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En vertu de la comptabilité d’exercice, les opérations et autres événements sont constatés dès qu’ils sont engagés, peu importe le moment où le paiement est reçu ou effectué. Les dépenses sont constatées pendant la période au cours de laquelle les biens et services sont consommés (utilisés). Ainsi, les avantages pluriannuels associés aux immobilisations sont appariés au moment où ils devraient être utilisés. Les recettes sont constatées dans la période à laquelle elles se rattachent plutôt qu’au moment où les sommes sont reçues.
- Les dépenses, à l’exception des immobilisations, de certaines prestations de retraite et de certains avantages postérieurs à l’emploi ainsi que des passifs environnementaux, sont constatées selon la comptabilité d’exercice. Autrement dit, les comptes à payer et les passifs sont constatés lorsqu’ils sont engagés et non lorsque le paiement est reçu.
Les immobilisations et les stocks de matières consommables sont portés aux dépenses, ou comptabilisés, en totalité dans l’année de l’acquisition. Par exemple, lorsque la Garde côtière canadienne achète un nouveau vaisseau, les coûts de ce vaisseau sont constatés lorsque la Garde côtière en prend possession. Le coût total est donc reflété à ce moment dans les états financiers du gouvernement.
Les recettes fiscales sont constatées selon la comptabilité de caisse. Cela signifie qu’elles sont attribuées à la période au cours de laquelle elles sont reçues. En raison de retards dans les recouvrements, de changements administratifs, etc., les recettes sont reçues après que l’événement économique, causant la hausse de ces recettes, a lieu. En conséquence, les résultats financiers de l’exercice en cours tiennent compte non seulement de ce qui est arrivé au cours du présent exercice, mais également de ce qui est arrivé au cours de l’exercice précédent.
Alors que les activités financières des sociétés d’État entreprises se reflètent dans le solde annuel du gouvernement depuis 1992-1993, les actifs et les passifs nets de ces entités à cette date ne sont pas inclus.
Les immobilisations seront constatées dans les états financiers du gouvernement. Elles seront amorties en fonction de leur durée économique et ne seront plus portées aux dépenses en totalité dans l’année (les années) de l’acquisition. Par exemple, le coût d’un vaisseau acheté par la Garde côtière canadienne sera maintenant réparti selon la durée de vie utile estimative du vaisseau plutôt que porté aux dépenses en entier dans l’année de son achat. Cela permettra de mieux rendre compte du coût d’utilisation de ces actifs et de les relier aux services rendus et aux résultats obtenus pendant ces périodes.
La constatation des prestations de retraite et des avantages postérieurs à l’emploi sera élargie. Par exemple, les passifs des régimes de soins de santé et des régimes de soins dentaires, l’indemnisation des accidentés du travail et les prestations d’invalidité des anciens combattants seront intégrés aux états financiers du gouvernement.
- Les recettes fiscales seront attribuées à la période au cours de laquelle elles sont gagnées et non à celle où elles sont reçues. Des retards considérables surviennent dans les rentrées entre l’événement économique donnant lieu aux recettes fiscales et le moment où ces recettes sont reçues. Les contribuables sont ainsi tenus de produire leur déclaration d’impôt sur le revenu des particuliers pour l’année d’imposition précédente au plus tard à la fin d’avril de l’année d’imposition en cours. Il y a donc une rentrée importante de recettes au titre de l’impôt sur le revenu des particuliers à la fin d’avril et au début de mai visant des obligations fiscales engagées au cours de l’année d’imposition précédente. D’avril à juin, le gouvernement émet les remboursements pour les paiements d’impôt versés en trop au cours des années précédentes. Des facteurs peuvent aussi influer sur le flux annuel des recettes, par exemple, de nouvelles procédures de versement, des retards attribuables à des conflits de travail et des problèmes de traitement par système. En vertu de la comptabilité d’exercice, les recettes seront comptabilisées l’année où elles sont gagnées, éliminant ainsi l’écart entre les rentrées ou les déboursés en espèces et la conjoncture économique. Ces changements permettront de présenter plus fidèlement la situation financière globale du gouvernement.
Depuis 1992-1993, le gouvernement déclare ses placements dans les sociétés d’État entreprises sur la base des coûts, une provision étant établie pour les bénéfices et pertes annuels. Le Conseil sur la comptabilité dans le secteur public de l’Institut Canadien des Comptables Agréés recommande que les administrations publiques comptabilisent les sociétés d’État entreprises à l’aide de la méthode modifiée de comptabilisation à la valeur de consolidation, en vertu de laquelle les bénéfices et pertes annuels et les placements du gouvernement dans ces sociétés sont pris en compte en totalité dans les états financiers du gouvernement. Même si cette modification n’aura aucun effet sur les résultats annuels, elle augmentera les actifs financiers du gouvernement du fait qu’il n’a pas constaté ces bénéfices et pertes avant 1992-1993.
À l’heure actuelle, les passifs environnementaux ne figurent pas dans les états financiers, et les passifs relatifs aux revendications des Autochtones ne sont pas constatés intégralement. En adoptant la comptabilité d’exercice intégrale, le gouvernement changera ses politiques comptables à l’égard de ces passifs et les intégrera en totalité aux états financiers.
Les résultats financiers rendent mieux compte de la conjoncture économique et des mesures prises par le gouvernement pendant l’exercice.
- Une présentation claire et précise permet à la population canadienne et aux législateurs de tenir le gouvernement plus entièrement responsable de la régie de ses avoirs, des coûts de ses programmes, des résultats obtenus et du respect de ses engagements financiers à court et à long termes.
- En raison de la comptabilité d’exercice et de l’amortissement des immobilisations qui en découle, le gouvernement est tenu de prendre en compte les avantages et conséquences à long terme de l’achat d’immobilisations. Des dossiers complets des actifs seront maintenant exigés. Ces renseignements supplémentaires obligeront les ministères à tenir compte des besoins d’entretien, des politiques de remplacement appropriées ainsi que de la désignation et de l’aliénation des actifs, et à envisager les risques, par exemple, la perte en raison de vol ou de dommages.
- La constatation des passifs (passifs environnementaux, passifs relatifs aux revendications des Autochtones, prestations de retraite et avantages postérieurs à l’emploi) fera en sorte qu’il faudra dresser des plans pour les gérer. Les ministères devront veiller à ce que ces passifs soient gérés efficacement, d’où une responsabilité accrue. Cette approche permettra aussi de garantir que les coûts sont constatés au moment où ils sont engagés.
L’intégration de tous les coûts des opérations permettra de brosser un tableau complet de la rentabilité des programmes.
Les dépenses annuelles ne comprendront plus les sommes dépensées pendant l’année pour les immobilisations (immeubles et équipement). Elles seront plutôt passées en charge au moment de l’utilisation. Autrement dit, le coût sera amorti en fonction de la durée économique. Cette approche se traduira par une légère amélioration du solde budgétaire annuel, toutes choses étant par ailleurs égales, puisque le rajustement au titre de l’amortissement pour les immobilisations est moins élevé, dans une certaine mesure, que les dépenses courantes en immobilisations.
- Le solde budgétaire annuel intégrera dorénavant un plus grand nombre de passifs. Les variations annuelles de ces passifs auront un effet direct sur le solde budgétaire.
Même si le solde budgétaire annuel inclura les mêmes sources de recettes, les recettes fiscales comptabilisées chaque année traduiront mieux la conjoncture économique pendant l’année visée. Selon la comptabilité de caisse, d’importants retards dans les rentrées font en sorte que les recettes comptabilisées dans la période à l’étude peuvent refléter davantage ce qui s’est passé au cours de l’exercice précédent plutôt que dans l’exercice en cours. Compte tenu, par exemple, de la conjoncture différente en 2000 et en 2001, la comptabilité d’exercice des recettes fiscales devrait augmenter l’excédent budgétaire en 2000-2001, mais le réduire en 2001-2002.
Elle sera plus complète puisque les passifs bruts comprendront une liste élargie de passifs qui augmenteront le total des passifs.
- Les impôts à recevoir seront inscrits aux actifs financiers.
- L’effet de ces changements devrait être en grande partie neutralisé. La dette nette aux termes de la comptabilité d’exercice intégrale pourrait être légèrement supérieure ou inférieure qu’aux termes de l’actuelle comptabilité d’exercice modifiée.
La dette nette est un important indicateur financier, car elle renseigne sur la mesure dans laquelle les dépenses du gouvernement au cours de l’exercice ont été couvertes par les recettes constatées pendant la même période. La dette nette continuera de figurer dans les états financiers du gouvernement.
Il se définira comme étant la dette nette et les actifs non financiers du gouvernement. Ainsi, il sera moins élevé que la dette nette.
Incidence de la comptabilité d’exercice sur la dette nette et le déficit accumulé
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(G$) |
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Dette nette au 31 mars 2002 |
536,5 |
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Incidence de la comptabilité d’exercice sur la dette nette |
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Incidence sur les passifs |
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Revendications des Autochtones |
plus |
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Passifs environnementaux |
plus |
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Avantages postérieurs à l’emploi |
plus |
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Prestations de retraite |
plus |
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Incidence sur les actifs financiers |
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Impôts à recevoir nets |
plus |
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Actifs non comptabilisés des |
plus |
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Incidence nette sur la dette nette |
plus/moins 536,5 |
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Actifs non financiers |
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Immobilisations corporelles |
plus |
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Charges payées d’avance |
plus |
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Stocks |
plus |
| Déficit accumulé | moins de 536,5 |
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1 Comptes publics du Canada (2002), volume 1 [Retour]
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