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Budget 2004 - Plan budgétaire
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Archivé - Chapitre 2
Évolution et perspectives économiques
Faits saillants
- En 2003, l’activité économique au Canada a subi un ralentissement en raison d’une série de chocs imprévus. C’est ainsi que le produit intérieur brut (PIB) réel n’a augmenté que de 1,7 % pour l’ensemble de l’année, ce qui est nettement moins que la hausse de 3,2 % prévue par les économistes du secteur privé à l’époque du budget de 2003.
- Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la panne de courant en Ontario et l’appréciation rapide du dollar canadien ont ébranlé l’économie canadienne, les exportations chutant de 2,1 % par rapport à leur niveau de 2002.
- Néanmoins, une demande intérieure vigoureuse pendant la majeure partie de l’année, soutenue par des taux d’intérêt bas, a aidé à compenser la faiblesse des exportations.
- Le marché du travail au Canada s’est renforcé pendant la dernière partie de 2003. Depuis décembre 2002, l’économie a créé 271 900 emplois, tous à temps plein.
- Des facteurs économiques solides, des taux d’intérêt bas et un contexte économique international plus favorable, en particulier une économie américaine plus forte, devraient appuyer la croissance au Canada. Les économistes du secteur privé prévoient que le PIB réel du Canada croîtra de 2,7 % en moyenne en 2004, ce qui est nettement mieux que l’an dernier, mais beaucoup moins que la hausse de 3,5 % prévue à l’époque du budget de 2003. Ils s’attendent à une croissance de 3,3 % en 2005.
- Même si la croissance de l’économie devrait s’accélérer en 2004 et en 2005, le niveau de l’activité économique restera en deçà du niveau prévu à l’époque du budget de 2003. Les économistes du secteur privé s’attendent maintenant à ce que le niveau du PIB réel reste, jusqu’en 2005, inférieur de quelque 25 milliards de dollars à ce qu’ils avaient prévu à l’époque du budget de 2003.
- Deux grands risques pèsent sur les perspectives économiques du Canada. Le premier est l’incertitude quant aux répercussions de l’appréciation sans précédent du dollar canadien sur l’économie. L’autre se rapporte à la viabilité de la reprise de l’économie américaine.
Introduction
Le présent chapitre examine l’évolution et les perspectives économiques récentes. On y présente, en se fondant sur la moyenne des prévisions d’économistes du secteur privé, les hypothèses de planification économique qui sous-tendent le plan budgétaire du gouvernement, de même que l’évaluation des risques et des incertitudes associés aux perspectives économiques.
Le Canada a été frappé par une série de chocs l’an dernier, dont l’épidémie du SRAS et une importante panne de courant en Ontario, des feux de forêt en Colombie-Britannique, un ouragan dans les provinces de l’Atlantique et un cas d’ESB dans les Prairies.
Parallèlement, le dollar canadien a gagné plus de 20 % par rapport au dollar américain. Cela résultait principalement de la faiblesse soutenue de ce dernier, qui s’est déprécié face à presque toutes les autres grandes devises. L’appréciation du dollar canadien a contribué à une baisse du volume des exportations et à une hausse des importations pendant la majeure partie de 2003.
Ces facteurs ont fortement réduit le taux de croissance au Canada l’an dernier. Toutefois, la solidité des facteurs économiques fondamentaux, des taux d’intérêt bas et un contexte économique international plus favorable devraient appuyer la croissance future. Bien que les économistes du secteur privé s’attendent à une expansion plus forte cette année et l’an prochain, ils prévoient que l’économie ne pourra pas reprendre, pendant cette période, le terrain perdu depuis le budget de 2003.
Évolution et perspectives économiques
L’économie canadienne a connu une année difficile en 2003

- En 2003, la croissance économique du Canada a ralenti en raison d’une série de chocs, dont l’épidémie du SRAS, la panne de courant de la mi-août en Ontario, la découverte d’un cas d’ESB en Alberta, les feux de forêt en Colombie-Britannique, l’ouragan dans les provinces de l’Atlantique et l’appréciation de plus de 20 % du dollar canadien.
- Après avoir progressé de 2,5 % au premier trimestre, l’économie canadienne a reculé de 1,0 % entre avril et juin; il s’agissait seulement du deuxième trimestre de croissance négative depuis 1992. La croissance a repris au troisième trimestre, mais à un rythme de 1,3 % seulement, après quoi elle a augmenté de 3,8 % au quatrième trimestre.
- L’économie canadienne a progressé de 1,7 % pour l’ensemble de 2003, soit un taux inférieur de moitié environ à celui prévu à l’époque du budget de 2003.
La croissance économique a ralenti en 2003 en raison d’une série de chocs...

- Les chocs qui ont frappé le Canada l’an dernier ont touché une vaste gamme de secteurs. Avec l’apparition du SRAS au printemps de 2003, l’industrie touristique, y compris les services de transport aérien et d’hébergement, a vu son niveau d’activité diminuer de façon marquée.
- Le moratoire sur les importations américaines de bœuf canadien, imposé après la découverte d’un cas d’ESB, a entraîné une forte baisse de production dans les industries de l’abattage et de la transformation de la viande entre avril et juin. Des feux de forêt ont dévasté la Colombie-Britannique au cours de l’été et touché l’industrie du bois d’œuvre de la province.
- En août, la panne d’électricité en Ontario a paralysé une bonne partie du secteur manufacturier de la province pendant plusieurs jours et réduit la production de l’administration publique.
…y compris une appréciation forte et rapide du dollar canadien, traduisant le réalignement des grandes devises

- En 2003, le dollar canadien a gagné plus de 20 % face au dollar américain, revenant à des niveaux qui n’avaient pas été atteints depuis la fin de 1993. Cette hausse du dollar canadien reflétait en partie la faiblesse générale de la devise américaine face à toutes les grandes monnaies.
- Même si certaines de ces devises se sont appréciées davantage que le dollar canadien au cours des deux dernières années, sur une base pondérée en fonction des échanges commerciaux, le dollar canadien s’est apprécié autant, sinon plus, que d’autres grandes monnaies. Puisque les exportations vers les États-Unis représentent une plus grande part du PIB dans le cas du Canada que dans celui des autres pays, la dépréciation du dollar américain constitue un développement économique plus marquant pour le Canada que pour d’autres grands pays.
Effets d’une appréciation du dollar canadien sur l’économie
- Baisse des bénéfices et, à terme, de la production et de l’emploi des entreprises tournées vers l’exportation.
- Diminution du prix que les entreprises et les consommateurs du Canada paient pour les biens et les services importés.
- Incitation des entreprises et des consommateurs du Canada à privilégier les importations moins coûteuses au détriment de la production intérieure.
- Réduction du coût d’acquisition de machines et de matériel neufs venant de l’étranger.
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De façon générale, une importante augmentation de la valeur du dollar canadien réduit les bénéfices des exportateurs et fait diminuer la demande de biens et de services canadiens à l’étranger. Dans la mesure où l’appréciation du taux de change a également pour effet de réduire les prix des importations au Canada, les entreprises et les consommateurs canadiens ont tendance à acheter des produits importés moins coûteux plutôt que des produits canadiens. Cela réduit les bénéfices des producteurs canadiens qui doivent soutenir la concurrence des sociétés étrangères sur le marché canadien. À mesure que la demande extérieure et intérieure de biens et de services canadiens chute, la production et, à terme, l’emploi peuvent souffrir dans certaines industries.
Par ailleurs, l’appréciation du dollar canadien entraîne également une baisse du coût des matériaux, des pièces, des machines et du matériel importés. Cela atténue l’impact négatif sur les bénéfices et encourage l’investissement, ce qui devrait accroître la productivité. En outre, les importateurs de biens, comme ceux des industries de gros et de détail, peuvent aussi observer une augmentation de leurs ventes en raison de l’appréciation du dollar canadien.
En outre, l’impact d’une hausse du dollar canadien sur les bénéfices des exportateurs peut être atténué, dans une certaine mesure, par une demande plus vigoureuse à l’étranger et une hausse des prix des produits de base.
Des chocs économiques, de même qu’une reprise hésitante aux États-Unis en début d’année, ont nui aux exportations canadiennes en 2003

- L’appréciation du dollar canadien pendant la première partie de 2003 a exacerbé la situation déjà difficile des exportateurs canadiens. Ceux-ci ont dû faire face à une demande extérieure relativement faible et inégale depuis le ralentissement de l’économie mondiale en 2001, découlant plus particulièrement de l’économie américaine stagnante, ainsi qu’aux chocs intérieurs survenus au début de l’année.
- Pendant la deuxième moitié de 2003, la situation extérieure s’est considérablement améliorée. Aux États-Unis, la croissance économique a atteint le niveau exceptionnel de 8,2 % au troisième trimestre, sous l’effet d’une hausse substantielle des ventes de biens durables et des investissements en matériel et en logiciels. La croissance s’est poursuivie à un rythme vigoureux de 4,1 % au quatrième trimestre.
- Même si la relance de l’économie américaine entraîne généralement une demande accrue des exportations canadiennes, le phénomène a été tempéré par l’appréciation du dollar canadien. Les exportations ont baissé pendant la majeure partie de 2003 et, malgré la forte reprise au quatrième trimestre, leur niveau est resté inférieur à la moyenne de l’année précédente.
La Banque du Canada a réagi aux chocs économiques en abaissant les taux d’intérêt

- Au début de 2003, la pression à la hausse sur les prix et les inquiétudes à l’égard des anticipations inflationnistes ont incité la Banque du Canada à hausser son taux directeur d’un total de 50 points de base pour le porter à 3,25 %.
- Cependant, la diminution des pressions sur les prix et le ralentissement accru de l’économie dans la foulée des chocs du SRAS, de l’ESB et de l’appréciation rapide du dollar canadien ont incité la Banque à abaisser son taux directeur en juillet, puis en septembre, pour le ramener à 2,75 %.
- En janvier 2004, la Banque a abaissé son taux directeur à 2,5 % en soulignant que, malgré la forte expansion de l’économie mondiale, l’appréciation rapide du dollar canadien avait freiné la croissance de la demande globale de biens et de services canadiens en raison d’une baisse des exportations et d’une hausse des importations. La Banque a abaissé à nouveau ce taux à 2,25 % le 2 mars, expliquant que, même si la demande extérieure était légèrement plus forte que prévu, la demande intérieure finale au Canada était un peu plus faible.
La vigueur de la demande intérieure a aidé à atténuer les chocs en 2003

- Même si une série de chocs ont ralenti la croissance du PIB réel au Canada en 2003, la progression de la demande intérieure finale est demeurée vigoureuse, en particulier dans le cas des dépenses des consommateurs, pendant une bonne partie de l’année grâce à des taux d’intérêt bas et à une confiance solide des consommateurs et des entreprises.
- Bien que la croissance de la demande intérieure finale se soit ralentie au quatrième trimestre, ces facteurs devraient continuer de soutenir les dépenses des consommateurs et des entreprises.
Les dépenses des consommateurs ont grandement contribué à la croissance en 2003...

- Les dépenses des consommateurs ont aidé à soutenir l’économie canadienne pendant la majeure partie de 2003. Pour l’ensemble de l’année, les dépenses des consommateurs ont progressé de 3,3 %. Plus particulièrement, le marché du logement en plein essor a nettement stimulé l’achat de meubles et d’appareils ménagers. La progression des dépenses des consommateurs s’est essoufflée au quatrième trimestre de l’an dernier, traduisant surtout une baisse marquée des ventes d’automobiles et de pièces d’automobiles. En fait, abstraction faite de ces ventes, les dépenses des consommateurs ont augmenté de 2,9 % au quatrième trimestre.
- L’indice des attitudes des consommateurs reste près des sommets historiques. Parallèlement aux taux d’intérêt bas, à l’augmentation des revenus et aux perspectives encourageantes du marché du travail, cette confiance devrait soutenir la demande des consommateurs.
…tout comme la vigueur du marché du logement

- La vigueur de l’investissement résidentiel a nettement contribué à la croissance économique au Canada au cours des deux dernières années. La hausse de l’emploi, l’augmentation des revenus et les taux hypothécaires avantageux ont amélioré l’abordabilité des logements et encouragé les ménages à en faire l’achat.
- À la fin de décembre 2003, les ménages épargnaient plus de 2 100 $ pour un prêt hypothécaire de 100 000 $ à un an, comparativement à ce qu’ils auraient déboursé au début de 2001.
- Pour répondre à la demande croissante, les mises en chantier ont été supérieures à 200 000 unités pour chacun des six derniers trimestres, ce qui dépasse largement la moyenne historique.
La valeur de l’avoir net des ménages atteint des sommets historiques

- Les dépenses des consommateurs, notamment au titre du logement et des biens durables connexes, a été le principal facteur expliquant la forte augmentation de la demande intérieure en 2003. Même si l’accroissement des dépenses de consommation a ajouté à l’endettement des ménages pendant l’année, la valeur des actifs des ménages, et plus particulièrement celle de leur logement, a grimpé encore plus rapidement. Par conséquent, la valeur de l’avoir net des particuliers a augmenté de façon soutenue au cours de l’année. À la fin du troisième trimestre de 2003, le total des actifs des ménages s’établissait à 4,5 billions de dollars, soit plus de cinq fois le montant de leur dette.
- L’accroissement de l’avoir net des particuliers et les coûts de financement bas devraient soutenir les dépenses des consommateurs au cours des prochains mois.
L’augmentation des prix des produits de base a stimulé les revenus et les bénéfices au Canada

- Les prix des produits de base au Canada ont monté en flèche au cours des deux dernières années, reflétant la vigueur accrue de l’économie mondiale et la forte croissance de la demande internationale de matières premières. En 2003, les prix des produits de base, mesurés en dollars américains, ont augmenté de 19,1 %, les gains étant plus prononcés pour les produits hors énergie. Les prix des métaux de base, en particulier, ont augmenté de 32 %.
- L’augmentation des prix des produits de base a eu des effets positifs sur les revenus et les bénéfices au Canada.
Les faibles coûts d’emprunt, les bénéfices substantiels et la confiance solide des entreprises...

- Malgré l’appréciation du dollar canadien, les bénéfices des entreprises en proportion du PIB au Canada sont demeurés au-dessus de la moyenne historique en 2003, notamment en raison des coûts d’emprunt bas et des prix des produits de base à la hausse.
- En outre, le Conference Board du Canada indique que la confiance des entreprises a atteint, au quatrième trimestre de 2003, son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre de 2000. Une proportion croissante des entreprises croit que les conditions économiques iront en s’améliorant au cours des six prochains mois, et plus de la moitié des entreprises interrogées croient aussi que le moment est propice aux investissements.
...ont favorisé les investissements des entreprises en 2003

- Malgré un profil trimestriel inégal, les investissements non résidentiels des entreprises en 2003 ont augmenté en moyenne de 3,4 % par rapport à 2002. Les investissements en machines et en matériel ont mené cette hausse, avec un bond de 5 %. En particulier, les investissements dans les biens liés aux technologies de l’information et des communications ont nettement augmenté pendant la deuxième moitié de l’année.
- La combinaison de bénéfices substantiels pour les entreprises, de faibles coûts d’emprunt, de prix à la hausse pour les produits de base et d’une confiance accrue des entreprises est de bon augure pour les investissements.
La balance courante du Canada demeure excédentaire, tandis que celle des États-Unis reste fortement déficitaire

- La balance commerciale réelle du Canada a souffert de la forte appréciation du dollar canadien, des chocs économiques intérieurs et de la faiblesse de la reprise économique mondiale.
- Toutefois, la balance courante demeure excédentaire, soutenue par l’évolution favorable des termes de l’échange, soit le prix des exportations par rapport à celui des importations.
- La balance courante du Canada, maintenant excédentaire depuis 18 trimestres consécutifs, s’établit en moyenne à plus de 2 % du PIB. Ces excédents successifs de la balance courante ont ramené le ratio de la dette extérieure nette du Canada au PIB à 18,4 % au troisième trimestre de 2003, soit près de son plus bas niveau en presque 50 ans. Le ratio de la dette extérieure nette au PIB a légèrement augmenté en 2003 en raison de l’appréciation du dollar canadien.
- Cette situation contraste vivement avec celle des États-Unis, où des déficits importants de la balance courante ont fait grimper l’encours de la dette extérieure nette à plus de 22 % du PIB. La faiblesse actuelle du dollar américain est vraisemblablement une réponse visant à corriger la détérioration du solde de la balance courante.
La forte croissance de l’emploi a aidé à réduire le taux de chômage

- Après une hausse nette de seulement 73 100 emplois entre décembre 2002 et août 2003, traduisant l’incidence négative des chocs de 2003 sur l’économie canadienne, l’emploi s’est accru de 205 100 au cours des quatre derniers mois de 2003. Il s’est ainsi créé 278 200 emplois en 2003.
- La progression modeste de l’emploi en janvier 2004 a été annulée par une baisse en février due à la réduction des emplois à temps partiel. Néanmoins, l’économie a créé 58 200 emplois à temps plein au cours des deux premiers mois de 2004. De fait, depuis décembre 2002, tous les emplois créés sont des emplois à temps plein. La croissance de l’emploi dans l’industrie des services a été particulièrement vigoureuse, affichant des gains de presque 300 000 emplois entre décembre 2002 et février 2004. Par contre, le secteur manufacturier a essuyé les contrecoups des chocs économiques et de l’appréciation du dollar canadien, affichant des pertes de 62 700 emplois au cours de la même période.
- La forte progression de l’emploi au cours des derniers mois de 2003 a ramené le taux de chômage à 7,4 % en décembre 2003 alors qu’il avait grimpé à 8 % en août 2003. Le taux de chômage est maintenant redescendu au niveau observé au début de 2003, avant que les divers chocs n’ébranlent l’économie.
Les taux d’emploi et d’activité sont à des niveaux records, reflétant le maintien de la confiance dans les perspectives du marché du travail

- Au Canada, le taux d’activité, c’est-à-dire la proportion de la population en âge de travailler qui a un emploi ou qui cherche activement à en avoir un, a augmenté de façon constante au cours de 2003. Le taux d’activité a atteint le niveau record de 67,7 % en décembre 2003, avant de reculer à 67,5 % en février 2004. Ce taux d’activité élevé indique que les Canadiens ont confiance dans les perspectives du marché du travail.
- Parallèlement à l’accroissement du taux d’activité, la proportion de la population en âge de travailler ayant un emploi, soit le taux d’emploi, s’établissait à 62,5 % en février 2004, tout juste en deçà du niveau record de 62,7 % atteint en décembre 2003.
Prévisions économiques du secteur privé
Chaque trimestre, le ministère des Finances consulte une vingtaine de prévisionnistes du secteur privé au sujet des perspectives de l’économie canadienne. Le Ministère examine aussi périodiquement les prévisions au sujet de l’économie des États-Unis et des principaux pays d’outre-mer, formulées par des prévisionnistes du secteur privé aux États-Unis et par des organisations internationales comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Fonds monétaire international.
Les fonctionnaires du Ministère rencontrent également un groupe d’économistes du secteur privé pour discuter des perspectives économiques du Canada, ainsi que des risques et des facteurs d’incertitude associés à ces perspectives. Le sondage du Ministère auprès des prévisionnistes du secteur privé sert de fondement aux hypothèses économiques qui sous-tendent les projections financières énoncées dans le budget.
Les prévisions économiques formulées ici reflètent les résultats du sondage mené auprès des prévisionnistes du secteur privé par le Ministère après la publication par Statistique Canada, le 27 février, des comptes nationaux pour le quatrième trimestre, de même que les plus récentes prévisions formulées par les économistes du secteur privé aux États-Unis et par l’OCDE.
La croissance économique aux États-Unis devrait s’accélérer en 2004

- Après la récession américaine de 2001, la croissance du PIB réel aux États-Unis a été relativement lente et inégale en 2002. Cela reflète les incertitudes géopolitiques, les scandales financiers et les effets persistants de l’éclatement de la bulle spéculative sur les marchés boursiers.
- En 2003, les mesures de stimulation budgétaires, les taux d’intérêt bas et la dépréciation du dollar américain ont contribué au net renforcement de la reprise aux États-Unis. Au troisième trimestre, le PIB des États-Unis a grimpé de 8,2 %, sa plus forte hausse trimestrielle en près de 20 ans. L’économie américaine a encore progressé de 4,1 % au quatrième trimestre, ce qui porte le taux de croissance pour l’ensemble de 2003 à 3,1 %, la meilleure performance annuelle observée depuis 2000.
- Les dépenses des consommateurs, les investissements des entreprises dans le matériel et les logiciels ainsi que les exportations devraient alimenter une forte croissance de l’économie américaine en 2004. Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à une croissance moyenne de 4,7 % cette année et de 3,8 % en 2005.
- Une économie américaine plus forte compensera dans une certaine mesure l’impact de l’appréciation du dollar canadien sur les exportateurs canadiens.
La reprise de l’économie américaine a coïncidé avec une amélioration des perspectives pour l’Europe et le Japon

- La reprise de l’économie américaine a coïncidé avec une modeste amélioration des perspectives en Europe et au Japon.
- Après des mois de quasi-stagnation, la croissance dans les principaux pays de la zone euro devrait s’accélérer en 2004 et se raffermir encore en 2005. Selon l’OCDE, l’amélioration des perspectives pour la zone euro au cours des deux prochaines années repose sur le renforcement des échanges commerciaux à l’échelle mondiale, l’assainissement des bilans des entreprises et une politique monétaire favorable. La croissance au Royaume-Uni devrait également demeurer forte pendant les deux prochaines années.
- En outre, la croissance s’est récemment accélérée au Japon après deux ans de faiblesse. Cela est dû en partie à la forte croissance de la demande dans les pays voisins d’Asie, particulièrement en Chine, où le PIB réel a grimpé de 9,1 % en 2003 et devrait croître de plus de 7 % en 2004 et en 2005. Or, malgré cette récente amélioration, la déflation et les problèmes structurels persistants, y compris la faiblesse du secteur bancaire et des entreprises, devraient exercer des contraintes sur la demande intérieure et la croissance du PIB réel au Japon en 2004 et en 2005.
- Cependant, dans l’ensemble, les perspectives concernant la situation extérieure au cours des deux prochaines années font état d’une reprise progressive.
Les prévisionnistes s’attendent à ce que la croissance économique au Canada s’accélère en 2004 et en 2005

- Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à une croissance économique à moyen terme légèrement plus faible que prévu, l’effet modérateur d’un dollar plus fort faisant contrepoids à l’impact positif d’une reprise plus vigoureuse aux États-Unis.
- Les prévisionnistes s’attendent maintenant à ce que l’économie progresse de 2,7 % en 2004, ce qui est inférieur à la hausse de 3 % prévue dans La Mise à jour économique et financière de novembre 2003 et à celle de 3,5 % du budget de février 2003. Pour 2005, les prévisionnistes s’attendent à une croissance de 3,3 %, une valeur pratiquement inchangée par rapport aux prévisions du budget de 2003.
La croissance prévue ne sera pas suffisante pour compenser le terrain perdu depuis le budget de 2003

- Même si la croissance de l’économie devrait s’accélérer en 2004 et en 2005, le niveau de l’activité économique restera probablement en deçà du niveau prévu à l’époque du budget de 2003. En résumé, la croissance en 2003 a été plus faible que prévu; les prévisions de croissance pour 2004 ont été révisées à la baisse; et la croissance pour 2005 ne dépasse que légèrement les attentes formulées à l’époque du budget de 2003. Par conséquent, les prévisionnistes du secteur privé s’attendent maintenant à ce que le niveau du PIB réel soit inférieur de quelque 25 milliards de dollars en 2004 et en 2005 à ce qu’ils avaient prévu à l’époque du budget de 2003.
Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que les taux d’intérêt restent bas pendant une bonne partie de 2004

- Un dollar canadien plus vigoureux et une croissance économique un peu plus faible que prévu ont incité les prévisionnistes du secteur privé à réviser à la baisse leurs projections au sujet des taux d’intérêt à court et à long termes. Ils prévoient que les taux à court terme en 2004 et en 2005 seront inférieurs de 70 et de 100 points de base respectivement aux prévisions de novembre dernier, et inférieurs de 230 et de 180 points de base respectivement à celles du budget de février 2003. En conséquence, ils ont aussi abaissé leurs prévisions au sujet des taux d’intérêt à long terme pour 2004 à 4,8 %, soit 110 points de base de moins que prévu lors du budget de 2003.
- Les prévisionnistes du secteur privé n’ont à peu près pas modifié leurs prévisions au sujet de l’inflation du PIB depuis la Mise à jour de novembre. Ils supposent que l’impact d’une croissance plus faible et d’un dollar plus fort sur les prix intérieurs sera compensé par l’effet de la hausse des prix des produits de base sur les prix des exportations.
- Les prévisionnistes du secteur privé s’attendent à ce que le taux de chômage diminue, passant de 7,6 % en 2003 à 7,2 % en 2005.
Facteurs de risque et d’incertitude
Les perspectives du Canada comportent à la fois des risques d’amélioration et de détérioration. Il existe un degré inhabituel d’incertitude au sujet de l’impact d’un dollar plus fort sur l’économie, compte tenu de l’ampleur et de la rapidité de l’appréciation au cours de la dernière année.
La reprise aux États-Unis pourrait également entraîner une amélioration ou une détérioration des perspectives du Canada. L’un des principaux risques de détérioration est la faiblesse persistante du marché du travail aux États-Unis. En dépit de gains modestes de l’emploi rémunéré ces derniers mois, la reprise de l’emploi aux États-Unis jusqu’ici a été la plus faible observée depuis 60 ans. À défaut d’une progression plus vigoureuse de l’emploi, les dépenses des ménages pourraient ralentir, ce qui pourrait tempérer l’effet des mesures de stimulation budgétaires et affecter la confiance des consommateurs.
En revanche, l’accélération de la croissance de la productivité aux États-Unis donne un coup de pouce aux revenus et se traduit par des bénéfices plus élevés pour les entreprises. L’assainissement des bilans des entreprises, les taux d’intérêt bas et la plus grande confiance des milieux d’affaires sont de bon augure pour l’investissement et l’embauche au cours des prochains mois.
À moyen terme, le principal facteur de risque est le déficit budgétaire croissant des États-Unis, lequel pourrait exercer des pressions à la hausse sur les taux d’intérêt et freiner tant l’investissement que la croissance si la situation n’est pas corrigée. Les perspectives du Canada pourraient en souffrir à leur tour.
Dans l’ensemble, l’économie canadienne est bien placée pour composer avec ces risques, en raison de la solidité des facteurs économiques fondamentaux sur le plan monétaire et budgétaire.
Évolution des prévisions du secteur privé pour la période 2003-2005
|
|
2003 |
2004 |
2005 |
|
| |
(%) |
| Croissance du PIB réel |
|
|
|
| Budget de février 2003 |
3,2 |
3,5 |
3,2 |
| La Mise à jour économique et financière, novembre 2003 |
1,9 |
3,0 |
3,4 |
| Budget de mars 2004 |
1,7 |
2,7 |
3,3 |
| Inflation selon le PIB |
|
|
|
| Budget de février 2003 |
2,2 |
1,9 |
1,7 |
| La Mise à jour économique et financière, novembre 2003 |
3,3 |
1,4 |
1,9 |
| Budget de mars 2004 |
3,4 |
1,4 |
1,7 |
| Croissance du PIB nominal |
|
|
|
| Budget de février 2003 |
5,4 |
5,4 |
5,0 |
| La Mise à jour économique et financière, novembre 2003 |
5,3 |
4,4 |
5,3 |
| Budget de mars 2004 |
5,2 |
4,1 |
5,1 |
| Taux des bons du Trésor à trois mois |
|
|
|
| Budget de février 2003 |
3,3 |
4,5 |
4,9 |
| La Mise à jour économique et financière, novembre 2003 |
2,9 |
2,9 |
4,1 |
| Budget de mars 2004 |
2,9 |
2,2 |
3,1 |
Rendement des obligations
du gouvernement à 10 ans |
|
|
|
| Budget de février 2003 |
5,4 |
5,9 |
5,9 |
| La Mise à jour économique et financière, novembre 2003 |
4,8 |
5,0 |
5,4 |
| Budget de mars 2004 |
4,8 |
4,8 |
5,4 |
| Taux de chômage |
|
|
|
| Budget de février 2003 |
7,3 |
7,0 |
6,7 |
| La Mise à jour économique et financière, novembre 2003 |
7,7 |
7,7 |
7,4 |
| Budget de mars 2004 |
7,6 |
7,5 |
7,2 |
| Croissance de l’emploi |
|
|
|
| Budget de février 2003 |
2,1 |
1,8 |
1,5 |
| La Mise à jour économique et financière, novembre 2003 |
1,9 |
1,3 |
1,7 |
| Budget de mars 2004 |
2,1 |
1,6 |
1,5 |
| Ajout : |
|
|
|
| Croissance du PIB réel aux États-Unis |
|
|
|
| Budget de février 2003 |
2,7 |
3,6 |
n.d. |
| La Mise à jour économique et financière, novembre 2003 |
2,7 |
3,9 |
n.d. |
| Budget de mars 2004 |
3,1 |
4,7 |
3,8 |
|
| Sources : sondages de décembre 2002, de septembre 2003, de décembre 2003 et de mars 2004 du ministère des Finances auprès de prévisionnistes du secteur privé; Blue Chip Economic Indicators (février 2003, octobre 2003 et mars 2004) |
Nota – Les données du présent chapitre sont celles disponibles au 12 mars 2004.
Sauf indication contraire, les chiffres correspondent à des taux annuels.
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