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L'économie en bref
Juin 2003

- L'économie en bref 2003 -


Aperçu

  • Au premier trimestre de 2003, le produit intérieur brut (PIB) réel a enregistré une croissance de 2,4 % en taux annuel. Cela reflète une forte hausse de la demande intérieure, alors que les exportations réelles ont chuté de 5,7 % et que les importations réelles ont progressé de 2,6 %.
  • Grâce à une hausse des dépenses de consommation et à un accroissement de l'investissement résidentiel, la demande intérieure finale a progressé davantage qu'au trimestre précédent.
  • Les prix des exportations ont augmenté alors que ceux des importations ont diminué. Par conséquent, malgré une baisse du volume des exportations et une augmentation de celui des importations, l'excédent de la balance commerciale s'est accru. Cela a ajouté 12,7 milliards de dollars à l'excédent du compte courant, qui est passé à 32,2 milliards.
  • L'économie canadienne a engendré la création de près de 600 000 emplois nets entre la fin de 2001 et mai 2003. Il y a eu une baisse de l'emploi en avril et en mai, et le taux de chômage s'établissait en mai à 7,8 %, en hausse par rapport à 7,3 % en mars, mais en baisse par rapport au sommet de 8,0 % atteint en décembre 2001.

La demande intérieure alimente la croissance

Le PIB réel a progressé de 2,4 % au premier trimestre de 2003, comparativement à 1,6 % au quatrième trimestre de 2002. Ce gain découle d'un accroissement de la demande intérieure (graphique 1).

Graphique 1 - Croissance de PIB réel et de la demande intérieure finale réelle

Les dépenses de consommation sont vigoureuses

La progression des dépenses de consommation réelles est demeurée vigoureuse, atteignant 3,5 % au premier trimestre de 2003 comparativement à 4,4 % au quatrième trimestre de 2002. Les dépenses consacrées aux biens semi-durables, aux biens non durables et aux services ont fortement augmenté. La baisse des ventes de véhicules automobiles a réduit les dépenses en biens durables même si la vigueur soutenue du marché résidentiel a stimulé les dépenses en meubles et en électroménagers.

Le revenu des particuliers a enregistré une solide progression de 4,0 % au cours du trimestre, les gains au chapitre de l'emploi ayant donné lieu à une hausse du revenu gagné. Le revenu personnel disponible réel a augmenté d'environ 1 %, et le revenu personnel disponible réel par habitant se situait à plus de 13 % au-dessus du plus récent creux, atteint au deuxième trimestre de 1996.

Le taux d'épargne des particuliers a chuté, passant de 3,2 % au quatrième trimestre de 2002 à 2,6 % au premier trimestre de 2003.

Principaux indicateurs économiques
(variations en pourcentage, taux annuels, sauf indication contraire)


2001

2002

2002 T3

2002 T4

2003 T1

Date la 
plus récente


Produit intérieur brut réel

1,9

3,3

2,7

1,6

2,4

-

Demande intérieure finale

3,2

2,9

2,3

3,1

3,9

-

  Dépenses publiques

-

    Biens et services

3,7

3,0

4,2

2,4

4,0

-

    Immobilisations brutes

10,3

11,8

5,6

-0,2

5,2

-

  Dépenses de consommation

2,6

3,4

1,3

4,4

3,5

-

  Construction résidentielle

10,3

14,2

15,2

11,1

12,7

-

  Investissements fixes des entreprises

1,0

-6,0

-2,8

-5,0

1,1

-

    Construction non résidentielle

2,2

-10,4

-5,4

-6,5

-0,9

-

    Machines et matériel

0,3

-3,2

-1,3

-4,1

2,2

-

Investissements en stocks des entreprises (G$)

-2,1

5,9

8,0

11,6

18,3

-

Exportations

-3,1

-0,1

8,5

-8,7

-5,7

-

Importations

-5,0

0,6

5,8

-1,4

2,6

-

Solde du compte courant

  (nominal; G$)

26,9

23,4

21,3

19,5

32,2

-

  (% du PIB)

2,4

2,0

1,8

1,6

2,7

-

Revenu personnel nominal

4,0

3,3

3,2

4,2

4,0

-

Revenu personnel disponible nominal

4,4

4,7

2,0

3,7

3,9

-

Revenu personnel disponible réel

2,6

2,7

-1.6

1,9

1,1

-

Bénéfices avant impôts

-6,0

4,3

19,4

6,1

34,0

-

Coûts et prix (%, rythme annuel)

Indice implicite du PIB

1,1

0,9

1,6

4,1

5,2

-

Indice des prix à la consommation

2,6

2,2

2,3

3,8

4,5

3,0

avr. 2003

  IPC - hors les huit éléments les plus volatils

2,0

2,4

2,4

2,8

3,1

2,1

avr. 2003

Coûts unitaires de main-d'ouvre

2,6

1,5

1,1

2,2

2,1

 

Règlements salariaux (total)

3,2

2,8

2,8

3,3

2,8

2,9

mars 2003

Marché du travail

Taux de chômage (%)

7,2

7,7

7,6

7,6

7,4

7,8

mai 2003

Croissance de l'emploi

1,1

2,2

3,5

3,2

2,2

-1,0

mai 2003

Marchés financiers (moyenne)

Taux de change (¢US)

64,6

63,7

64,0

63,7

66,3

74,39

5 juin 2003

Taux préférentiel (%)

5,8

4,2

4,5

4,5

4,6

5,00

5 juin 2003


Nota

- Les données réelles sont en dollars de 1997 (en chaîne).
Sources : Statistique Canada, Banque du Canada et Développement des ressources humaines Canada

L'investissement résidentiel demeure élevé

Le marché de l'habitation continue de tirer profit des faibles taux d'intérêt. L'investissement résidentiel a augmenté de 12,7 % au premier trimestre; il s'agit de la troisième progression consécutive d'au moins 10 %. Les mises en chantier du secteur résidentiel ont nettement progressé et ont contribué à l'augmentation de 10,5 % des nouvelles constructions. Les dépenses de rénovations et les reventes de maisons ont progressé de façon marquée.

Les investissements fixes des entreprises montrent des signes de reprise

Les dépenses des entreprises en usines et en matériel ont augmenté de 1,1 % au premier trimestre après avoir diminué au cours des deux trimestres précédents. Les investissements en machines et en matériel ont grimpé de 2,2 % malgré une baisse des dépenses au chapitre du matériel de télécommunications et de transport. Les dépenses consacrées à la machinerie agricole et aux autres machines, aux ordinateurs et aux logiciels ont augmenté.

La construction non résidentielle a diminué pour un septième trimestre consécutif, ce qui reflète la baisse des dépenses de construction de bâtiments.

Les entreprises grossissent leurs stocks

Les entreprises ont augmenté leurs stocks de 18,3 milliards de dollars au premier trimestre, en hausse par rapport aux investissements de 11,6 milliards du trimestre précédent. Même si cette récente accumulation a accru le ratio des stocks aux ventes, celui-ci demeure nettement à l'intérieur de la fourchette des cinq dernières années.

Les exportations freinent la croissance

Les exportations réelles ont fléchi de 5,7 %, freinant la croissance. Cette faiblesse, surtout concentrée dans les produits industriels, les camions, de même que les machines et le matériel, reflète la faible croissance de l'économie américaine (graphique 2). Les exportations canadiennes de services ont aussi diminué avec la baisse des dépenses de voyage au pays. Les exportations d'automobiles et de leurs pièces ont augmenté.

Les importations réelles ont progressé de 2,6 %, parallèlement à la demande intérieure. Les produits industriels et de l'automobile, de même que les biens de consommation, ont été les principaux bénéficiaires. Les importations de camions et de pièces d'automobiles ont bondi alors que celles de voitures ont chuté.

Graphique 2 - Exportations réelles de biens du Canada et production industrielle des États-Unis

L'excédent du compte courant s'accroît

L'excédent du compte courant a grimpé de 12,7 milliards de dollars pour atteindre 32,2 milliards, ou 2,7 % du PIB (graphique 3). La hausse des prix des exportations, surtout pour les produits de l'énergie et plus particulièrement pour le gaz naturel, et la baisse des prix des importations ont amélioré les termes de l'échange et plus que compensé le repli des exportations réelles et la hausse des importations réelles. Une forte baisse des dividendes versés aux non-résidents et la baisse des frais d'intérêts au titre des obligations libellées en dollars américains en raison de l'appréciation du dollar canadien ont également fait grimper l'excédent du compte courant. Il s'agit d'un quinzième excédent trimestriel consécutif, ce qui contraste vivement avec les déficits enregistrés pendant la majeure partie des années 1980 et 1990.

Graphique 3 - Compte courant en pourcentage du PIB nominal

L'inflation augmente sous la poussée des prix de l'énergie

L'indice implicite du PIB, une mesure exhaustive de l'inflation, a grimpé de 7,5 % au premier trimestre pour se situer à 5,2 % au-dessus de son niveau de l'année précédente. Cette augmentation s'explique en grande partie par un bond des prix à l'exportation des produits de l'énergie. D'un trimestre sur l'autre, le rythme de croissance de l'indice implicite de consommation a reculé, pour s'établir à 2,9 %.

D'une année sur l'autre, l'inflation mesurée selon les prix à la consommation a chuté pour se situer à 3,0 % en avril contre plus de 4 % au trimestre précédent en raison de la chute des prix de l'essence et de l'électricité. L'inflation sous-jacente selon l'indice des prix à la consommation, qui exclut les huit éléments les plus volatils, a été de 2,1 %, soit près du milieu de la fourchette cible de 1 à 3 %.

Les bénéfices des sociétés atteignent des niveaux records

Les bénéfices des sociétés ont grimpé de 34,0 % au premier trimestre, après une progression plus modeste de 6,1 % au quatrième trimestre de 2002. Cette forte progression fait que les bénéfices, exprimés en proportion du PIB, s'établissent à 12,5 %, soit nettement plus que la moyenne historique de 10,0 %. Les bénéfices de l'industrie du pétrole et du gaz, stimulés par des prix plus élevés, ont donné le ton. Les grossistes, dont ceux du secteur des produits pétroliers, ont aussi enregistré de solides gains.

La productivité horaire du travail a diminué au cours du trimestre alors que le nombre d'heures travaillées a augmenté plus vite que la production. La progression des coûts de main-d'ouvre par unité de production a reculé pour s'établir à 0,9 % comparativement à 5,1 % au quatrième trimestre de 2002, dépassant de 2,1 % son niveau de l'an dernier.

L'emploi continue de progresser au premier trimestre

L'emploi a progressé de 2,2 % au premier trimestre. La hausse vise essentiellement les emplois à temps plein.

En dépit du recul de l'emploi en avril et en mai sous l'effet de la faible croissance de l'économie américaine, de la guerre en Irak et du syndrome respiratoire aigu sévère, près de 600 000 emplois nets ont été créés entre la fin de 2001 et mai 2003. Grâce à la vigueur du marché du travail, plus de 600 000 personnes se sont jointes à la population active depuis décembre 2001. Le taux d'activité en mai s'établissait à 67,5 %, ce qui correspond à son niveau record, tandis que le taux de chômage était de 7,8 %, comparativement à 8,0 % en décembre 2001 (graphique 4).

Graphique 4 - L'emploi et le taux de chômage

La Banque du Canada laisse son taux directeur intact

Le 3 juin, la Banque du Canada a laissé intact son taux directeur, estimant que « le taux d'accroissement de l'indice de référence et de l'IPC global reviendra à la cible de 2 % un peu plus tôt que la Banque ne le prévoyait en avril ». Cette décision faisait suite au relèvement de 25 points de base de son taux cible en mars et en avril, ce qui a porté l'ampleur cumulative de la progression des taux depuis le début de 2002 à 125 points de base.

Les taux d'intérêt à court terme au Canada ont légèrement augmenté au cours de 2003 tandis que les taux américains ont diminué, ce qui a creusé l'écart entre les taux à court terme en vigueur au Canada et ceux en vigueur aux États-Unis. L'écart s'est également accru légèrement au chapitre des taux à long terme puisque ces derniers ont reculé davantage aux États-Unis qu'au Canada.

Le dollar canadien s'est apprécié face au dollar américain jusqu'ici en 2003. Il a clôturé à 74,39 ¢US le 5 juin, le niveau le plus élevé en plus de six ans.


Nota

- Sauf indication contraire, les données et les variations en pourcentage sont en taux annuels. Les données qui paraissent dans le présent document sont celles du 6 juin 2003 à midi.