Budget 1998
Le discours du budget - 2
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Monsieur le Président, l'égalité des chances est une question d'équité, de justice sociale fondamentale.
Mais elle est aussi au cœur du défi que nous devons relever sur le plan économique, le défi de l'emploi.
Pendant 200 ans, la prospérité et le savoir sont allés de pair au Canada. Mais il faut bien comprendre comment fonctionne cette dynamique. En tant que société, nous ne sommes pas instruits parce que nous sommes prospères. Nous sommes prospères parce que nous sommes plus instruits.
Et aujourd'hui plus que jamais, pour avoir un bon emploi et pour améliorer son niveau de vie, il faut perfectionner ses compétences, élargir ses connaissances.
La création d'emplois, au cours du prochain millénaire, va reposer sur deux grands piliers : une infrastructure d'innovation et une infrastructure de compétences et de connaissances.
Dans un monde en constante évolution -- où il faut trouver un emploi, savoir le garder et même en décrocher un meilleur --, les Canadiens ne peuvent réussir sans une arme et cette arme, c'est la compétence -- une compétence qu'ils doivent perfectionner au maximum.
L'acquisition de connaissances doit être le pivot de toute stratégie nationale pour l'emploi.
Les données sont très éloquentes.
Ceux et celles qui sont sortis d'une université, d'un collège ou d'un établissement d'enseignement professionnel avec un diplôme en poche ont un revenu de 45 p. 100 supérieur à celui des gens qui n'ont pas terminé leur secondaire.
Au cours de la dernière récession, ceux qui n'avaient pas dépassé le secondaire ont perdu 640 000 emplois. Par contre, ceux et celles qui avaient un diplôme en ont gagné 450 000.
Ainsi, il n'est pas surprenant de constater que le taux de chômage était de 15 p. 100 pour les personnes n'ayant pas terminé leur secondaire, contre 5 p. 100 seulement pour les diplômés universitaires.
Mais cela ne se limite pas à l'université, loin de là. Il y a aussi tous les collèges communautaires et tous les instituts d'enseignement professionnel et technique du pays.
La demande de connaissances et de compétences s'étend à tous les métiers, à tous les niveaux, à tous les secteurs -- qu'on travaille en usine ou sur une ferme, dans l'industrie du logiciel ou dans la vente, en médecine ou en mécanique.
Cela ne se limite pas non plus aux jeunes.
Il faut maintenant perfectionner ses compétences et en acquérir de nouvelles en permanence tout au long de sa carrière.
De plus, s'il est vrai que la compétence et le savoir sont la base d'une économie forte, ils sont également la base d'une société solidaire.
L'épine dorsale d'un pays, c'est sa classe moyenne.
Or, il n'existe pas de meilleure façon de réduire l'écart entre riches et pauvres, pas de moyen plus sûr d'assurer une bonne intégration sociale, pas de manière plus efficace de réduire le nombre des laissés pour compte, pas de meilleure solution pour assurer une meilleure qualité de vie aux Canadiens, que de faciliter l'accès aux études supérieures.
En un mot, toutes les Canadiennes et tous les Canadiens qui veulent apprendre devraient avoir la chance de le faire.
Or aujourd'hui, de Cornerbrook à Coquitlam, il y a des dizaines de milliers de Canadiennes et de Canadiens qui n'ont pas cette chance. C'est un fait que les membres de familles à revenu faible sont sous-représentés dans nos établissements d'enseignement supérieur. Et le fossé s'élargit chaque fois qu'une jeune Canadienne ou qu'un jeune Canadien se voit privé de l'accès aux connaissances dont il a besoin -- non parce qu'il n'en a pas la capacité intellectuelle, mais parce qu'il n'en a pas la capacité financière.
Trop de jeunes renoncent à poursuivre des études supérieures par crainte de s'endetter considérablement. Trop de jeunes qui décident de poursuivre leurs études sont aux prises avec de réels problèmes financiers. Et trop de parents craignent d'être incapables d'épargner suffisamment d'argent pour l'avenir de leurs enfants.
En fait, il est ironique -- ou plutôt, tragique -- qu'au moment même où le pays ne peut se permettre de se passer d'études supérieures, il est plus difficile que jamais d'y accéder financièrement.
Maintenant, avant de continuer, j'aimerais souligner une chose.
L'éducation est du ressort des provinces. Ce sont elles qui déterminent les programmes d'études, qui sont responsables des établissements d'enseignement et de la qualité de l'éducation.
Ce n'est pas du contenu de l'enseignement dont nous parlons ici, mais plutôt de l'égalité des chances. Nous parlons d'une responsabilité qui incombe à tous les gouvernements et à tous les secteurs de la société : veiller à ce que le Canada développe et renforce ses atouts dans une économie mondiale de plus en plus compétitive et interdépendante.
Chacun d'entre nous doit faire sa part. Si nous voulons réellement parvenir à l'égalité des chances, nous devons tous travailler en partenariat -- un partenariat qui comprend les parents, le milieu académique, le secteur privé, les provinces et le gouvernement canadien. Dans ce partenariat, certains rôles se prêtent à une collaboration étroite, tandis que d'autres sont exercés de manière exclusive.
Depuis des décennies, le gouvernement canadien et les provinces contribuent à donner des chances égales à ceux et à celles qui ont besoin d'une aide financière.
Aujourd'hui, alors que les exigences évoluent -- nous devons renforcer et adapter cette aide, afin de faire en sorte que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes aient des chances plus égales de participer à l'économie du savoir, l'économie de demain.
Pourquoi? Parce qu'il y a de grands besoins et parce qu'il s'agit d'une grande cause.
Monsieur le Président, voici le communiqué publié par le Premier ministre du Canada et les premiers ministres provinciaux à l'issue de leur réunion de décembre dernier. Je cite :
« Les premiers ministres se sont entendus sur l'importance de diminuer le fardeau financier des étudiants. Ils ont également accepté que le ministre des Finances et le ministre du Développement des ressources humaines travaillent de façon accélérée et de concert avec les ministres de l'Éducation des provinces et des territoires de sorte que le ministre des Finances puisse prendre en considération ce travail dans le prochain budget du gouvernement du Canada. » Fin de la citation.
Monsieur le Président, nous donnons suite aujourd'hui à ce consensus et à cette demande.
Il s'agit de la Stratégie canadienne pour l'égalité des chances -- un ensemble de mesures concertées qui s'inscrivent dans la continuité du dernier budget, qui visent un meilleur avenir pour nos citoyens grâce à un meilleur accès à l'acquisition continue de connaissances et de compétences.
Il y a sept défis à relever.
Premièrement, promouvoir l'égalité des chances en aidant les étudiants dans le besoin à faire face à l'augmentation du coût des études.
Deuxièmement, aider ceux et celles qui ont terminé leurs études à gérer une dette de plus en plus lourde.
Troisièmement, donner aux Canadiennes et aux Canadiens accès aux ressources financières nécessaires pour améliorer leurs compétences tout au long de leur carrière.
Quatrièmement, aider les familles à épargner en vue des études de leurs enfants.
Cinquièmement, fournir un appui aux étudiants des cycles supérieurs, pour qu'ils continuent d'accroître leurs compétences et poursuivent des recherches qui vont bénéficier au pays tout entier.
Sixièmement, aider les jeunes à réussir le passage du monde scolaire au monde du travail.
Et septièmement, brancher les Canadiens -- jeunes et vieux, dans les campagnes et dans les villes -- aux nouvelles technologies de l'information et à toutes les connaissances qu'elles offrent.
La Stratégie canadienne pour l'égalité des chances que nous exposons aujourd'hui aidera le Canada à relever les sept défis.
D'abord, l'automne dernier, le Premier ministre a déclaré dans cette Chambre, et je le cite : « Il ne pourrait y avoir ni plus grand projet canadien en vue du prochain millénaire ni meilleur rôle pour le gouvernement que celui d'aider les jeunes Canadiens à se préparer à entrer dans la société axée sur l'information du siècle prochain ». Il a ensuite annoncé un investissement de taille afin d'offrir des milliers de bourses d'études aux jeunes Canadiens méritants. Dans ce budget, l'engagement et la vision du Premier ministre deviennent réalité.
Nous annonçons aujourd'hui le plus important investissement jamais fait par un gouvernement canadien afin de faciliter l'accès aux études postsecondaires pour toutes les Canadiennes et tous les Canadiens.
Nous créons la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire -- une institution privée et indépendante. Le gouvernement dotera la Fondation d'une somme initiale de 2,5 milliards de dollars pour 10 ans. À titre de fondation privée, l'institution pourra recevoir des dons et des legs de tout le pays.
Cet investissement permettra d'offrir plus de 100 000 bourses à des étudiantes et à des étudiants à revenu faible ou moyen, année après année, pendant la prochaine décennie. Le montant moyen des bourses sera de 3 000 dollars par année. Par conséquent, un étudiant bénéficiant d'une bourse pendant quatre ans verra son endettement réduit de 12 000 dollars, la moitié du montant qu'il aurait dû emprunter autrement.
Ces bourses d'études seront accordées aux Canadiennes et aux Canadiens de tout âge -- qu'ils étudient à temps partiel ou à temps plein.
Les bourses seront accessibles à tous ceux et celles qui fréquentent un établissement public -- non seulement les universités, mais aussi les collèges, les cégeps et les établissements d'enseignement technique et professionnel.
Les bourses canadiennes du millénaire profiteront autant aux étudiants du Collège Durham à Oshawa ou de l'Institut de technologie du nord de l'Alberta, à Edmonton, qu'à ceux de l'Université de Montréal ou de l'Université Dalhousie.
Beaucoup de Canadiens voudraient pouvoir fréquenter un collège ou une université situé hors de la ville ou de la province qu'ils habitent, une institution de leur choix, mais aujourd'hui, l'augmentation des coûts rend cela de plus en plus difficile. Nous croyons qu'un plus grand nombre de Canadiens devraient avoir la chance de fréquenter l'établissement qui réponde le mieux à leurs besoins. Nous croyons aussi que les Canadiennes et Canadiens devraient avoir la possibilité de mieux connaître leur pays. C'est pourquoi les bénéficiaires des bourses canadiennes du millénaire qui voudront quitter leur ville ou leur province de résidence pour aller étudier recevront une aide à cette fin.
La Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire sera un organisme privé, indépendant. Elle sera gérée par un conseil d'administration composé de particuliers. Ce sont eux, et non le gouvernement, qui vont décider de la structure à adopter pour le programme de bourses, dans le cadre de leur mandat.
Le Conseil des ministres de l'éducation du Canada, représentant les provinces, et des porte-parole du milieu de l'éducation, auront un rôle clé à jouer pour déterminer qui seront les administrateurs. Et, nous allons nous assurer qu'une représentation étudiante fasse partie du conseil d'administration.
Monsieur le Président, une fois établie, la Fondation va consulter, de façon très étroite, les gouvernements provinciaux et le milieu de l'éducation. Le but sera : de faire en sorte que la Fondation octroie des bourses aux individus en évitant les dédoublements, de s'appuyer sur les mécanismes provinciaux existants pour l'examen des besoins, et d'être un complément aux programmes déjà en place dans les provinces. Des dispositions législatives vont doter la Fondation d'une souplesse administrative suffisante pour atteindre ces objectifs de partenariat.
Plus précisément, la Fondation aura notamment le pouvoir, en vertu de critères convenus en matière de besoins, de mérite et de mobilité, de passer des contrats avec les autorités provinciales compétentes pour la sélection des bénéficiaires qui recevront des bourses d'études canadiennes du millénaire de la Fondation.
Avant toute chose, il faut élargir de façon marquée l'accès aux études postsecondaires pour les étudiantes et étudiants à revenu faible ou moyen.
Monsieur le Président, cet investissement dans l'avenir de notre pays est le fruit de la victoire que nous avons remportée contre le déficit. C'est un investissement qui, les prochaines années, rapportera plusieurs fois ce qu'il aura coûté.
Personne ne l'a mieux exprimé que le Premier ministre lorsqu'il a déclaré l'automne dernier :
« J'espère que cela aura les mêmes répercussions en faveur de notre économie et de notre pays que celles qu'avait eues pour la fin du XXe siècle l'investissement consenti après la Seconde Guerre mondiale en faveur de l'enseignement postsecondaire pour les soldats qui rentraient au pays […] Ce n'est peut-être pas un monument fait de mortier et de brique, mais les Canadiens de demain pourront en constater les effets partout où ils tourneront le regard. »
Ensuite, monsieur le Président, il est inutile de rappeler aux Canadiens que l'endettement des étudiants est devenu un problème de taille. Les étudiantes et les étudiants le savent déjà. Leurs familles s'en inquiètent. Ceux et celles qui ont terminé leurs études doivent y faire face.
En 1990, il y a seulement huit ans, la dette moyenne des étudiants après un programme de quatre ans était de 13 000 dollars. L'an prochain, elle aura presque doublé -- pour atteindre 25 000 dollars. Au début de la décennie, moins de 8 p. 100 des emprunteurs devaient plus de 15 000 dollars. C'est maintenant le cas de près de 40 p. 100.
Les étudiants ont déjà une hypothèque à supporter avant même de songer à l'achat d'une maison -- et pour nombre d'entre eux, avant même de pouvoir obtenir un emploi. Bien rares sont les étudiants qui n'ont pas de difficulté à rembourser leurs prêts.
Monsieur le Président, les entreprises peuvent déduire les intérêts qu'elles paient pour leurs achats d'équipement lorsqu'elles investissent dans leur avenir.
Nous estimons que les Canadiennes et Canadiens devraient avoir droit au même traitement lorsqu'ils investissent dans leur avenir.
C'est pourquoi j'annonce dans ce budget que, pour la première fois, tous les étudiants bénéficieront d'un allégement d'impôt au titre des intérêts qu'ils paient sur leurs prêts étudiants. Ils recevront à cette fin un crédit d'impôt qui pourra être reporté sur cinq ans.
Pour un étudiant qui vient d'obtenir son diplôme et s'est endetté de 25 000 dollars, cela signifie une réduction d'impôt de 530 dollars pour la première année seulement. Sur 10 ans, la période de remboursement d'un prêt étudiant, cette mesure pourrait représenter un allégement d'impôt de 3 200 dollars. Monsieur le Président, cette mesure bénéficiera à 1 million de Canadiennes et de Canadiens qui sont en train de rembourser des prêts étudiants.
Cela dit, il y en a qui auront besoin d'une aide supplémentaire pour faire face à une dette trop importante pour leurs moyens.
Pour leur venir en aide, nous modifierons les règles afin qu'ils bénéficient d'un allégement supplémentaire d'intérêt sur leurs prêts, et ceci, pendant plus longtemps. Jusqu'à 100 000 diplômés qui connaissent des difficultés financières bénéficieront de cette mesure.
Ces mesures seront suffisantes pour la plupart. Il restera quand même un petit nombre de personnes qui, malgré l'allégement d'intérêt, ne pourront pas faire face à leurs dettes. Dans leur cas, après un examen précis de leur situation, le principal du prêt lui-même sera réduit afin que les paiements soient plus abordables
Cette forme d'aide sera envisagée cinq ans après qu'une personne aura terminé ses études.
Les mesures que nous annonçons aujourd'hui contribueront à éviter que les étudiants canadiens ne soient étouffés sous le poids de dettes.
Cependant, pour que les prêts canadiens aux étudiants continuent à venir en aide le plus possible à ceux et à celles qui en ont besoin, nous prendrons également des mesures afin que les établissements d'enseignements, tout comme les étudiants, utilisent le programme aux fins prévues.
Monsieur le Président, le coût des études est un obstacle pour beaucoup de Canadiennes et de Canadiens, mais pour certains, c'est une barrière quasi insurmontable. Nous connaissons tous des jeunes qui ont décidé d'avoir une famille assez tôt et qui n'ont pas pu continuer leurs études. Il s'agit, dans bien des cas, de femmes à la tête d'une famille monoparentale.
Un grand nombre d'entre elles voudraient maintenant reprendre leurs études afin d'augmenter leurs possibilités et celles de leurs enfants. Mais, à cause de leurs obligations familiales, elles ont des difficultés toutes particulières.
C'est pourquoi, pour améliorer les chances offertes à ces Canadiennes et à ces Canadiens, nous annonçons aujourd'hui que de nouvelles subventions allant jusqu'à 3 000 dollars par année seront offertes à plus de 25 000 étudiantes et étudiants dans le besoin qui ont des enfants à charge. Ces subventions vont les aider à poursuivre leurs études à temps plein ou à temps partiel.
Monsieur le Président, les Canadiens savent que pour bien gagner leur vie, ils doivent de plus en plus étudier durant toute leur vie.
On assiste à une multiplication du nombre d'étudiants à temps partiel, dont la plupart essaient, non sans difficultés, de concilier travail, vie familiale et études.
Nous avons déjà annoncé que les étudiants à temps partiel seraient admissibles aux bourses canadiennes du millénaire et que ceux qui ont des enfants à charge auraient droit à des subventions spéciales. Nous annonçons aujourd'hui deux mesures supplémentaires pour faciliter les études à temps partiel.
Le crédit pour études est l'une des principales formes d'aide fiscale accordée par le gouvernement aux étudiants. Il aide ceux et celles qui fréquentent une université, un collège communautaire ou un établissement d'enseignement professionnel à payer leurs frais de subsistance. Jusqu'ici, ce crédit n'a été offert qu'aux étudiants à temps plein. Nous annonçons aujourd'hui que, pour la première fois, le crédit pour études sera également accordé aux étudiants à temps partiel. Cela bénéficiera à 250 000 étudiants qui ne pouvaient se prévaloir du crédit jusqu'ici.
Ensuite, le budget de 1996 avait permis aux étudiants à temps plein qui ont des enfants d'appliquer la déduction pour frais de garde d'enfants aux revenus de toute provenance. Aujourd'hui, nous étendons le bénéfice de cette mesure aux étudiants à temps partiel; 50 000 étudiants bénéficieront de cette décision.
Grâce à ces deux mesures, l'économie d'impôts réalisée par un étudiant à temps partiel typique, qui a deux jeunes enfants, fera plus que tripler -- passant de 300 à près de 1 000 dollars par an.
Monsieur le Président, il faut en faire davantage encore. Beaucoup de Canadiens qui sont déjà sur le marché du travail doivent et veulent perfectionner leurs compétences en étudiant à plein temps. Mais souvent, ils n'ont pas un accès suffisant aux ressources financières que cela exige.
Nous présentons aujourd'hui une mesure qui les aidera à relever ce défi.
À compter de janvier 1999, les Canadiens pourront retirer, en franchise d'impôt, des fonds de leur REER pour financer des études et une formation à temps plein.
L'un des meilleurs moyens de s'assurer d'un revenu suffisant à la retraite est de gagner un revenu satisfaisant au cours de sa carrière. Il est important, à cette fin, d'avoir la chance d'améliorer ses compétences.
L'employée de bureau qui veut améliorer ses connaissances en informatique, le travailleur d'usine qui veut se recycler comme machiniste -- ces Canadiens, et beaucoup d'autres encore, auront maintenant accès à des ressources qu'ils n'avaient pas le droit d'utiliser jusqu'à maintenant.
Monsieur le Président, ce que nous avons annoncé jusqu'ici s'attaque avant tout à des besoins immédiats, vécus aujourd'hui.
Or, il nous faut agir aussi pour les étudiants de demain.
Les quelques 100 000 bourses canadiennes du millénaire qui seront accordées chaque année font partie de la solution. Ce qui doit également faire partie de la solution, c'est le soutien aux parents qui préparent et planifient l'éducation future de leurs enfants.
Les Canadiens épargnent pour leurs enfants de diverses manières. Certains achètent des obligations. D'autres ouvrent des comptes de banque spéciaux. Plusieurs mettent simplement un peu d'argent de côté quand ils le peuvent. Les grands-parents, les tantes et les oncles offrent de l'argent aux anniversaires et à Noèl.
Une façon pour le gouvernement d'aider les Canadiens à épargner pour leurs enfants consiste à soutenir les régimes d'épargne-études enregistrés. L'argent investi dans ces plans peut croître à l'abri de l'impôt jusqu'à ce que l'enfant entre au collège, dans un établissement d'enseignement professionnel ou à l'université.
Au cours des deux dernières années, monsieur le Président, nous avons plus que doublé le plafond de cotisations annuelles aux REEE. Nous annonçons maintenant une nouvelle mesure importante.
Aujourd'hui marque le début d'un nouveau partenariat avec les parents. Nous croyons que le gouvernement doit investir aux côtés des parents qui veulent investir dans l'avenir de leurs enfants.
Par conséquent, à compter du 1er janvier de cette année, le gouvernement offrira une subvention canadienne pour l'épargneétudes qui viendra s'ajouter aux nouvelles cotisations versées aux REEE.
Pour chaque dollar de cotisation, à concurrence de 2 000 dollars par année, le gouvernement canadien versera une Subvention canadienne pour l'épargne-études égale à 20 p. 100 du total. Elle sera versée directement au régime établi pour l'enfant.
Si les cotisants se voient dans l'incapacité de verser le montant total permis au cours d'une année, ils pourront reporter leur droit de cotisation afin de se rattraper les années suivantes.
Pour illustrer le fonctionnement de la subvention canadienne pour l'épargne-études, prenons l'exemple d'un enfant âgé de trois ans.
Si ses parents mettent de côté 25 dollars toutes les deux semaines -- par exemple, au moyen d'un prélèvement automatique sur leur chèque de paye -- même si les fonds étaient investis de façon prudente, leur enfant recevra, à partir de 18 ans, 4 700 dollars par année pendant quatre ans pour financer ses études. Et sur ce montant, près de 800 dollars par année seront le résultat direct de la Subvention canadienne pour l'épargne-études que nous annonçons aujourd'hui.
Grâce aux initiatives que nous prenons, les REEE figureront maintenant parmi les mécanismes d'épargne les plus attrayants qui existent pour financer les études d'un enfant.
Nous croyons que les REEE seront bientôt considérés comme aussi essentiels à la planification future que le sont maintenant les régimes enregistrés d'épargne-retraite.
Ils représentent l'une des meilleures décisions que les parents puissent prendre pour leurs enfants, une des meilleures choses que les grands-parents puissent faire pour leurs petits-enfants. C'est l'expression concrète d'un partenariat entre les générations.
Monsieur le Président, parmi les facteurs les plus déterminants pour notre réussite économique au siècle prochain, on pense évidemment à la recherche-développement, qui exige des efforts importants et largement répartis. En vérité, plus il se fera de recherche-développement au Canada, et plus il y aura d'emplois créés pour les Canadiens.
C'est la raison pour laquelle, par exemple, nous avons créé l'an dernier la Fondation canadienne pour l'innovation, afin d'aider à mettre en place dans nos hôpitaux, nos universités et nos collèges des installations propices à des recherches de calibre international.
Cette année, nous augmentons l'aide aux chercheurs eux-mêmes, afin que les meilleurs et les plus brillants d'entre eux puissent réaliser leurs rêves et leurs projets ici même au Canada, de manière à repousser les limites de la connaissance en médecine, en sciences naturelles et en sciences sociales.
Depuis 20 ans, les conseils subventionnaires du gouvernement -- le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, le Conseil de recherches médicales du Canada et le Conseil de recherches en sciences humaines -- ont apporté une aide capitale à ces chercheurs et à leurs projets.
Par exemple, John Polanyi, lauréat du prix Nobel et inventeur du laser chimique, a bénéficié de cet appui tout au long de sa carrière. Et c'est la même chose pour le docteur Fernand Labrie de l'Université Laval, dont les travaux de recherche novateurs sur les enzymes et les hormones, ont permis d'offrir des possibilités nouvelles pour le traitement du cancer du sein et de la prostate.
La lutte contre le déficit nous a obligés à prendre beaucoup de décisions difficiles. L'une d'elles était la réduction des crédits accordés aux conseils subventionnaires. Nous annonçons aujourd'hui, qu'à compter du 1er avril 1998, les budgets de ces organismes seront rétablis à leur niveau de 1994-95. Dans les années à venir, ces ressources augmenteront davantage. En fait, à la fin de l'an 2001, ils auront reçu plus de 400 millions de dollars de ressources supplémentaires et leurs budgets seront plus élevés que jamais.
Monsieur le Président, le chômage des jeunes demeure un problème grave dans notre pays. Comme nous venons de le voir, la réponse réside en bonne partie dans la poursuite des études. Il reste que nos jeunes sont encore trop souvent confrontés à un dilemme qu'ils connaissent trop bien, hélas : pas de travail sans expérience, et pas d'expérience sans travail.
Pour contribuer à régler ce problème, le gouvernement a lancé une Stratégie emploi-jeunesse en février 1997. Dans le cadre de cette stratégie, plus de 120 000 emplois d'été liés à la carrière et plus de 50 000 stages sont créés, sur une période de deux ans.
C'est évidemment dans le secteur privé que sont créés la majorité des emplois. Et beaucoup d'employeurs se montrent à la hauteur en embauchant et en formant un plus grand nombre de jeunes. Il reste cependant beaucoup à faire. Il faut que beaucoup plus d'employeurs contribuent eux aussi à relever le défi.
Nous présentons aujourd'hui deux mesures qui, selon nous, aideront le secteur privé et d'autres dans ce domaine. Ces mesures, combinées aux initiatives annoncées aujourd'hui et aux décisions déjà prises, s'inscrivent dans le cadre d'un effort qui, à notre avis, doit s'élargir au pays tout entier pour s'attaquer de front au problème du chômage chez les jeunes.
D'abord, nous annonçons qu'au cours des deux prochaines années, les cotisations patronales d'assurance-emploi seront éliminées à l'égard des nouveaux emplois que les employeurs créent pour des Canadiens âgés de 18 à 24 ans.
Ensuite, nous savons que ce sont les décrocheurs scolaires qui ont le plus de mal à se trouver un emploi. Ces jeunes ont grand besoin d'acquérir des compétences, et le meilleur moyen pour cela est souvent une formation en cours d'emploi.
Aujourd'hui, Service jeunesse Canada aide plus de 5 000 jeunes Canadiens sans emploi à prendre de l'expérience en travaillant dans des entreprises locales et des projets communautaires. Un an après avoir terminé cette expérience, 85 p. 100 des participants avaient trouvé un travail ou étaient retournés aux études.
Dans ce budget, nous faisons plus que doubler les ressources consacrées à ce programme afin d'aider les jeunes, en particulier ceux et celles qui sont âgés de 20 à 24 ans et qui n'ont pas terminé leur secondaire. Des subventions salariales allant jusqu'à 10 000 dollars seront fournies pour leur permettre d'acquérir l'expérience professionnelle qui est la clé d'un emploi à long terme.
Monsieur le Président, l'informatique est maintenant devenu une connaissance de base au même titre que la lecture, l'écriture et le calcul. L'accès à un ordinateur permet d'avoir accès à la planète. Il y a deux initiatives qui mettent à la disposition des Canadiens cette technologie et ces connaissances.
Premièrement, grâce au programme Rescol lancé par le gouvernement il y a quatre ans, l'Internet fait son entrée dans la salle de classe pour jouer un rôle éducatif essentiel dans toutes les écoles du Canada. Cet accès à une masse considérable de connaissances, en quelques secondes à peine, permet aux élèves de mieux apprendre et aux professeurs, de mieux enseigner.
Rescol rend également possible le don de milliers d'ordinateurs aux écoles de tout le pays, aidant ainsi nos enfants à découvrir l'ordinateur à l'âge où l'on apprend le plus facilement.
Deuxièmement, le Programme d'accès communautaire permet au Canada d'être «branché» : 5 000 localités et bibliothèques le sont déjà, et 5 000 autres sont en voie de l'être.
Le but de ces deux programmes est de donner à chaque citoyen, où qu'il habite, qu'il soit riche ou pauvre, à l'école ou non, accès au même réservoir de connaissances.
Afin d'accélérer encore la réalisation de cet objectif, le gouvernement a décidé d'augmenter sensiblement les ressources consacrées à la fois à Rescol et au Programme d'accès communautaire. Ce sera également vrai pour CANARIE, une initiative canadienne à la fine pointe de la recherche mondiale en matière de réseaux de communication du futur.
Grâce à ce vaste consortium, regroupant les secteurs public et privé, le Canada pourra mettre en place le réseau intérieur d'information le plus rapide au monde, et accessible aux écoles, aux collectivités et aux entreprises.
À l'aube de l'économie de l'information, le Canada bénéficiera ainsi d'un avantage important sur le reste du monde.
Monsieur le Président, j'aimerais résumer tout ce que la Stratégie canadienne pour l'égalité des chances offre aux Canadiennes et aux Canadiens.
Aux étudiants des collèges, des universités ou des établissements d'enseignement professionnel, la Stratégie offre un ensemble complet de bourses, de subventions d'études, de prêts étudiants et de crédits d'impôt.
Aux diplômés qui ont des prêts étudiants à rembourser, elle offre un nouveau crédit d'impôt pour faciliter le remboursement de leurs dettes et de nouveaux allégements s'ils sont en difficulté financière.
Aux travailleurs qui veulent actualiser leurs connaissances et leurs compétences -- que ce soit en étudiant à temps plein ou à temps partiel, à l'université, au collège ou dans un établissement d'enseignement professionnel --, la Stratégie offre un soutien accru qui sera désormais accessible aux étudiants de tout âge, en plus de la possibilité de retirer des fonds d'un REER de manière à accroître leur capacité financière.
Aux parents et grands-parents, la Stratégie offre la subvention canadienne pour l'épargne-études, qui fera des REEE le meilleur moyen d'économiser en vue des études des enfants.
Aux étudiants des cycles supérieurs et aux chercheurs, la Stratégie offre un soutien accru à leurs importantes activités, par l'intermédiaire des conseils subventionnaires.
Aux jeunes qui ont du mal à s'intégrer au marché du travail, elle offre des possibilités nouvelles d'acquérir une expérience concrète.
Et aux enfants, comme aux collectivités des quatre coins du pays, elle offre un nouvel accès aux technologies informatiques et aux réseaux d'information.
La Stratégie canadienne pour l'égalité des chances repose sur un principe fort simple : tous ceux et celles qui veulent vraiment faire des études doivent en avoir la chance, peu importe leur revenu.
C'est leur droit. C'est aussi notre devoir. C'est là une responsabilité que nous assumons aujourd'hui.
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