien-être. Au bout du compte, la qualité de vie est particulièrement importante si l'on veut attirer et retenir au Canada les gens les plus brillants et les plus compétents qui soient. La qualité de vie globale contribue à l'évolution de nos perspectives économiques. Ainsi, des soins de santé de haute qualité assurent un avantage concurrentiel aux entreprises canadiennes, car les travailleurs sont en bonne santé et les coûts pour les employeurs sont faibles et stables. Nous continuerons, dans notre approche, de placer le patient au centre de la réforme.
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Budgets de 2004 et de 2005 : progrès récents en matière de promotion de la qualité de vie
Santé : Prenant appui sur les accords sur la santé de 2000 et de 2003, tous les premiers ministres ont signé, en 2004, le Plan décennal pour consolider les soins de santé, qui comporte l'engagement d'améliorer l'accès aux soins de santé financés par l'État et de réduire les temps d'attente pour les principaux services. À l'appui de ce plan, le gouvernement du Canada a annoncé un nouveau financement à long terme de plus de 41 milliards de dollars pour le système de soins de santé du Canada.Environnement : En 2005, le gouvernement du Canada a jeté les bases du Projet vert, un ensemble complet de politiques et de programmes visant à soutenir un environnement durable et une économie plus concurrentielle. Le budget de 2005 a donné beaucoup d'élan au Projet vert en prévoyant 4 milliards de dollars en faveur du Plan du gouvernement sur les changements climatiques.Collectivités et culture : Le gouvernement accorde beaucoup d'importance à la viabilité, à la créativité et à la sécurité des collectivités. Le budget de 2004 a annoncé la première grande mesure visant l'exécution du Nouveau pacte pour les villes et les collectivités en injectant, sur une période de 10 ans, une somme de 7 milliards de dollars obtenue par l'augmentation du remboursement de la taxe sur les produits et services payée par les municipalités. Le budget de 2005 a fourni 5 milliards de plus aux villes et aux collectivités, sur une période de cinq ans, soit une partie des revenus provenant de la taxe fédérale sur l'essence. En plus des quelque 740 millions injectés depuis 2001, de nouveaux fonds totalisant 860 millions ont été annoncés dans le budget de 2005 au titre de l'initiative Un avenir en art, qui appuie les arts et la culture au Canada.Familles : Prenant appui sur l'augmentation de 965 millions de dollars par année du supplément de la Prestation nationale pour enfants annoncée dans le budget de 2003, le gouvernement a, dans le budget de 2005, affecté 5 milliards sur cinq ans à l'initiative d'apprentissage et de garde des jeunes enfants. De plus, le gouvernement a annoncé, dans le budget de 2005, une augmentation de 2,7 milliards sur cinq ans du Supplément de revenu garanti destiné aux personnes âgées à faible revenu.Le Canada et le monde : L'Énoncé de politique internationale de 2005 décrit en détail les nouvelles priorités du Canada dans les domaines de la défense, de la diplomatie, du développement et du commerce. Il se fonde sur les engagements annoncés dans le budget de 2005, notamment le versement de 3,4 milliards de dollars au titre de l'aide internationale et de plus de 12 milliards au chapitre de la défense, soit la plus forte augmentation du financement de la défense en 25 ans. Par ailleurs, le gouvernement a consacré plus de 9,3 milliards à la mise en ouvre de nouvelles mesures de sécurité depuis 2001, ce qui comprend des fonds au titre de la Politique de sécurité nationale et aux fins de la sécurité du transport aérien et maritime, des services de police et du renseignement, de la protection civile et de la sécurité aux frontières. Depuis 2005, le gouvernement a aussi investi 58 millions de dollars pour se préparer à une éventuelle pandémie de grippe, notamment pour l'achat de médicaments antiviraux. |
Le gouvernement collaborera avec les provinces pour maintenir l'avantage du Canada à cet égard en faisant en sorte que, de plus en plus, des soins de santé de haute qualité soient fournis en temps opportun et de manière prévisible.
Pour actualiser et renforcer notre cadre de politique économique, nous pouvons tirer parti d'une économie robuste et d'une situation financière solide. Comme le précise le chapitre 2, les mesures énergiques mises en ouvre et les sacrifices consentis depuis 1994 ont permis aux Canadiens de réaliser des progrès immenses. Depuis que le déficit fédéral a été éliminé en 1997, des ressources ont été dégagées, puis investies dans les grandes priorités économiques et sociales.
Mais, surtout, les Canadiens sont retournés sur le marché du travail. Depuis 1997, le Canada se classe au premier rang des leaders mondiaux formant le Groupe des Sept (ou G7, constitué des pays suivants : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni). La participation globale sur le marché du travail atteint maintenant un sommet inégalé et le chômage est à son taux le plus faible en 30 ans. Au cours de la même période, le Canada a enregistré la deuxième plus forte augmentation de la croissance moyenne de la productivité de tous les pays du G7. Le Canada a par ailleurs pris la tête du peloton de ces pays au chapitre de la hausse du niveau de vie. Il a commencé à réinvestir dans les familles, le logement, les milieux de travail, les institutions et les services publics, et le rythme de ces réinvestissements s'accélère.
Aujourd'hui, le pouvoir économique se déplace en raison de l'émergence de puissances économiques comme la Chine et l'Inde et, simultanément, de l'adoption généralisée de technologies de l'information et des communications transformatrices. La Chine devrait devenir la deuxième plus grande économie de la planète d'ici 2020, tandis que la part de l'économie mondiale qu'occupe l'Inde devrait dépasser celle du Canada au cours de la prochaine décennie. Toutefois, le Canada est bien placé pour prospérer dans ce nouvel environnement économique.
En même temps, à l'instar de nombreuses autres économies avancées, le Canada est confronté au vieillissement de la population. Les jeunes générations de demain compteront pour une part plus petite de notre population. Par conséquent, sous peu, la croissance de l'emploi ne contribuera plus automatiquement à la hausse du niveau de vie. Ce changement démographique mettra également à l'épreuve la solidité de nos finances publiques, compte tenu des pressions accrues qui s'exerceront sur le régime de santé et les programmes sociaux du Canada.

Pour que le Canada continue à être prospère, il nous faudra intervenir avec détermination. Or, comme les Canadiens l'ont si bien montré au cours des 10 dernières années, il est possible de relever les défis et de saisir les nouvelles occasions qui se présentent si nous nous dotons d'un plan bien ciblé. Le présent énoncé de politique économique jette les assises d'une intervention confiante et prometteuse.
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Les Canadiens de la génération du baby boom
« À plus long terme, les Canadiens de la génération du baby boom commençant à prendre leur retraite, le taux de dépendance économique s'élèvera et la population d'âge actif se réduira en l'absence de nouvelles entrées nettes de migrants. Face à cette évolution prévisible, le pays a deux principaux défis à relever :
Organisation de coopération et de développement économiques, |
Pour réussir au XXIe siècle, les Canadiens doivent adopter une perspective mondiale, ce que le présent plan fait à de nombreux égards.
Dans son ensemble, le Plan cherche à positionner le Canada comme un chef de file dans l'économie mondiale.
Le réexamen des objectifs et des orientations de notre politique économique nous montre que nous avons raison d'afficher un optimisme renouvelé. Les initiatives lancées depuis 1994 nous ont donné les coudées franches pour planifier et intervenir à long terme, de sorte qu'aujourd'hui, nous pouvons préparer le Canada que nous voulons obtenir d'ici 15 ans, au lieu d'avoir à nous demander comment joindre les deux bouts. Cette situation enviable découle des efforts que nous avons déployés pour faire des déficits une chose du passé.
Le Canada est particulièrement bien placé pour profiter des changements profonds touchant l'économie mondiale en raison de sa population diversifiée et très qualifiée, de son ouverture sur le monde, de son immense potentiel en ressources naturelles et de sa bonne santé financière. Toutefois, notre réussite n'est pas un droit acquis. Pour réaliser tout notre potentiel et pour fournir à chaque citoyen canadien les possibilités qu'il mérite, nous devons augmenter d'un cran notre performance économique.
Cela signifie essentiellement que nous devons offrir des possibilités à tous les Canadiens. Plus précisément, nous devons veiller à ce que tous aient la chance d'acquérir les compétences voulues et à ce que personne n'ait à affronter des obstacles insurmontables pour se réaliser pleinement sur le plan personnel grâce à son travail. À cet engagement fondamental envers l'équité doit se greffer l'amélioration de notre performance sur le plan de la productivité. Or, la productivité est un moyen, et non une fin en soi. Une économie plus productive est la seule voie fiable menant à de meilleurs emplois, à un revenu disponible plus élevé, à un niveau de vie supérieur et, au bout du compte, à une plus grande qualité de vie pour les Canadiens.

Pour hausser le niveau de vie, nous devons nous concentrer sur l'amélioration de la productivité. Le niveau de vie correspond habituellement au produit intérieur brut (PIB) par habitant. Il est fonction du nombre de personnes qui travaillent, du temps de travail et de l'efficience dont ces personnes font preuve dans leur travail. À la marge, un changement de l'un ou autre de ces facteurs se traduit par un changement équivalent du niveau de vie. Compte tenu du taux d'emploi record que nous enregistrons actuellement et du vieillissement de la population du Canada au cours des prochaines années, l'effet de la croissance de l'emploi diminuera. Toute hausse importante future du niveau de vie des Canadiens proviendra soit d'une augmentation du nombre moyen d'heures travaillées, soit d'une hausse de notre productivité.
Nous avons donc le choix de travailler plus fort ou de travailler de façon plus intelligente.
Travailler de façon plus intelligente signifie simplement produire davantage en déployant un effort semblable, voire moins grand. Du point de vue pratique, il est prouvé que le relèvement du niveau de vie dépend pour une large part des investissements dans les secteurs clés qui stimulent la productivité et la croissance économique, à savoir les gens, le capital physique et l'innovation. En effet, les économies qui affichent le plus fort rendement dans ces trois secteurs sont celles qui réussissent le mieux à créer des emplois nouveaux et meilleurs et à hausser le niveau de vie. Il est tout aussi important que les gouvernements adoptent des politiques qui favorisent le développement et l'interaction de ces facteurs, notamment en établissant l'environnement macroéconomique propice, en encourageant la concurrence et en favorisant l'efficience des marchés.
Pour les Canadiens, travailler de façon plus intelligente est à la base du progrès économique. De fait, la productivité se révèle de loin le facteur de progrès le plus important, car elle a compté pour près de 90 % de l'amélioration du niveau de vie du Canada ces 50 dernières années. Le revenu que les travailleurs canadiens toucheront et les ressources qui seront mises à la disposition des institutions publiques et privées dépendront donc, dans une mesure de plus en plus grande, des progrès soutenus de la productivité.
Les progrès économiques solides réalisés au Canada depuis plus d'une décennie montrent qu'un gouvernement qui s'est doté d'un plan économique clair, qu'il est résolu à mettre en oeuvre, peut aider ses citoyens à réaliser leurs buts individuels et collectifs. Cependant, le gouvernement du Canada ne peut à lui seul garantir la réussite économique. Les autres ordres de gouvernement ont également un rôle important à jouer à cet égard et, au bout du compte, ce sont les décisions et les efforts de l'ensemble de la population canadienne - collectivement, par l'entremise des gouvernements, des sociétés privées, des syndicats et des organismes à but non lucratif, ainsi qu'à titre individuel - qui détermineront la performance économique de notre pays. Tous les Canadiens ont contribué à notre succès depuis 1994. Des progrès supplémentaires exigeront un effort de collaboration dans le cadre duquel chaque Canadien contribuera à l'atteinte des objectifs nationaux que sont la prospérité économique et la réussite mondiale.
Il incombe au gouvernement du Canada de prendre les rênes, et il accepte pleinement cette responsabilité. Pour être efficace, le gouvernement doit cibler son attention sur les secteurs où il peut avoir le plus d'impact. Le présent plan cerne ces priorités.
Les Canadiens peuvent de manière réaliste aspirer à une économie qui leur assure une qualité de vie sans pareille. Le présent plan montre comment nous pouvons atteindre cet objectif.
Les parties suivantes du document contiennent une analyse approfondie de la croissance de la productivité et tirent de cette analyse les principes de politique économique qui appuieront le rôle que jouera le gouvernement fédéral pour faire du Canada un chef de file en matière de qualité de vie. Les chapitres 2 et 3 fournissent le contexte, car ils traitent des réalisations du Canada au cours des 10 dernières années et examinent les nouveaux défis et les nouvelles possibilités qui nous attendent dans les années à venir. Les éléments du Plan qui sont tournés vers l'avenir sont décrits dans les chapitres suivants.
Comme ces divers chapitres le préciseront, il n'existe aucune solution simple pour assurer une prospérité durable. La hausse du niveau de vie et, en fin de compte, de la qualité de vie exige plutôt des progrès constants pour chacun des éléments interreliés du cadre. Des mesures conformes aux orientations stratégiques présentées dans ce plan sont proposées dans La Mise à jour économique et financière de 2005 et seront incluses dans le budget de 2006. D'autres mesures seront annoncées dans les budgets des années à venir.

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