le 11 avril 2008
Washington, DC
(Version non officielle)
Washington – Nous nous sommes réunis aujourd’hui dans un contexte de défis continus pour l’économie mondiale et le système financier international.
L’économie mondiale continue de faire face à une période difficile. Nous demeurons positifs au sujet de la solidité à long terme de nos économies, mais les perspectives économiques à court terme se sont assombries. Même si la conjoncture varie d’un pays à l’autre, des risques négatifs persistent à la lumière de la lenteur continue du marché du logement aux États-Unis, des tensions sur les marchés financiers à l’échelle mondiale, de l’impact international des prix élevés du pétrole et des produits de base, et des tensions inflationnistes qui en résultent. Le rendement des marchés émergents constitue un baume, mais ceux-ci ne sont pas, eux non plus, à l’abri des phénomènes mondiaux.
Les perturbations des marchés financiers mondiaux demeurent problématiques et elles ont duré plus longtemps que prévu. Dans le contexte de l’assombrissement des perspectives économiques, les marchés financiers sont confrontés à des défis interreliés : l’établissement d’une nouvelle tarification du risque et une nette tendance au désendettement, la gestion des risques de contrepartie, le redressement des bilans, la mobilisation de capitaux, et l’amélioration de la liquidité et du fonctionnement des principaux marchés. Nous applaudissons aux efforts déployés par de nombreuses institutions financières en vue d’améliorer la communication des risques liés aux produits structurés et des risques connexes, et de trouver d’importantes quantités de nouveaux capitaux.
Nous avons réaffirmé notre engagement ferme de travailler en étroite collaboration afin de rétablir une croissance soutenue, de maintenir la stabilité des prix, et d’assurer le fonctionnement efficace et ordonné de nos systèmes financiers. Nous nous réjouissons de la coordination des mesures prises par les grandes banques centrales en vue d’atténuer les pressions de liquidité observées sur les marchés du financement, et nous reconnaissons l’importance de l’adoption de mesures concertées afin de limiter les perturbations des marchés financiers mondiaux. En particulier, les mesures adoptées récemment par certaines banques centrales en vue d’améliorer l’accès à leurs mécanismes d’octroi de prêts et d’élargir l’éventail des garanties qu’elles acceptent permettent aux institutions financières de disposer de plus de liquidités, et elles les aident à assurer un meilleur fonctionnement des marchés. Nous applaudissons aussi à d’autres mesures adoptées, y compris au chapitre des politiques monétaires et financières, en vue de soutenir l’activité économique sous-jacente et d’assurer la stabilité des prix. Chacun de nous demeure résolu à passer à l’action, individuellement ou collectivement selon le cas, en fonction de sa situation intérieure.
Nous réaffirmons notre intérêt commun dans la solidité et la stabilité du système financier international. Depuis notre dernière réunion, les principales devises ont connu d’importantes fluctuations, et nous sommes préoccupés par les répercussions éventuelles de ces fluctuations sur la stabilité économique et financière. Nous continuons de surveiller étroitement les marchés de change et de coopérer avec eux, s’il y a lieu. Nous nous réjouissons de la décision de la Chine d’assouplir sa devise, mais à la lumière de l’augmentation de son excédent courant et de l’inflation intérieure, nous encourageons ce pays à favoriser l’appréciation accélérée de son taux de change effectif.
L’automne dernier, nous avons confié au Forum sur la stabilité financière (FSF) la tâche de rédiger un rapport afin de cerner les lacunes et les autres causes sous-jacentes au sein du système financier international ayant contribué aux perturbations des marchés financiers. Nous tenons à remercier le président Mario Draghi et les membres du FSF, qui nous ont remis un rapport établissant des recommandations détaillées en vue d’accroître la solidité des marchés et des institutions. Nous, membres du G7, appuyons fermement le contenu du rapport, et nous nous engageons à mettre en œuvre ses recommandations. La mise en application rapide du rapport du FSF permettra non seulement d’accroître la solidité du système financier mondial à plus long terme, mais elle contribuera en outre à soutenir la confiance et à améliorer le fonctionnement des marchés.
Le rapport du FSF présente une série complète de recommandations en cinq grands volets. Parmi les priorités immédiates à mettre en œuvre dans les 100 prochains jours, mentionnons les recommandations suivantes :
Nous appuyons la mise en œuvre d’ici la fin de 2008 des propositions suivantes du FSF :
Le cadre de Bâle II en matière de fonds propres doit être mis en œuvre en temps voulu. Le Comité de Bâle doit relever les exigences de fonds propres relatives aux instruments de crédit structurés complexes et aux instruments hors bilan, exiger des analyses additionnelles de scénarios extrêmes, et améliorer son cadre de contrôle.
Nous demandons au FSF et à son groupe de travail de surveiller activement la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport. Il est important que les organisations membres du FSF comme le Comité de Bâle, l’OICV, le CNCI et l’Instance conjointe resserrent leurs échéances d’exécution de manière à conclure leurs travaux avant la fin de 2008 et à ce que les recommandations du FSF soient mises en œuvre entièrement et efficacement. Nous attendons avec impatience une mise à jour à la réunion qui se tiendra à Osaka en juin ainsi qu’un rapport de suivi complet du FSF à notre réunion de l’automne. Nous nous réjouissons de la collaboration accrue entre le FSF et le FMI, qui devrait améliorer les capacités de détection rapide des principaux risques pour la stabilité financière.
Nous applaudissons aussi aux efforts des participants du secteur privé qui ont élaboré des propositions visant l’amélioration du fonctionnement du système financier.
Les perturbations qui touchent actuellement les marchés financiers ont aussi soulevé d’importantes préoccupations stratégiques au sujet des cadres réglementaires qui doivent régir nos secteurs financiers. Nous avons réaffirmé l’importance de l’examen des cadres réglementaires afin de déterminer s’il y a lieu d’apporter des modifications visant à faire en sorte que nos systèmes financiers soient aussi stables et efficients que possible à l’avenir.
Nous réaffirmons l’importance du rôle du FMI pour assurer la stabilité financière à l’échelle internationale, et nous approuvons les progrès importants accomplis au chapitre de la réforme du FMI :
Prises ensemble, ces importantes réformes vont accroître la légitimité, l’efficacité et la crédibilité du FMI.
Le maintien de régimes de commerce et d’investissement ouverts est un élément essentiel de la prospérité mondiale et de la lutte contre le protectionnisme. Nous avons mis en exergue l’urgent besoin d’en arriver à une conclusion favorable du Cycle de Doha pour le développement. Nous tenons aussi à féliciter l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour ses travaux sur l’ouverture à l’investissement, et nous applaudissons à l’engagement pris par le FMI en vue de publier une série de pratiques exemplaires concernant les fonds d’investissement souverains d’ici à ses assemblées annuelles qui se tiendront en octobre. Les principes directeurs proposés par Abu Dhabi, Singapour et les États-Unis devraient contribuer à l’avancement de ces processus.