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Pendant sa longue carrière dans la fonction publique du Canada, Thomas Shoyama a été reconnu, partout au pays, pour ses qualités intellectuelles, sa sagesse teintée d’humour, sa tranquille assurance, sa parfaite objectivité et son talent exceptionnel pour concilier des points de vue opposés.

Mais par-dessus tout, M. Shoyama – ou Tommy, comme l’appelaient bien des gens – avait le don rare d’inspirer le respect et l’affection de ses employés, de ses collègues et des hauts fonctionnaires avec lesquels il travaillait.

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En 1979, lorsque M. Shoyama a obtenu le Prix pour services insignes de la fonction publique du Canada, on a souligné que sa force de caractère, son énergie inépuisable et son dévouement absolu aux intérêts du Canada lui avaient valu, au pays comme à l’étranger, la réputation d’un fonctionnaire exceptionnel au service de son pays.

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Ces éloges, parmi bien d’autres, étaient des plus mérités.

En 1934, à l’âge de 18 ans, Tommy Shoyama quittait Kamloops, en Colombie-Britannique, avec quelques vêtements, une bicyclette et 10 $ en poche. Quatre ans plus tard, il recevait des diplômes en économie et en commerce de l’Université de la Colombie-Britannique.

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Une fois diplômé, il contribua à la création de The New Canadian, un hebdomadaire voué à la défense des droits des Canadiens d’ascendance japonaise.

Peu après l’attaque de Pearl Harbor, il signait dans ce journal un éditorial qui était à la fois un modèle d’éloquence et un vibrant plaidoyer en faveur d’un pays plus inclusif :

« Maintenant que la guerre est déclenchée, c’est à nous de découvrir de nouveaux moyens de servir notre pays. Une autre responsabilité nous incombe, et elle n’est pas moins lourde : il s’agit de ne pas céder au désespoir, de ne pas nous réfugier dans l’amertume et la haine. Même s’il va en retarder la réalisation, ce conflit tragique ne doit pas détruire nos espoirs et nos aspirations de pouvoir marcher, dans l’honneur, la dignité et l’égalité, en tant que Canadiens parmi les autres Canadiens.»

Même après avoir été envoyé dans un camp d’internement en 1942, M. Shoyama continua de publier The New Canadian, assurant ainsi un lien essentiel entre les Canadiens d’ascendance japonaise pendant la guerre.

En 1945, il s’enrôla dans l’Armée canadienne et servit dans le Corps du renseignement.

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Il se joignit à l’administration fédérale en 1964, parmi les membres les plus en vue d’un groupe de hauts fonctionnaires et d’analystes de politiques venus de la Saskatchewan pour travailler à Ottawa.

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Une fois dans la capitale nationale, M. Shoyama devint économiste principal au nouveau Conseil économique du Canada. Trois ans plus tard, il se joignait au ministère des Finances.

À titre de sous-ministre adjoint des Relations fédérales-provinciales et des Programmes économiques, il joua un rôle de premier plan pour élaborer une version nationale du système universel de soins de santé qu’il avait contribué à mettre sur pied en Saskatchewan, et pour déterminer le modèle de collaboration fédérale-provinciale en matière de planification économique et financière.

Il fut aussi sous-ministre de l’Énergie, des Mines et des Ressources pendant la crise de l’énergie de 1973-1974.

À titre de sous-ministre des Finances de 1975 à 1979, il se révéla un conseiller économique solide et perspicace pour le gouvernement, dans une période marquée par des difficultés et une complexité exceptionnelles.

Il fut ensuite conseiller du premier ministre au sujet des aspects économiques du rapatriement de la constitution canadienne.

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En 1980, à l’âge de 64 ans, M. Shoyama quittait Ottawa pour devenir professeur invité à l’Université de Victoria, où il travailla avec les étudiants pendant les 15 années suivantes.

En reconnaissance de son engagement profond et constant au service de la population canadienne, M. Shoyama a reçu de nombreuses distinctions, dont le titre d’officier de l’Ordre du Canada et la Médaille Vanier d’administration publique.

En 1992, le gouvernement du Japon lui a décerné l’Ordre du Trésor sacré, en reconnaissance de ses nombreuses contributions à la communauté nippo-canadienne.

En 2007, afin d’honorer sa mémoire, le Ministère a créé le Prix Thomas K. Shoyama, visant à souligner les réalisations exceptionnelles d’un employé des Finances.

Le Ministère a aussi mis sur pied la Conférence annuelle Thomas K. Shoyama sur la politique publique, où des experts reconnus à l’échelle internationale sont invités pour traiter d’idées novatrices en matière d’analyse des politiques publiques.

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Même s’il y a bien des années que Tommy Shoyama a quitté Ottawa, ses réalisations exceptionnelles sont encore considérées comme un modèle d’excellence dans l’ensemble de la fonction publique du Canada.