Budget 1998
Stratégie canadienne pour l'égalité des chances - 1
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Il ne pourrait y avoir ni plus grand projet canadien en vue du prochain millénaire ni meilleur rôle pour le gouvernement que celui d'aider les jeunes Canadiens à se préparer à entrer dans la société axée sur l'information du siècle prochain.
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Les perspectives économiques du Canada reposeront de plus en plus sur les forces et les compétences de ses citoyens. Les Canadiens et les Canadiennes doivent posséder les connaissances et les compétences nécessaires pour participer pleinement à l'économie en évolution. Une main-d'œuvre productive et novatrice peut procurer au Canada le précieux avantage qui lui permettra d'être compétitif sur les marchés mondiaux. Il faut préparer les Canadiens pour le XXIe siècle.
Les connaissances et les compétences offrent aux Canadiens espoir et possibilités : la perspective de meilleurs emplois et d'un niveau de vie plus élevé. L'acquisition de connaissances et de compétences est le moyen optimal d'assurer à tous les mêmes chances.
La Stratégie canadienne pour l'égalité des chances fera en sorte que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes -- surtout ceux dont les revenus sont faibles ou moyens -- auront des chances égales de prendre leur place au sein de l'économie en évolution. Elle réduira les contraintes financières et aplanira les autres obstacles à l'acquisition de connaissances et de compétences. En multipliant les possibilités, le gouvernement du Canada bâtit une économie plus forte et une société plus solidaire.
Pour préparer les Canadiennes et les Canadiens à franchir le cap du XXIe siècle, il est essentiel d'élargir l'accès aux connaissances et aux compétences. La qualité de vie et les perspectives économiques des Canadiens sont tributaires de leur capacité de réflexion, d'innovation et de création dans un monde transformé par l'information et la technologie. Les changements qui s'opèrent dans l'économie ont un incidence sur la façon dont les Canadiens travaillent, ainsi que sur les compétences dont ils ont besoin pour trouver un emploi ou le conserver, ou encore avancer sur le plan professionnel.
Dans un marché du travail en pleine évolution, les connaissances et les compétences dont les Canadiens ont besoin pour trouver un emploi varient continuellement au cours de leur vie professionnelle.
Certains estiment que le savoir ne s'acquiert qu'à temps plein, en salle de classe, et qu'il est l'apanage des jeunes. En fait, le savoir, important pour tous les Canadiens quel que soit leur âge, s'acquiert en étudiant à temps plein ou à temps partiel, et ce, dans les cadres les plus divers -- dans les universités, les collèges communautaires, les établissements professionnels et techniques, les cégeps. L'expérience et les compétences acquises en cours d'emploi sont aussi des composantes essentielles du savoir.
Comme l'égalité des chances repose sur l'accès à l'acquisition de connaissances et de compétences, cet accès devrait être universel.
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Aux yeux de la FEUQ, l'éducation est la pierre angulaire du progrès à long terme de la société. C'est même le moteur du développement social, culturel, démocratique et économique. Dan Gravel, |
Les statistiques sur l'emploi au Canada illustrent l'importance des connaissances et des compétences dans l'économie. Au cours des 20 dernières années, le rythme de croissance de l'emploi a été plus rapide pour ceux qui possédaient des compétences supérieures.
Depuis 1981, le nombre d'emplois chez les personnes qui détiennent au plus un diplôme d'études secondaires a chuté de deux millions, alors qu'il a augmenté de près de cinq millions chez les personnes qui ont acquis des compétences supérieures.
Le tableau ci-après illustre la croissance de l'emploi depuis 1976 chez les personnes détenant un diplôme d'études secondaires ou moins, en comparaison des personnes possédant des qualifications supérieures à un diplôme d'études secondaires.

Au fil des ans, le taux de chômage chez les jeunes qui ont étudié longtemps a toujours été beaucoup plus bas que celui des jeunes qui ont abandonné leurs études assez tôt.
En 1996, le taux de chômage chez les diplômés universitaires n'était que de 5 p. 100, alors que celui des jeunes n'ayant pas fait d'études secondaires était de 15 p. 100. Cet écart existe dans tous les groupes d'âge.


Pour les particuliers, le fait d'investir dans le savoir résulte en un emploi meilleur et plus sûr, ainsi qu'en un revenu plus élevé. Malgré les frais de scolarité qui augmentent et l'absence de revenus pendant les études à l'université, au collège ou dans un établissement professionnel ou technique, le diplômé moyen peut s'attendre à ce que ses études se traduisent par un rendement variant entre 8 et 20 p. 100 en revenus futurs. Les études sont également rentables pour l'ensemble de la société.
De 1984 à 1994, les diplômés des universités, des collèges ou des établissements professionnels ou techniques ont eu en moyenne des revenus de 45 p. 100 supérieurs à ceux des personnes qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires.
Les Canadiens reconnaissent de plus en plus l'importance des études post-secondaires. Le nombre d'inscriptions dans les universités, les collèges, les établissements professionnels et techniques, ainsi que les cégeps atteint un niveau record. Près de 1 million de personnes sont inscrites à temps plein, et 430 000 Canadiens sont inscrits à temps partiel.

À l'heure actuelle, un jeune sur trois est inscrit à un cours d'études post-secondaires à temps plein, alors que ce ratio était légèrement inférieur à un sur cinq il y a 25 ans. De nos jours, le Canada se classe au premier rang des pays industrialisés pour ce qui est des jeunes de 18 à 21 ans inscrits à un programme d'études post-secondaires.
En outre, un plus grand nombre d'adultes s'inscrivent dans les universités et les collèges, souvent à temps partiel.
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… la crainte d'accumuler une dette démesurée décourage certains étudiants de poursuivre leurs études et représente un souci constant pour un fort pourcentage de ceux qui ont contracté des emprunts.
Comité sénatorial spécial de l'enseignement post-secondaire, |
Les coûts des études post-secondaires au Canada sont financés en majeure partie par les administrations publiques. Les frais d'inscription ne représentaient qu'environ 14 p. 100 des dépenses de 16 milliards de dollars engagées par le Canada dans les études supérieures en 1995-96.
Cependant, les frais d'inscription et les coûts afférents ont plus que doublé au cours des 10 dernières années, et ils ont augmenté à un rythme plus rapide que le revenu familial.
L'an dernier, les frais d'inscription à l'université ont augmenté en moyenne de 9 p. 100 partout au pays. Les frais d'inscription à l'université sont actuellement de 3 120 dollars par année en moyenne, tandis que les frais d'inscription à un collège communautaire atteignent en moyenne 1 360 dollars par année.

En 1995, seulement 22 p. 100 des étudiants universitaires inscrits en première année provenaient de familles dont le revenu est inférieur à 30 000 dollars, tandis que 36 p. 100 de la population déclarait un revenu familial inférieur à 30 000 dollars.
De plus, 32 p. 100 des étudiants de première année provenaient de familles dont le revenu est supérieur à 70 000 dollars, alors que seulement environ 20 p. 100 des familles canadiennes comparables ont gagné un tel revenu.
Les étudiants de familles à revenu moins élevé comptent davantage sur les prêts aux étudiants. Une étude récente révèle que le lourd fardeau d'endettement associé aux études supérieures dissuade un grand nombre de personnes.

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On ne devrait pas avoir à hypothéquer son avenir pour étudier.
Catherine Kowalchuk, |
En 1997-98, plus de 380 000 étudiants (soit environ 30 p. 100 des étudiants inscrits dans les universités, les collèges communautaires, et les établissements professionnels et techniques) sont appuyés par le Programme canadien de prêts aux étudiants.
Pour un diplômé moyen ayant contracté un prêt étudiant, le fardeau d'endettement après un programme de quatre ans atteignait en moyenne 13 000 dollars en 1990-91. Ce fardeau devrait être porté à plus de 25 000 dollars l'an prochain. De ce montant, environ 15 000 dollars sont octroyés dans le cadre du Programme canadien de prêts aux étudiants et 10 000 dollars, en vertu des programmes de prêts provinciaux.
En 1990, moins de 8 p. 100 des diplômés avaient des dettes supérieures à 15 000 dollars. De nos jours, ce chiffre dépasse les 40 p. 100.
Plus de 80 p. 100 des diplômés ont remboursé leur prêt intégralement. Néanmoins, le fardeau d'endettement des étudiants constitue un grave problème pour ceux qui sont au chômage ou qui éprouvent des difficultés financières pour d'autres raisons.
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