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L'économie en bref
Septembre 2003

- L'économie en bref 2003 -


Aperçu

  • Au deuxième trimestre de 2003, le produit intérieur brut (PIB) réel a fléchi de 0,3 % en taux annuel. Il s'agit du premier recul survenu depuis le troisième trimestre de 2001. La croissance a été contenue par l'épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), le moratoire sur les exportations de bouf lié à la maladie de la vache folle et une forte appréciation du dollar canadien.
  • La demande intérieure finale a connu une hausse importante, quoique moins forte qu'au premier trimestre. L'accumulation des stocks a été plus modeste au deuxième trimestre qu'au premier.
  • Les exportations réelles ont stimulé la croissance en augmentant de 2,2 % après avoir diminué pendant deux trimestres consécutifs. Les exportations canadiennes de services ont chuté car l'industrie des voyages et les services de transport connexes ont souffert des répercussions du SRAS et les exportations de bétail et de produits de la viande ont diminué en raison des craintes liées à la maladie de la vache folle.
  • Le compte courant a enregistré un seizième excédent trimestriel de suite. Toutefois, celui-ci a diminué en raison d'une hausse de 5,6 % des importations réelles qui a freiné la progression du PIB et fait passer la balance du compte courant à 20,3 milliards de dollars, ou 1,7 % du PIB nominal, soit une baisse de 7,4 milliards.
  • La période de juillet et août s'est soldée par la perte de plus de 32 000 emplois, le nombre de nouveaux emplois nets engendrés par l'économie canadienne s'établissant à environ 52 000 entre la fin de 2002 et août 2003. Le taux de chômage s'établissait à 8,0 % en août.

Repli du PIB réel

Le PIB réel a fléchi de 0,3 % au deuxième trimestre après avoir augmenté de 2,6 % au premier. Cette baisse découle d'une diminution des investissements dans les stocks et d'une hausse des importations réelles (graphique 1).

Les dépenses de consommation sont vigoureuses

La progression des dépenses de consommation réelles est demeurée vigoureuse, atteignant 2,7 % au deuxième trimestre, soit un peu moins que les 4,4 % des deux trimestres précédents. Les dépenses dans toutes les principales catégories ont augmenté, mais la hausse a été particulièrement marquée au chapitre des biens durables, surtout au titre des meubles et des électroménagers en raison du dynamisme soutenu du marché du logement.

Graphique 1 - Croissance du PIB réel et de la demande intérieure finale réelle

Principaux indicateurs économiques
(variations en pourcentage, taux annuels, sauf indication contraire)


2001 2002 2002 T4 2003 T1 2003 T2 Date la plus récente

Produit intérieur brut réel 1,9 3,3 1,6 2,6 -0,3
  Demande intérieure finale 3,2 2,9 3,1 4,4 2,9
    Dépenses publiques
      Biens et services 3,7 3,0 2,4 2,4 3,6
      Immobilisations brutes 10,3 11,8 -0,2 11,6 6,6
    Dépenses de consommation 2,6 3,4 4,4 4,4 2,7
    Construction résidentielle 10,3 14,2 11,1 4,0 3,0
    Investissements fixes
      des entreprises
1,0 -6,0 -5,0 6,7 1,6
        Construction non résidentielle 2,2 -10,4 -6,5 3,6 0,2
        Machines et matériel 0,3 -3,2 -4,1 8,6 2,4
  Investissements en stocks
    des entreprises (G$)
-2,1 5,9 11,6 20,2 13,1
  Exportations -3,1 -0,1 -8,7 -6,7 2,2
  Importations -5,0 0,6 -1,4 3,8 5,6
Solde du compte courant
  (nominal; G$) 26,9 23,4 19,5 27,7 20,3
  (% du PIB) 2,4 2,0 1,7 2,3 1,7
Revenu personnel nominal 4,0 3,3 4,2 3,4 1,6
Revenu personnel disponible nominal 4,4 4,7 3,7 3,1 2,6
Revenu personnel disponible réel 2,6 2,7 1,9 0,4 3,4
Bénéfices avant impôts -6,0 4,3 6,1 36,1 -28,9
Coûts et prix (%, rythme annuel)
  Indice implicite du PIB 1,1 0,9 4,1 5,2 3,2
  Indice des prix à la consommation 2,6 2,2 3,8 4,5 2,8 2,2 juillet 2003
    IPC - hors les huit éléments 
      les plus volatils
2,0 2,4 2,8 3,1 2,2 1,8 juillet 2003
  Coûts unitaires de main-d'ouvre 2,6 1,5 2,2 2,1 2,5  
  Règlements salariaux (total) 3,2 2,8 3,3 2,8 2,6 2,2 juin 2003
Marché du travail
  Taux de chômage (%) 7,2 7,7 7,6 7,4 7,7 8,0 août 2003
  Croissance de l'emploi 1,1 2,2 3,2 2,2 0,4 -1,4 août 2003
Marchés financiers (moyenne)
  Taux de change (¢US) 64,6 63,7 63,7 66,3 71,6 72,98 4 sept. 2003
  Taux préférentiel (%) 5,8 4,2 4,5 4,6 5,0 4,50 4 sept. 2003

Nota - Les données réelles sont en dollars de 1997 (en chaîne).
Sources : Statistique Canada, Banque du Canada et Développement des ressources humaines Canada

Le revenu des particuliers a progressé de 1,6 % au cours du trimestre, les gains plus modestes qu'au premier trimestre au chapitre de l'emploi ayant freiné la hausse du revenu gagné. Le revenu personnel disponible réel a augmenté de 3,4 %, et le revenu personnel disponible réel par habitant a atteint un niveau record supérieur de 14 % au plus récent creux atteint au deuxième trimestre de 1996. Le taux d'épargne des particuliers a légèrement augmenté, passant de 2,3 à 2,4 % entre les premier et deuxième trimestres.

L'investissement résidentiel continue d'augmenter

Le marché de l'habitation continue de tirer profit des faibles taux d'intérêt. L'investissement résidentiel a progressé de 3,0 % au deuxième trimestre après avoir augmenté de 4,0 % au premier. Tout en demeurant vigoureuse, la croissance a diminué par rapport aux gains de plus de 10 % enregistrés au deuxième semestre de 2002. Les dépenses de rénovations et les reventes de maisons ont augmenté, faisant plus que compenser le repli de 3,9 % des nouvelles constructions.

Nouvelle hausse des investissements fixes des entreprises

Les dépenses des entreprises en usines et en matériel ont augmenté de 1,6 % au deuxième trimestre après avoir progressé de 6,7 % au trimestre précédent. Les investissements en machines et en matériel ont augmenté de 2,4 %, la hausse des dépenses au titre des machines industrielles et des ordinateurs ayant été partiellement compensée par une baisse des dépenses au titre des autres produits de haute technologie, comme les logiciels et le matériel de télécommunications, et du matériel de transport.

La construction non résidentielle a légèrement augmenté pour un deuxième trimestre consécutif après avoir diminué au cours des six trimestres précédents. La hausse des dépenses de construction de bâtiments a été plus que suffisante pour compenser la baisse des dépenses reliées aux travaux de génie.

Les entreprises grossissent moins leurs stocks

Les entreprises ont augmenté leurs stocks de 13,1 milliards de dollars au deuxième trimestre, comparativement à 20,2 milliards au premier trimestre. Cette baisse de l'accumulation des stocks, qui a nettement contribué à la diminution du PIB, était entièrement concentrée dans les secteurs du commerce de gros et de détail, les véhicules automobiles comptant pour plus de la moitié du fléchissement. Par contre, les troupeaux de bétail des agriculteurs ont augmenté en raison du moratoire sur les exportations découlant d'un cas unique de maladie de la vache folle.

Les exportations alimentent la croissance

Les exportations réelles ont stimulé la croissance, augmentant de 2,2 % après avoir diminué pendant deux trimestres consécutifs. Les exportations canadiennes de services ont chuté, l'industrie des voyages et les services de transport connexes ayant souffert des retombées du SRAS et de l'appréciation du dollar canadien au cours du premier semestre (graphique 2).

Les importations réelles on progressé de 5,6 %, dépassant l'augmentation de la demande intérieure finale (2,9 %) et des exportations (2,2 %). Les importations de machines et de matériel, de produits automobiles et d'autres biens de consommation ont augmenté de façon appréciable.

Graphique 2 - Croissance des exportations réelles de services de voyage

L'excédent du compte courant diminue

Le compte courant a enregistré un seizième excédent trimestriel de suite, ce qui contraste avec les déficits affichés pendant la majeure partie des années 1980 et 1990. Toutefois, l'excédent a diminué de 7,4 milliards de dollars pour s'établir à 20,3 milliards, ou 1,7 % du PIB nominal (graphique 3). La nette hausse des importations réelles et la forte augmentation des dividendes versés à des non-résidents ont miné l'excédent du compte courant.

Graphique 3 - Compte courant en pourcentage du PIB nominal

Baisse de l'indice implicite du PIB

L'indice implicite du PIB, une mesure exhaustive des prix intérieurs, a fléchi de 1,4 % par rapport au premier trimestre pour se situer à 3,2 % au-dessus de son niveau de l'année précédente. Cette baisse s'explique par la chute des prix des exportations, surtout celles des produits de l'énergie.

D'une année sur l'autre, l'inflation mesurée selon les prix à la consommation a chuté pour s'établir à 2,2 % en juillet comparativement à un récent sommet de 4,6 % en février. L'inflation sous-jacente selon l'indice des prix à la consommation, qui exclut les huit éléments les plus volatils, a été de 1,8 % en juillet, ce qui est légèrement inférieur au milieu de la fourchette cible de 1 à 3 %. Les tensions à la baisse sur l'inflation mesurée d'après les prix à la consommation s'expliquent en partie par l'impact défavorable du SRAS sur le coût d'hébergement des voyageurs.

Chute des bénéfices des sociétés

Les bénéfices des sociétés ont chuté de 28,9 % au deuxième trimestre, après avoir augmenté de 36,1 % au trimestre précédent. Même si les bénéfices exprimés en proportion du PIB ont reculé pour s'établir à 11,6 %, ce ratio demeure nettement plus élevé que la moyenne historique de 10 % (graphique 4). La chute des prix de l'énergie, qui a suivi la progression enregistrée au premier trimestre, a réduit les bénéfices dans l'industrie du pétrole et du gaz et a donné le ton au repli global. En outre, les exportateurs qui fixent leurs prix en dollars américains ont vu leurs revenus en dollars canadiens diminuer en raison de la forte appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain.

Faible progression de l'emploi au deuxième trimestre

L'emploi a progressé de 0,4 % au deuxième trimestre comparativement à 2,2 % au premier. La hausse touche essentiellement les emplois à temps plein.

La période de juillet et août s'est soldée par la perte de plus de 32 000 emplois, le nombre de nouveaux emplois nets s'établissant à environ 52 000 entre la fin de 2002 et août 2003. Étant donné que le taux d'activité est demeuré à son niveau record de 67,5 % pendant la plus grande partie de l'année, le taux de chômage s'est établi à 8,0 % en août, en hausse par rapport à 7,3 % en mars 2003.

La productivité horaire du travail a augmenté, le nombre d'heures travaillées ayant diminué plus vite que la production. La progression des coûts de main-d'ouvre par unité de production est passée à 1,7 % au deuxième trimestre comparativement à 0,8 % au premier, pour s'établir à 2,5 % de plus que l'année précédente.

Graphique 4 - Bénéfices avant impôts en proportion du PIB nominal

La Banque du Canada abaisse son taux d'intérêt cible

Le 3 septembre, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur de 25 points de base, estimant que « l'inflation mesurée par l'indice de référence est passée sous la cible de 2 % plus tôt que la Banque ne s'y attendait, et il semble que la baisse de l'inflation persistera au cours des prochains mois. »

Ces derniers mois, les taux d'intérêt à court terme au Canada ont diminué parallèlement au taux directeur, tandis que ceux aux États-Unis sont demeurés essentiellement inchangés. Les taux à long terme aux États-Unis ont augmenté davantage que ceux en vigueur au Canada.

Le dollar canadien a légèrement fléchi face au dollar américain depuis qu'il a clôturé à un sommet de 74,91 ¢US le 13 juin. Il a clôturé à 72,98 ¢US le 4 septembre.


Nota - Sauf indication contraire, les données et les variations en pourcentage sont en taux annuels. Les données qui paraissent dans le présent document sont celles du 5 septembre 2003 à midi.