- Consultation auprès des Canadiens et des Canadiennes -
Présentation de la Fédération canadienne de l'entreprise indédendante (FCEI) en réponse à la consultation sur les fusions de grandes banques du ministère des Finances Canada :
2003 Nº 4
Ted Mallett, économiste en chef
Décembre 2003
Documents connexes :
Le sondage trimestriel le plus récent de la FCEI sur les attentes des petites et moyennes entreprises (PME) démontre que la confiance des chefs d'entreprise en décembre a inscrit des gains solides par rapport aux données précédentes de septembre. L'indice du Baromètre trimestriel des affaires (selon lequel 1988=100), qui témoigne des attentes des chefs d'entreprises à l'égard de la performance de leur entreprise au cours de la prochaine année, s'établit maintenant à 109,9 points, soit une hausse de 2,2 points par rapport aux résultats de septembre et un niveau inégalé depuis la mi-2002 (Figure 1). Les résultats indiquent que l'économie semble s'être dégagée des incertitudes du début de 2003 et des chocs de la période estivale.
Figure 1 :
Indice trimestriel FCEI des attentes des PME
(Indice : 1988=100)

Ces derniers résultats sont fondés sur les réponses de 2 556 chefs d'entreprise à un sondage régulier mené par télécopieur et sur le site Internet parmi un échantillon représentatif des membres de la FCEI entre le 25 novembre et le 5 décembre 2003.
Le sondage révèle que dans l'ensemble, l'opinion sur la performance et les attentes a continué à évoluer de manière favorable. Environ 39 pour cent des chefs d'entreprise affirment que la performance actuelle de leur entreprise est beaucoup plus forte ou un peu plus forte qu'à la même période l'an dernier, contre 28 pour cent qui affirment que la performance est un peu plus faible ou beaucoup plus faible (Figure 2). Les attentes à court terme pour les trois prochains mois indiquent une performance plus stable des entreprises, mais les perspectives à long terme sont considérablement plus favorables. Pour les 12 prochains mois, plus de la moitié (53 pour cent) des chefs d'entreprise prévoient que la situation s'améliorera, alors que 35 pour cent estiment que la performance de leur entreprise sera la même. Les 12 pour cent qui restent s'attendent à une performance plus faible au cours des 12 prochains mois.
Figure 2 :
Performance actuelle et prévue des entreprises
(% réponses)

Les données sectorielles révèlent un raffermissement généralisé. Sept des dix principaux indices de l'industrie ont progressé, un est demeuré stable et deux se sont repliés. Le commerce de gros, le transport et la construction ont affiché une croissance robuste, tout comme les secteurs du commerce de détail et de l'hébergement. Le secteur manufacturier est demeuré stable—pratiquement au niveau composé—alors que les secteurs de la finance, de l'éducation et de la santé sont demeurés au-dessus de la moyenne, mais ont diminué par rapport à leurs sommets précédents (Figure 3).
Figure 3 :
Indice trimestriel : par secteur
(Indice : 1988=100)


Chaque secteur contient toutefois des zones de force et de faiblesse. Les sous-secteurs les plus robustes incluent notamment les services informatiques, les professionnels de la santé, la fabrication de portes et fenêtres et l'impression commerciale (Tableau 1), alors que les exploitations d'élevage et de grandes cultures, les stations-service et les ateliers d'usinage comptent parmi les sous-secteurs les plus faibles.
Tableau 1 :
Perspectives sectorielles détaillées
|
|
|
|
Les plus optimistes |
Les moins optimistes |
|
Services informatiques et connexes |
Exploitations d'élevage |
|
Professionnels de la santé |
Stations-service |
|
Fabrication de portes et fenêtres et ouvrage de menuiserie |
Ateliers d'usinage |
|
Impression commerciale |
Exploitations de grandes cultures |
|
Vente au détail d'ameublement de maison |
Architecture et ingénierie |
|
Bois d'œuvre et matériaux de construction |
|
|
|
|
Même les attentes des chefs d'entreprise par province semblent converger—à une exception près. Les chefs d'entreprise de la Colombie-Britannique sont les plus optimistes en cette période de l'année, avec un niveau de 113,0 (Figure 4).
Figure 4 :
Indice trimestriel : par région
(Indice : 1988=100)


Figure 4 (suite):

Ce résultat est suivi de près par ceux de l'Alberta, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Les entreprises de l'Ontario et du Québec demeurent presque parfaitement synchronisées—ces provinces ayant toutes deux des indices qui correspondent à la moyenne nationale. Le Manitoba est la seule province où les attentes des chefs d'entreprise diminuent de façon régulière. En décembre, l'indice affiche un niveau de 99,9—soit quelque 13 points de base de moins en deçà du précédent sommet atteint au début de 2002.
Performance des détaillants durant la période des Fêtes
La période des Fêtes semble plutôt prometteuse pour les détaillants au Canada. Près de 40 pour cent des détaillants indiquent que leur performance est beaucoup plus forte ou un peu plus forte que l'an dernier (Figure 5), alors que 33 pour cent affirment que leurs résultats sont à peu près les mêmes. Les 27 pour cent qui restent ont répondu que leur performance était plus faible.
Bien qu'il y ait davantage de gagnants que de perdants dans chaque région, les points névralgiques pour la vente au détail cette année se situent en Saskatchewan, à l'Ile-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-Labrador—chaque province inscrivant une performance bien supérieure à celle de l'an dernier. La performance nette des détaillants est également supérieure à la moyenne au Québec et en Colombie-Britannique.
Figure 5 :
Performance des détaillants durant la période des Fêtes : comparaison avec l'an dernier
(% réponses)

La hausse rapide de la valeur du dollar canadien au début de l'année a surpris bien des chefs d'entreprise. Début décembre, le dollar canadien a sauté brièvement la barre des 0,77 $ US, une hausse marquée par rapport au niveau de 0,64 $ US inscrit à la même période l'an dernier. Or, la progression s'est effectuée en grande partie durant le premier semestre de 2003. Les fluctuations ont eu une incidence considérable sur le prix des intrants et des biens et services et ont désorganisé les mécanismes d'établissement des prix d'un grand nombre d'entreprises. Bien que l'attention du public ait surtout porté sur les problèmes du principal secteur d'exportation du Canada, il y a visiblement deux côtés à cette médaille. Le plus récent sondage révèle que même avec le dollar aux niveaux actuels, presque autant d'entreprises sont en faveur d'un dollar fort que d'un dollar faible. Environ 32 pour cent des répondants ont affirmé être en faveur d'un dollar plus faible, alors qu'environ 24 pour cent favorisaient un dollar plus fort (Tableau 1). Plus du tiers des dirigeants affirment que la valeur de la devise n'a pas d'impact important sur leur entreprise, alors que les 8 pour cent qui restent ne savent pas. Ces résultats sont demeurés stables tout au long de la dernière année et ce, même avec la fluctuation de la devise.
Tableau 1 :
Perspectives à l'égard du dollar canadien, par région et par secteur
|
|
||||
|
$ plus faible aide l'entre-prise |
$ plus fort aide l'entre-prise |
Aucun impact |
Ne sais pas |
|
|---|---|---|---|---|
|
% réponses |
||||
|
Canada |
32,2 % |
24,3% |
35,3% |
8,2% |
|
C.-B. |
35,2 % |
29,5 % |
28,5 % |
6,8 % |
|
Alb. |
23,5 % |
27,9 % |
35,4 % |
13,2 % |
|
Sask. |
29,6 % |
33,3 % |
26,0 % |
11,1 % |
|
Man. |
45,8 % |
25,0 % |
25,0 % |
4,2 % |
|
Ont. |
35,7 % |
23,4 % |
33,8 % |
7,1 % |
|
Qc |
30,8 % |
18,7 % |
39,3 % |
11,2 % |
|
N.-B. |
22,9 % |
20,0 % |
54,3 % |
2,9 % |
|
N.-É. |
20,0 % |
27,5 % |
45,0 % |
7,5 % |
|
I.-P.-É. |
26,1 % |
21,7 % |
34,8 % |
17,4 % |
|
T.-N.-L . |
35,3 % |
23,5 % |
41,2 % |
0,0 % |
|
Agriculture |
32,4 % |
21,6 % |
37,9 % |
8,1 % |
|
Manufacturier |
52,3 % |
22,7 % |
17,2 % |
7,8 % |
|
Construction |
38,7 % |
12,9 % |
46,8 % |
1,6 % |
|
Transport |
60,0 % |
13,3 % |
23,4 % |
3,3 % |
|
Comm. gros |
34,9 % |
43,4 % |
15,7 % |
6,0 % |
|
Comm. détail |
21,1 % |
31,4 % |
35,5 % |
12,0 % |
|
Serv. financiers |
12,0 % |
4,0 % |
68,0 % |
16,0 % |
|
Serv. aux entrep. |
26,1 % |
18,5 % |
50,0 % |
5,4 % |
|
Services sociaux |
4,5 % |
31,8 % |
50,1 % |
13,6 % |
|
Héberg., rest. |
25,9 % |
17,3 % |
48,2 % |
8,6 % |
|
|
||||
Les secteurs les plus durement touchés par un dollar canadien fort incluent notamment le transport tributaire des exportations et les industries manufacturières—et dans une certaine mesure, la construction et l'agriculture. Par contre, un dollar canadien fort contribue plus souvent à aider les secteurs tels le commerce de gros, le commerce de détail et les services sociaux (essentiellement l'éducation et la santé) étant donné qu'il a l'avantage de réduire le prix des importations.
Les perspectives d'emploi dans les PME continuent aussi à s'améliorer depuis septembre dernier. Dans l'ensemble, 31 pour cent des chefs d'entreprise interrogés prévoient embaucher du personnel à temps plein au cours des 12 prochains mois, alors que seulement 7 pour cent s'attendent à réduire leur effectif (Figure 6). On s'attend à très peu de changement du côté des emplois à temps partiel, avec seulement 15 pour cent des chefs d'entreprise comptant embaucher plus de personnel, et 7 pour cent prévoyant réduire le nombre de postes à ce chapitre.
Figure 6 : Plans d'emploi prévus pour les 12 prochains mois (% réponses)

Figure 7 :
Tendances des plans d'emploi à temps plein pour les 12 prochains mois
(% répondants prévoyant embaucher )

Les plans des entreprises visant les dépenses en biens d'équipement comme les véhicules, la machinerie, l'outillage, les terrains et les btiments semblent être enfin sortis de l'impasse. Après des baisses à tous les trimestres de 2003, les attentes à l'égard des dépenses en biens d'équipement pour les 12 prochains mois sont nettement plus élevées en décembre. Pour la première fois en plus d'un an, plus de 40 pour cent des entreprises prévoient engager des dépenses pour de la machinerie et de l'outillage additionnels au cours des 12 prochains mois. De même, environ 44 pour cent prévoient engager des dépenses pour remplacer de la machinerie et de l'outillage durant la même période (Figure 8).
Un plus grand nombre d'entreprises engageront aussi des dépenses pour des terrains et des btiments—14 pour cent pour des biens additionnels et 9 pour cent pour de nouveaux biens. Par contre, les plans de dépenses pour les véhicules sont mixtes. Même si plus d'entreprises remplaceront les véhicules au cours des 12 prochains mois, aucune hausse de dépenses équivalente n'est prévue pour l'acquisition de véhicules additionnels.
Figure 8 :
Plans visant les dépenses en biens d'équipement pour les 12 prochains mois
% répondants prévoyant dépenser )


Les plans visant les prix et les salaires sont demeurés constants toute l'année et seulement 20 à 25 pour cent des répondants prévoient des hausses supérieures à 2 pour cent, soit le taux d'inflation (Figure 9). On remarque un assouplissement des pressions inflationnistes sur les attentes à l'égard des prix durant les trois trimestres précédents en 2003. En revanche, la situation entourant la croissance des salaires demeure stable.
Figure 9 :
Plans visant les salaires et les prix pour les 12 prochains mois
(% réponses)

Conclusions
Le Baromètre trimestriel des affaires de la FCEI révèle que l'optimisme des chefs de petite et moyenne entreprise (PME) s'est considérablement ressaisi depuis le début de l'été, alors que l'économie était secouée par de nombreux chocs économiques. Cela est de bon augure pour le rendement du PIB du Canada au quatrième trimestre 2003. Bien qu'il y ait un certain nombre d'incertitudes et de contraintes d'ordre économique—particulièrement les questions entourant le prix de l'énergie et l'assurance des entreprises—les PME semblent trouver les bonnes solutions. La hausse de la valeur du dollar canadien a exercé des pressions sur certains secteurs, plus particulièrement le secteur manufacturier et le transport, mais l'incidence nette est relativement neutre pour l'ensemble du créneau économique que constituent les PME. Il y a également de bonnes nouvelles du côté des dépenses en biens d'équipement, qui ont finalement redémarré en décembre après un déclin de douze mois. Avec des salaires et des prix qui demeurent stables, l'économie débutera 2004 du bon pied.
La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) représente plus de 100 000 petites et moyennes entreprises (PME) au pays. Depuis 15 ans, la FCEI s'emploie chaque année à faire un suivi des perspectives des entreprises et des conditions d'exploitation. Ces données annuelles se sont révélées être des indicateurs coïncidents extrêmement exacts de la croissance économique. Historiquement, les résultats des sondages de la FCEI, selon l'indice 1988=100, ont été pratiquement identiques à la croissance du PIB. Même s'il n'y a aucune mesure officielle du PIB par taille d'entreprise, les hypothèses générales concernant la répartition du revenu et des bénéfices suggèrent qu'environ 45 % de la production économique totale est attribuable aux PME.
L'indice de la FCEI s'appuie sur la valeur moyenne d'une échelle en cinq points à une question portant sur la performance prévue de l'entreprise au cours des 12 prochains mois. Les cinq catégories de réponse sont les suivantes : beaucoup plus forte, un peu plus forte, à peu près la même, un peu plus faible et beaucoup plus faible. Cette question figure dans tous les sondages effectués depuis 1998.

Les résultats se fondent sur les réponses de 2 556 chefs d'entreprise représentant un échantillon stratifié de plus de 20 000 membres de la FCEI qui ont reçu le sondage par télécopieur ou par courriel le 25 novembre. Le groupe actuel de répondants est totalement différent des groupes interrogés en mars, juin et septembre.
|
|
|
|
Nombre de répondants par effectif |
|
|
|
|
| 0-4 employés : | 993 |
| 5-19 employés : |
1118 |
| 20-49 employés : |
273 |
| 50+ employés |
128 |
|
|
|