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- Activités internationales -

Version non officielle.

le 9 février 2008
Tokyo

Déclaration des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G7

Nous, ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des pays du G7, nous sommes réunis aujourd’hui afin de discuter de questions qui touchent l’économie mondiale. 

Le monde évolue dans un contexte de difficultés et d’incertitude plus grandes que lors de notre rencontre d’octobre dernier, mais ses assises économiques demeurent solides dans l’ensemble. Aux États-Unis, la croissance de la production et de l’emploi a beaucoup fléchi et les risques de ralentissement sont devenus prépondérants; cependant, les paramètres fondamentaux à long terme de l’économie restent solides, et la croissance devrait se poursuivre en 2008. Dans l’ensemble des pays du G7, on prévoit que la croissance connaîtra un certain ralentissement à court terme, à des degrés divers, étant donné l’évolution de la situation économique et financière mondiale. Les économies de marché émergentes (EME) devraient continuer d’afficher une croissance solide, bien que plus lente. Nous prenons note du fait que des risques baissiers persistent, dont ceux d’une détérioration accrue du marché du logement aux États-Unis, d’un resserrement des conditions de crédit en réaction aux difficultés persistantes dans les marchés financiers, des prix élevés du pétrole et des produits de base, ainsi que d’attentes d’une hausse de l’inflation dans certains pays. Nous avons tous pris des mesures appropriées au contexte intérieur de notre pays respectif, dans les domaines de l’offre de liquidités, de la politique monétaire et de la politique fiscale. Nous maintenons notre engagement de redoubler d’efforts afin d’accroître le taux de croissance en effectuant des réformes qui s’imposent. Nous continuerons de surveiller étroitement l’évolution de la situation et de prendre des mesures appropriées, individuellement et collectivement, pour assurer la stabilité et la croissance de nos économies. 

Nous sommes fermement résolus à collaborer en vue de renforcer la stabilité financière, de limiter les répercussions des perturbations financières et de contrer les facteurs qui contribuent à ces perturbations. L’offre coordonnée de liquidités par les banques centrales a aidé à atténuer les pressions à court terme exercées sur les marchés monétaires. Le fait que des institutions financières ont reconnu et communiqué rapidement et entièrement leurs pertes, qu’elles les ont évaluées de façon appropriée, et qu’elles ont pris des mesures au besoin pour renforcer leurs assises financières, a grandement contribué à réduire les incertitudes, à hausser la confiance et à rétablir le fonctionnement normal des marchés. Nous insistons sur l’importance de poursuivre ce processus. Les autorités doivent encourager les marchés à améliorer la transparence et les pratiques de divulgation dans ce domaine et, s’il y a lieu, fournir une orientation claire et cohérente à cet égard.

En octobre, nous avons demandé au Forum sur la stabilité financière (FSF) d’analyser les causes sous-jacentes des récentes perturbations et de mettre de l’avant des mesures et des initiatives pertinentes dans un certain nombre de domaines. Nous avons accueilli favorablement son rapport d’étape et constaté que des progrès notables avaient été réalisés, et nous attendons avec impatience le rapport final qu’il présentera en avril. Nous donnerons rapidement suite à ses recommandations. Au nombre des questions à traiter, nous souhaitons mettre l’accent notamment sur les suivantes : (i) l’importance d’encourager les institutions financières à communiquer rapidement et entièrement leurs pertes ainsi que la somme des produits structurés qu’ils détiennent; (ii) le renforcement de la gestion des risques de liquidité dans les institutions financières en accélérant l’élaboration, par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, d’une approche uniforme à l’échelle internationale relativement à cette question; (iii) une meilleure compréhension et une meilleure communication de l’exposition des banques et des autres institutions financières aux instruments hors bilan; (iv) l’amélioration des éléments de base du modèle « octroyer et céder » (originate-to-distribute) en s’assurant de la présence d’un mécanisme d’incitatifs approprié; (v) la prise en compte de la question des conflits d’intérêts éventuels dans les agences de notation et l’amélioration de l’information contenue dans les évaluations, afin que les investisseurs connaissent mieux les risques associés aux produits structurés; (vi) la mise en œuvre du dispositif d’adéquation des fonds propres (Bâle II) en vue d’améliorer la transparence et la gestion des risques. En outre, les autorités doivent examiner, s’il y a lieu, leur mandat, leurs mécanismes de coordination et leurs instruments afin de s’assurer que des mesures raisonnables et souples sont prises pour répondre aux tensions sur les marchés, y compris les arrangements visant à résoudre la faiblesse ou la faillite d’institutions financières, et ce, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leur pays. Nous demandons au Fonds monétaire international (FMI) et au FSF de présenter à notre prochaine réunion un rapport sur les vulnérabilités possibles et l’amélioration des mécanismes de détection précoce.

Nous sommes déterminés à prendre toute autre mesure s’avérant nécessaire pour accroître la stabilité du marché financier et assurer que l’intégration internationale des marchés financiers et l’innovation financière continuent d’être bénéfiques pour l’économie mondiale.

Nous réaffirmons que les taux de change doivent être le reflet des facteurs fondamentaux de l’économie. La volatilité excessive et la variation désordonnée des taux entravent la croissance économique. Nous continuons de surveiller étroitement les marchés de change et de coopérer avec eux, s’il y a lieu. Nous nous réjouissons de la décision de la Chine d’assouplir sa devise, mais à la lumière de l’augmentation de son excédent courant et de l’inflation intérieure, nous encourageons ce pays à favoriser l’appréciation accélérée de son taux de change effectif.

Les prix élevés du pétrole découlent en grande partie de la hausse de la demande mondiale, mais d’autres facteurs, tels que des préoccupations d’ordre géopolitiques, entrent également en ligne de compte. Nous invitons les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et les autres pays producteurs à hausser leur production de pétrole, et nous réitérons le besoin d’accroître la capacité de raffinage et l’efficacité énergétique. Il faut éviter de réduire les prix intérieurs de l’énergie au moyen de mesures fiscales, ce qui nuit aux rajustements de la demande sur les marchés et fait augmenter les émissions de gaz. Nous avons demandé au FMI d’effectuer d’autres recherches sur les facteurs réels et les facteurs financiers qui sous-tendent la récente flambée des prix du pétrole, ainsi que sur les incidences de cette flambée pour l’économie mondiale.

Le maintien de régimes de commerce et d’investissement ouverts est essentiel à la prospérité mondiale et à la lutte contre le protectionnisme. Nous soulignons l’urgent besoin d’en arriver à une conclusion fructueuse du cycle de Doha pour le développement qui entraîne une diminution importante des droits tarifaires et des autres obstacles au commerce, y compris dans le secteur financier et d’autres compopsantes du secteur des services. Nous attendons avec impatience l’issue des travaux en cours au FMI visant à recenser les pratiques exemplaires de fonds d’investissement souverains (FIS) en matière de structure institutionnelle, de gestion du risque, de transparence et de reddition de comptes. Nous encourageons également l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à faire avancer ses importants travaux en cernant les pratiques exemplaires en matière de politique sur l’investissement pour les pays qui reçoivent des investissements transfrontaliers des FIS. Nous nous réjouissons du travail effectué par des représentants du secteur privé en vue d’élaborer des pratiques exemplaires volontaires améliorées pour les institutions à fort effet de levier, conformément aux recommandations du FSF. Nous continuerons d’examiner la question de la reconnaissance mutuelle des régimes comparables en matière de valeurs mobilières, ainsi que la mesure dans laquelle cette reconnaissance peut accroître les flux d’investissement internationaux.

Nous avons discuté de la réforme du FMI. Nous confirmons notre appui à sa récente décision en matière de surveillance au sujet des taux de change, du secteur financier et des politiques financières et monétaires, et nous demandons instamment qu’elle soit mise en œuvre de façon rigoureuse et impartiale. Nous appuyons la récente proposition du directeur général de réorienter les opérations du FMI vers les priorités de base et de comprimer les dépenses de 100 millions de dollars sur trois ans. Afin de combler la part restante du manque à gagner, nous sommes prêts à prendre des mesures pour augmenter les revenus du Fonds, en fonction des propositions du rapport Crockett. Nous avons insisté sur l’importance de faire mieux correspondre les quotes-parts des pays membres et la position relative de ces derniers dans l’économie mondiale, au moyen d’une formule plus simple et plus transparente. Nous avons réaffirmé notre volonté de mener à bien la réforme des quotes-parts et des voix exprimées d’ici la réunion printanière du Comité monétaire et financier international (CMFI). Une réforme réussie constitue une étape essentielle de l’accroissement de la légitimité et de l’efficacité du FMI.

Nous avons discuté de l’importance d’une action unifiée de lutte contre les changements climatiques à l’échelle planétaire fondée sur le Plan d’action de Bali de décembre 2007, tout en appuyant la croissance et le développement économiques. Nous chercherons à accroître les rôles essentiels que jouent les institutions financières internationales et le secteur privé dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les politiques axées sur le marché, qui peuvent comprendre des taxes et l’échange de droits d’émission, deviendront des éléments de plus en plus importants de la lutte contre les changements climatiques. Ces politiques devraient convenir à la situation particulière des pays visés. Nous reconnaissons également le besoin d’accroître l’investissement dans les pays en développement afin de les aider à contribuer aux efforts internationaux de lutte contre les changements climatiques. On pourrait favoriser une plus grande utilisation de technologies écologiquement propres en réduisant ou en éliminant les obstacles au commerce des biens et services environnementaux clés. Nous avons également discuté de l’initiative du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis visant à créer, en collaboration notamment avec la Banque mondiale, un cadre d’investissement multilatéral stratégique pour lutter contre les changements climatiques. Ce cadre pourrait notamment inclure un fonds qui soit complémentaire aux efforts bilatéraux et multilatéraux existants et qui offrirait un soutien financier à l’implantation de technologies propres dans les pays en développement.

Nous sommes heureux de constater la solide croissance qu’ont récemment affichée bon nombre de pays d’Afrique, et nous sommes résolus à collaborer avec les pays africains pour maintenir et soutenir cette situation positive. Nous réitérons le besoin de favoriser une croissance induite par le secteur privé dans les pays en développement en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. À cette fin, nous avons convenu qu’il importait de continuer d’apporter un soutien aux pays d’Afrique en améliorant le climat d’investissement, en encourageant le développement des entreprises privées, en renforçant les systèmes financiers et en mettant en place des éléments d’infrastructure fiables.

Nous avons réaffirmé qu’il convenait de mettre de l’avant de meilleures mesures en matière de viabilité de la dette. Nous avons examiné les mesures destinées à contrer les poursuites agressives menées contre des pays pauvres très endettés (PPTE). Nous appuyons les améliorations apportées à la Facilité de réduction de la dette de la Banque mondiale, notamment par le biais d’un soutien technique plus précoce. Nous avons pris bonne note de propositions concernant l’établissement d’un mécanisme de soutien juridique pour les PPTE. Nous nous réjouissons de l’entente conclue par le groupe de l’OCDE sur le crédit à l’exportation au sujet des principes et des lignes directrices concernant l’offre viable de prêts aux pays à faible revenu, ainsi que de l’intérêt exprimé par des pays non membres de l’OCDE à l’égard de cette entente. Étant donné notre engagement envers le développement et la réduction de la dette, nous accueillons favorablement l’entente sur le financement de l’allégement de la dette du Libéria.

Nous encourageons le FMI et la Banque mondiale à poursuivre leurs importants travaux de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement d’activités terroristes. Nous sommes impatients de rencontrer les autres ministres responsables du Groupe d’action financière (GAFI) en avril, afin d’actualiser le mandat du Groupe afin de lutter contre les menaces que présente le financement de la prolifération des armes de destruction massive, d’améliorer ses mesures de surveillance des menaces mondiales et d’intensifier son dialogue avec le secteur privé. Nous demandons au GAFI de continuer de prendre des mesures visant à protéger le système financier international des risques de financement illicite, ce qui comprend la surveillance accrue des opérations financières concernant l’Iran.