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Budget 2005 - Plan budgétaire
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Chapitre 2
Évolution et perspectives économiques

Faits saillants

  • Depuis le début des années 1990, le Canada a réalisé un impressionnant redressement financier qui, jumelé à une inflation faible et stable, a permis à l’économie de mieux absorber les chocs économiques.
  • Sous l’effet d’une croissance exceptionnellement forte de l’emploi (la plus élevée du Groupe des Sept ou G-7) et d’une hausse accrue de la productivité, le Canada a enregistré le taux d’augmentation du niveau de vie le plus élevé parmi les pays du G-7 depuis qu’il est revenu à l’équilibre budgétaire en 1997.
  • L’économie du Canada a progressé à un rythme vigoureux aux trois premiers trimestres de 2004, grâce à la croissance continue de la demande intérieure finale. Le produit intérieur brut (PIB) réel a augmenté de 2,7 % au premier trimestre; sa croissance s’est ensuite raffermie, se chiffrant à 3,9 % au deuxième trimestre et à 3,2 % au troisième.
  • Depuis la fin de 2002, le dollar canadien s’est apprécié de plus de 25 % par rapport au dollar américain. Une fois pondérée en fonction des échanges, la valeur du dollar a augmenté plus que celle de toute autre grande monnaie flottante. L’adaptation à cette appréciation rapide pose un important défi aux exportateurs canadiens.
  • Les prévisionnistes du secteur privé prédisent une croissance économique à court terme un peu plus faible qu’initiallement anticipé. Lors de l’enquête menée en décembre par le ministère des Finances, ils entrevoyaient une croissance de 2,9 % en 2005, en baisse par rapport au taux de 3,2 % prévu dans La Mise à jour économique et financière de novembre 2004. Pour 2006, ils s’attendent maintenant à une croissance de 3,1 %, ce qui correspond au taux de la Mise à jour de novembre.
  • Malgré des perspectives encourageantes sur le plan de la croissance de l’économie mondiale et de celle du Canada, il subsiste des risques importants.
  • À court terme, le déficit à la fois imposant et persistant de la balance courante des États-Unis présente un risque important. Ce déséquilibre pourrait entraîner une dépréciation plus marquée du dollar américain face à toutes les grandes monnaies, y compris le dollar canadien. La vitesse d’adaptation de l’économie à l’appréciation du dollar canadien et l’ampleur de cette adaptation sont également incertaines.
  • À moyen terme, le déficit budgétaire des États-Unis demeure le principal facteur de risque. S’il n’est pas corrigé, ce déficit pourrait exercer des pressions à la hausse sur les taux d’intérêt, éloigner les investisseurs privés et réduire la croissance aux États-Unis et au Canada. Par contre, un effort déterminé en vue de réduire le déficit budgétaire pourrait ralentir temporairement la croissance aux États-Unis, ce qui aurait aussi un effet négatif sur la croissance au Canada.
  • Même si, tout compte fait, les facteurs influant sur les perspectives sont défavorables, un solide cadre macroéconomique fait en sorte que le Canada est mieux en mesure d’affronter les risques qui pourraient se concrétiser.

Introduction

Ce chapitre examine l’évolution et les perspectives économiques récentes. En se fondant sur la moyenne des prévisions d’économistes du secteur privé, on y présente les hypothèses de planification économique qui sous-tendent le plan budgétaire du gouvernement, de même qu’une évaluation des risques et des incertitudes associés aux perspectives économiques.

L’économie canadienne a connu une croissance vigoureuse aux trois premiers trimestres de 2004, grâce à des hausses soutenues de la demande intérieure finale. La forte croissance mondiale en 2004 et l’augmentation de la demande de produits de base canadiens ont contribué à une poussée des exportations au milieu de l’année. Cependant, la hausse du dollar canadien a porté un dur coup aux exportations au deuxième semestre.

À court terme, les prévisionnistes s’attendent à une croissance économique un peu plus faible que ce qui avait été prévu au moment de La Mise à jour économique et financière de novembre 2004. Cette situation est liée à la récente appréciation du dollar canadien. Les risques qui pèsent sur les prévisions sont en grande partie externes et ils découlent de l’incertitude au sujet d’autres fluctuations des taux de change et de leur incidence sur la demande intérieure.

Avant de passer à l’évolution récente de l’économie canadienne et aux perspectives, il convient d’examiner le cadre budgétaire et monétaire du Canada, qui a favorisé des améliorations soutenues du niveau de vie des Canadiennes et des Canadiens au cours des huit dernières années et amélioré la capacité d’adaptation globale de l’économie.

Examen du cadre macroéconomique du Canada

Une décennie de réussites : le redressement financier du Canada est inégalé au sein du G-7

Solde financier de l'ensemble des administrations publiques (selon les comptes nationaux) / Engagements financiers nets de l'ensemble des administrations publiques (selon les comptes nationaux)

  • La performance financière du Canada au cours des 10 dernières années est sans égale au sein du G-7. En 1995, le déficit de l’ensemble des administrations publiques canadiennes dépassait largement la moyenne du G-7. Cependant, d’importantes améliorations financières à tous les ordres de gouvernement ont permis à l’ensemble des administrations publiques du Canada d’afficher un excédent en 1997. Depuis, le Canada a enregistré chaque année un excédent pour l’ensemble des administrations publiques, tandis que le déficit moyen des pays du G-7 s’est détérioré rapidement depuis 2000. En fait, le Canada est le seul pays du G-7 à avoir dégagé un excédent budgétaire pour l’ensemble des administrations publiques à chacune des trois dernières années. Cette solide performance financière globale, jumelée à une croissance économique soutenue, a donné au Canada un ratio net de la dette au PIB projeté à 31 % en 2004, soit le plus faible des pays du G-7.
  • Les réformes macroéconomiques appliquées au cours de la dernière décennie ont permis à l’économie canadienne d’absorber plus facilement les chocs économiques que par le passé. L’OCDE a récemment reconnu cet avantage, en indiquant que : « L’économie canadienne a obtenu de bons résultats pendant près de 10 ans, sa meilleure résistance aux chocs économiques témoignant de l’intérêt d’un cadre macroéconomique bien conçu et des retombées positives de la série de réformes structurelles mises en œuvre depuis la fin des années 80. »[1]

La progression de l’épargne nationale a placé la dette extérieure nette sur une trajectoire descendante soutenue

Sources de l'épargne/Dette étrangère nette

  • En 1993, en raison du déficit de l’ensemble des administrations publiques, le Canada devait faire appel à l’épargne étrangère et emprunter l’équivalent de 2,1 % de son PIB afin de financer l’investissement intérieur. Par conséquent, la dette extérieure nette a augmenté en pourcentage du PIB, atteignant un niveau record de plus de 43 % en 1993.
  • Cependant, le passage de déficits à des excédents a réduit le besoin pour le Canada de recourir à l’épargne étrangère et a contribué à générer des excédents soutenus de la balance courante, ce qui lui a permis de ramener sa dette extérieure nette à environ 15 % du PIB en 2004.
  • L’abaissement de la dette extérieure nette profite au Canada en réduisant les flux nets de revenu de placements vers l’étranger ainsi que l’exposition de l’économie à des chocs sur les marchés financiers mondiaux.
  • Cette évolution contraste vivement avec la situation des États-Unis, où d’importants déficits de la balance courante ont accru l’encours de la dette extérieure nette en pourcentage du PIB pour le porter à plus de 21 % en 2003.

Des années d’inflation faible et stable, jumelées à une saine rigueur financière, ont favorisé de faibles taux d’intérêt

Inflation totale et mesurée par l'indice de référence / Taux obligatoires et hypothécaires

  • La crédibilité de la politique monétaire du Canada, qui résulte du maintien d’une inflation faible et stable depuis plus d’une décennie, a accompagné les réformes financières.
  • Depuis 1993, l’inflation au Canada est de 1,9 % en moyenne, ce qui est très près du milieu de la fourchette cible actuelle de 1 % à 3 % fixée d’un commun accord par la Banque du Canada et le gouvernement du Canada.
  • Une inflation faible et stable et une situation financière solide ont donné à la Banque du Canada la marge de manœuvre nécessaire pour réagir rapidement et de façon décisive à des chocs provenant de sources extérieures, comme le ralentissement mondial de 2001, ou de sources intérieures, comme les effets du syndrome respiratoire aigu sévère et de l’encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle).
  • En outre, en éliminant le déficit pour passer à des excédents financiers soutenus en 1997, le Canada a amélioré sa crédibilité financière sur la scène internationale et il a récupéré sa cote AAA sur les marchés financiers, ce qui a entraîné des réductions des primes de risque et des taux d’intérêt.
  • Le recul des taux d’intérêt et l’abaissement de la dette publique ont permis de réduire le coût du service de la dette, libérant du même coup des ressources pour offrir d’importantes réductions d’impôt à tous les Canadiens et pour investir dans les grands secteurs stratégiques qui appuient la croissance économique. La réduction des taux d’intérêt a également appuyé fermement les secteurs sensibles aux variations des taux d’intérêt, notamment le logement, les dépenses de consommation et l’investissement des entreprises.

Une saine politique budgétaire et monétaire a favorisé la croissance de l’emploi et l’amélioration soutenue du niveau de vie des Canadiens

Croissance de l'emploi dans les pays du G-7 de 1997 à 2004 / Croissance du PIB réel par habitant dans les pays du G-7 de 1997 à 2004

  • L’amélioration de la politique budgétaire et monétaire a engendré un climat propice à une croissance plus soutenue de l’emploi et de la productivité. Ces deux facteurs ont entraîné une hausse importante du niveau de vie des Canadiens depuis 1997.
  • Au Canada, la croissance de l’emploi a été exceptionnellement forte entre 1997 et 2004 : nos résultats sont de loin les meilleurs du G-7 et ils représentent près du double de ceux des États-Unis. En 2003, le Canada venait au deuxième rang parmi les pays du G-7 pour le taux d’emploi (c’est-à-dire, la proportion des Canadiens de 15 à 64 ans qui ont un emploi[2]).
  • La croissance de la productivité s’est également améliorée au Canada : elle a augmenté en moyenne de 1,7 % par année au cours des huit dernières années, comparativement à une hausse moyenne de 1,1 % par année entre 1980 et 1996.
  • Entre 1997 et 2004, le Canada s’est classé au premier rang des pays du G-7 pour ce qui est de la croissance moyenne du PIB réel par habitant, la mesure la plus courante de l’évolution du niveau de vie moyen. Cette situation découle d’une croissance plus soutenue de l’emploi et de la productivité. Le PIB réel par habitant du Canada a augmenté davantage au cours des 8 dernières années que durant les 18 précédentes.

Évolution récente de l’économie canadienne

La demande intérieure finale a favorisé la croissance de l’économie canadienne aux trois premiers trimestres de 2004

Croissance du PIB et de la demande intérieure finale au Canada

  • Le rythme de croissance de l’économie canadienne a été ferme aux trois premiers trimestres de 2004, en grande partie grâce à la hausse soutenue de la demande intérieure finale.
  • La forte croissance des exportations a également favorisé la croissance du PIB de la fin de 2003 jusqu’au milieu de 2004, en partie à cause de la vigueur de la demande mondiale.
  • Les exportations ont faibli depuis le milieu de 2004, notamment en raison de l’appréciation du dollar canadien.

La croissance de l’emploi est demeurée forte...

Emploi et chômage / Croissance de l'emploi selon la région

  • Entre janvier 2003 et janvier 2005, l’économie a créé plus de 500 000 emplois, presque tous des emplois à plein temps. Le taux d’emploi a atteint un sommet de 62,8 % en mai 2004 et est demeuré près de ce niveau pendant le reste de l’année et jusqu’en 2005. Le taux d’emploi et le taux d’activité (l’ensemble de la population active en pourcentage de la population en âge de travailler) sont demeurés plus élevés au Canada qu’aux États-Unis.
  • Grâce à la vigueur de la création d’emplois au Canada, le taux de chômage est passé de près de 8,0 % en août 2003 à un plancher de 7,0 % en janvier 2005, malgré des taux d’activité presque record sur le marché du travail.
  • L’emploi a connu des gains partout au Canada, la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard enregistrant les hausses les plus élevées en pourcentage.

...ce qui a contribué à l’augmentation du revenu disponible

Croissance du revenu personnel disponible réel par habitant

  • De vigoureux gains d’emploi, particulièrement dans le cas des postes à plein temps, ont contribué à l’accroissement du revenu personnel disponible réel par habitant.
  • Au troisième trimestre de 2004, le revenu personnel disponible réel par habitant était en hausse de 1,3 % par rapport à l’année précédente; il affichait une progression de 14 % depuis le creux enregistré au deuxième trimestre de 1996.

Les gains d’emploi et la croissance du revenu disponible ont favorisé la confiance des consommateurs et l’augmentation des dépenses de consommation

Indice des attitudes des consommateurs / Croissance des dépenses réelles de consommation de biens et services

  • Les consommateurs canadiens étaient confiants en 2004 à la suite d’une croissance vigoureuse de l’emploi à plein temps et de l’augmentation des revenus. Selon les enquêtes, près de 60 % des Canadiens estimaient qu’il s’agissait d’une période propice à des achats importants, et plus de 30 % prévoyaient de nouvelles augmentations de leurs revenus.
  • Cette confiance, ainsi que la croissance des revenus, ont favorisé les dépenses de consommation. La croissance de la consommation a rebondi au début de 2004, après avoir connu une faible augmentation à la fin de 2003, et elle est demeurée robuste aux deuxième et troisième trimestres.

L’activité sur le marché de l’habitation demeure vigoureuse et profite des taux d’intérêt faibles et soutenus

Abordabilitité du logement et taux hypothécaire à un an / Mises en chantier

  • Les faibles taux d’intérêt et la hausse des revenus ont contribué à l’amélioration soutenue de l’abordabilité du logement, qui est demeurée près de son meilleur niveau jamais observé en 2004. Par conséquent, l’activité sur le marché de l’habitation est demeurée très élevée.
  • Les mises en chantier ont atteint en moyenne plus de 230 000 unités en 2004, ce qui représente le nombre annuel le plus élevé en 17 ans, et une progression de 6,9 % par rapport au niveau de l’année précédente.

Les faibles coûts d’emprunt, les bénéfices substantiels et la confiance solide des entreprises...

Dette en pourcentage de la valeur nette et bénéfices des sociétés en pourcentage du PIB / Indice de confiance des entreprises

  • Au troisième trimestre de 2004, les bénéfices des sociétés dépassaient de 22,1 % leur montant au troisième trimestre de 2003. À 13,9 % les bénéfices en pourcentage du PIB ont atteint un sommet de 30 ans et ont largement dépassé la moyenne des 40 dernières années. Particulièrement, les entreprises du secteur minier ont vu leurs bénéfices monter en flèche au troisième trimestre, en raison d’une forte demande à l’échelle mondiale. Les entreprises du secteur pétrolier et gazier ont aussi profité en 2004 de la hausse des prix et de la vigueur de la demande à l’échelle internationale. De façon générale, les niveaux élevés des bénéfices ont permis aux entreprises de raffermir leur bilan, ce qui leur a permis d’abaisser leur dette en pourcentage de leur valeur nette.
  • En partie à cause de la vigueur des bénéfices, la confiance des entreprises est demeurée élevée. Environ la moitié des entreprises sondées par le Conference Board du Canada au quatrième trimestre de 2004 estimaient que leur situation financière et leur rentabilité s’amélioreraient au cours des six mois suivants. En outre, les résultats du sondage mené par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante auprès de petites et moyennes entreprises, qui ont été diffusés en décembre 2004, révèlent que les entreprises avaient davantage confiance en leurs perspectives que plus tôt au cours de l’année.

...continuent de favoriser l’investissement des entreprises, particulièrement dans les machines et le matériel – un important facteur de croissance de la productivité

Croissance de l'investissement non résidentiel réel des entreprises

  • Les dépenses d’investissement des entreprises ont enregistré une forte hausse aux trois premiers trimestres de 2004, particulièrement au titre des machines et du matériel. L’investissement dans les ordinateurs a rapidement augmenté, pendant que la croissance de l’investissement dans les logiciels et dans les machines industrielles a rebondi au troisième trimestre.
  • L’investissement des entreprises a été favorisé par des niveaux d’utilisation de la capacité de production supérieurs à la moyenne au troisième trimestre. Au quatrième trimestre de 2004, plus de la moité des entreprises interrogées estimaient que la période était propice à des dépenses en immobilisations. Les investissements des entreprises ont également profité de l’appréciation du dollar canadien, qui abaisse le prix des machines et du matériel importés.

Cependant, les exportations et les importations ont subi les effets de la vigueur du dollar canadien, particulièrement au deuxième semestre de 2004

Croissance des exportation réelles du Canada et de la demande intérieure finale aux États-Unis / Croissance des importations réelles du Canada et de la demande intérieure finale au Canada

  • L’appréciation rapide du dollar canadien semble avoir eu une incidence sur les exportations pendant la majeure partie de 2003. Bien que les exportations aient rebondi plus rapidement que prévu entre la fin de 2003 et le milieu de 2004, elles ont recommencé à diminuer au troisième trimestre, malgré la croissance soutenue de la demande aux États-Unis. Ce retour à la baisse découle vraisemblablement des effets de l’appréciation du dollar survenue en 2003 et dernièrement, la majeure partie de la baisse attribuable à la récente appréciation étant à venir. L’adaptation à cette appréciation constituera un important défi pour les entreprises exportatrices.
  • Pour ce qui est des importations, l’appréciation du dollar canadien et la vigueur soutenue de la demande intérieure font que nos importations ont continué d’augmenter pendant la majeure partie de 2003 et de 2004.
  • La vitesse à laquelle les fluctuations du dollar influent sur les échanges dépend de plusieurs facteurs. L’appréciation du dollar canadien réduit au départ les bénéfices des entreprises exportatrices, car les ventes en devises produisent des revenus moins élevés lorsqu’elles sont converties en dollars canadiens. Certaines entreprises peuvent en retarder les effets sur leurs bénéfices en recourant à des instruments de couverture. Les entreprises qui n’ont aucun contrôle sur les prix en dollars américains qu’elles peuvent demander ne verront aucun changement de la demande de leurs produits aux États-Unis, mais elles adapteront progressivement leurs coûts et leur production pour tenir compte de la baisse de leurs bénéfices.
  • Certains exportateurs tireront profit de produits importés à moindre coût pour accroître leurs dépenses d’investissement, ce qui accroîtra leur productivité. Les sociétés qui peuvent compenser une certaine partie de l’appréciation en augmentant le prix en dollars américains qu’elles demandent à leurs clients pourraient subir une plus faible baisse de leurs bénéfices, mais elles seront confrontées à une diminution directe et relativement rapide de la demande aux États-Unis. Bien que d’importantes variations de la valeur du dollar puissent influer assez rapidement sur la croissance des exportations et des importations, l’ajustement complet peut prendre du temps et la vitesse d’ajustement n’a rien de certain.

Le dollar canadien

Le dollar canadien s’est encore apprécié par rapport au dollar américain en 2004

Le dollar canadian

  • Le dollar canadien a fait des gains rapides par rapport au dollar américain en 2003, s’appréciant de 22 % au cours de l’année.
  • Après avoir enregistré un certain recul au début de 2004, la valeur du dollar canadien a repris son ascension par rapport à celle du dollar américain, gagnant 13 % entre la fin de mai et la fin de décembre.
  • Une croissance mondiale plus forte et l’accroissement de la demande de produits de base expliquent en partie la hausse de la valeur du dollar canadien au cours des deux dernières années. Puisque le Canada est un exportateur net de produits de base, notre dollar s’apprécie souvent par rapport au dollar américain lorsque le prix des produits de base est en hausse à l’échelle mondiale.
  • Cependant, l’appréciation du dollar canadien découle également de corrections de portefeuille à l’échelle mondiale, à la suite de déséquilibres persistants de la balance courante des États-Unis. Toutes les grandes monnaies flottantes ont marqué une forte hausse par rapport au dollar américain au cours des deux dernières années.

Même si beaucoup de grandes monnaies se sont appréciées face au dollar américain, l’économie canadienne est plus exposée aux fluctuations de sa valeur

Exportations en pourcentage du PIB en 2003

  • Certaines grandes monnaies se sont appréciées davantage que le dollar canadien au cours des deux dernières années. Toutefois, si l’on pondère sa valeur en fonction des échanges, le dollar canadien s’est apprécié plus que toute autre grande monnaie.
  • Au Canada, les échanges commerciaux, particulièrement les exportations vers les États-Unis, représentent une plus grande part du PIB que dans bien d’autres pays. Par conséquent, la dépréciation du dollar américain constitue un fait économique plus marquant pour le Canada que pour les autres grandes économies.

La forte demande mondiale de produits de base a contribué à l’appréciation du dollar canadien...

Prix des produits de base

  • Entre janvier 2003 et août 2004, la demande de produits de base hors énergie a fortement augmenté, ce qui a fait grimper l’indice des prix des produits de base hors énergie de près de 40 %. L’essor de la construction résidentielle en Amérique du Nord a donné un solide coup de pouce aux prix des produits forestiers. Ceux des métaux de base ont atteint leur plus haut niveau en 15 ans au quatrième trimestre de 2004, à cause d’une très forte demande mondiale et, particulièrement, de la reprise musclée de la production manufacturière aux États-Unis.
  • La forte augmentation de la demande mondiale de pétrole, surtout en Chine et dans les autres pays asiatiques non membres de l’OCDE, et la situation instable au Moyen-Orient ont fait que les prix du pétrole sont demeurés élevés par rapport aux données historiques. Les prix du pétrole ont connu une forte poussée à l’automne de 2004, atteignant plus de 55 $US le baril à la fin d’octobre. Après avoir diminué en novembre et en décembre, ils sont remontés à 45 $US le baril au début de février 2005.
  • Selon les prévisions, les prix de l’énergie et des produits de base hors énergie devraient diminuer, illustrant le ralentissement anticipé de la croissance économique mondiale.

...mais les déséquilibres de la balance courante mondiale ont entraîné une dépréciation du dollar américain face à de nombreuses monnaies

Balance courante des États-Unis et taux de change réel pondéré en fonction des échanges

  • Au cours de la première moitié des années 1980, le déficit de la balance courante des États-Unis a constamment augmenté jusqu’à ce qu’il représente plus de 3 % du PIB. Une dépréciation marquée du dollar américain ajusté pour l’inflation, par rapport aux monnaies des plus importants partenaires commerciaux des États-Unis, a fini par réduire le déficit de la balance courante, mais ce redressement a pris du temps.
  • Entre 1995 et le premier trimestre de 2002, le dollar américain a gagné près de 30 %, ce qui a contribué à une détérioration soutenue de la balance courante. Depuis, le dollar américain a perdu presque 15 %. Toutefois, le déficit de la balance courante des États-Unis a continué d’augmenter, atteignant 5,6 % du PIB au troisième trimestre de 2004. Le dollar américain devra sans doute se déprécier davantage pour que le déficit de la balance courante diminue de façon significative.

L’emploi dans le secteur manufacturier a souffert de l’appréciation du dollar canadien

Emploi selon le secteur

  • L’appréciation du dollar canadien représente un défi pour les entreprises canadiennes dont la réussite dépend étroitement des échanges commerciaux.
  • En 2003, le nombre d’emplois dans le secteur manufacturier, qui tend à être sensible aux fluctuations de la valeur du dollar canadien, a diminué de plus de 55 000, tandis que le nombre d’emplois dans tous les autres secteurs augmentait de plus de 337 000.
  • L’emploi dans le secteur manufacturier s’est un peu rétabli au premier semestre de 2004 : environ 26 000 emplois ont été créés entre décembre 2003 et juin 2004, ce qui représente une hausse de 1,1 %. Durant cette période, l’emploi dans tous les autres secteurs, a augmenté de 0,7 %.
  • Au deuxième semestre de 2004, l’emploi dans le secteur manufacturier a recommencé à diminuer; toutefois, il s’est accru de 14 000 emplois en janvier 2005, ce qui est l’augmentation mensuelle la plus importante enregistrée en plus d’une année.

Le taux directeur de la Banque du Canada est resté stable en décembre et en janvier

Taux directeur de la Banque du Canada

  • En janvier 2004, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur de 25 points de base pour le fixer à 2,5 % en soulignant que, « malgré le renforcement de l’expansion économique à l’échelle mondiale, l’appréciation rapide du dollar canadien par rapport à la devise américaine [avait] eu pour effet de freiner la croissance de la demande globale de biens et de services canadiens en affaiblissant les exportations et en haussant les importations ».
  • En mars et en avril, la Banque a réduit son taux directeur de 25 points de base pour « accentuer un peu plus la détente monétaire » afin d’aider l’économie canadienne à s’adapter aux prix plus élevés des produits de base, au rajustement des monnaies et à la concurrence plus vive des économies de marché émergentes.
  • Toutefois, la forte croissance économique observée aux deuxième et troisième trimestres a réduit la capacité excédentaire puisque l’économie canadienne s’est bien adaptée à l’évolution de l’économie mondiale. Estimant que « l’économie fonctionne maintenant près des limites de sa capacité », la Banque était d’avis qu’il convenait « de réduire le degré de détente monétaire »; c’est pourquoi elle a relevé son taux directeur en deux temps pour le porter à 2,5 % à la mi-octobre.
  • S’appuyant sur des perspectives de croissance plus modérées de l’économie mondiale et sur une nouvelle appréciation du dollar canadien, la Banque a maintenu son taux directeur à 2,5 % en décembre. À la fin de janvier 2005, la Banque a de nouveau maintenu les taux à leur niveau actuel puisque les données récentes montrent que « l’ajustement à l’appréciation passée du dollar canadien a été légèrement plus marqué que prévu ».

Prévisions économiques du secteur privé

Chaque trimestre, le ministère des Finances consulte une vingtaine de prévisionnistes du secteur privé au sujet des perspectives de l’économie canadienne. Le Ministère examine aussi périodiquement les prévisions au sujet de l’économie des États-Unis et des autres grandes économies, qui sont formulées par des prévisionnistes du secteur privé et par des organisations internationales comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Fonds monétaire international (FMI).

Les fonctionnaires du Ministère rencontrent également un groupe d’économistes du secteur privé pour discuter des perspectives économiques du Canada, ainsi que des risques et des facteurs d’incertitude associés à ces perspectives. L’enquête du Ministère auprès de prévisionnistes du secteur privé sert de fondement aux hypothèses économiques qui sous-tendent les projections financières énoncées dans le budget.

Les prévisions économiques formulées ci-après sont fondées sur les résultats de l’enquête menée auprès de prévisionnistes du secteur privé par le Ministère après la publication par Statistique Canada, le 30 novembre, des comptes nationaux pour le troisième trimestre, ainsi que sur les plus récentes prévisions formulées par des économistes du secteur privé aux États-Unis et par l’OCDE.

L’économie mondiale

La croissance économique aux États-Unis devrait être vigoureuse en 2005, mais un peu plus modeste qu’en 2004

Croissance du PIB réel des États-Unis

  • Malgré la hausse sensible des prix du pétrole en 2004, le PIB réel des États-Unis a augmenté de 4,4 %, soit au même rythme que lors des années de forte expansion de 1997 et 1999. Cette solide croissance témoigne du coup de pouce donné par les importantes réductions d’impôt de 2003 et par la dépréciation du dollar américain.
  • La croissance devrait ralentir en 2005 avec la fin des mesures de stimulation financière et la hausse graduelle des taux d’intérêt. Le vigoureux marché du logement aux États-Unis devrait ralentir. Toutefois, l’augmentation des revenus et le niveau élevé des bénéfices des sociétés devraient continuer d’alimenter les dépenses de consommation et l’investissement des entreprises, en plus d’aider à soutenir la croissance de la demande intérieure. La dépréciation du dollar américain viendra également en aide aux secteurs exportateurs des États-Unis. Dans l’ensemble, selon la plus récente enquête menée auprès des grandes entreprises, les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que la croissance atteigne en moyenne 3,6 % cette année, ce qui est semblable aux prévisions formulées au moment de La Mise à jour économique et financière de novembre 2004, et 3,4 % en 2006.

L’expansion de l’économie mondiale se poursuit

Perspectives de croissance du PIB réel

  • Après avoir repris de la vigueur en 2004, l’expansion de l’économie mondiale devrait ralentir quelque peu en 2005, en raison du ralentissement de la demande aux États-Unis et du fait que les prix élevés du pétrole continueront de peser sur les pays importateurs de pétrole. Néanmoins, l’expansion se poursuivra et devrait s’accélérer en 2006, car l’accroissement du PIB réel dans les pays de l’OCDE devrait atteindre 3,1 %, comparativement à 2,9 % en 2005.
  • Le PIB réel dans la zone euro devrait progresser de 1,8 % en 2005, les prix élevés du pétrole et un récent regain de l’euro atténuant les effets de la solide expansion de l’économie mondiale.
  • Au Japon, où l’économie demeure aux prises avec la déflation, la croissance du PIB réel devrait reculer à 1,8 % en 2005, comparativement à 4,1 % en 2004, en raison d’une progression plus lente de la demande mondiale et de l’appréciation soutenue du yen face au dollar américain.
  • La croissance devrait aussi ralentir en Chine en 2005, notamment par suite des efforts des autorités visant à freiner le surinvestissement et à ramener l’expansion à un rythme plus durable. La Chine demeurera sans doute une importante source de croissance en Asie, la demande des consommateurs se renforçant à mesure que les exportations continueront de croître, en dépit d’une progression plus modeste de la demande mondiale.

Perspectives de l’économie canadienne

Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que la croissance s’accélère graduellement au Canada en 2005 et en 2006

Perspectives de croissance de l'économie canadienne

  • Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que la croissance à court terme de l’économie canadienne soit un peu plus faible qu’ils ne l’avaient prévu antérieurement. Ils ont revu à la baisse leurs perspectives de croissance du PIB réel en 2004, surtout par suite de la correction à la baisse, par Statistique Canada, de la croissance du PIB réel au premier semestre de 2004. Les perspectives de croissance plus modestes pour 2005 traduisent principalement l’évaluation plus pessimiste, par les prévisionnistes, des effets de la récente appréciation du dollar canadien.
  • Les prévisionnistes s’attendent maintenant à ce que l’économie croisse de 2,7 % en 2004, contre 3,0 % au moment de La Mise à jour économique et financière de novembre 2004. Pour 2005, les prévisionnistes anticipent une croissance de 2,9 %, soit un peu moins que prévu en novembre et au moment du budget de mars 2004. Les perspectives font état d’une croissance de 3,1 % en 2006, soit ce qui était prévu au moment de la Mise à jour mais un peu moins qu’au moment du budget de mars 2004.
  • Les prévisionnistes ont également revu à la baisse leurs perspectives à propos de l’inflation selon le PIB en 2005, pour tenir compte de la baisse prévue des prix des produits de base. Les prévisionnistes s’attendent donc à ce que le PIB nominal progresse de 4,9 % en 2005, en baisse par rapport aux 5,3 % annoncés au moment de la Mise à jour. Le PIB nominal devrait gagner 5 % en 2006, ce qui reste inchangé par rapport aux prévisions de novembre.

Les taux d’intérêt devraient demeurer stables jusqu’au milieu de 2005

Taux des bons du Trésor à 3 mois / Taux des bons du Trésor à 10 ans

  • L’expansion un peu plus faible que prévu de l’économie et l’évaluation plus pessimiste des effets de la récente appréciation du dollar canadien ont incité les prévisionnistes du secteur privé à abaisser leurs projections à l’égard des taux d’intérêt à court et à long terme.
  • Les prévisionnistes s’attendent à ce que les taux d’intérêt à court terme s’établissent en moyenne à 2,7 % cette année et à 3,5 % en 2006, en baisse de 50 et de 90 points de base respectivement par rapport aux projections faites au moment de La Mise à jour économique et financière de novembre 2004.
  • De même, les prévisionnistes s’attendent à ce que les taux à long terme atteignent en moyenne 4,6 % en 2005 et 5,1 % en 2006, soit environ 0,5 point de pourcentage de moins que prévu au moment de la Mise à jour.

Facteurs de risque et d’incertitude

Le déficit élevé et persistant de la balance courante des États-Unis est un important facteur de risque pour les perspectives...

Balance courante des États-Unis - Composantes régionales

  • La demande intérieure finale au Canada et, particulièrement, les dépenses de consommation et les investissements des entreprises ont bien résisté à la baisse des exportations et à la progression plus lente de l’emploi dans les secteurs exportateurs. Toutefois, à court terme, il se pourrait que l’appréciation du dollar canadien commence à peser sur la demande intérieure. Cela risque d’entraîner une faiblesse généralisée du marché du travail, ce qui pourrait miner la confiance et les dépenses des consommateurs.
  • Le déficit important et persistant de la balance courante des États-Unis constitue un risque important pour les perspectives. Ce déficit s’est progressivement creusé, surtout face aux économies émergentes d’Asie et au Japon. En 2003, le déficit commercial avec la Chine a atteint 124 milliards de dollars américains, ce qui s’explique par le rôle accru de ce pays à titre d’exportateur de produits manufacturés vers les pays industrialisés et par l’alignement de sa monnaie sur le dollar américain. La façon dont le Japon a géré la situation du yen a également fait augmenter l’excédent de sa balance courante avec les États-Unis.
  • La croissance relativement faible dans la zone euro a contribué à l’accroissement du déficit de la balance courante des États-Unis avec l’Europe.
  • Même si le Canada est le principal partenaire commercial des États-Unis, l’excédent de sa balance courante avec les États-Unis, qui représente 0,3 % du PIB de ce pays, contribue peu au déficit total de la balance courante des États-Unis.

...qui pourrait être compensé par une croissance plus marquée dans les autres pays, combinée à un ajustement des monnaies asiatiques et à une dépréciation plus marquée du dollar américain face aux monnaies flottantes comme le dollar canadien

balance du compte capital des États-Unis - Composantes régionales

  • L’envers du déficit de la balance courante des États-Unis est l’excédent de son compte capital. L’entrée de capitaux aux États-Unis fait que le dollar américain demeure élevé face à d’autres monnaies, ce qui contribue à la persistance du déficit de la balance commerciale et de la balance courante des États-Unis.
  • Les flux nets de capitaux de l’Europe vers les États-Unis ont fortement chuté après l’éclatement de la bulle technologique aux États-Unis en 2000 et en 2001. Ils ont toutefois été remplacés par des flux plus importants provenant du Japon et, particulièrement, de la Chine. L’alignement de sa monnaie a permis à la Chine d’accumuler d’importantes réserves de dollars américains. Ces réserves atteignaient 515 milliards de dollars américains en septembre 2004, alors que le total des réserves des pays d’Asie de l’Est se fixait à près de 2 billions de dollars américains. L’augmentation des flux nets provenant d’Amérique latine depuis 2000 s’explique par une importante baisse des investissements des États-Unis dans cette région. La forte hausse du déficit budgétaire des États-Unis après 2001 a également miné l’épargne intérieure et accru la dépendance des États-Unis face aux bailleurs de fonds étrangers.
  • L’important déficit de la balance courante des États-Unis (et l’excédent de son compte capital) signifie que l’endettement extérieur net des États-Unis a régulièrement augmenté en pourcentage du PIB. Le déficit de la balance courante doit diminuer par rapport à son niveau élevé actuel, afin d’éviter d’autres augmentations substantielles de la dette extérieure nette des États-Unis en pourcentage du PIB.
  • Cette diminution pourrait se concrétiser de différentes manières, chacune ayant des répercussions différentes pour le Canada. Une croissance plus forte et soutenue dans la zone euro et au Japon pourrait réduire l’excédent de la balance courante de ces régions avec les États-Unis, tout en stimulant la demande mondiale et en réduisant l’ajustement majeur dont le dollar américain devrait faire l’objet.
  • L’appréciation des monnaies des pays d’Asie face au dollar américain réduirait l’accumulation des réserves de ces pays en dollars américains et atténuerait la pression à la baisse sur le dollar américain face à des devises comme le dollar canadien et l’euro.
  • Le scénario selon lequel l’ajustement s’opérerait uniquement par le biais du taux de change et face à des monnaies comme l’euro et le dollar canadien est celui qui représenterait le plus grand défi pour le Canada, parce qu’il pourrait se traduire par un regain marqué de l’appréciation du dollar canadien. En outre, plus l’ajustement s’effectuerait rapidement, plus la situation serait difficile pour les entreprises canadiennes.

Les importants déficits budgétaires des États-Unis présentent également un risque pour la croissance au Canada

Solde budgétaire fédéral des États-Unis (solde prévu au budget)

  • Le déficit budgétaire des États-Unis représente un facteur de risque additionnel à moyen terme. Si la situation n’est pas corrigée, le déficit pourrait exercer une pression à la hausse sur les taux d’intérêt, éloigner les investisseurs et freiner la croissance, aux États-Unis comme au Canada. Inversement, un effort sérieux visant à réduire le déficit budgétaire ralentirait provisoirement la croissance aux États-Unis, ce qui aurait aussi des répercussions négatives sur la croissance au Canada.
  • Même si, tout compte fait, les facteurs influant sur les perspectives sont défavorables, le solide cadre monétaire, budgétaire et structurel du Canada a accru notre capacité de faire face à ces problèmes éventuels, s’ils devaient se concrétiser.

Prévisions du secteur privé pour la période de 2004 à 2006


2004 2005 2006 Moyenne
2007-2009

  (%)
Croissance du PIB réel        
Budget de mars 2004 2,7 3,3 3,2 3,1
La Mise à jour économique et financière, novembre 2004 3,0 3,2 3,1 2,9
Budget de février 2005 2,7 2,9 3,1 2,9
Inflation selon le PIB        
Budget de mars 2004 1,4 1,7 1,9 1,8
La Mise à jour économique et financière, novembre 2004 3,1 2,1 1,8 1,7
Budget de février 2005 3,3 2,0 1,9 1,9
Croissance du PIB nominal        
Budget de mars 2004 4,1 5,1 5,2 5,0
La Mise à jour économique et financière, novembre 2004 6,2 5,3 5,0 4,7
Budget de février 2005 6,1 4,9 5,0 4,8
Taux des bons du Trésor à trois mois        
Budget de mars 2004 2,2 3,1 4,0 4,5
La Mise à jour économique et financière, novembre 2004 2,1 3,2 4,4 4,7
Budget de février 2005 2,2 2,7 3,5 4,6
Rendement des obligations du gouvernement à 10 ans        
Budget de mars 2004 4,8 5,4 5,7 5,7
La Mise à jour économique et financière, novembre 2004 4,7 5,0 5,7 6,0
Budget de février 2005 4,6 4,6 5,1 5,6
Taux de chômage        
Budget de mars 2004 7,5 7,2 7,0 6,8
La Mise à jour économique et financière, novembre 2004 7,3 7,0 7,0 6,8
Budget de février 2005 7,2 7,2 7,0 6,7
Croissance de l’emploi        
Budget de mars 2004 1,6 1,5 1,5 1,3
La Mise à jour économique et financière, novembre 2004 1,7 1,6 1,5 1,2
Budget de février 2005 1,7 1,4 1,5 1,4
Ajout :        
Croissance du PIB réel des États--Unis        
Budget de mars 2004 4,7 3,8 n.d. n.d.
La Mise à jour économique et financière, novembre 2004 4,4 3,5 n.d. n.d.
Budget de février 2005 4,4 3,6 3,4 n.d.

Sources : Enquêtes de mars, septembre et décembre 2004 du ministère des Finances auprès de prévisionnistes du secteur privé; consultations de novembre 2004 auprès de prévisionnistes du secteur privé; Blue Chip Economic Indicators (mars 2004, octobre 2004 et janvier 2005).

Nota – Les données de ce chapitre sont celles disponibles au 7 février 2005. Sauf indication contraire, les chiffres correspondent à des taux annuels.

1 OCDE, Comité d’examen des situations économiques et des problèmes de développement, Étude économique du Canada (octobre 2004). [Retour]

2 Au Canada, le taux d’emploi est officiellement défini comme étant le nombre de personnes ayant un emploi, en pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus. [Retour]

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