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L'économie en bref
Mars 2004

- L'économie en bref 2004 -


Aperçu

  • Au quatrième trimestre de 2003, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel s'est accélérée, atteignant 3,8 % après une progression plus modeste de 1,3 % au troisième trimestre. Le taux de croissance au quatrième trimestre est le plus élevé à avoir été enregistré depuis le début de 2002. La reprise des exportations et les investissements en stocks plus vigoureux ont plus que compensé le fléchissement de la croissance de la demande intérieure finale. Pour l'ensemble de 2003, la croissance du PIB a été de 1,7 %, en baisse par rapport à 3,3 % en 2002.
  • La vigueur de la croissance de l'économie américaine au deuxième semestre de 2003 et l'amélioration de la conjoncture d'autres partenaires commerciaux importants du Canada, conjuguées à la disparition des effets négatifs du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et de la panne de courant survenue en août en Ontario, ont conduit à un bond de 13,5 % des exportations réelles après quatre trimestres de baisse.
  • La croissance de la demande intérieure finale, qui avait atteint 5,8 % le trimestre précédent, a fléchi à 1,2 %. Les dépenses de consommation n'ont à peu près pas progressé après avoir connu une nette hausse au trimestre précédent; quant aux investissements des entreprises, leur croissance a été moins forte qu'au trimestre précédent.
  • Le compte courant a affiché un excédent pour un 18e trimestre consécutif. Toutefois, cet excédent a été moins élevé, se chiffrant à 26,6 milliards de dollars, ou 2,2 % du PIB nominal, comparativement à 31,4 milliards, ou 2,6 % du PIB, au troisième trimestre. Au total, l'excédent a atteint 25,8 milliards de dollars en 2003, contre 23,4 milliards en 2002.
  • Durant la période de cinq mois qui s'est terminée en janvier 2004, l'économie canadienne a créé 220 000 emplois sur une base nette. En décembre, le taux de chômage a chuté pour s'établir à 7,4 % et est demeuré inchangé en janvier.

La croissance du PIB réel s'accélère

Le PIB réel a progressé de 3,8 % au quatrième trimestre, à la suite d'une hausse de 1,3 % au troisième, en raison de la reprise des exportations et de l'accroissement des stocks des entreprises (graphique 1).

Graphique 1 - Croissance du PIB réel et de la demande intérieure finale réelle

Les exportations contribuent à la croissance

Les exportations réelles ont fait un bond de 13,5 % après quatre baisses consécutives. La vigueur de la croissance de l'économie américaine lors du deuxième semestre de l'année et la reprise observée à la suite de la panne de courant survenue en Ontario ont fait rebondir les exportations canadiennes, surtout celles des machines et du matériel de haute technologie, d'automobiles et de produits industriels, sans oublier les exportations énergétiques. La reprise du secteur des voyages s'est accélérée après la disparition des effets négatifs engendrés par le SRAS et la guerre menée en Irak. Toutefois, l'appréciation de quelque 20 % du dollar en 2003 a eu pour effet d'atténuer la croissance des exportations pour l'ensemble de l'année.

Principaux indicateurs économiques

(variations en pourcentage, taux annuels, sauf indication contraire)


2002 2003 T2 2003 T3 2003 T4 2003

Date la plus récente


Produit intérieur brut réel 3,3 1,7 -1,0 1,3 3,8 -
Demande intérieure finale 2,9 3,6 3,5 5,8 1,2 -
  Dépenses publiques -
    Biens et services 3,0 3,0 4,7 1,4 0,6 -
    Immobilisations brutes 11,8 5,8 6,3 0,5 3,8 -
  Dépenses de consommation 3,4 3,3 3,5 4,6 0,1 -
  Investissement résidentiel 14,2 7,5 1,2 18,6 10,0 -
  Investissements fixes des entreprises -6,0 3,4 2,2 14,4 2,2 -
    Construction non résidentielle -10,4 0,7 1,4 6,9 4,0 -
    Machines et matériel -3,2 5,0 2,7 19,2 1,1 -
Investissements en stocks des entreprises (G$) 5,9 12,2 15,6 2,9 11,0 -
Exportations -0,1 -2,1 -3,1 -1,7 13,5 -
Importations 0,6 4,0 5,4 -4,0 17,8 -
Solde du compte courant
(nominal; G$) 23,4 25,8 20,4 31,4 26,6 -
(% du PIB) 2,0 2,1 1,7 2,6 2,2 -
Revenu personnel nominal 3,3 2,7 1,6 3,2 2,6 -
Revenu personnel disponible nominal 4,7 2,8 2,1 1,5 1,1 -
Revenu personnel disponible réel 2,7 1,1 2,8 -0,3 1,1 -
Bénéfices avant impôts 4,3 10,1 -35,9 21,4 14,7 -
Coûts et prix (%, rythme annuel)
Indice implicite du PIB 0,9 3,4 3,0 3,3 2,3 -
Indice des prix à la consommation 2,2 2,8 2,8 2,1 1,7 1,2 janv. 2004
  IPC - hors les huit éléments les 
  plus volatils
2,4 2,2 2,2 1,7 1,9 1,5 janv. 2004
Coûts unitaires de main-d'ouvre 1,5 1,6 2,3 1,9 0,5  
Règlements salariaux (total) 2,8 2,6 2,5 3,1 2,1 2,6 déc. 2003
Marché du travail
Taux de chômage (%) 7,7 7,6 7,7 7,9 7,5 7,4 janv. 2004
Croissance de l'emploi 2,2 2,2 0,7 0,8 3,6 1,1 janv. 2004
Marchés financiers (moyenne)
Taux de change (¢US) 63,7 71,6 71,6 72,5 76,0 74,48 2 mars 2004
Taux préférentiel (%) 4,2 4,7 5,0 4,7 4,5 4,00 2 mars 2004

Nota - Les données réelles sont en dollars de 1997 (en chaîne).
Sources : Statistique Canada, Banque du Canada et Développement des ressources humaines Canada

Les dépenses de consommation sont stables

Les dépenses de consommation réelles ont augmenté de 0,1 % au quatrième trimestre, à la suite d'une hausse de 4,6 % au troisième trimestre. La nette diminution des dépenses en biens durables a contrebalancé le fort gain de 4 % observé au niveau des services. Les ventes de véhicules automobiles ont chuté, étant donné que les mesures incitatives à l'achat ont favorisé les ventes au troisième trimestre.

Une croissance robuste de l'emploi a fait grimper le revenu des particuliers de 2,6 % au quatrième trimestre. Le revenu du travail a augmenté en parallèle avec l'emploi, mais une baisse des revenus de placement a limité la croissance d'ensemble. Le revenu personnel disponible réel a augmenté de 1,1 %, tandis que le revenu personnel disponible réel par habitant est demeuré à peu près inchangé. Le taux d'épargne des particuliers a augmenté pour s'établir à 1,5 %, contre 1,3 % au troisième trimestre.

Forte croissance de l'investissement résidentiel

Le marché de l'habitation continue de tirer profit des faibles taux d'intérêt. L'investissement résidentiel a de nouveau enregistré une forte croissance, qui s'est chiffrée à 10,0 % au quatrième trimestre après avoir atteint environ 19 % au troisième. Les activités de construction ont connu un regain, les mises en chantier résidentielles demeurant élevées durant le quatrième trimestre. La croissance a aussi été solide au chapitre des activités de rénovation. Toutefois, les ventes de maisons existantes, tout en demeurant à un niveau élevé, ont diminué, d'où une baisse des coûts de transfert immobilier.

Croissance modeste des investissements fixes des entreprises

Il y a eu une croissance modeste des dépenses des entreprises en usines et en matériel au quatrième trimestre, le taux de croissance de 2,2 % enregistré étant nettement moindre que celui de 14,4 % du trimestre précédent. Les investissements en machines et en matériel n'ont augmenté que de 1,1 %, après une hausse de 19,2 % au troisième trimestre. Les achats d'automobiles ont augmenté, mais ceux de camions et d'autre matériel de transport, en particulier les avions, ont baissé. Par contre, les investissements dans le domaine des technologies de l'information et des communications semblent reprendre avec force après leur bas niveau des dernières années. Ils ont augmenté de 17,9 % dans le cas des logiciels, et d'un retentissant 47,4 % dans celui du matériel de télécommunications.

La construction non résidentielle a progressé de 4,0 %, à la suite d'un gain de 6,9 % au troisième trimestre. Le gain est attribuable aux dépenses au titre des projets d'ingénierie, car les dépenses relatives à la construction de bâtiments ont diminué.

Les entreprises accroissent leurs stocks

Les entreprises ont augmenté leurs stocks de 11,0 milliards de dollars au quatrième trimestre, soit nettement plus que le montant de 2,9 milliards enregistré au troisième trimestre. C'est surtout dans le secteur du commerce de détail que ces investissements ont été effectués, ce qui reflète en partie l'augmentation des stocks de véhicules automobiles, étant donné que les importations ont augmenté tandis que les ventes diminuaient. Les stocks de bétail ont continué de croître en raison du moratoire sur les exportations de bouf; les stocks de céréales ont augmenté en raison de la qualité de la récolte.

Graphique 2 - Compte courant en pourcentage du PIB nominal

Les importations augmentent davantage que les exportations

Alimentées par l'appréciation du dollar et par des investissements en stocks plus élevés, les importations réelles ont augmenté davantage que les exportations au quatrième trimestre, progressant de 17,8 %. C'est au niveau des importations de matériel de haute technologie, de produits de l'automobile et de produits énergétiques que la hausse a été la plus forte. Les dépenses en voyages à l'étranger ont également augmenté : les craintes rattachées au SRAS et à la guerre en Irak se sont dissipées, tandis que l'appréciation du dollar rendait les voyages à l'étranger moins coûteux.

L'excédent du compte courant s'accroît

Le compte courant a enregistré un excédent pour un 18e trimestre de suite, après avoir été déficitaire durant la plus grande partie des années 1980 et 1990. Par contre, l'excédent a baissé de 4,8 milliards de dollars pour se chiffrer à 26,6 milliards, ou 2,2 % du PIB nominal (graphique 2). La baisse des dividendes reçus de sociétés non résidentes, conjuguée à la diminution des bénéfices non répartis des sociétés canadiennes à l'étranger, a contribué à la baisse du solde de la balance commerciale nominale au quatrième trimestre.

Pour l'ensemble de 2003, l'appréciation du dollar canadien a donné lieu à une baisse des paiements d'intérêts sur les dépôts libellés en devises et sur les titres canadiens libellés en dollars américains qui sont détenus dans des portefeuilles étrangers. Cela a donné lieu à une diminution de 4,0 milliards de dollars du déficit des revenus de placement. Tout cela a fait passer l'excédent du compte courant de 23,4 milliards de dollars en 2002 à 25,8 milliards en 2003.

L'inflation demeure faible

L'indice implicite du PIB, une mesure exhaustive des prix intérieurs, a augmenté de 0,4 % au quatrième trimestre, après une hausse de 3,7 % au troisième trimestre. Par rapport au quatrième trimestre de 2002, les prix ont augmenté de 2,3 %.

D'une année sur l'autre, l'inflation mesurée selon les prix à la consommation est descendue à 1,2 % en janvier 2004, comparativement au récent sommet de 4,6 % atteint en février 2003. L'inflation sous-jacente selon l'indice des prix à la consommation, qui exclut les huit éléments les plus volatils, a été de 1,5 % en janvier, ce qui est inférieur au taux cible de 2%, qui constitue le milieu de la fourchette cible de 1 à 3 %.

Hausse des bénéfices des sociétés

Les bénéfices des sociétés ont augmenté de 14,7 % au quatrième trimestre, après le bond de 21,4 % enregistré au troisième trimestre. Les bénéfices des institutions de dépôt et des sociétés appartenant aux secteurs des transports et de l'exploitation minière ont connu une hausse substantielle. Les bénéfices tirés des activités d'exploitation minière ont augmenté, du fait d'une hausse de la demande sur les marchés d'Asie et des États-Unis, et d'un resserrement de l'offre. Dans le secteur manufacturier, les bénéfices ont quelque peu progressé au quatrième trimestre, après une année turbulente, mais leur niveau est bien inférieur à celui de l'année précédente. Les fabricants de produits de l'automobile ont vu leurs ventes et les bénéfices diminuer. Les revenus en dollars canadiens des exportateurs ont diminué en raison de l'appréciation de notre monnaie, tandis que les importateurs profitaient pour leur part d'un avantage sur le plan des coûts. Dans l'ensemble, les bénéfices des sociétés exprimés en proportion du PIB se sont chiffrés à 12,2 %, ce qui demeure supérieur à leur moyenne historique de 10,0 % (graphique 3).

Croissance vigoureuse de l'emploi

La croissance de l'emploi a été de 3,6 % au quatrième trimestre, ce qui est plus de quatre fois supérieur au rythme de croissance du trimestre précédent. Considérant qu'il y a eu près de 15 000 emplois créés sur une base nette en janvier 2004, le nombre de nouveaux emplois depuis décembre 2002 s'établit à 293 000. Le taux d'activité a été de 67,6 % en janvier, soit légèrement moins que le sommet de 67,7 % atteint le mois précédent. Le taux de chômage est demeuré à 7,4 %, soit le même taux qu'en décembre et en mars 2003, mais moins qu'en août, où il a été de 8,0 %.

Graphique 3 - Bénéfices avant impôts en proportion du PIB nominal

La productivité horaire du travail n'a augmenté que de 0,3 % au quatrième trimestre, le nombre d'heures travaillées ayant connu une hausse comparable à celle de l'emploi et presque égale à celle de la production. Les coûts de main-d'ouvre par unité de production ont baissé de 0,3 %, mais sont de 0,5 % supérieurs à leur niveau de l'année précédente.

La Banque du Canada abaisse son taux directeur

Le 2 mars, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur - le taux cible du financement à un jour -, qui s'établit maintenant à 2,25 %. La Banque a indiqué que, en conjonction avec une inflation selon l'IPC qui se situe nettement sous les 2 %, cette décision « d'accentuer un peu plus la détente monétaire vise à soutenir la demande globale et à ramener l'inflation au taux cible d'ici la fin de 2005. »

Depuis la fin de novembre, les taux d'intérêt à court terme au Canada ont diminué tandis que les taux américains demeuraient inchangés, de sorte que l'écart entre eux s'est rétréci. Il en a été de même, quoique dans une moindre mesure, pour les taux à long terme.

Au cours des dernières semaines, le dollar canadien a perdu une partie du terrain gagné en 2003 et au tout début de 2004 par rapport au dollar américain. Il a clôturé à 74,48 ¢US le 2 mars, en baisse par rapport à sa valeur de 78,67 ¢US atteinte le 9 janvier, laquelle représentait la valeur de clôture la plus élevée en plus de 10 ans.


Nota - Sauf indication contraire, les données et les variations en pourcentage sont en taux annuels. Les données qui paraissent dans le présent document sont celles du 2 mars 2004, fin de journée.