Le ministère des Finances rend hommage à Thomas K. Shoyama

Thomas K Shoyama un fonctionnaire aux qualités très spéciales, tant au plan professionnel qu'au plan personnel

Le mercredi 14 février 2007, le ministère des Finances a rendu hommage à un ancien fonctionnaire aux qualités très spéciales, tant au plan professionnel qu'au plan personnel.

À l'occasion de la cérémonie, qui réunissait des membres de la famille, des amis et d'anciens collègues de M. Shoyama, des employés du Ministère, de même que le gouverneur de la Banque du Canada et le greffier du Conseil privé, la salle de réunion principale du Centre de conférences du Ministère a été renommée « Salle de conférence Thomas K. Shoyama Boardroom ».

Le ministère des Finances a également annoncé qu'il créait le prix Thomas K. Shoyama, qui sera décerné à un employé du Ministère ayant contribué de manière exceptionnelle à l'élaboration des politiques publiques, et qu'il instituait une conférence annuelle Thomas K. Shoyama pour le Ministère.

M. Thomas K. Shoyama, qui a été sous-ministre des Finances de 1975 à 1979, est décédé en décembre 2006 à l'âge de 90 ans. Sa contribution au Canada ne se limite toutefois pas à la période où il a occupé ce poste.

Portrait de Thomas K. Shoyama
œuvre de Jerry Grey, 2006
Portrait de Thomas K. Shoyama

Né en 1916 à Kamloops (Colombie-Britannique), M. Shoyama laisse un héritage de service public incomparable. Diplômé de l'Université de la Colombie-Britannique, il amorce sa carrière postuniversitaire comme rédacteur en chef de The New Canadian, un hebdomadaire incitant les Canadiens d'origine japonaise à s'intégrer à la société, à revendiquer leurs droits à titre de citoyens et à délaisser l'idée de retourner au Japon. Il continue de publier The New Canadian pendant son séjour dans un camp d'internement en Colombie-Britannique, assurant ainsi un lien de communication essentiel entre les Canadiens d'origine japonaise internés dans divers camps. Il fait alors paraître des articles dénonçant la politique d'internement du gouvernement.

En 1945, M. Shoyama s'enrôle dans l'Armée canadienne, au service du Corps du renseignement S-20. À la suite de sa libération en 1946, il déménage en Saskatchewan et entre dans la fonction publique provinciale, où il gravit les échelons jusqu'au poste de conseiller économique des premiers ministres T.C. Douglas et W.S. Lloyd. C'est à cette époque que M. Shoyama contribue à la mise au point du modèle du régime d'assurance-maladie que nous connaissons aujourd'hui.

M. Shoyama s'installe à Ottawa en 1964, où il sera à l'emploi du nouveau Conseil économique du Canada pendant trois ans, avant de se joindre au ministère des Finances. De 1968 à 1973, il est sous-ministre adjoint (SMA) et, à un certain moment, SMA des relations fédérales-provinciales et des programmes économiques. L'une des principales responsabilités qui lui seront confiées sera d'établir la version nationale du régime d'assurance-maladie qu'il avait aidé à mettre au point en Saskatchewan.

M. Shoyama quitte par la suite le ministère des Finances pour devenir sous-ministre de l'Énergie, des Mines et des Ressources pendant la crise énergétique de 1973-1974.

En 1975, il revient au ministère des Finances, à titre de sous-ministre, poste qu'il occupera jusqu'au début de 1979.

M. Shoyama œuvre aussi au Bureau du Conseil privé, en qualité de conseiller du premier ministre Trudeau sur les aspects économiques de la Constitution. La même année, il est élu président du conseil d'administration d'Énergie atomique du Canada limitée.

En 1980, à l'âge de 64 ans, M. Shoyama s'installe à Victoria où il est professeur invité à l'Université de Victoria. Il y passera les quinze années suivantes à travailler auprès des étudiants.

M. Shoyama s'est vu décerner de nombreux prix, dont celui d'Officier de l'Ordre du Canada (1978), le Prix pour services insignes de la fonction publique du Canada (1978), la Médaille Vanier (1982) pour sa contribution marquante dans le domaine de l'administration publique, en plus de nombreux diplômes honorifiques. En 1992, le gouvernement du Japon lui a décerné l'Ordre du Trésor sacré en reconnaissance de sa contribution à la communauté nippo-canadienne.

L'Institut Pearson-Shoyama, qui se consacre à l'élaboration de politiques inclusives, a été nommé ainsi en son honneur.