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Budget 1998
Le discours du budget - 1

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Archivé - Introduction

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Monsieur le Président, tout d'abord, le Premier ministre, le Cabinet, et moi-même tenons à exprimer notre reconnaissance aux membres du Comité permanent des finances et des divers comités du caucus. Le travail acharné qu'ils ont accompli est extraordinaire.

J'aimerais aussi remercier tous ceux et toutes celles qui, malgré leurs obligations quotidiennes, ont trouvé le temps de nous présenter leurs suggestions sur la forme que devrait prendre ce budget. Ils ont démontré une fois de plus, les avantages que présente une écoute attentive de la voix du bon sens, celle des Canadiennes et des Canadiens.

Monsieur le Président, voici le premier budget de notre nouveau mandat.

Mais, s'il s'agit d'un nouveau mandat, notre mission, elle, n'a pas changé.

Nos objectifs demeurent aujourd'hui ce qu'ils étaient quand les Canadiennes et Canadiens nous ont accordé leur confiance en 1993 : premièrement, bâtir un pays qui offre des chances d'emploi et de croissance, un pays où tous et toutes aient des chances égales d'accéder à la réussite; deuxièmement, préserver et renforcer une société marquée au sceau de la solidarité et de la compassion.

Les Canadiens ont toujours su qu'il ne serait pas facile d'atteindre ces objectifs.

Les Canadiens étaient conscients que des problèmes fondamentaux appellent des changements fondamentaux. Ils voulaient qu'on établisse clairement les priorités du pays. Et ils voulaient qu'on leur propose un plan à long terme pour les atteindre.

En 1994, ce plan a été mis en place. Cela fait plus de quatre ans que nous l'appliquons. Et nous en voyons aujourd'hui les dividendes.

Ce budget marque une nouvelle étape dans la réalisation de ce plan et le précise. Et nous sommes plus que jamais déterminés à l'appliquer.

Ce budget démontrera que l'époque des déficits chroniques est maintenant chose du passé et que nous sommes maintenant sur la voie de la réduction de la dette, sans qu'aucun retour en arrière soit possible.

C'est un budget qui augmentera les chances offertes à tous les Canadiens et à toutes les Canadiennes en rendant plus accessibles le savoir et les compétences.

C'est un budget où l'on commence à réduire les impôts, d'abord en faveur de ceux qui en ont le plus besoin -- les Canadiens à revenu faible ou moyen.

C'est un budget qui, par ses mesures pondérées, reflète l'équilibre des priorités auxquelles les Canadiens sont attachés -- un budget qui reflète les valeurs qui comptent aux yeux des Canadiens.

Voilà notre engagement.

Une saine gestion économique et financière

Monsieur le Président, lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, l'économie du pays était en désarroi.

Le revirement aujourd'hui est frappant.

La création d'emplois s'accélère. Au cours des quatre dernières années, le nombre d'emplois a augmenté de plus d'un million. En 1997 seulement, 372 000 nouveaux emplois -- tous à temps plein et dans le secteur privé -- ont été créés.

En 1993, le taux de chômage se situait à 11,2 p. 100. Il a diminué depuis, pour s'établir maintenant à moins de 9 p. 100. Bien que ce taux soit encore trop élevé, la tendance à la baisse est évidente.

Les consommateurs ont repris confiance. La relance économique est maintenant alimentée par une forte demande intérieure.

La confiance des entreprises atteint un niveau record. Les investissements sont en pleine ascension.

Grâce à la diminution des taux d'intérêt et au rétablissement de la confiance, la croissance économique a dépassé les 3,5 p. 100 en 1997. Cette année, on prévoit le maintien d'une expansion vigoureuse. Cela voudrait dire les meilleurs résultats économiques du Canada pendant deux années consécutives en plus de 10 ans -- et les meilleurs résultats de tous les pays du G-7.

Monsieur le Président, nous vivons dans un monde où les choses peuvent changer très vite. À preuve, les événements d'Asie, qui auront certainement des répercussions jusqu'ici.

Néanmoins, permettez-moi d'affirmer aux entreprises, aux consommateurs, aux employeurs et aux travailleurs canadiens que jamais, au cours des 25 dernières années, nos perspectives n'ont été aussi favorables.

De plus, la croissance économique nous aide à réduire le déficit de manière spectaculaire.

La déclaration que je vais faire maintenant, aucun gouvernement canadien n'a été en mesure de la prononcer depuis près de 50 ans.

Nous aurons un budget équilibré l'an prochain.

Nous aurons encore un budget équilibré l'année suivante.

Et, Monsieur le Président, nous aurons un budget équilibré dès cette année.

Cette réussite, nous la devons aux Canadiens, non au gouvernement.

Dès le début, ce sont les Canadiens qui ont pris conscience des dangers posés par une mauvaise gestion financière et qui ont exigé des mesures fermes. Ce sont les Canadiens qui, unis dans un solide consensus, ont demandé au gouvernement de se retrousser les manches.

Et ce sont les Canadiens qui ont démontré toute leur abnégation en supportant les conséquences de décisions qui ont été très difficiles.

Les Canadiens peuvent être très fiers aujourd'hui, car cette victoire leur appartient.

Bâtir une économie forte et une société solidaire : nos principes et notre plan

Monsieur le Président, une ère nouvelle nous attend. Et c'est pourquoi nous avons le devoir, envers les Canadiennes et Canadiens, de rappeler les principes qui guideront notre action future.

Premièrement, nous garderons le cap qui nous a menés là où nous sommes aujourd'hui. Nous ferons preuve de frugalité. La bataille contre le gaspillage et l'inefficacité est une lutte perpétuelle.

Nous ne laisserons plus jamais le spectre des dépenses excessives hanter notre pays.

Nous n'accepterons jamais le retour des vieilles habitudes -- l'habitude de croire que, pour mieux gouverner, il faut un gouvernement plus gros, celle de croire que pour régler chaque problème, il faut créer un nouveau programme.

Et nous ne verrons plus jamais les Canadiens subir coupure après coupure afin de sortir leur pays du pétrin.

Les Canadiens ont payé cher pour voir un film d'horreur : « Le déficit ». Ils ne veulent pas payer pour qu'il y ait un « Déficit II ».

Deuxièmement, nous concentrerons nos efforts sur ce qui est essentiel. La priorité fondamentale du gouvernement est d'établir un programme d'action national. Le gouvernement ne doit plus jamais retomber dans le piège qui consiste à essayer de tout faire pour tout le monde, à avoir tellement de priorités qu'il n'en a plus aucune.

Troisièmement, nous devons agir avec constance. Les défis auxquels le pays est confronté sont profondément enracinés. Ils ne se prêtent pas à des solutions rapides.

C'est la raison pour laquelle, tout comme au cours des dernières années, chaque budget s'appuiera sur les mesures prises précédemment, de sorte que des initiatives qui peuvent apparaître sur le moment comme de modestes pas en avant se combinent et se renforcent pour donner, au bout du compte, des progrès impressionnants. C'est aux besoins à long terme de la nation que nous devons répondre.

Quatrièmement, nous devons travailler en partenariat. On ne peut se permettre de faire cavalier seul. Chacun a son rôle à jouer, qu'il s'agisse des gouvernements, des entreprises, des travailleurs ou du secteur bénévole. Mais il faut travailler ensemble.

Et cinquièmement, nous devons agir de manière équilibrée et avec équité.

S'occuper d'un pays, c'est beaucoup plus que de s'occuper des comptes, et les Canadiens le savent bien.

Le Canada, c'est plus qu'un marché. C'est une collectivité.

Notre pays repose sur le partage des risques et le partage des avantages. Il repose sur la solidarité parce que nous savons que si nous donnons un coup de main aujourd'hui, ce sera notre tour d'être aidés demain. Voilà l'esprit qui a bâti ce pays.

C'est cet esprit qui s'est manifesté pour venir en aide aux victimes des inondations du Saguenay. Il s'est manifesté de nouveau lors des crues de la Rivière Rouge. Et nous l'avons encore vu à l'œuvre, de partout au Canada, quand la tempête de verglas a frappé le mois dernier.

L'esprit de solidarité qui anime le Canada n'est pas une qualité qui se manifeste de façon sporadique, à l'occasion de grandes catas-trophes naturelles ou de graves perturbations. C'est un esprit permanent. Il est à l'oeuvre dans chacune de nos communautés, dans chaque coin du pays, à toute heure du jour et de la nuit. Et il s'incarne dans les grands programmes nationaux qui en sont venus à définir notre identité présente et celle à laquelle nous aspirons.

C'est pourquoi notre budget prévoit des ressources pour la Stratégie nationale sur le SIDA.

C'est pourquoi nous avons établi un fonds de guérison afin de réparer les torts épouvantables causés aux nombreux autochtones qui, dans leur jeunesse, ont été la victime de sévices dans des pensionnats.

Et c'est pourquoi nous nous engageons sans réserve à soutenir et à renforcer le système canadien de santé. En 1995, quand le pays était dans l'impasse financière, nous avons dû prendre des décisions extrêmement difficiles. Nous le reconnaissons.

C'est la raison pour laquelle la toute première mesure que nous avons adoptée, quand nos progrès dans la réduction du déficit sont devenus manifestes, a été l'augmentation du plancher des transferts monétaires aux provinces dans le domaine de la santé et pour d'autres programmes, plancher qui est passé de 11 milliards à 12,5 milliards de dollars par année.

Il s'agit du plus important poste de dépense dans ce budget. Au-delà des prévisions courantes, entre aujourd'hui et l'an 2002, les provinces recevront 7 milliards de dollars supplémentaires en paiements de transfert du gouvernement canadien pour la santé, l'éducation et l'aide sociale.

La frugalité, la concentration des efforts, la constance, la vision à long terme, le partenariat, l'équité -- Monsieur le Président, tels sont les principes qui guident notre plan.

Assurer une saine gestion économique

Je voudrais maintenant expliquer comment ces principes seront mis en application pour assurer une saine gestion de l'économie nationale.

Dès le départ nous avons affirmé que l'une des priorités essentielles du gouvernement en matière économique était d'avoir une politique monétaire et une politique budgétaire bien coordonnées -- qui se renforcent mutuellement au lieu de se nuire.

C'est pourquoi, à notre arrivée au pouvoir, le gouvernement et la Banque du Canada ont convenu de maintenir l'inflation dans une fourchette de 1 à 3 p. 100 jusqu'à la fin de 1998. Cette politique a démontré son efficacité. L'inflation est bien maîtrisée. Et elle le restera dans l'avenir.

C'est la raison pour laquelle nous annonçons aujourd'hui que nous prolongerons l'entente actuelle pendant trois années encore.

Le Canada s'est maintenant taillé une réputation de pays où l'inflation est faible. C'est une réputation et un acquis que nous allons protéger.

Maintenant, permettez-moi de traiter de la dette publique.

Nous avons remporté une grande bataille. Mais nous n'avons pas gagné la guerre : 25 années de déficit nous ont laissé aux prises avec un fardeau financier beaucoup trop lourd.

Chaque dollar consacré aux intérêts de la dette est un dollar de moins pour les soins de santé ou les réductions d'impôt.

Il faut réduire le fardeau de la dette. En fait, cette réduction a déjà commencé.

La meilleure façon d'évaluer le fardeau que représente la dette nationale est de la mesurer en proportion de l'économie qui la supporte. C'est ce qu'on appelle le ratio de la dette au PIB -- ce que nous devons par rapport à ce que nous produisons. Plus ce ratio est bas, mieux la dette peut se gérer.

En 1996-97, le ratio de la dette au PIB a diminué de façon sensible, pour la première fois en plus de 20 ans. La baisse sera encore plus marquée cette année, et la situation va continuer de s'améliorer au cours des deux prochaines années. Et je peux vous assurer qu'après cela, nous allons continuer de réduire le fardeau de la dette -- de façon constante, permanente et irrévocable.

Cette réduction sera le fruit d'une stratégie à deux volets.

Tout d'abord, nous allons continuer d'appliquer des politiques qui favorisent une meilleure croissance économique.

Et deuxièmement, nous allons réduire le niveau absolu de la dette.

Monsieur le Président, voici notre plan de remboursement de la dette.

Premièrement, nous continuerons, comme avant, à présenter des plans financiers sur deux ans, basés sur des hypothèses économiques prudentes.

Nous continuerons d'être toujours plus prudents, que les prévisionnistes du secteur privé. Au cours des deux premières années de ce plan, nous nous engageons à maintenir l'équilibre budgétaire.

Deuxièmement, nous continuerons d'incorporer à notre plan financier une marge de sécurité, une réserve pour éventualités de 3 milliards de dollars.

Et troisièmement, si, comme cela a été le cas au cours des trois dernières années, la réserve pour éventualités ne se révèle pas nécessaire, elle servira directement au remboursement de la dette.

Voilà comment, depuis notre arrivée au pouvoir, nous avons réduit le déficit -- année après année.

Voilà comment, à l'avenir, nous réduirons la dette -- année après année.

En fait, Monsieur le Président, ce processus est déjà en cours.

Deux méthodes sont surtout utilisées pour calculer le déficit. La première, celle que nous utilisons au Canada, est considérée comme l'une des plus rigoureuses au monde. Elle inclut toutes les obligations assumées par le gouvernement pendant un exercice.

La deuxième, qu'on utilise dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon, ne comprend que les emprunts du gouvernement sur les marchés financiers.

Selon cette méthode, le Canada a déjà enregistré un excédent financier au cours du dernier exercice.

Et selon cette comparaison internationale, le Canada a la meilleure situation financière des pays du G-7.

Ce qui est plus important encore, c'est que cette année, comme l'indiquent les données mensuelles publiées aujourd'hui, nous avons remboursé jusqu'ici pour près de 13 milliards de dollars de la dette empruntée sur les marchés financiers.

Monsieur le Président, notre pays offre des chances incomparables.

Offrir des chances égales

Notre pays doit aussi offrir des chances égales.

Dans la vie, les Canadiennes et les Canadiens ne partent pas tous sur un pied d'égalité. Pour certains, la course est presque gagnée d'avance. Mais pour beaucoup d'autres, le résultat est loin d'être acquis.

Les circonstances et les privilèges peuvent entraîner des inégalités considérables.

Et quand les Canadiens n'ont pas la chance de réaliser tout leur potentiel, c'est le pays tout entier qui n'a pas la chance d'atteindre le sien.

Certains semblent croire que le gouvernement ne peut et ne devrait rien y faire. Que nous devrions simplement nous abandonner aux forces du marché, aux forces du changement -- et abandonner dans le processus ceux et celles qui n'ont pas eu leur chance.

Eh bien, nous sommes d'un avis différent.

Tout le monde n'arrive pas à monter dans le train de la croissance économique.

Il y a des Canadiens qui, pour diverses raisons, n'ont pas les mêmes possibilités que les autres -- mais qui les saisiraient immédiatement, et en profiteraient pour améliorer leur sort, si seulement on leur en donnait la chance.

C'est pourquoi, dans ce budget et dans les budgets précédents, nous avons renforcé l'aide aux personnes handicapées -- des Canadiennes et des Canadiens qui ne réclament pas de privilèges particuliers, mais simplement des droits égaux à ceux des autres citoyens.

C'est pourquoi nous avons augmenté l'aide aux groupes de bienfaisance, à cause du rôle considérable que joue le secteur bénévole pour venir en aide aux Canadiens et enrichir notre vie collective.

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