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Discours du budget - 1
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Archivé - Assurer l'avenir

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Monsieur le Président, il est clair comme jamais que ce que les Canadiens et Canadiennes veulent aujourd'hui de leurs gouvernements, ce n'est pas de la rhétorique. Ce qu'ils veulent, c'est qu'on agisse. Ce qu'ils recherchent, ce sont des progrès réels.

Voilà les normes que les Canadiens ont fixées. Et voilà les normes d'après lesquelles notre gouvernement entend être jugé.

Rarement, au cours de notre histoire, autant de gens ont éprouvé une telle angoisse.

Les Canadiens ont le sentiment que notre mode de vie est en danger.

Quand ils regardent l'assurance-maladie, ils craignent qu'elle ne soit menacée.

Quand ils regardent le système de pensions, ils s'interrogent sur ses chances de survie.

Quand ils regardent l'économie, ils craignent que leurs emplois ne soient emportés dans la tourmente de la concurrence et du changement.

Et quand les Canadiens et Canadiennes regardent leurs enfants, nos jeunes, ils se demandent quel genre d'avenir les attend.

S'il y a une obligation qui s'impose au gouvernement aujourd'hui, c'est d'apporter une réponse à ces inquiétudes profondes.

C'est de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que la confiance chasse l'angoisse, pour que revienne l'espoir et que s'efface le désespoir.

En un mot, nous devons agir dès maintenant pour aider les Canadiens à assurer leur avenir.

Les Canadiens savent que le gouvernement ne peut y arriver tout seul.

Il faudra des efforts concertés de tous les citoyens, de leurs gouvernements, des entreprises et des autres intervenants pour que notre pays puisse relever ces défis.

Ce que les Canadiens et Canadiennes veulent de leur gouvernement, c'est qu'il fixe les objectifs, qu'il ait un plan d'action et ensuite qu'il travaille avec toute l'énergie dont il est capable -- et aussi longtemps qu'il le faut -- pour atteindre le but visé.

Assurer notre avenir financier

Ce budget est le troisième que nous présentons dans le cadre des efforts déterminés que nous avons déployés sur tous les fronts pour assainir les finances de notre pays.

Dans ce budget, nous maintenons le cap. Nous maintenons le rythme. Nous ne relâchons pas nos efforts.

En fait, notre gouvernement ne relâchera jamais ses efforts. La lutte que nous avons engagée contre le déficit est irréversible et sans merci. Aucun doute ne doit être permis à ce sujet.

Nous allons équilibrer les comptes. En outre, nous placerons le ratio de la dette au PIB -- ce que nous devons en proportion de ce que nous produisons sur une trajectoire descendante en permanence, année après année.

Rien -- je dis bien, rien -- n'entamera la détermination de notre gouvernement. Nous équilibrerons le budget.

Nous avons annoncé en novembre que nous avions fait mieux&127 que notre objectif de déficit pour 1994-95.

Il est maintenant clair que notre objectif pour 1995-96 sera atteint -- ou que nous ferons encore mieux -- et que nous gardons le cap sur notre cible de 3 pour cent pour 1996-97. C'est la preuve des effets en profondeur qu'ont produits les mesures de nos deux premiers budgets.

Aujourd'hui, nous montrerons clairement que notre objectif pour 1997-98 -- un déficit de $17 milliards ou 2 pour cent du PIB -- est également assuré.

Nous atteindrons la cible de déficit de 3 pour cent. Nous atteindrons la cible de 2 pour cent annoncée en novembre dernier. En fait, nous annonçons aujourd'hui des mesures qui nous permettront d'aller au-delà de ces objectifs, de continuer à progresser vers l'équilibre budgétaire.

À cette fin, nous effectuons dans nos dépenses ministérielles de nouvelles réductions de près de $2 milliards, qui s'appliqueront à 1998-99. Cela vient s'ajouter aux économies substantielles réalisées dans nos deux premiers budgets.

La plupart des ministères verront leurs budgets réduits d'au moins 3.5 pour cent de plus en 1998-99; certains subiront des réductions plus importantes.

Les dépenses au titre de la défense et de l'aide internationale seront réduites davantage. La croissance des dépenses consacrées aux programmes destinés aux Inuit et aux Indiens sera restreinte. La subvention à la production laitière sera éliminée graduellement sur cinq ans et la subvention aux services postaux sera réduite.

Ce budget, combiné aux deux derniers, apportera des économies de $26.1 milliards pour atteindre notre objectif d'un déficit égal à 2 pour cent en 1997-98, plus des économies de $28.9 milliards l'année suivante, en 1998-99 -- pour que le déficit continue de baisser et que le ratio de la dette au PIB puisse commencer à diminuer.

En 1993-94, les dépenses de programmes du gouvernement, c'est-à-dire toutes les dépenses à l'exception des frais de la dette, s'élevaient à $120 milliards. En 1998-99, nous aurons ramené ce montant à $105.5 milliards. Cela représente six années consécutives de diminution absolue des dépenses de programmes.

La réduction est encore plus spectaculaire par rapport à la taille de l'économie. En 1998-99, les dépenses de programmes auront été ramenées à 12 pour cent du PIB, alors qu'elles étaient voisines de 20 pour cent il y a seulement une dizaine d'années. En fait, elles tomberont à leur plus faible niveau en 50 ans.

Si nous considérons les trois budgets dans leur ensemble, nous aurons réduit les dépenses de sept dollars pour chaque dollar de recettes nouvelles, parce que nous nous concentrons sur des compressions de dépenses et non sur des augmentations d'impôts et de taxes. Dans ce budget, nous n'augmentons pas les impôts des particuliers, ni ceux des sociétés. Nous n'augmentons pas les taxes d'accise. En fait, nous n'augmentons aucun impôt ou taxe.

Notre gouvernement ne se fie pas à des augmentations d'impôt pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit. Il ne se fie pas non plus à des prévisions exagérément optimistes.

Nous gardons la prudence que nous avons adoptée dès le début. Nos hypothèses économiques sont, une fois encore, délibérément plus prudentes que celles de la plupart des prévisionnistes du secteur privé. Comme dans les deux budgets précédents, nous renforçons nos hypothèses économiques au moyen de substantielles réserves pour éventualités. Ces réserves ne sont pas là pour financer de nouvelles initiatives. Elles sont là pour faire face aux variations imprévues de l'économie. Si nous n'en avons pas besoin, elles ne seront pas dépensées. Cela permettra de réduire encore le déficit.

Comme nous l'avons toujours déclaré -- et comme nous l'avons maintenant prouvé -- atteindre nos objectifs, c'est le moins que nous puissions faire. Ce n'est pas le mieux que nous ferons.

L'un des dividendes que nous récoltons en atteignant ces objectifs de déficit est la diminution considérable des nouveaux emprunts que le gouvernement doit contracter chaque année sur les marchés.

Les besoins financiers sont la mesure utilisée dans la plupart des autres grands pays -- les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Italie, la France et l'Allemagne -- pour calculer le déficit.

En 1993-94, l'année où nous sommes entrés en fonction, les besoins financiers du Canada s'élevaient à 4.2 pour cent du PIB -- soit $30 milliards. En 1997-98, nos besoins financiers tomberont à seulement 0.7 pour cent du PIB -- soit $6 milliards.

Par rapport à la taille de l'économie, nos besoins d'emprunt n'auront jamais été aussi faibles en près de 30 ans. D'après ces indicateurs, le Canada aura le plus faible écart budgétaire projeté de tous les gouvernements centraux du G-7.

Les progrès accomplis aujourd'hui sur le plan financier ne sont pas dus uniquement à un effort fédéral. Ils sont le fruit d'un effort national appuyé par les Canadiens et Canadiennes d'un bout à l'autre du pays.

Peu importe leur couleur politique, toutes les provinces, tous les territoires ont pour objectif premier d'assainir leurs finances. On s'attend en fait à ce que huit provinces affichent un budget équilibré -- ou même excédentaire -- pour l'exercice prenant fin ce mois-ci, et les résultats parlent d'eux-mêmes.

Par exemple, en 1993, les entreprises et les gouvernements canadiens avaient emprunté $29 milliards à l'étranger. Ce montant a été ramené à $13 milliards en 1995 -- et il diminuera encore l'an prochain et l'année suivante. En bref, la souveraineté économique est en voie d'être rétablie.

Le fait est que, par comparaison avec la plupart des autres pays -- et dans le monde abstrait des statistiques -- nous obtenons d'assez bons résultats. Cela dit, toutefois, dans le monde réel où nous vivons tous, nous savons bien que, malgré les progrès accomplis, les Canadiens restent extrêmement inquiets. Il n'est pas difficile d'en deviner la raison. C'est que, peu importe ce que disent les statistiques, beaucoup de gens ne constatent aucune amélioration dans leur vie de tous les jours. Ce qu'ils constatent, ce sont des sacrifices. Et ce qu'ils veulent savoir, c'est si leurs sacrifices serviront à quelque chose -- et quand ils prendront fin.

La tâche qui nous attend est donc bien claire. Il s'agit de poursuivre les progrès déjà réalisés, de les convertir en bons emplois, en croissance soutenue et en programmes sociaux adaptés au nouveau millénaire qui nous attend.

Ce budget vise à consolider les gains que nous avons réalisés. Il vise à régler les problèmes avant qu'ils ne se manifestent. Il propose une gestion prospective, pour continuer de mettre en place les nouveaux éléments de la sécurité et de la prospérité futures.

Ce budget montrera comment nous pouvons maintenir l'engagement du gouvernement fédéral envers le régime d'assurance-maladie et les autres programmes sociaux au 21e siècle.

Ce budget présentera un plan pour établir la confiance dans le système de pensions publiques.

Ce budget améliorera la protection des membres les plus vulnérables de notre société.

Et ce budget réaffectera des dépenses pour investir dans l'avenir économique du pays.

En un mot, comme doivent l'être tous les budgets, ce budget est axé sur le présent. Mais c'est aussi un budget conçu pour l'avenir.

Principes pour assurer l'avenir

Les Canadiens et Canadiennes veulent avoir la certitude que les principes qui guident l'action du gouvernement sont des principes auxquels ils souscrivent eux-mêmes.

Voici nos principes.

Premièrement, ce sont les gouvernements qui ont créé le problème du déficit. Par conséquent, c'est à eux de le résoudre -- en s'occupant d'abord de remettre de l'ordre dans leurs propres affaires, en réduisant leurs dépenses, et non en augmentant les impôts.

Deuxièmement, notre stratégie budgétaire n'aura servi à rien si, en bout de ligne, nous n'avons pas amélioré les perspectives d'emploi et de croissance. Nous devons nous concentrer sur la relance de la croissance en même temps que nous nous efforçons de réduire les dépenses.

Troisièmement, nous devons faire preuve de frugalité dans toutes nos activités. Le gaspillage est tout simplement intolérable.

Quatrièmement, nous devons nous débarrasser à jamais de l'idée que de nouveaux programmes publics exigent de nouvelles dépenses. Ce n'est pas le cas. Ce qu'ils exigent, c'est la volonté de mettre fin aux activités inefficaces et de se concentrer sur ce qui fonctionne. C'est la raison pour laquelle notre stratégie passe par les réaffectations. Qu'il s'agisse des dépenses ou des recettes, chacun des initiatives présentées dans ce budget reflète un choix entre les secteurs les plus et les moins prioritaires.

Cinquièmement, nous devons toujours garder le sens de la justice et de la compassion. Les plus vulnérables sont souvent ceux qui ont le plus de mal à se faire entendre. Nous ne devons jamais laisser l'impératif de frugalité devenir un prétexte pour abandonner le sens de la justice.

Un rythme mesuré et responsable

Permettez-moi d'aborder maintenant le rythme auquel nous progressons.

Ce rythme, dès le départ, a été constant. C'était un choix délibéré, et nous n'en changerons pas.

Nous sommes d'avis que l'existence de déficits chroniques représente un danger manifeste et immédiat pour notre pays -- pour notre mode de vie, pour notre avenir.

Les déficits chroniques menacent les défavorisés, parce que ce sont eux qui souffrent quand le gouvernement n'a plus assez de ressources pour répondre à leurs besoins.

Mais cela ne signifie pas que nous partageons l'opinion de ceux qui préconisent une élimination brutale du déficit.

Le fait est qu'il n'est pas difficile de concevoir un budget draconien. Les chiffres, ça ne fait pas mal. Mais les conséquences humaines, elles, peuvent être très douloureuses.

À notre avis, un progrès durable passe par l'adaptation, l'ajustement et la compréhension. Une stratégie mesurée permet tout cela.

Une stratégie mesurée permet de convertir les économies à court terme en économies à long terme -- de réaliser des progrès durables dans l'assainissement des finances publiques. Les coupes aveugles de dépenses, par contre, présentent un risque bien réel de transformer les économies à court terme en coûts à long terme.

Notre but, c'est de réduire le déficit de manière permanente -- et non temporaire. Nous voulons régler le problème une fois pour toutes. Cela exige une réforme mûrement réfléchie et menée avec soin.

Nous allons équilibrer le budget. Mais nous y parviendrons de façon mesurée, délibérée et responsable. Tel est notre plan. Tel est notre cap.

C'est une question de coûts et de conséquences. Mais c'est également une question de valeurs. Nous nous refusons tout simplement à croire que l'équité doive absolument être sacrifiée au redressement des finances publiques. Ce n'est pas ainsi que notre pays s'est développé. Et ce n'est pas ainsi que notre gouvernement laissera sa marque.

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